23.01.2012
Néron le supervilain et la terrine de poireaux aux noix et raifort
Coucou, les gens
L’empereur Néron, 0037-0068, (ben non, banane, ce n’est pas son téléphone, mais ses dates de naissance et de mort); Néron, donc, était une crapule anthologique si l’on en croit la chronique. Il fit empoisonner son frangin Britannicus, ébouillanter son épouse Octavie, éventrer sa propre maman Agrippine. Sans oublier quelques centaines d’autres assassinats plus ou moins raffinés, dont ceux des premiers chrétiens que l’empereur adorait voir brûler vif au crépuscule ou dévorer par des fauves dedans l’arène. A sa décharge, rappelez-vous que la télé n’existait pas à l’époque. Fallait bien se distraire.
Néron, toujours lui, bouta même le feu à Rome et s’en alla jouer de la lyre et pousser la chansonnette sur une colline aux abords de la ville pendant que rôtissait son peuple. Un esthète d’ignominie.
Mais c’est dans l’orgie lubriquissime que le potentat excellait. Les soirées chez Néron, ce n’était pas de la gnognote. Le vin et le stupre y coulaient à flot. Les vulves de truie volaient bas et pleuvaient les poireaux. Oui, les poireaux. C’est que l’empereur les adorait au point d’être surnommé «Le porrophage».
Question: Peut-on blâmer un empereur, si cruel soit-il, qui raffole des poireaux?
Je relève les copies dans deux heures.
Bref, voilà justement une terrine de poireaux aux noix, raifort et chèvre frais qui nous aurait sans doute assuré l’amitié de ce démon de Néron.
Comptez trois poireaux standards par personne. Virez les feuilles vertes. Tchac! Nettoyez. Puis cuisez à l’eau ou à la vapeur, jusqu’à ce que le légume s’attendrisse (18 minutes dans notre petit panier vapeur à nous).
Essorez à fond, en étreignant les tiges (si j’ose), puis en les laissant bien s’égoutter dans du papier ménage.
Pendant ce temps, touillez du chèvre frais avec une noisette de pâte de raifort, une pincée de piment, sel, poivre et quelques mini-éclats de noix fraîche.
Chemisez une terrine de film alimentaire.
Montez ensuite votre échafaudage en alternant extrémités blanches et vertes, et en tartinant vigoureusement de chèvre entre chaque couche. Est-ce clair? Non? Tant pis.
Pressez vigoureusement le tout. Puis retournez un moment sur le bord de l’évier, pour un dernier essorage. Repliez le film alimentaire. Oubliez enfin la terrine deux jours au frigo avec un machin bien lourd sur la tête. L’annuaire de Mexico, par exemple. Tranchez enfin avec grand soin (l'édifice reste fragile). Puis dégustez avec une vinaigrette à l’huile de noix, quatre tranches de pain grillé, six verres de savagnin et deux amis chers.
Tchou!
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| Tags : poireaux, chèvre frais, raifort |
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19.01.2012
Le barbecue blues, le plus nourrissant de tous
Yipiiii, les filles

Le Dr Slurp recommande à toute la population mondiale d’acquérir au plus vite ce disque. Parfaitement.
Ce disque, c’est Barbecue Any Old Time (Blues From The Pit, 1927-1932), une compil réunissant deux douzaines de blues giga vintage, archéo-boogies et rengaines jazzy millésimées.
Jusque-là, rien de particulièrement nutritif, pensez-vous. Certes, sauf que tous ces morceaux rendent hommage au… barbecue. Des morceaux du tonnerre, qui crépitent et grésillent comme une côte de porc sur la braise. Des morceaux qui vivent, qui sentent le graillon, le rire et la sueur. Savannah Churchill swingue grave sur Fat Meat Is Good Meat; Bogus Ben Covington éructe I Heard The Voice Of A Pork Shop en grattouillant son vieux banjo; Memphis Minnie piaille un exquis Pig Meat On The Line qui donne la fringale.
