08.02.2010

Les tendrons rôtis au colombo et le débat enfin ranimé

Bien le bonjour, interacteurs bavards

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On l’oublie trop souvent çà et là sur la Toile, mais un blog, par essence, doit être un outil interactif. Oui Madame. Une machine à faire causer les gens entre eux, à susciter la confrontation théorique, le partage philosophique, l’échange suave et la conversation lutine.

Sur Top Slurp, on se guigne un peu trop souvent le bidon, qui est palpitant certes. Mais trop de nombrilisme nuit. Surtout le soir. Dès aujourd’hui et pour le reste du millénaire, le blog sur lequel vous venez de cliquer va se transformer en monstre forum public, où le débat sera roi (et la bouffe reine).

T’en penses quoi, toi, de cette intro débile?

Ça démarre presto avec ces tendrons de veau laqués au colombo. Plat follement slurpique, qui n'exige guère que dix secondes de travail en cuisine et quinze centimes d'investissement. Ou un peu moins.

Tiens, tu aimes le veau? Ou tu préfères les fraises tagada?

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Le colombo, comme bon nombre d’entre vous le savent, est le cousin antillais du curry, un mix d’épices (curcuma, gingembre, coriandre, cumin, girofle, poivre, fenugrec…) doux et atchement parfumé. Et non pas le flic à l’imper et au cigare mâchouillé.

Quelle est ta série préférée à la télé? Les Mystères de l’Ouest ou Magnum?

Dans une jatte, mélangez un yaourt nature et bio à une énorme pincée de colombo, un filet de citron vert, quelques feuilles de laurier réduites en poudre, un bout de gingembre frais haché, une gousse d’ail balkanisée, un trait de piment, sel et poivre. Goûtez. Rectifiez jusqu’à éprouver un sentiment de plénitude aromatique.

Depuis quand n’as-tu pas éprouvé un sentiment de plénitude aromatique?

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Roulez les tendrons dans cette joyeuse pâte, laissez mariner au moins deux heures au frais.

As-tu déjà vu un combat de catch féminin dans la boue?

Préchauffez gril et four à 220°. Installez les tendrons sur la grille, avec la lèchefrite dessous. Sur un plat lambda, notez, ça marche aussi. Rôtissez 20 minutes, en retournant les bestioles à mi-parcours. Il faut que le cœur de la bête demeure rosé, mais que son enveloppe charnelle croustille à donf’.

Faut-il vraiment envahir l’Andorre?

DSC02980.JPGDécoupez enfin en charmants tronçons et débouchez une quille riante au fruité malicieux et à la bouche joufflue, le Domaine du Grès Saint-Vincent par exemple, la nouvelle cuvée de la très recommandable coop des vignerons Eztezargues, Appellation Côte-du-Rhône-Villages contrôlée, 750 ml, ALC 14,5% by vol, red wine, product of France. Prix bisou; bonheur total.

Et toi, tu préfères le vin rouge ou le Pepsi?

Bien à vous
A tout soudain

PS: Obama porte-t-il des fixe-chaussettes?
La vie mérite-t-elle d’être vécue?
Quand c’est qu’on mange?
Pourquoi?

 

04.02.2010

Les joues de lotte au pavot, l’huile d’argan, la copine de lycée et tout ça

Yo !

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On avait une copine de lycée prénommée Charlotte, que tout le monde appelait Lotte. Ce qui ne la dérangeait nullement. C’était une brunette rigolote, une chic fille, sans histoire ni chichi, toujours partante pour te prêter cinq balles ou te filer sa version latine pour que tu pompes dessus. On ne lui connaissait pas de fiancé, mais la rumeur la disait secrètement amoureuse de ce gros crétin de Francis. Lequel l’ignorait royalement. Bien sûr. Un con, le Francis.
Bref. Un dimanche matin, alors qu’elle faisait ses courses en famille, Lotte (la fille) découvrit, sur l’étal d’un poissonnier de la halle Victor Hugo, une lotte (le poisson). Entière. Avec la tête. Quiconque n’a jamais vu la tête d’une lotte (le poisson) ne connaît pas l’effroi. Cette bestiole-là est d’une laideur inouïe. Avec une tronche grimaçante et dentue, qui occupe les deux tiers du corps. Un cauchemar.
Dès le lundi suivant, nul ne put plus appeler Charlotte par son diminutif. Elle n’y répondait plus. Puis les vacances d’été arrivèrent. Elle changea de lycée. Jamais on ne la revit.

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Spécial dédicace à la copine d’antan: voilà nos ravissantes joues de lotte panées au pavot et noisettes, avec son méli-mélo de légumes d’hiver à l’huile d’argan.
Recette intimidante sur le papier, je le concède, mais d’une facilité de réalisation étourdissante. D’ailleurs, on en est tout étourdi rien qu’à le taper sur le clavier. Hu hu

Il faut se munir au préalable de joues de lotte (voir nota bene n°1), d’une bonne huile d’argan (voir nota bene n°2), d’une bouteille de Mauzac pour boire avec (voir nota bene n°3), d’une poignée de graines de pavot, d’une autre de noisettes, d’un céleri pomme, d’une rave et d’une paire de carottes violettes. Ou pas (voir nota bene n°4).

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Pour le méli-mélo. Pelez les légumes, puis taillez-les en minces lamelles à l’économe. Passez à la vapeur quatre -cinq minutes. Humectez d’huile d’argan. Fleur de sel. Tour de moulin à poivre. Réservez au chaud.

Pour les joues. Virez les peaux et filaments. Rincez. Séchez. Oignez d’huile d’olive.
Au fond d’un mortier, écrabouillez ensuite les noisettes. Mélangez-les au pavot, avec une pincée de sel et quelques tours de moulin à poivre.
Roulez les joues dans les petites graines, en insistant pour qu’elles s’agrippent à la chair du poisson comme un ministre à son portefeuille.
Poêlez enfin, à feu furieux, une minute et quelque de chaque côté.

Posez enfin les joues sur la couette légumière. Débouchez le Mauzac et pâmez-vous en sniffant son bouquet divin. Des fleurs blanches. De la poire. Du silex. Un boisé délicat. Rahhhhh…

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Tchin Charlotte!

NB1: Selon notre poissonnier, les joues de poisson (colin, cabillaud, lotte) sont des mets en voie de disparition. De plus en plus, les bestioles maritimes lui arrivent sans tête, écailles ni arêtes. Adios les joues, donc. Sale époque.

