18/03/2007

Balade slurpique dans les Parcelles

Hi! 

 

Laurent Villard est un adorable vigneron d'Anières, canton de Genève, nord des Alpes, Suisse. Un vigneron sans vignes. Entendez qu'il achète le raisin qu'il vinifie. A l'enseigne des Parcelles, sa gamme demeure, année après année, un exemple de précision, simple et charmeuse, à des tarifs d'une amabilité confondante. L'autre jour, on est allé goûter le millésime 2005. Qui est bien mûr mais vif. Voilà quelques bouteilles qui nous ont tapées dans le gosier.

Convergence est un assemblage blanc (chasselas pour un tiers, charmont-doral, plus un zeste de pinots blanc et gris) qui est devenu une évidence genevoise. Joliment aromatique, le 2005 fleure le tiileul et les agrumes, avec un zeste de minéralité bienvenue. Ya du gras, une pointe de carbonique, une amertume fugitive et une acidité rafraîchissante. Chouette apéro, il peut jouer sa partition à table. Surtout, voilà le meilleur qualité/prix du cosmos: 7, 50 fr. Soit cinq petits euros. Banzaï!

L'Aligoté de Villard s'est profilé depuis des années comme l'un des plus purs de la place. Nez délicat de fruits rouges, là encore joliment minéral. Bouche pleine, zébrée d'un swing vivifiant. Finale droite dans ses bottes. Carton plein.

L'altesse est une nouveauté. Ce cépage savoyard autant que sous-estimé retrouve quelques adeptes ça et là au bord du Léman (cf le "A" de Cruchon). Bingo pour Villard! Il signe là sa plus belle cuvée du millésime. Sniffette complexe, où tournicotent mangue, figues, agrumes et notes mentholées. Bouche sculpturale, limpide, riche et tendue, traversée par une fraîcheur éclatante. En plus, c'est long. Et donné. Morbleu! Bougez-vous le joufflu, y'en aura pas pour tout le monde.

Le blanc de noir demeure un rosé cool en diable, moins fruité peut-être que d'hab', mais bien vineux et parfumé, qui fera des ravages quand le mercure consentira à grimper.

Le gamay, s'il ne régate pas avec le slurpissime 2003, reste un jus très estimable, avec un bouquet de framboise et d'épices; et une chouette matière, souple et pleine, marquée de notes fumées et de fruits murs. Un brin fermé encore, il devrait rigoler dans les mois à venir. Et comme, ce gamay-là titre à 11°5, on peut s'en slurper tout plein. Et ça, c'est bien.

Merci Laurent, à vous la Terre

16:06 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Commentaires

2 réponses à “Balade slurpique dans les Parcelles”
olif dit:
11 avril 2006 à 12:38
Et elle quitte de temps en temps le royaume de Genève, son Altesse? Où il faut se déplacer jusqu’à elle?
Remarque, ça ferait un deuxième motif de virée genevoise, avec le cochon joufflu…euh… laineux du Coin de Campagne!

Estèbe dit:
11 avril 2006 à 15:45
L’Altesse reçoit tous les samedi matin dans son caveau d’Anières, au look de station service dehors et de chalet cosy dedans, sis cinquante mètres avant la frontière.
Quant au cochon joufflu, lui se déplace. Mais juste de son enclos à l’abbatoir. Et en camion avec ça. Oui monsieur. Jamais le porc laineux n’use ses sabots manucurés sur le bitume.

Écrit par : Divers | 03/04/2007

Les commentaires sont fermés.