Rappelez-vous, nous sommes dans les années 30. La grande dépression sévit. Le boulot manque cruellement. Les dollars sont rares. Pour la communauté noire du sud, qui a souvent fraîchement quitté sa pampa pour venir grossir les villes, le barbecue devient l’une des rares occasions de retrouvailles et de ripaille. D’où l’ambiance d’hédonisme joyeux et de gourmandise grassouillette qui transpire de chaque sillon du cédé.
«Barbecue chicken, barbecue lamb,
Barbecue beef, Barbecue ham,
But when you fix that table for me,
Gimme plain barbecue,
let it be sweet as can be!»
C’est «Big Boy» Teddy Edwards qui le dit.
Croquez ce disque. L’est drôlement bien assaisonné.
Tchou!
PS: En guise d'apéro, un vieil hymne carné de ce bon vieux Barbecue Bob
15:12 Publié dans Zizique slurp | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : blues, barbecue |
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12.01.2012
L’insoutenable massacre du turbot et les bouboules au whiskey qui picotent
On a assisté à ça récemment, dans une auberge de la campagne genevoise. Et on en gémit depuis.
C’est là que la dînette a tourné au gore. Le poisson a débarqué en traînant un sillage de vieille marée. Sans doute décongelé direct dans la poêle, cuit avec un fol acharnement, il n’avait plus guère à offrir qu’une pauvre chair sèche et cotonneuse, à peu près aussi sexy qu’une croquette oubliée dans les poubelles du McDo. Pauvre bestiole. Et puis, le chef te l’avait claquemuré dans de la crème et une épaisse purée de patates; purée coiffée par quelques tranches… de patates. Voyez le sadisme de la scène. On a (trop) payé. On est (vite) parti. On a pleuré sur ce pauvre turbot qui n’avait rien fait pour mériter ça.
Pour deux gulus à table, touillez au fond d’une jatte 317 grammes de bœuf haché bio avec deux gros cornichons émincés mini, une cuillère de petites câpres, quatre brins de coriandre fraîche ciselée, deux petits bulbes d’oignon frais hachés, une large tombée de paprika, une généreuse pincée de poivre de cayenne, une amicale giclée d’huile d’olive, quelques éclats de pistache préalablement grillée, sel, poivre et deux shots de whiskey.
Touillez, touillez donc.
Puis moulez de vos habiles mimines des boulettes grosses environ comme une fois et demie la burne d’un castor adulte. Poêlez de toutes parts à feu furax, quatre cinq minutes.Et dévorez sans façon, en tâchant d’oublier le calvaire du malheureux turbot supplicié.
14:00 Publié dans Recettes: plaisirs carnés | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : boulettes, whiskey |
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09.01.2012
La recette ouf du poulet rôti avec une canette de bière dans le tutu
Bien le bonjour, les joyeux mosquitos
Le pote Louis, qui en connaît un rayon question mets dingos, nous parlait l'autre jour d'une recette palpitante qu'il avait à la fois photographié (ben oui, zieutez ci-dessus) et dégusté. Celle du poulet rôti avec une canette de bière dans le tutu. Oui, Madame.
"T'ouvres ta canette de bière, tu l'enfiles dans la bête et ensuite tu te débrouilles pour qu'elle tienne debout dans le four", nous narrait-il avec une évidente gourmandise. "Avec la chaleur, la bière se met à bouillir et s'en va humecter la volaille par l'intérieur." On lui a répondu que cette affaire nous semblait passablement perverse. Et qu'il était hors de question que le Dr Slurp s'intéresse à un plat exécuté avec une bière méga industrielle dont la marque commence par un H comme Horrible.
Depuis, ce mode de cuisson barbare mais génial, païen et lutin, hante nos rêves chaque nuit.
Avec du Coca, ça marche?