NB2: L’huile d’argan, élixir marocain à l’envoûtante saveur d’amandes grillées, vient donc de la pression des amandons contenus dans les noix, elles-mêmes contenues dans les fruits de l’arganier. Vous suivez ? Deux gros hics. Certaines de ces huiles, manufacturées de manière très traditionnelle, rancissent à la vitesse d’un chameau à la fois sous EPO et au galop. Très vite, en somme. D’autres, provenant d’arbres squattés par les chèvres (folles dingos des fruits de l’arganier), ont la fâcheuse tendance à empester le caca de bique. Pas super sexy. Il faut donc dénicher une huile à la fois pure et résistante. On a trouvé la perle rare et bio (clic).

DSC02938.JPGNB3: Le Mauzac est un cépage autochtone du pays de Gaillac, aux arômes de pommes et de noix absolument exquis. On est dingo de la vive autant que racée cuvée de Mauzac du Château de l’Enclos des Rozes, d’Aurélie Balaran, la fille de son père d’Escausse (clic), distribuée par l’infatigable monsieur de Vins Etonnants (clic).

NB4: Euh… et  chez vous, ça gazouille?

 

01.02.2010

Des blogs, des canards, des trucs, des machins: les conseils du Dr Slurp

Bien le bonjour, les bipèdes connectés

 

Aujourd’hui, point de recette. Aujourd’hui, point de pinard. Aujourd’hui, le Dr Slurp te refile quelques tuyaux, des adresses, des machins à bouquiner, des trucs à guigner. Gratos. Rien que pour toi. Parce que le Dr Slurp, il a une paroi abdominale grosse comme ça.

 

  • Une revue verte

 

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«La Garance voyageuse» est une revue française furieusement écolo, qui nous parle avec passion et science de toutes ces choses végétales qui poussent dans les champs et jardins. Le dernier numéro (100% papier recyclé) se penche sur l’histoire des plantes qui se boulottent. Drôlement instructif et pointu. Le dossier démarre par le début, soit avec nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs et autres agriculteurs primitifs. Avant de rebondir sur la patate des Incas, de dérouler la saga des fruits consommés en Europe ou d’expliciter le CV du «dieu maïs», des sociétés précolombiennes aux corn-flakes du petit dej’. Sans oublier la peu glorieuse histoire de la sélection des blés, ce long chemin vers la fadeur et l’uniformité. Substantiel.

 

  • Une revue bicolore

 

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Dans la grande et pas toujours respirable famille de la presse œnophile francophone, exigez le «Rouge et le Blanc». Sous son look de fanzine janséniste, voilà un magazine palpitant, sans pub ni reproche, qui depuis plus d’un quart de siècle arpente le vignoble français, et les autres aussi. Quatre numéros par an; une expertise libre et pertinente; une indépendance passionnée. Le No 95 vient de sortir: 44 pages de bonheur bachique. On vient de s’abonner, c’est tout dire.

 

  • Un blog vineux en vidéo

 

 

 

C’est le père Olif qui nous a filé cette adresse. Merci Olif. Cela s’appelle Bu Sur le Web. Et c’est une révélation. On y découvre de brèves vidéos mettant en scène une Québécoise pétillante, Aurélia, qui déguste live une bouteille de vin. Ça pourrait être soporifique. C’est génial. Parfaitement. Elle débouche; elle hume; elle commente avec cet accent si exquis à nos oreilles. Justes et simples, les commentaires; drôles et judicieux, d’une spontanéité rafraîchissante. Sans l’astringent lexique technique ni la pompe sentencieuse qui plombent bien souvent le commentaire œnologique.

Olif, encore lui, s’est empressé de décalquer le concept, avec un indéniable charisme télégénique (clic et clic).

 

 

  • Un blog gourmand en dessin

 


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Le Genevois d’origine et jurassien d’adoption Guillaume Long est un dessinateur de chouettes bédés autobiographiques. Depuis l’automne dernier, il a ouvert le blog A boire et à manger sur la plate-forme du Monde, où il narre ses aventures et trucs culinaires en dessins. Ben, c’est juste mirobolant. Neuf, drolatique et inspirant. Il faut lire ses expérimentations avec le radis noir. Ou les dix commandements de la raclette. A découvrir fissa.

A tout soudain. les aminches

28.01.2010

La cocotte de rognon au porto et la place à Ferran

Bien le bonjour chez vous

 

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T’as vu ça? Ferran Adrià ferme son resto pendant deux ans. Le chef catalan en a ras la pipette. Il a chopé les bulli. L’est tout fatigué. Besoin de faire le point. De courir tout nu sur la plage avec son chien, sans penser aux molécules du chou-fleur.

So what? Ben, pas grand-chose. Sinon que cette démission nous laisse enfin le champ libre pour devenir le plus grand cuisinier du siècle et du cosmos réunis. Dr Slurp va piquer la place à Ferran. Nyark. Il va faire la Une de la Gazette de Vierzon, signer de l’autographe en cascade et massacrer la langue française sur TF1 face à un panel de Français incrédules. Accroche ta ceinture, ça va dépoter dans les chaumières.

Tiens, on démarre tout de suite, avec un plat d’une créativité suffocante, d’un molécularisme confondant, d’une audace inouïe. Une cocotte de rognon de veau au Porto et raifort. Et paf, dans ton pif.
Bon, il y a un petit souci avec ce plat mirobolant, c’est sa photo, top naze, giga moche, über berk. Du coup, on a rusé comme un sioux en composant une série de mosaïques byzantines qui flattent l’œil et stimulent l’appétit.

 

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Dégraissez un max, avec un couteau pointu, un gros rognon de veau aux formes voluptueuses, sans faire de carnage SVP. Assaisonnez.

Dans une cocotte et avec une noisette de beurre, dorez tranquilou la bête sous toutes ses coutures, six sept minutes, pas plus, qu’elle reste toute rosée à cœur.

Arrosez d’un bon gros déci de Porto. Laissez macérer hors feu et à couvert quelques minutes. Puis réservez le rognon au tiède. Faites réduire un poil le jus. Ajoutez une cuillère à soupe de crème fraîche et une cuillère à café de raifort râpé. Touillez. Assaisonnez. Goûtez. Rassaionnez s’il le faut (du verbe Rassaisonner: je rassaisonne, tu rassaisonnes.. encore aurait-il fallu qu’il rassaisonnasse).

Ajoutez
enfin le rognon into the cocotte, laissez mijoter à couvert quelques minutes de rab. Découpez, coiffez de pluches de persil et nappez avec la sauce.

 

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Voilà ce chef-d’œuvre de canaillerie futuriste s’avale avec jovialité, une timbale de riz blanc et un rouge naturel, aux parfums de cachou et d’épices, aux tannins coquins et au fruité croquant. Soit la cuvée «Marginal» du Domaine Terre des Chardons, Costières de Nîmes, France d’en bas et du milieu à la fois.

Bizzzzz

PS: Quoi? Comment? Tu veux la photo de la bouteille en plus? Bon, c'est bien parce que c'est toi.

