18/03/2007

Et si nous causions des clients pas cools?

Rebonzour,

 

 

 

On vous égrenait l'autre jour nos dix motifs d'agacement au resto. Au risque de passer pour un vieil ours mécréant. Comme il faut bien contrebalancer tout ça, et que les chefs de cuisine méritent globalement le respect, voilà la suite de la grognerie, ce coup-ci adressée aux clients. Ben oui, les clients qui craignent velu, ça existe.
On connaît ceux qui se parfument au napalm ou dont le déo a lâché; ceux qui gueulent dans leur portable; les propriétaires de chiens mouillés ou d'enfants psychos; les fumeurs de Havanes calibrés oléoducs. Ben, tiens: cinq autres familles à éviter.

1. Les radins impénitents. Pour eux, l'addition est toujours obscène. Or, ils n'y entendent que dalle. Car, si certains bistrots gonflent la douloureuse à l'hélium, un beau plat reste un beau plat. Et un beau plat douille. Because les chouettes produits coûtent bonbon à la base. Chez le marchand, sur le port, sur le marché, partout. Allez donc vous cuisiner un homard breton ou une belle pièce de boeuf à la maison... Une addition, avant d'être crucifiée, ça s'envisage. Voui, Moooonsieur.

2. Les goinfres. C'était copieux: glop. C'était pas copieux, pas glop. Et peu importe la qualité. Ceux-là n'ont qu'à déménager aux USA, le paradis des buffets dègues à volonté (ou all you can eat). Va-t-on vraiment au resto pour sortir avec de la bile (verte) sur le jabot (blanc)?

3. Les pollueurs d'espace sonore . Ils sont à la table à côté. Ils causent fort. Et ce qu'ils disent pue. Ils sont racistes, fachos, misogynes ou juste crétins comme des belettes. Quand ils ne racontent pas, force détails, leur ablation de la prostate. Repas gâché. Soirée foutue. Ya des muselières qui se perdent. 

4. Les petits joueurs. Ceux qui, parcourant une carte des vins panoramique, se braquent sur le Bordelais et la Bourgogne pour pouvoir tartiner leur maigre savoir avec morgue. Ceux qui choisissent des plats bien balisés, pour dire ensuite - avec une satisfaction huileuse - que c'est meilleur à la maison. Ceux qui bavent sur la déco, ce qui peut être légitime, alors que chez eux, ben, c'est tapissé de grosses fleurs mauvasses et meublé à la cochon. Petits kikis, va!

5. Les sadiques. C'est un devoir de manifester son mécontentement au resto. Tant pour soi que pour la brigade. Mais il y a la manière. Les sadiques mouillent leur caleçon d'aise à l'idée de rabrouer la serveuse débutante. De prendre le sommelier bafouillant en défaut. De brandir, victorieux, un poil tombé dans la soupe. Ou de relever furax dix centimes d'erreur dans la note. Le client est peut-être roi, mais les rois, des fois, ça passe sous la guillotine. Couic. Nyark, nyark.

Adios!

     

Commentaires

17 réponses à “Et si nous causions des clients pas cools?”
Zorg dit:
5 septembre 2006 à 14:12
Il y a les cocasses involontaires, aussi. Comme ce drôle qui, à une table voisine de la mienne, réclama “un tartare bien cuit”. Anecdote rigoureusement authentique.

mamina dit:
5 septembre 2006 à 14:23
Bon, c’est vrai qu’après ton billet d’hier, celui d’aujourd’hui est assez réaliste aussi.
Des radins, des goinfres (j’en connaissais un qui disait avec un accent Bourgugnon de derrière les vignes: P’tre que j’mange pas proprement, mais au moins, j’mange beaucoup”, des pollueurs d’espace sonores (avec le téléphone entre autres), oui, y en a.
Bon, par contre, pour le poil tombé dans la soupe, j’aime pas trop. Conclusion, des cons, y en a partout, au restaurant des deux côtés de la scène, je devrais peut-être dire cène, et partout ailleurs dans le monde, on est cernés et encore, on ne les connaît pas tous…

Elvira dit:
5 septembre 2006 à 15:26
Voilà qui remet les choses en place! Bravo pour ce coup de gueule, bien amusant à lire, en plus! )

Ronchon dit:
5 septembre 2006 à 15:40
Evidemment, il ya les enquiquineurs, ceux qui fument, ceusx qui parlent fort, ceux qui amènent des moutards glapissants et qui ne s’en occupent plus, ceux qui mangent tellement proprement que rien qu’à les voir engloutir leur pitance on a envie de vomir etc.. etc..
mais il y a aussi les très gentils,…comme moi par exemple:
une jeune serveuse à qui j’avais fait remarquer que les bigorneaux avaient une drôle d’odeur m’ayant répondu: “Pas de problème Monsieur, je vais vous les changer et vous en rapporter des frais” je lui répondis simplement: “merci Mademoiselle”
Bonne continuation.