Des bises, chers vous
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| Tags : poulet, bière |
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05.01.2012
On se détoxe avec la très chouette effilochée de racines d’hiver
Tous mes voeux mouillés, les aminches
Si le simple mot foie gras te lézarde le pancréas; si la vue d’une bulle de champagne te tire-bouchonne l’œsophage; si le caquètement d’une brave volaille te vrille la vésicule, et bien, ma sœur, mon frère, c’est que tu as réveillonné trop fort. Et qu’il te faut d’urgence adopter la détox attitude. Soit te nourrir de laitue et d’eau gazeuse pendant six mois. Amen.

On notera au passage que dans cette histoire de diète post-nouba, il est tout autant affaire d’assainissement du corps que de purge de l’âme. C’est que dans notre bonne vieille tribu judéo-chrétienne, la volupté se paye cash. Tu as bâfré comme un goret? Tu as bu comme un évêque? Expie donc maintenant. L’appel du jeûne (parfois qualifié à tort de jeûnisme), c’est donc peut-être moins ton bidon engourdi que ta culpabilité enflammée qui te le lance à la conscience.
C’est profond, ça, non?
Méditons un instant sur les recoins obscurs de l’esprit humain. Puis passons presto en cuisine nous mitonner une détoxerie charmante, soit ces tagliatelles de racines d’hiver vinaigrés au cumin.
Plus light, tu t’envoles.

Pour deux personnes, équipez-vous d’un petit radis noir, deux carottes lambda et d’une racine de persil bien bâtie.
Pelez les légumes. Puis réduisez-les à l’état de longues bandelettes à l’aide d’un économe ou d’une mandoline. Les deux ont leurs adeptes. Le Dr Slurp n’a jamais pu se décider. La chair de la racine de persil, en tout cas, résiste en général à l’un comme à l’autre et s’émince plutôt au couteau.
Tranchez les bandelettes en deux ou trois dans la longueur pour obtenir des lanières évoquant la tagliatelle.
Tambouillez-vous une vinaigrette tonique: huile d’olive + vinaigre de Xérès + trois gouttes de citron + sel + poivre + une mini noisette de wasabi. Goûtez. Il faut que ça détoxe grave.
Dans le panier à vapeur fumant, balancez les carottes. Comptez jusqu’à 30. Puis ajoutez radis noir et racine de persil. Cuisez environ 4 minutes, que les légumes restent gentiment croquants. Essorez, arrosez ensuite de vinaigrette et de graines de cumin.
Puis servez avec des rillettes d’oie, deux trois tartines de saindoux, un confit de canard ou plus, six os à moelle, un hectolitre de bon pinard, et 27 truffes en chocolat.
Détox, quand tu nous tiens…
A tout soudain
13:33 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : racine de persil, carottes, radis noir |
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24.12.2011
Papouilles de saison et bisoux émus
10:37 Publié dans Des grosses bétises | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : clopes, père-noël |
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13.12.2011
La cuisine sado-maso et le chou rouge qui s’esclaffe

L’autre jour, mèzigue préparait une béchamel dans la mini cuisine du copain Bernard. Lequel était fort occupé à grattouiller sur sa guitare dans le salon. Soudain, un ustensile majeur vint à manquer. Rivé aux fourneaux, on lui hurla à travers la cloison: «Bernard, t’as un fouet?». «Oui, sous mon lit, à côté des menottes», répondit-il, avec sa malice légendaire. Sacré Bernard. Toujours le mot pour rire.

En garniture, pour quatre gosiers à table...
Réhydratez quelques (disons 22) raisins de Corinthe dans un verre d’eau additionnée d’un trait de vinaigre. Ciselez grossièrement quatre brins de coriandre. Tchik, tchik, tchik.
Pendant ce temps, taillez une pomme en mini cubes. Au bout de 20 minutes donc, ajoutez dans la poêle, pour dix minutes supplémentaires, raisins et dés de pomme. Coiffez enfin de pluches coriandre. Et servez, simplement vêtu d’un bustier de latex.


11:54 Publié dans Recettes: garnitures et falbalas | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : chou rouge, pomme, raisin |
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12.12.2011
Idée cadeau: les petits plats super crados
Bien le bonjour, cela faisait une paye, non?