 

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25.01.2010

La rosace de betterave de la mer et de la terre (deux trucs pour le prix d’un machin)

Bien le bonjour, les plantigrades rieurs

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L’autre jour,
une jeune collègue nous avouait, rougissante et bafouillante, s’être payé un kilo de tomates. En janvier. Des tomates. «Pour faire une salade». Ah, la crapule! Elle allait le payer.
«C’est trop dur, l’hiver, il n’y a pas de légumes», gémissait-elle en se tordant les mains tout en évitant notre regard glacial. On lui a illico flanqué aux fesses la brigade de répression du non-respect des saisons. Une petite lettre anonyme, et hop. Nyark.
Avant de lui lister, d’un ton martial, ces végétaux exquis qui se pavanent sur nos étals ces jours-ci.
-    Les choux (blancs, frisé, chinois…)
-    La pomme de terre
-    La carotte (orange, jaune, violette…)
-    Le panais
-    Le col rave
-    Le potimarron
-    Les brocolis
-    La lambada
-    Le topinambour
-    Les céleris, branche et pomme
-    Le rutabaga
-    La scorsonère
-    Les pommes
-    Les châtaignes
-    L’endive
-    L’épinard
-    Les poires
-    Le navet
-    Le colrave
-    Les haricots secs
-    Le poireau
-    La rillette
-    Le salsifis
-    La macarena
-    Les chicorées (Trévise, scarole…)
-    La rave
-    La racine de persil
-    Le cerfeuil tubéreux
-    Les crosnes
-    La capucine tubéreuse (qu’on oublie trop souvent) et l’ursuline ténébreuse

Alors, il n’y a pas de légumes en hiver? La scélérate s’est agenouillée en pleurs pour implorer notre pardon. Non, plus jamais elle ne mangerait des tomates en janvier. On l’a rapidement absous, en lui grattouillant le crâne. Allez, un Pater, six Ave et trois Gloria Patri pour la route. Suivante. Le Dr Slurp sait être magnanime, parfois.
Oups, on avait oublié de citer la betterave.

Tiens, voilà d’ailleurs une recette d’hiver qui rigole, sobrement intitulée rosace de betterave acidulée et tronçons de gambas rôties à la vinaigrette tiède. Ça le fait comme intitulé, non? On dirait un peu du Maupassant sous ecstasy.
Bon, dedans ton cabas à fleurs, il te faut des germes d’oignons, des betteraves cuites, une grosse gamba par personne, des citrons verts et c’est tout.

 

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Décortiquez
les gambas. Laissez mariner au frais dans un peu d’huile d’olive, citron vert et poivre exotique.

Pelez
(en enfilant des gants de vaisselle pour éviter d’avoir les pattes rouges) puis émincez les betteraves en fines rondelles. Disposez sur un grand plat en rosace (ou en colimaçon, ou en escargot, exercice périlleux exigeant un Bac + 12 en architecture ornementale).

Arrosez joyeusement d’huile d’olive et de jus de lime, salez poivrez. Parsemez de germes d’oignon.

Dans une casserole, faites tiédir une vinaigrette tonique d’huile d’olive + jus de citron vert + piment.

Allumez le four à 50°

Poêlez presto les gambas à feu fou, puis tranchez en tronçons biseautés. Puis installez les dits tronçons sur les betteraves.

Passez deux minutes l’assiette au four. Brumisez enfin les crustacés de vinaigrette tiède. Servez au pas de course en tortillant du joufflu.

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Variante carnée tout aussi slurp
: le carpaccio de betterave et bœuf en trompe-l’œil.

Composez la rosace décrite ci-dessus en intercalant une tranche de carpaccio de bœuf et une rondelle de betterave.
Arrosez d’huile de noix et jus de citron. Poivre. Fleur de sel.
Puis coiffez d’éclats de cerneaux et vieux copeaux de parmesan. C’est tout rouge. C’est tout bon. C’est la recette bonus qui prouve une fois encore que le Dr Slurp a des ressources inimaginables dessous le capot.

A plouche, amigas

21.01.2010

La nuit des longs couteaux (gentiment acidulés et gratinés aux amandes)

 

Bien le bonjour, les surfeurs bivalves

 

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Tiens, une petite histoire drôle en guise de préambule.

C’est deux œufs qui s’ennuient au frigo.
Le premier entame la conversation:
-    T’as une drôle de tête, toi
-    Mmmmm
-    Oui, t’es tout sombre, fripé avec plein de poils

A ce stade de la boutade, beaucoup d’entre vous craignent le pire, vu la réputation sulfureuse, libidinale même, et probablement méritée, de ce blog. Ben, ils se mettent le doigt dans l’œil.


On reprend. Le premier œuf, donc, dit à l'autre:
-    Oui, t’es tout sombre, fripé avec plein de poils
-    Normal, idiot. Je suis un kiwi.

Lol de chez lol

Sans transition passons au couteau, ou manche à couteau, qui n’est autre que cet amusant mollusque bivalve, qui se planque dans le sable comme un trouillard et qui forme l’ordinaire des pêcheurs à pied futés. Malgré son physique ingrat et son Q.I. notoirement bas, le couteau est un interlocuteur intéressant à table, particulièrement dans cette recette que l’on a baptisé avec simplicité "manches à couteaux du littoral, acidulés à la canaille et gratinés aux amandes". Quoi, tu pleures de rire?

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Comptez trois quatre couteaux par gulu. Rincez à l’eau claire plein de fois. Et tâchez d’ouvrir les coquillages avec vos deux pouces, sans briser la coquille (tu me brises, la coquille, toâ). En cas d’échec, plongez les bestioles quelques minutes dans l’eau frémissante.
Extrayez donc prudemment l’animal de sa planque, virez la poche intestinale et les filaments. Puis émincez en minirondelles de 6,4 mm. Rincez à grande eau.
Puis touillez avec un filet de citron, une grosse lichette d’huile d’olive, une pincée de piment d’Espelette, une pincée de poivre de Sichouan et une cuillère de gingembre frais haché. Laissez macérer au frais.
Tiens, pendant ce temps, nettoyez donc quelques coquilles qui serviront d'écrins. Et allumez le gril à donf', en glissant la grille en haut du four.
DSC02838.JPGJuste avant le miam, garnissez les coquilles avec la chair acidulée, coiffez d’amandes émincées, salez mollo à la fleur de sel et laissez gratiner cinq minutes.
La nuit des longs couteaux, tu le sais bien, il faut boire du vin. Blanc, le vin. Jurassien, croquant, lutin, nature et vif comme la marée au Mont St-Michel. La cuvée «100% Rien que du fruit» de Fanfan Ganevat par exemple, qui cache dans un coin de son étiquette une recommandation pour le moins culottée, discriminante même… (clic ci-dessous to enlarge)
Tchou!


