16/03/2007

Et hop! Deux flacons gigantesques

Mes hommages,


Tiens, l'autre jour, on s'est glouglouté deux bouteilles drôlement émouvantes. Une de blanc, une de rouge. Elles nous ont tellement plu qu'on vous en parle.
Ici, sans façon, en ami.  

Von Othegraven "Maximus" 2000. Un grand riesling des bords de la Sarre au tarif amical (à l'époque du moins), au nez puissamment minéral - hydrocarbure, silex, fumé... maman, quel terroir!- et à la bouche charmeuse autant que ciselée, fulgurante d'abord puis douce et fruitée sur la fin. Splendide charpente, bien droite, tendue autant qu'harmonieuse. Et riante avec ça. On sort de là avec les papilles fraîches comme celles d'un bébé, le rose aux joues et le gazouillis aux lèvres. Tout jouasse, en somme.

Jacques Puffeney, Arbois, 1998. La robe de ce rouge-là peut faire peur. L'est rose foncée. Ou vieille brique. Ou cerise de juin. Toute claire, quoi. C'est que le trousseau, vénérable et mésestimé cépage du Jura, n'est pas du genre teinturier. Mais ce look diaphane cache un vin à la snifette exubérante et atypique, de noyau de cerise, d'écorce et de curry doux, qui annonce une bouche classe et racée, toute en longueur et en parfums d'épices et de fruits secs. Voilà un vin de culture et de caractère, qui ne joue du biceps ni de la jarretière. Un vrai vin, quoi, d'un vrai vigneron. Applause!

 

Voilà. A très bientôt, très chers

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Commentaires

Philou dit:
14 mai 2006 à 9:49 m
Chroniques gastronomiques de la France moyenne
Vous vous trouvez à Bourges après le Printemps. La soirée est douce, la ville charmante et les rues vides. Où irez vous faire un gueleton copieux et moyen ? Au restaurant des Beaux-Arts, bien sûr, institution de la restauration moyenne comme il en existe encore. Les beaux arts, c’est tout ce qu’on aime : une salle cachée au premier étage d’une brasserie ordinaire, des sièges couverts de schintz, du faux marbre et des aquarelles locales aux murs. Bref, la niche à notables. Ils sont là, d’ailleurs, directeurs de services techniques, des ressources humaines, du contentieux, environnés d’épouses et de collaborateurs. Ils connaissent très bien, disent-ils, les vins du pays. Ils repèrent le cru de “propriétaire” qu’ils se font un plaisir, avec autorité, de recommander à leur entourage. Ils ne s’intéressent guère à la nourriture, car elle n’est là que pour accompagner les Reuilly, Quincy et autres Sancerre. Les épouses éclusent, déjà un peu rouges, rient des bons mot du maître de table. On assiste, mi rigolard, mi jaloux, à ce repas festif, en avalant des ris de veaux trop crêmés, accompagnés d’hasardeuses sophistications légumières. Une soirée réussie.

Philou dit:
14 mai 2006 à 9:58 m
Chroniques gastronomiques de la France moyenne
Châteauroux se présente comme une longue suite de ronds-points ouvrant sur d’interminables faubourgs. Ou ira donc dîner le voyageur fatigué d’avoir traversé une campagne ravagée par l’agriculture française au meilleur de sa forme ? Nous évitons le centre ville, et nous nous dirigeons d’instinct vers l’ancienne base militaire, auprès de laquelle se niche le plus grand restaurant de routiers de France : l’Etincelle. Hâvre du camionneur et de l’aviateur, on y sert un menu de rêve pour 12 euros : chariot de hors d’oeuvre à volonté (céleri rémoulade, champigons à la grecque, betterave et pâté issu de différents animaux de l’union européenne), plats copieux (escalope et coquillettes, boeuf bourguignon, tête de veau, truite meunière), plateau de fromage (caprice des dieux, babybel, vache qui rit) et, bien sûr, vin à volonté (de chez Richard). On regrette qu’il n’y ait pas de chambre pour assimiler cette provende; les routiers, eux, retournent dans leur couchette. Si jamais je me marie, j’inviterais mes amis et ma famille à l’Etincelle, c’est juré.