Il faut dire que pour présenter ce tour d’Asie en «100 recettes incroyables mais vraies», l’auteur s’est adjoint les services d’un illustrateur furieusement dégoûtant: Vuillemin. Le bédéaste s’en donne à cœur joie, avec une série de dessins scato-crado-rigolos à ne pas mettre entre toutes les mains, ni dans toutes les cuisines. Le soir de réveillon, ce machin enrubanné pourrait jeter un froid polaire sous le sapin.
Le texte et les recettes, eux, décrivent avec gourmandise tous ces plats asiatiques qui paraissent répugnants à nos palais occidentaux. Voilà donc le ragoût de chien au miel, les brochettes de peau de serpent, la salade de méduses, la soupe de cobra, le piment aux punaises de rivière, les cafards grillés ou la cervelle de singe cru. Vous choisissez quoi pour le menu de Noël?
Bien à vous, mes gros loups
16:26 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : vuillemin, abominable |
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22.11.2011
La poutargue, l'Epure et la copine
Quand une copine blogueuse fait un bouquin, on est content. Oui.
Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l’Epure, le phénix des éditeurs miam, on est super content.
Quand une copine blogueuse fait un bouquin chez l'Epure sur la poutargue, l’une de ces spécialités méditerranéennes scotchantes qui illumine la cuisine des Slurp, on se roule par terre en poussant des petits gémissements de volupté et en riant aux larmes.
Deux choses très difficiles à faire en même temps.
Vous l’aurez capté: il s’agit d’acheter dare-dare «La Poutargue: dix façons de la préparer» de la sémillante Mayalen Zubillaga.
(Ne serait-ce que pour la salade aux cocos de la page 5. Une tuerie.)
Merci à vous
15:16 Publié dans Littérature slurp | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : poutargue, epure |
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21.11.2011
La lutte des classes au fond d’un bol de soupe aux panais et éclats de truffes
Coucou, les gens
Son paternel en a conçu une certaine fierté. Que sa descendance fasse montre de goûts à ce point raffinés, qu’elle préfère la melanosporum au Big Mac, voilà qui le caresse dans le sens du poil gastronomique.
Reste un détail. Le prix du machin. Douloureux, le prix. Voire total ouf. L’autre jour donc, le tandem pousse la porte d’une épicerie de luxe et se met à rêvasser devant deux cloches, respectivement pleines de truffes blanches d’Alba et de truffes noires d’automne, notoirement inodores autant qu’insipides. Avisé, le Dr Slurp se fait peser la plus petite des Piémontaises, à peine plus volumineuse qu’une burne de paon. La dame s’exécute gentiment, pianote sur sa bascule. Et prononce la sentence: 89 francs. QUATRE-VINGT NEUF BALLES!!! POUR UNE MICRO BOULETTE!!!! M’ENFIN!!!! QUI C’EST LA TRUFFE????
On est reparti le plus dignement possible, avec dans la besace une petite boite d’éclats de truffes noires à 28 francs. Et la sensation que la lutte des classes pourrait bien flamboyer encore. Oui, Groucho.
Le soir même, M’Zelle Sonson engloutissait, ravie, ce velouté de panais aux éclats de truffe noire (à 28 fr. la boîte) dont voilà la recette simplette.
Pelez les panais, coupez en morceaux. Couvrez-les d’eau salée dans une casserole. Portez à ébullition pépère et laisser glouglouter jusqu’à ce que la racine s’abandonne sous la pointe de votre couteau.
Mixez avec l’eau de cuisson. Puis montez votre purée jusqu’à texture onctueuse, en alternant giclées de lait et lichettes de crème fraîche. Assaisonnez. Râpez un poil de muscade. Puis répartissez dans des jolis bols. Coiffez enfin de graines de sésame noir, d’éclats de truffe noire et d’un filet d’huile d’olive. Puis servez en chantonnant l’Internationale, qui est quand même une chanson drôlement bonnarde.