20.01.2010

Le quinoasotto au radicchio et bresaola (t’as compris de quoi il cause, machin, aujourd’hui ?)

Mes hommages, contemporains hirsutes

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Devinette.
1er indice. Les Incas, avant d’être pogromisés par les conquistadors, en engloutissaient des tonnes. Au souper, mais pas seulement.
2e indice. Madame Betterave est sa cousine, monsieur Epinard son cousin. Bonjour la famille.
3e indice. Ton bidon la digère en rigolant, tes papilles la papouillent en gloussant.
4e indice. On n’en causait guère naguère. On en cause beaucoup maintenant.
5e indice. La deuxième partie de son nom évoque celui d’un champion de tennis fort populaire, qui fait dans la chanson reggae pour Club Med'.



Mmmm, t’as pigé ?



Bravo. C’est du quinoa dont on cause. Tût, tût.
Le quinoa, donc, qui croque gentiment sous la molaire et exhale un discret parfum de noisette. Qui se popote un peu comme le riz, salé, sucré, en sushi, en galette, en taboulé, en soupe, en monokini, en état de transe ou en chantant l’Internationale à tue-tête.
Tiens, voilà justement un quinoasotto au radicchio et à la bresaola. Et toc.
Quoi, il faut qu’on répète en articulant? Bon, OK: le quinoasotto, c’est donc un risotto de quinoa; le radicchio (trevigiano pour les intimes), une chicorée italienne croquante qui peut susciter une vénération quasi sectaire (clic); et la bresaola, du bœuf séché, rital itou, light et parfumé.
Tout est clair ? Pour le quinoa, faudra juste faire un crochet par la boutique diététique, celle du baba qui a l’accent germanique. Pour le reste, l’épicier transalpin du coin a tout ça en stock.

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Pour réaliser ce plat complet, cosmopolite et rusé, il faut aussi une carotte, deux brins de céleri branche, une échalote, du bon parmesan râpé, un verre de blanc sec et un litre de bouillon de légumes, maison si possible (recette sur demande, oui, juré).
On compte un grand verre de quinoa pour deux gulus à table. On décline le reste en faisant des multiplications selon le nombre d’invités.
En voiture, Simone.

 

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Chauffez tranquilou le bouillon. Rincez le quinoa à l’eau claire. Lavez et émincez céleri, carotte, radicchio et échalote. Réservez quelques pluches de radicchio et virgules de céleri pour le final.
Faites fondre le reste des légumes dans un peu d’huile d’olive, sans les cramer. Ajoutez le quinoa. Touillez quelques minutes à sec. Puis mouillez avec le verre de vin blanc. Retouillez jusque que liquide se fasse la malle. Puis intégrez le bouillon, par louches successives. Il faut compter environ une vingtaine de minutes et deux tiers de litre pour un grand verre de graines. Quand le quinoa a absorbé tout le bouillon, qu’il fond en bouche tout en gardant son affolant croquant à cœur, il ne reste plus qu’à lier le tout, d’un coup de poignet mâle et félin, avec trois noisettes de beurre et plein de parmesan râpé.
Assaisonnez avec véhémence mais selon affinités.
Ajoutez la bresaola taillée en lamelles. Puis le radicchio et le céleri crus (voire plus haut : oui, il y a une logique dans ce boxonou) pour faire joli sur le dessus.
DSC02861.JPGVoilà. Il n’est nullement répréhensible de se siffler un coup de rouge avec tout ça ; par exemple l’une des très  gourmandes, fraîches et pétaradantes cuvées du domaine Tenuta delle Terre Nere, sis sur les flancs nord de l’Etna,  Sicile orientale, mer Méditerranée du milieu, Europe de tout en bas.

Ciao, ciao, ciao

PS : Le conseil du chef. Si t’as pas de bresaola, utilise de la viande  séchée lambda. Si t’as pas de radicchio, utilise de la Trévise. Si t’as pas de quinoa, fais toi de la purée de marrons.

PS2 : La grenouille qui louche sur le plat, là-haut, est une sacrée crapule.

19.01.2010

Le pressé de jarret à la grenade pour vivre très très vieux

Bien le bon jour, les grenadiers

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2446360106-la-grenade-un-fruit-anti-cancer.jpgLa grenade est un fruit drôlement sain, qui te protège quasiment de tous les maux: le cancer du sein et l’hypertrophie du périnée, le mildiou et la myxomatose, le vague à l’âme et le stress hydrique. Voire plus encore.
Engloutir une grenade quotidienne, c’est donc l’assurance de vivre jusqu’au XXIIIe siècle, tout en continuant à enchaîner les cabrioles avec la postière en hululant des chansons populaires. L’autre jour, dans un quotidien du soir très comme il faut, Le Monde pour ne pas le nommer, un article te listait les vertus de la chose. Mazette ! On est sorti de là avec la certitude qu’il fallait dare-dare entamer un régime sévèrement grenadé.

On a commencé le jour même, en mitonnant ce pressé de jarret de veau à la grenade qui fait scrountch sous tes crocs. La beauté de ce truc-là, tu l’auras capté illico, c’est la dialectique voluptueuse entre le croquant acidulé du fruit et le moelleux dodu de la bestiole mijotée. Parfaitement.

 

 

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Pour une terrine d’un litre, remplir son cabas à roulettes avec 800 grammes de tronçons de jarret, ou osso-buco, une grosse carotte, deux brins de céleri branche, un bon fond de veau artisanal, un citron vert, une grenade, quatre feuilles de gélatine, quelques feuilles de poireaux et l’intégrale remasterisée de Michèle Torr (facultatif).

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Immergez les jarrets dans un mix eau claire-fond de veau, avec une larme de vin blanc, la carotte épluchée mais entière, le céleri et le poireau. Dans une boule à thé, tassez trois clous de girofle, dix grains de poivre noir, trois feuilles de laurier et six brins de thym. Plongez itou.
Assaisonnez. Laissez glouglouter à couvert, trois heures. Ce qui laisse tout loisir d’écouter en boucle C'est dur d'avoir 16 ans de Michèle Torr.
Quand la viande s’abandonne, extrayez-la de son bain à l’écumoire. Et effilochez-la du bout de doigts, en prenant soin de récupérer la divine moelle que les os planquent. Réservez. Et occupez-vous du bouillon. Filtrez. Récupérez carotte et céleri, virez le reste, émincez et mélangez à l’effilochée.
Remettez la cocotte sur le feu. Ajoutez une giclée de cognac et le jus du citron vert. Laissez réduire. Rectifiez l’assaisonnement avec vigueur. Goûtez en soupirant d’aise. Intégrez enfin les feuilles de gélatine. Point trop n’en faut, les os gélatinent tout seuls, qu’ils disent.
Chemisez la terrine avec du film alimentaire. Disposez une couche de veau, mouillez d’un rien jus. Tassez. Parsemez de grains de grenade.
DSC02836.JPGPuis recommencez en strates, jusqu’à épuisement de la matière première. Mouillez jusqu’au bord de bouillon. Couvrez. Et laissez somnoler au frigo jusqu’au lendemain.