Philou dit:
14 mai 2006 à 10:05 m
Chroniques gastronomiques de la France moyenne
L’une de vos amie est mélomane et vous fait une surprise : elle vous invite au “Bel Canto”, situé quai de l’Hôtel de Ville à Paris. Cuisine italienne sans surprise, vins italiens (Montepulciano) plus intéressants. Mais surtout, la curiosité, qui attire, comme les bâteaux mouches, des cars entiers de touristes, des repas d’entreprise et autres festivités collectives : les serveurs sont des chanteurs d’opéra. Toutes les dix minutes, les conversation sont suspendues par un air connu (Tosca, La Bohème, etc.) poussé par l’un des membres du personnels. Ils sont jeunes, en général originaire d’Europe de l’Est ou d’Asie. Le résultat est désolant, on l’imagine : on ne peut ni parler, ni vraiment entendre la musique. On attend donc que ça passe, en applaudissant mécaniquement après chaque numéro. La soirée se termine en beauté, un verre de mousseux en main, en reprenant en coeur l’air de la Traviata (tralalalalala). On en sort épuisé.

Estèbe dit:
14 mai 2006 à 14:55 m
Cher Philou,
Vos chroniques gastro de l’Hexagone du milieu sont exquises. Compilez-les donc et expédiez le tout à un grand éditeur. Il vous fera un pont d’or. De quoi financer vos prochaines immersions slurp.

olif dit:
14 mai 2006 à 20:39 m
Il est vrai qu’il n’y a guère que le Trousseau des Dames qui joue un peu de la jarretière! Voilà une évocation “trousseau-esque” qui m’a mis la larme à l’oeil! I applause! Clap, clap, clap!

Et dire que le Puf prépare en douceur sa reconversion vers une retraite loin d’être imméritée!

scoopette dit:
18 mai 2006 à 17:34 m
Cher Philou
Ne seriez-vous pas par hasard un adepte du sieur François Simon? Votre style m’y fait terriblement penser (et c’est un compliment)
Allez au hasard, cet bout de texte de son dernier opus (N’est pas gourmand qui veut) :
La commune de Vincenzeaux ressemble à plein de petites bourgades françaises. Lorsqu’on les traverse, on est gagné par une joie sans égale à l’idée qu’on n’y habitera jamais. C’est ainsi. La rue principale est mangée par la route, chaque année on a rogné le trottoir de quelques centimètres. Les poussettes doivent y circuler comme des autos de gymkhana : sur deux roues. Les murs de la rue sont gris poussière de camion, quelques fenêtres à rideaux, la mairie et ses stationnements réglementés, l’église et sa grâce datée, sa vaste porte fermée.
L’auberge du Vieux Cep apparaît alors comme un miracle. Comment a-t-on pu s’installer ici? Qui sortira de l’autoroute, détournera son chemin pour s’attabler dans la salle à manger?
Pas grand monde. Pouvez vous l’imaginer? Ne cherchez pas loin : les dernières escouades de VRP en forfait-étape, le maire qui a dû promettre beaucoup pour qu’on s’installe ici, le notaire, quelques retraités, des touristes allemands profitant des tarifs basse saison, ou un deux égarés enfarinés par un guide gastronomique obsolète. Vous avez dans le mille.

Philou dit:
23 mai 2006 à 20:27 m
François Simon est un maître. Nous continuons notre itinéraire quelque part entre l’Indre et Loire et l’Allier, guidés par sa plume inspiratrice. Prochaine étape (si Top Slurp l’autorise), Montluçon. Et quelques spécialités locales (dont le fameux “graillassou”, qui se déguste en bande, lors de gigantesques “graillassades” annuelles), en prime.
Bien à chacun
Philou

Écrit par : Divers | 16/03/2007

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