Bien à vous, mein choux
15:55 Publié dans Recettes: scroutchs et préliminaires | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : truffe, panais |
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14.11.2011
Les joues de cochon poêlées: histoire d’une illumination mystico-porcine
Groink, les copines
C’est un matin de juillet blême mais poisseux, comme souvent sur les bords de la Garonne en été. Petit Labs et moi-même remontions le marché aux légumes du Boulevard d’Arcole d’un pas paresseux, tâtant les cœurs de bœuf par ci, palpant les aubergines par là. Nous causions philosophie, comme d’ordinaire, en évoquant nos préférences respectives en matière de pièces de boucherie. Forcément, la conversation tomba sur les joues de cochon. Ben, oui. A parler bidoche, on tombe toujours sur les joues de cochon.
C’est là que Petit Labs balança sa bombe.
«Nous à la maison, on les fait souvent griller, les joues, tout simplement, paf, paf, à la poêle», glissa-t-il, comme ça, pépère, sans imaginer le chaos qu’il venait de semer dans les certitudes de son interlocuteur. C’est que sombre corniaud borné que nous sommes, jamais nous n’avions songé à poêler ce morceau-là, le mijotant et remijotant, le braisant et le rebraisant, parfois jusqu’à ce que l’atomisation de la fibre. La grillade, bien sûr. Voilà quel était le biais, la voie royale, l’apprêt à porter. Oui, c’était un matin de juillet à Toulouse, lourd et brumeux, qu’un rai de lumière écarquilla le cervelet obtus du Dr Slurp (n’importe quoi).
On a les illuminations qu’on peut.
aux noisettes et au gewurstraminer. Les noisettes pour le croquant, le gewurst pour la petite douceur acidulée. Oui, il y a un plan d’ensemble derrière tout ça.
Balancez quelques noisettes dans une poêle. Grillez-les quelques minutes. Puis débarrassez-les de leur peau (grosso modo, inutile d’en faire une fièvre porcine) avant de les écrabouiller (grosso modo, bis repetita). Réservez.
Assaisonnez les joues (on en compte deux par appétit standard), oignez-les d’huile d’olive. Et poêlez-les à feu moyen-balèze un bon quart d’heure. Qu’il hâle, ce cochon. Laissez ensuite reposer la viande au tiède, par exemple dans le four entrouvert.
Déglacez la poêle avec un bon gros déci de gewurst (ou autre blanc aromatique arrondi d’une larme de sucre résiduel), ajoutez un tour de moulin à poivre, une pincée de muscade. Et laissez réduire tout doux jusqu’à obtention d’un jus qui vous plaît.
Le cochon va sur son assiette, arrosé du jus et coiffé de noisettes. Et vous savez quoi? Il adore ça.
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| Tags : joues, cochon, gewurst, noisettes |
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11.11.2011
Bone appétit
Tu cherchais un cadeau à offrir à ce vieux Dr Slurp pour Noël?
Ben, le voilà.
La designeuse Meredith Host nous a inventé la vaiselle Bone Appétit. Et c'est mortel.
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| Tags : vaiselle |
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04.11.2011
L'effilochée de haddock et l'anorexie de Tintin
Bien le bonjour
Non, non, non, bande de bachi-bouzouks. N’allez pas imaginer que c’est le dernier blockbuster de Steven Spielberg qui nous a inspiré cette salade de haddock aux machins exquis qui picotent en bouche. Non, non, non. D’abord, on n’a pas vu le film. Pas encore. Jamais peut-être même. C’est que pour cet idiot de Dr Slurp, un bon Tintin est un Tintin en mouvement. Et donc sur papier. Car jamais Tintin n’est aussi leste, vif et speed que sous le Bic d’Hergé. Quand Tintin s’anime pour de bon, à l’écran donc, ben, il nous devient tout mou. Vous suivez?