Voilà. Ça se mange avec une salade verte et trois cornichons. Ça s’arrose d’un chouette gamay ardéchois au cœur fidèle, par exemple l’irrésistible, épicée et corsée La Souteronne de ce bon Hervé Souhaut. Une idée, comme ça, en passant, gratos.

A plus tard

PS
: En cas de choc post-réveillon, il n’est pas aberrant de dégraisser le bouillon. C’est un peu moins bon, mais votre slim vous en sera reconnaissant.

PS2: « Les jeunes savent pas nous parler
Les autres faut s'en méfier
C'est dur d'avoir 16 Ans
Mais si cet âge nous ennuie
Il y a une chose qui nous ravit
Inévitablement un jour on a 20 ans
Un jour on a 20 ans
On a 20 ans
On a 20 ans... »

Miss Torr, millésime 1964

 

11.01.2010

La rétro 009 du Dr Slurp

Coucou

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Ben, nous y voilà. C’est la tradition dans la blogomiam: alors que s’estompe doucement la gueule de bois des réveillons et que le mois de janvier soulève une paupière, il s’agit de se lancer dans un exercice de rétropédalage contemplatif de l’année écoulée. Comprenez dans la rédaction d’un palmarès masturbatoire de ses œuvres passées. Entreprise pleine d’immodestie, voire d’autosatisfaction gluante, à laquelle le Dr Slurp se livre chaque année. Et avec gourmandise.
Nos plats favoris de l’an de grâce 09? Les voici...


Le Top Ten miam (dans le désordre)

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-L’effilochée de lapinou au chardonnay. La volupté des rillettes sans le gras qui saute aux hanches. Fortiche.


-Le risotto über printanier.
Car les beaux jours reviendront bien un jour. Qu’ils disent.


-La Morteau en salade de lentilles en crème de wasabi et coriandre
. Quand le n’importe quoi embrasse le n’importe comment, on retient son souffle.


-Les calamaretti farcis au pesto qui fait boum. Plaisir d’offrir, joie de recevoir.


-La soupe de melon à la verveine citronnée et gambas rôties en croûte de sésame.
Ce qu’on peut se monter le cou, des fois.


-Les paillassons en spags de carotte et courgette
. Mais les paillassons, c’est pas pour s’essuyer les pieds? DSC02215.JPG(rires)


-Le châteaubriant de lotte cochonne et son cortège estival.
Bon, si on mettait un peu de musique?


-Le burger de betterave au jambon ibérique
.
«Il a neigéééééé sur Yesterdayyyyy…»


-La terrine de canard aux cerises.Le soiiiir où ils se sont quittéééééés.»


-Le brik de veau au citron confit. Hum, t’as pas autre chose? Du rap?


Il est possible que ta recette fétiche de l’année passée ne figure pas dans la liste. Ravale tes sanglots. Les listes récapitulatives sont conçues rien que pour frustrer les honnêtes gens. Bon, ce n’est pas tout ça. Il s’agit maintenant de passer au…

Top Five pinards

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-Yannick Pelletier à Saint-Chinian, pour ses deux cuvées rouges et boombastic: L’Oiselet et Coccigrues.

-Catherine et Jean-Mary Le Bihan, Côtes de Duras, pour leur Pie Colette 08 qu’on aime tendrement.

-Frantz Saumon à Montlouis pour son merveilleux et ciselé Petit Caporal blanc.

-Le Domaine des Côtes de la Molière, Moulin-à-vent, pour l’ensemble de son œuvre.

-Philippe Villard, Anières, canton de Genève à gauche au bord de l’eau, pour son exaltante cuvée de Savagnin

On en oublie plein. Qu’ils nous pardonnent (et nous expédient fissa trois cartons).
Impossible de s’arrêter en si bon chemin. Tiens le…

Top five zizique moderne qui fait un peu de bruit dans ton salon

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-Wilco, avec le nouvel album éponyme (ça veut dire qu’il s’appelle Wilco comme le groupe, banane).

-The Dead Weathers
, Horehound. Calorique, sauvage et venimeux. Tout ça.

-Dead Man Bones
, avec un premier album éponyme (ça veut dire qu’il s’appelle Dead Man Bones comme le groupe, banane).

-Sparklerhorse et Danger Mouse, Dark Night of The Soul. Çui-là, on ne le chope qu’en téléchargement. Demande à ton petit-cousin pirate d’aller farfouiller sur la Toile.

-Ex aequo: Grizzly Bear (Veckatimest) et Passion Pit (Manners). Des disques inégaux avec des vrais morceaux de bonheur cachés dedans.


Bon, on ne va pas vous quitter sans brosser un…

Top Five cinoche

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-Inglorious Bastards du Baron de la Tarantine (pour le solo maboule de Chrisoph Waltz).

-Ponyo sur la falaise, de Hayao Miyazaki.

-Etreintes brisées, le nouveau mélo de notre pote Pedro.

-Gran Torino de et avec Clint Eastwood.

-Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. Quoi? Ce n’est pas sorti cette année que tu dis, toi?

A sous peu, chers ami(e)s

04.01.2010

La fricassée de couilles d’agneau au Xérès

Bien le bonjour, les aminches

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Vous connaissez sans doute la rectitude morale et le sens aigu du bon goût qui caractérisent ce blog depuis sa création. Sur Top Slurp, le verbe est corseté, le petit doigt érigé et le propos convenable. Oui, Madame. Et ce ne sont pas les effluves d’un réveillon sévèrement arrosé qui nous feront dévier de cette ligne vertueuse. La direction présente donc, par avance, toutes ses excuses si le texte qui suit présente certains termes anatomiques susceptibles de choquer le lecteur. Le lecteur coincé du bulbe, en particulier.

Car aujourd’hui, on va vous causer couilles d’agneau. Couilles, couilles, couilles (hum... désolé mais c’est tellement bon de tapoter ce mot-là sur un clavier d’ordinaire châtié).
Couilles d’agneau donc, que la triperie baptise pudiquement rognons blancs, frivolités de la Villette ou animelles, et qui se révèlent à la mastication le plus délicat, tendre et succulent des abats. Oui, la burne de mouton affole la papille. Récemment, on a d'ailleurs vu une assistance mixte, jeune, saine et honorable, croquer dans la dite roupette avec une joie gourmande proche de l’extase chamanique.

Pour cette fricassée de roustons ovins aux câpres flambée au xérès, il vous faut 200 grammes de joyeuses par personne, des câpres et du Xérès. Plus une échalote, une gousse d’ail, quelques brins de persil plat, un nuage de farine et c’est tout. Notez le côté économique de l’affaire: la valseuse flambée ravit sans ruiner.

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Hachez
et faites blondir ail et échalote. Réservez.

Déballez avec quelque émotion les bijoux de famille, que votre boucher aura aimablement débarrassé de leur pellicule au préalable, en évitant de comparer leur taille et aspect à des choses familières. Certains de ces animaux sont sévèrement pourvus par la Nature; inutile de se dévaloriser bêtement.

BDSC02843.JPGalancez
les bouboules à la poêle une minute et à feu furax, qu’elles perdent leur flotte. Emincez-les ensuite en tronçons mignons. Farinez mollo, poivrez.

Puis fricassez
à feu dru dans une noisette de beurre, deux trois minutes, jusqu’à ce qu’elles dorent joliment. Arrosez d’un demi-verre de Xérès. Flambez illico les burnettes, sans cramer le plafond de la cuisine ni embraser votre permanente. Laissez réduire un poil. Salez. Ajoutez ail, échalote, câpres, persil haché, une pincée de piment d’Espelette. Touillez. Et servez tout chaud, si possible en passant sous silence l'armada de jeux de mots grivois qui vous vogue dedans la cervelle.

Avec les bonbons d’agneau, il faut un pinot - noir, le pinot -, par exemple la très savoureuse et naturelle cuvée «La Caillère» du Clos Tue-Bœuf, sis à Cheverny, bords-de-Loire, France-du-milieu, Vieux-continent-de-l’ouest, dont le fruité pur et la chair tendue font ami-ami avec ces roubibis miraculeux.

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A plouche

PS: Vous avais-je souhaité une pétaradante, drolatique et voluptueuse année 2010? Non? Ben voilà. C’est fait. Bisoux.

24.12.2009

Les vœux sincères et le bisou du Dr Slurp

 

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Ben, nous y revoilà. En avant le foie gras et les huîtres, la dinde et la bûche. Cadeaux, bisoux, recadeaux, rebisoux. Hips. Amen.
Tiens, avant de filer à la messe de minuit, il faudra se souvenir que Noël n’a pas toujours senti le sapin ni le vieux bénitier. Parfaitement. Petit flash historique: avant que l’église fasse son OPA sur la fête il y a quelques siècles de cela, il s’agissait d’une célébration velument païenne, qui marquait le solstice d’hiver. Les gens se mettaient en caleçon de bain, se roulaient dans la boue parfois, et twistaient jusqu’à l’aube en poussant des cris joyeux. Dans l’âtre rôtissaient des cochons sauvages de taille vertigineuse. Le beaujolais - sans soufre ni levures sélectionnées - coulait à flot. Pendant que le DJ balançait une archéo-techno tribale et envoûtante. On savait s’amuser à l’époque. Même que c’était peut-être bien le bon vieux temps.

Bref, bonne festouille à tous.

On se revoit sous peu (à l’oignon). Nous serons, selon le Grégorien, à l’aube de l’an de grâce 2010.
Que Saint-Chapon vous protège

Bizzzzzzzz

21.12.2009

Darroze-Estèbe: 10-0

Coucou, les téléphonistes avisés

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C’est l’histoire d’un über provincial (quasi suisse, même) qui monte à Paname pour les fêtes. Et qui aimerait bien offrir à sa petite famille un gueuleton de rêve ans dans un resto dont on cause.
L’histoire d’un plouc affamé, en somme.

iPhoneRetro.jpgPremier essai, quinze jours avant le départ.
Driling driling…
Musique d’ascenseur, qui chante Darroze, Darroze, Darroze. Voix féminine enjouée, façon aéroport: «Restaurant Hélène Darroze, Relais et Château, bonjour» Même chose avec l’accent english. «Ristorainte Hélène Darroze, Relais and Château, hello.» Pause musicale. «Pour le menu en français, tapez 1; for the meniou in ingliche, press tou
Le menu? On voudrait commencer par réserver une table avant de lire le menu. On réfléchit à tout ça, un petit moment. La zizique chantonne. Puis le silence se fait. On pige enfin. On tape sur 1.
La zizique redémarre. «Pour faire une réservation, tapez sur 1»
Ouf, nous y voilà. On tape sur 1, ravi.
La voix enjouée nous avertit en substance que personne n’étant disponible pour le moment, il faut poireauter ou rappeler plus tard. A la St Glinglin, par exemple. Il y a aussi la possibilité de taper sur 0 pour parler à un être humain. Paf, sur le zéro. On attend dix sonneries. Voire plus. On se dit que ça commence à plomber la note. On raccroche, vaguement agacé.
Fin du premier coup de fil.

le-telephone-pleure1-300x191.jpgDeuxième essai, le lendemain, en début de soirée.
Darroze, Darroze, Darroze, hulule le chœur des vierges dans l’écouteur.
Ha, ha, on connaît le disque par coeur: toc sur le 1.
«Pour une réservation…» Hi, hi, on toque derechef sur le 1.
La nana-robot nous explique patiemment qu’il n’y a toujours par un chat pour nous causer. Mais ce coup-ci, on peut laisser un message. On se racle la gorge; on attend le bip; et on se lance d’un gosier ému.
«Je souhaiterais une table pour 5 personnes le 26 décembre à midi, au nom d’Estèbe.» On ajoute au moins trois numéros de téléphone. On dit au revoir, très poliment. Et on attend un signal sonore indiquant que la bafouille est enregistrée. Silence intersidéral à l’autre bout du fil. Très long, le silence. Très anxiogène, le silence. Le compteur tourne. On raccroche, vaguement agacé.
Fin du deuxième coup de fil.

Telephones-2.jpgTroisième essai, le sur-lendemain, vers 17 h 30.
On vous passe les manœuvres apéritives. Pour en arriver direct au message. «Cinq personnes. Le 26 à midi. Oui, au nom d’Estèbe, ESTEBE, E comme Escroquerie, S comme Stupidité, T comme Téléphonie inhumaine, E comme Entourloupe technologique, B comme Bécasse d’opératrice, etc.» Nouveau silence dans les limbes parisiennes. On raccroche, vaguement agacé.
Fin du troisième coup de fil

Quatrième essai, une semaine plus tard, en pleine aprème.
Ce coup-ci, après le rituel manège numérique, une voix vivante nous répond. Incroyable. C’est une dame, un rien corsetée dans son tailleur. Mais bon. On réitère notre demande, d’un ton badin, en brossant au préalable un rapide résumé de nos mésaventures téléphoniques passées. Pour la distraire. L’interlocutrice, pas attendrie pour un sou, tranche aussitôt. «Mais nous sommes fermés le 26 décembre (sous-entendu, mon pauvre monsieur). Au revoir.»
Comme si c’était là une évidence cosmique. On est peu de chose, nous autres indigènes extra-frontaliers.