Et puis, on voit mal pourquoi il faudrait causer de Tintin sur un blog à manger. Car on ne mange guère chez Tintin. Ça bâfre dur chez Astérix, ça boulotte dru chez Lucky Luke, ça boustifaille chez les Schtroumpfs, ça boulotte gentiment chez Spirou & Fantasio. Et à Moulinsart ? Ceinture ! Il y a bien un vague casse-dalle au Tibet. Milou pique des saucisses à bord de l’Aurore. Haddock picole ça et là, voire plus. Mais s’éclater pour de vrai à table, se cajoler le burlingue et se câliner la gidouille, jamais de jamais. T’y crois, toi? Hergé a vendu 230 millions d’albums avec des héros qui becquettent que pouic! De quoi classer les aventures du petit reporter au rayon des anorexigènes les plus retors.
Où qu’on en était ? Ah, oui : l’effilochée de haddock au radis noir, avocat et piment. Soit une petite entrée drolatique et stimulante pour quatre personnes, qui exige un bout de radis noir, un petit piment rouge, un avocat mur (Maitre Vergés par exemple), 120 grammes de haddock (soit l’aiglefin fumé), une branche d’oignon frais, un citron vert et deux branches de persil. Vamos!
Effilochez sans acharnement le haddock, en virant la peau. Taillez un petit bout de radis noir en mini mini cubes. Emincez l’oignon et le piment en fines rondelles. Ciselez le persil. Touillez une vinaigrette généreuse et corsée : huile d’olive + jus de citron + deux gouttes de vinaigre.
Juste avant le miam, détaillez l’avocat en cubes. Dans une jatte, salez, poivrez et mélangez le tout sans faire de carnage. A l’orée d’une soirée chic, on pourra répartir l’effilochée dans des verres à whiskey pour faire urf. A l’orée d’une soirée pas vraiment chic, on pourra s’en abstenir. Jeter le saladier sur la table. Et contempler le spectacle désolant des convives qui se ruent sur le haddock en poussant des jappements d’olibrius.
A pluche
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| Tags : haddock, avocat, piment, radis noir |
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21.10.2011
Le calendrier lunaire dans ton verre à pied
Coucou, les sélénites

Le lundi, le pinard te caresse amoureusement la muqueuse buccale, en chatouillant tes capteurs nasaux d’embruns floraux et fruitiers proprement envoûtants. C’est le printemps dedans ta glotte. C’est Luna Park. C’est la Saint Guilli. C’est la fête à la luette.
Le mardi, la même bouteille, elle te fait plus que dalle. Elle se mure dans un silence boudeur. Elle te montre son derrière osseux. Voire elle exhale ce parfum caractéristique de l’hyène pétomane en état de décomposition avancée.
La faute à qui? La faute à la lune. Oui. Lunaire = lunatique = loterie. C’est que ces vins-là ne sont pas blindés de saloperies chimiques. Ils sont vivants. Ils bougent leur corps avec les astres. Voilà qui peut certes heurter les esprits cartésiens et méthodiques, tel celui qu’abrite la boîte crânienne du Dr Slurp. Il s’agit pourtant d’une réalité dégustatoire mille fois éprouvée. Et d’une réalité agricole avec, tous les producteurs biodynamiques - ou pas - pourront vous en causer. Sans épiloguer sur les marées, les ragnagnas, les bestioles et plein d’autres choses encore autour de nous qui twistent avec le cosmos.
Les jours fruits et fleurs, le pif rigole. Et toi avec. Et moi aussi. Youpi.
Les jours racines, il peut éventuellement grimacer un tantinet. Rien de grave. Où est passée la carafe?
Les jours feuilles, il tire une tronche de requiem. Pire, il boucane parfois grave du goulot. Les jours feuilles, c’est Coca light.
Une superbonne nouvelle pour finir: ce week-end, c’est… fruit!
On entend d’ici les bouchons qui valsent.