Comme quoi, dans les restos étoilés, la douloureuse commence avec la note de téléphone.

Bien mes respects chez vous

17.12.2009

L’omniscient Chuck Norris et les perches saltimboquées à l’ibère

Bien le bonjour, les elfes ventrus

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chuck-norris-ne-mouille-pas-cest-leau-chuck-n-L-1.jpegLa septantaine imminente mais le pectoral toujours bien bombé, Chuck Norris est un être humain balèze, un champion de karaté balèze, un amant balèze, un républicain balèze et un acteur de cinéma, disons, euh… assez balèze. Sur le web, plusieurs sites (clic) proposent des listes d’aphorismes sur le thème de Sa virilité, de Sa puissance, de Son omniscience. Exemples:
Chuck Norris fait pleurer les oignons.
Jésus Christ est né 1940 ans avant Chuck Norris
Chuck Norris et Superman on fait un bras de fer, le perdant devait mettre son slip par-dessus son pantalon.
Pour certains hommes le testicule gauche est plus large que le testicule droit; chez Chuck Norris, chaque testicule est plus large que l'autre.

Distrayant, non?

Tiens, Chuck Norris a avalé cul sec nos filets de perche saltimboqués au lomo. Avec la poêle et la gazinière.

Pour réaliser ce plat coquin et ravissant, il vous faut des filets de perches, certes, quelques tranches fines d’un chouette lomo – salaison cochonne autant qu’espagnole tout doucement pimentée – quelques feuilles de sauge fraîche et un demi-citron vert.

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Assaisonnez les perches côté chair. Détaillez les filets de lomo en demi-lune, qu’il s’agit d’installer sur chaque filet de poisson avec un confetti de sauge au centre. Repliez les filets sur eux-mêmes, puis refermez-les d’un cure-dent vengeur. Ce qui n’est pas si fastoche que ça. La perche a le cuir dur, moins que Chuck Norris, d’accord, mais tout de même.

Allumez
le gril, en installant la plaque tout en haut du four.

Poêlez
d’abord deux trois minutes à feu dru les perches dans une noisette de beurre. Salez, poivrez, paprikez mollo. Puis achevez la cuisson quelques minutes de plus, en glissant la poêle sous le gril, la porte du four ouverte pour ne pas cramer le manche.

Réveillez
enfin la chair lacustre avec quelques gouttes de citron.

Voilà, ça se gobe en apéro, en riant, en entrée, en plat principal, en kilt, en dessert même dans les foyers progressistes. Et avec une grande goulée d’aligoté, SVP, celui des Curiades à Lully; voire, plus chic, celui d’Aubert de Villaine à Bouzeron, pour lequel on nourrit une vieille tendresse quasi libidinale depuis des lustres.

Bien à vous

PS: On dit aussi que le dernier homme à avoir serré la main à Chuck Norris c’est Jamel Debbouze. Hum...

14.12.2009

Le mystère époustouflant du magret fourré au foie gras et cuit au gros sel. Oui, Ginette

Bien le bonjour, les gens

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Nos ancêtres hirsutes et pouilleux n’avaient ni plaque à induction, ni four à chaleur tournante. C’est là une réalité historique indiscutable. Pour cuire leur steak de mammouth, nos ancêtres se faisaient donc des barbecues. L’été, devant la grotte, dans une ambiance bon enfant.
Et comme il fallait aussi conserver la bidoche non consommée pour l’hiver, nos ancêtres la salaient, la bidoche.
Voilà une technique archi vintage, qui fonctionne depuis la nuit des temps, ou même avant; et fonctionnera jusqu’au crépuscule de l’humanité, alors que ton four à micro-ondes a toutes les chances de tomber en panne d’ici à la prochaine lune.

Ouvrons ici, si vous le voulez bien, un interlude scientifique.
-    Docteur Duckstein, le salage est-il à proprement parler un mode de cuisson?
Le Docteur Duckstein bourre sa pipe pensivement, chausse ses lorgnons et se lance dans une réponse circonstanciée d’une voix lente et profonde.
-    Non, ce n’est pas un mode de cuisson, tant chimiquement, ethnologiquement qu’étymologiquement. La cuisson, en effet, sous-entend un processus…
Concentré sur son propos, le savant n’a pas entendu les Indiens arriver. A cet instant précis, il reçoit une flèche en plein cœur, ce qui interrompt évidemment sa passionnante démonstration. Zut, alors.

Fin de l’interlude scientifique.

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A l’heure où la fin du monde approche à grand pas, ou l’énergie se faire rare et le prix du baril décolle, il n’est pas inutile de renouer avec ce savoir-faire millénaire autant qu’écologiquement correct. Par exemple en se mitonnant un magret cuit au gros sel, farci au foie gras et aux muscats secs qui font hips. Une recette d’une simplicité assourdissante, que certains d’entre vous trouveront sans doute foutrement boogaloo. Impossible de les contredire sur ce coup-là.

Pour trois-quatre personnes en entrée, il nous faut un beau magret de canard, 80 grammes de foie gras mi-cuit, plus quelques raisins secs et un paquet de gros sel.

Faites barboter seize muscats secs dans un verre d’Armagnac.

Dégraissez,
disons à 80%, votre magret d’une lame agile. Puis virez autant que possible les nerfs côté chair.

Incisez
ensuite la bête dans sa longueur, en l’ouvrant comme un portefeuille, soit en laissant les extrémités et un côté intacts. Salez et poivrez l’intérieur. Parsemez ensuite de raisins secs émincés, puis farcissez de foie gras, en tassant bien du bout de vos mimines. Refermez le magret, puis moulez façon saucisson, en le ficelant. Poivrez.

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Au fond d’une terrine, disposez un lit de gros sel, agrémenté, s’il le faut, d’herbettes aromatiques. Posez le magret sur cette carpette saline, puis couvrez-le entièrement de sel. Refermez la terrine.
Hop, au frigo, pour un jour et demi.

A l’heure du miam, rincez puis essorez le magret. Découpez en très minces tranches. Servez avec une saladine à l’huile de noix. C’est très bon. Singulier, roots et rassasiant. Parfaitement.

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Un coup de rouge n’est nullement interdit ici. Un rouge supernaturel, vrai, franc, cash et balèze; un rouge aussi intempestif que la technique culinaire sus-décrite. Par exemple l’ébouriffant Pirouette 6 (100% Carignan) du Domaine Fontedicto à Caux, dans le Languedoc. Cuvée généreuse et tonique, au fruité épicé (ou l'inverse), qui exige toutefois un long séjour en carafe, sous peine de donner au dégustateur la troublante sensation de se retrouver en plein 69 avec une chèvre sauvage.

Bien à vous
Estèbe

10.12.2009

Popote, années 00. L’abécédaire des mots de cuisine de la décennie.

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Bien le bonjour, contemporains affamés

Tiens, vous avez remarqué? La décennie s’achève. Oui, déjà. Exeunt les années 00. Bonjour les années 10. Avant de fixer notre regard altier sur la ligne bleue de la période radieuse qui éclôt, récapitulons, si vous le voulez, les dix ans de cuisine qui s’achèvent. Qu’a-t-on popoté, picolé et mijoté depuis l’an 2000?

Petit abécédaire gourmand autant que rétrospectif.



Basse température (cuisson à). Tiens, si je mets ma côte de bœuf au four 10 heures à 75°, elle cuit aussi. Mieux même. La note d’électricité, remarquez, elle me cuit aussi.

Bento (et lunch box ouvragée). Ou comment réaliser des dessins très jolis avec le miam de midi contenu dans un Tupperware. C’est dans le vent; ça vient du Japon (voir ce mot); ça occupe.

 

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Blogs (explosion des). Dans les années 90, des recettes de cuisine, il n’y en avait quasi que dans les livres et les mags de dames. Maintenant, il y a un milliard de blogs qui ne pensent qu’à ça. Dont celui que vous becquetez. On en est même venu à causer de blogomiam, charmante communauté pleine de camaraderie, d’éthique et de LOL en cascade.

Bio. A cause de ce que vous savez (la planète, la vache dingo, les saloperies chimiques), le bio, confidentiel naguère, est devenu une préoccupation unanime et un business d’envergure (voir naturel). D’ailleurs, ce blog est bio. Ta voisine est bio. Ton chien aimerait bien l’être.

Bistronomie. Néologisme accouplant bistrot et gastronomie, qui désigne des bistrots où l’on mange quasi gastro. Ne riez pas. C’est atchement bon, parfois.

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Cours de cuisine (explosion des). Les dames de naguère fréquentaient des écoles d’économie domestique. Aujourd’hui, t’as un cours sur le couscous à midi trente; un cours de dégustation de mousseux à six heures; puis un cours de cuisson basse température bio (voir ces mots) à 19 h 30.

Cuillère (la). Elle abrite tes bouchées apéritives. Elle te sert à laper les verrines, granitées et petites soupes. Elle est partout, la cuillère. Elle a enterré les autres couverts, la cuillère. Elle se la pète, la cuillère. Grave.

Cupcakes. Il aura suffi qu’une paire de greluches à longues jambes s’en goinfre dans le feuilleton Sex And The City (And The Cream Chantilly) pour que le monde entier s’entiche de cette pâtisserie ricaine, joufflue, calorique et pop.

Design (épuré et contemporain). Côté décor de restos, les années 00 n’ont pas franchement fait dans la rigolade. Le principe? Moins, c’est bien. Rien, c’est mieux. Et un peu beige, le rien, si possible.

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Equitable (produits issu du commerce)
. Tu bouffes encore du thon rouge en boîte pêché par des enfants handicapés en Chine????

Espuma (de pommes vertes, crevettes et artichaut). Technique contemporaine pour désintégrer des aliments qu’il faudrait mâcher autrement (voir moléculaire). Car mâcher, voyez-vous, c’est ringard.

Fooding (le).
On aurait adoré écrire une définition désopilante. Encore aurait-il fallu que l’on pigeât ce que signifie ce terme-là.

Finger food (le)
. Nul ne sait trop comment, manger avec les doigts est devenu un signe extérieur de branchitude intérieure (voire cuillère).

Gluten (le boum des allergies au). Rien à dire, sinon que l’on n’aimerait guère en souffrir.

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Japon (l’engouement pour le miam du). Yuzu, wazabi, soba, udon, matcha, umeishu… le gourmet des années 00 a la papille braquée vers le soleil levant. Et donc la baguette ouverte.

Joues (de bœuf, de porc…). Crise économique et nostalgie de la popote de mémé ont précipité certains bas morceaux sur le dessus de la scène du miam. J’en pince pour les joues. Elles me le rendent bien.

Légumes (oubliés puis retrouvés)
. Idem. Topinambour, mon amour. Panais, mon aimé. Cerfeuil tubéreux, mon amoureux. Scorsonère, mon… euh.

Lignac (Cyril). Très sympathique spécialiste des bons produits (dérivés). Voir télé-réalité.


Macarons (l’averse de). La cuisinière d’aujourd’hui doit savoir tricoter des macarons à tous les parfums de la création. Le cuisinier, lui, est exempté. Ouf.

Machine à pain. Jadis, c’était Jésus qui faisait le boulot. Maintenant, ils vendent la machine.

 

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Malbouffe (le drame de la). Que les gens avalent n’importe quoi, cela ne date pas de la dernière promo sur le surimi et la pizza congelée à la supérette du coin. Mais on s’en inquiète désormais.

Marx (Thierry). Ex-légionnaire et inventeur du wiff, le chocolat à sniffer.

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Moléculaire (la cuisine).
Quand il avait huit ans, Ferran Adrià a reçu Le petit chimiste pour Noël. Après, il est devenu cuisinier.

Naturel (le vin). Sans soufre, ou presque, sans douleur, sans saloperie dans les vignes, sans machin dans la cuve. Mais avec du vrai raisin dedans. Tchin!

 

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Produits branchés (la folle valse des). Baies de Goji, fève Tonka, poivre de Tasmanie, petit épeautre, pandan, quinoa et on en passe et des plus in. Zut, c’est quoi ce mois-ci, au fait?


Smoothies (ploutch). La centrifugeuse est l’avenir de l’homme. Aux fruits exotiques, l’avenir.

Proximité (vive les produits de). Pourquoi se ruiner pour des asperges des Antipodes qui empestent le kérosène et te trouent l’ozone quand, en attendant un tantinet, on peut croquer dans celles du voisin maraîcher? Plus qu’une preuve de conscience écologique, une affaire de bon sens. Et de gourmandise (voire bio et malbouffe).

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Télé-réalité. On causait assez peu popote dans la piscine de Loft Story. Mais M6 a rapidement humé le doux parfum de ressources publicitaires et d’audimat glorieux qui sortait de la cuisine (voire Lignac).

TVA (la baisse de). Si, si, si, elle se répercutera sur les additions. Après-demain, sûrement.

Verrines (la mode des). Nos aïeux appelaient ça simplement des verres. La modernité, après les avoir remplies de bonnes choses à manger, si possible chromatiquement étagées et à manger à la cuillère (voire ce mot), a décidé de les baptiser verrines. On attend les tassines, les assiettines et les coupines.

Salut, les coupines