12:21 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : lune, dégustation |
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17.10.2011
Wooly Bulli: Ferran Adrià cause au Dr Slurp
Coucou, les copines
On peut être unanimement reconnu comme le «cuisinier le plus influent du monde» et avoir su rester simple. Sur un trottoir humide de Genève, Ferran Adrià, le chef récemment défroqué du restaurant El Bulli, fume une cigarette en buvant une bière. Il tutoie sans sommation. Cause à mille à l’heure. Rêve d’avaler une fondue. Et balance de bons sourires à la cantonade. Le cool type, quoi. Voilà pourtant l’homme aux 1846 créations frappadingues autant que légendaires. L’homme qui a mis l’art culinaire cul-par-dessus-tête. Qui a pulvérisé, restructuré, explosé, galvanisé, réinventé, désintégré, dessoudé et tout machiné dedans la centrifugeuse.
Tiens, d’ailleurs, quel sort réserverait-il à une brave charcutaille de notre pays romand? Au milieu de l’interview, sans crier gare, on lui pose la question en lui collant une saucisse aux choux sous le nez. Une vraie vaudoise, avec le petit cachet vert. Le chef catalan ne la renifle ni ne la palpe. «Cette saucisse, avant toute chose, je commencerais par essayer de la comprendre. D’où vient-elle? Comment elle est faite? Comment la mange-t-on? Je mènerais une petite enquête. Puis je chercherais une voie. Cela peut être le terroir, l’histoire. Je pourrais aussi tourner le dos à tout cela», note-t-il, sans quitter le gracieux boyau des yeux. «Il faut se poser aussi la question de son importance dans l’assiette. Ce ne peut être qu’une touche. Ou plus. Avec cette saucisse, je peux faire mille plats." Boudu! Mille???
Voilà qui n’éclaire pas précisément le processus de création du père de la cuisine moléculaire. Le documentaire Cooking In Progress se montre plus explicite. Pendant un an, le réalisateur Gereon Wetzel a suivi Ferran Adrià et son équipe, d’abord dans leur labo de recherches barcelonnais, puis dans les coulisses du restaurant El Bulli. Des mois de fièvre et de doute, d’expérimentations systématiques et quasi-scientifiques, pour élaborer la nouvelle carte, über novatrice forcément.
A quoi pense le chef, tel qu’on le voit à la fin du film, assis tout seul, les yeux dans le vague, en train de goûter une ribambelle de nouvelles recettes? «Impossible de le dire. Probablement au chemin qu’ouvre le plat. Et peut-être à sa place dans le menu. Un menu, c’est comme un film; il faut de la tension, de l’humour, de la violence, des moments de détente. Les gens qui viennent chez moi doivent vivre une expérience. Ils doivent repartir en se posant des questions. Questionner, c’est le propre de l’avant-garde. Susciter la polémique aussi. Je suis pour le débat. Sans lui, rien n’avance.»
Ouf, digérons tout ça.
Alors que sort son livre de popote domestique («repas de famille», ed. Phaidon, 383 pages de recettes résolument roots et simples), on lui demande s’il va se lancer dans le produit dérivé en cascade, comme bien d’autres toques prestigieuses. La remarque le fait sourire. «Je vais d’abord me laver la tête. Et filer au Pérou, où il se passe des choses extraordinaires: 50 000 jeunes y étudient la cuisine. Une révolution sociale et culinaire s’y trame.»
Parlons-en de révolution. A quoi ressemble celle qu’il a fomentée dans le monde des casseroles? A une ébullition passagère? A un putsch impitoyable? «J’ai une admiration sans borne pour Guérard, Girardet, Troisgros. Je connais par cœur les dix commandements de la Nouvelle cuisine édictés par Gault et Millau. La pratique culinaire que nous proposons fait peut-être la révolution, mais c’est une révolution très aimable et respectueuse des grands maîtres. Cela dit, elle a porté ses fruits. Aujourd’hui, la plupart des chefs régulièrement cités comme les plus grands du monde sortent de chez El Bulli. »
Chic type, mais pas super modeste non plus.
Des bises, des papouilles
16:20 Publié dans Balades slurp | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : ell bulli, ferran adrià |
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