Estèbe dit:
5 septembre 2006 à 16:22
Gentil Ronchon

Patrick dit:
5 septembre 2006 à 16:40
Ah ! les fumeurs de Havane, quelle horreur ! On devrait les napalmiser, ça ferait de la place au salon.

mamina dit:
5 septembre 2006 à 17:48
Les fumeurs de Havane, oui, onle satomise, on les namalmise, comme vous voulez. Mais je voulais juste dire à Ronchon, que comme Estèbe le dit, il est vraiment gentil.

Histoires de cuisine dit:
5 septembre 2006 à 19:49
pis y’a aussi ceux qui reluquent dans notre assiette histoire de voir ce qu’ils vont commander ou si ça a l’air bon…

mamina dit:
5 septembre 2006 à 21:13
Bon, il faudrait que j’arrête de faire des fautes de frappe, sinon, ça ne veut plus rien dire.
Donc je disais, “on les atomise ou on les napalmise”.
A part ça, Estèbe, merci de me comparer à Nothomb ou Houellebecq, mais ce ne sont que 50000 pages lues pour moi en un seul blog, eux je ne sais pas, Mademoiselle Amélie, elle est très productive, ça doit faire beaucoup, beaucoup de pages. Mais je ne te conseille pas ses recettes, je crois qu’elle aime les fruits pourris.
Enfin, ces 50000 pages après trois mois, ça fait rudement plaisir quand même.
Vous pouvez donc me souhaiter une bonne continuation…

Estèbe dit:
5 septembre 2006 à 21:19
Bonne et béate route, très chère mamina!

Patrick CdM dit:
6 septembre 2006 à 0:22
Je suis un fumeur de cigares, mais j’attends que la salle soit vide avant de sortir le calibre… Ce qui m’autorise, bien qu’en faisant partie, mais à la coule, à brocarder une catégorie que tu n’as pas mentionnée, les mecs en repas d’affaires :

- Toujours pressés au début de repas mais jamais à l’heure indiquée lors de la réservation.
- Ils parlent au sommelier uniquement pour être entendus de leurs invités, et des tables à côté s’ils ont une grande gueule.
- Ils déballent des dossiers en plein repas.
- Ils ne supportent pas bien d’avoir des voisins de table.
- Ils sont en pleine détresse paranoïaque si l’addition n’arrive pas aussitôt qu’ils ont claqué des doigts.
- Une fois celle-ci règlée avec la carte de la société, ils se disent que les restaurants ne pourraient pas exister sans eux, et ils s’incrustent sur un second café, en espérant qu’il leur sera offert…

Estèbe dit:
6 septembre 2006 à 7:18
Cher Patrick, votre description des businessmen à table nous glace l’estomac. Bien vu!

Gracianne dit:
6 septembre 2006 à 10:46
Estebe, tu crois qu’on va encore avoir envie d’aller au resto apres deux billets de ce calibre? Allez, fais nous en un troisieme.
Ou faisons une bouffe entre gens de bonne volonte, avec des produits qu’on connait, chers mais bons, des potes qui aident a la cuisine, un place pres de la cheminee pour Patrick, ou il pourra tranquillement fumer ses havanes, Mamina de l’autre cote de la table pour qu’elle ne soit pas importunee, a cote de Ronchon, parce qu’il est gentil. Un vrai repas pour les momes, pas des nuggets, dans une piece a cote avec une baby-sitter.
Pour le vin, on vous fait confiance!

Estèbe dit:
6 septembre 2006 à 10:54
Mouais, ça pourrait le faire dru. Faudrait un rendez-vous central. Limoges? Brive-la-Gaillarde?

gracianne dit:
7 septembre 2006 à 21:00
Brive la Gaillarde, au milieu des bottes d’oignons.

raymonde dit:
10 septembre 2006 à 21:48
Tu sais pourquoi ils exibent un poil (qui vient de leurs ….. probablement), c’est pour manger gratos !!! T’as le goût d’essayer ??? hihihi.

Anyway, je préfère manger chez moi. Parce que ça, c’est en plus de ce qu’on ne voit pas …

lilizen dit:
13 septembre 2006 à 1:44
Mince…je lis ce billet avant l’autre, faisant office de trublion involontaire.
Mais j’ai la ferme intention d’aller lire le premier !
Quel plaisir ai-je eu à cette lecture ! (bien que mon chat me mordillait les pieds sans arrêt : cette jeunesse ne dort pas si je ne dors pas, mais hélas internet ne lui dit rien pour le moment)
Et oui le plaisir…parlons-en justement ! (oui enfin sans s’emballer hein)
Il n’est jamais le même que celui du voisin, bizarre non ? Pas facile de se respecter.
Par exemple, puisque cela a été évoqué : j’aime le cigare, le humer et sentir les arômes qui s’en dégagent une fois qu’il est allumé (et tout ça me suffira pour le moment, car non je n’ai pas sauté le pas, je ne le fume pas encore et oui je ne fume que des cigarillos, et oui je sais c’est pas pareil : i know that and thanks a lot) ,
bon j’en arrive au fait : j’aime nettement moins le cigare du voisin si c’est en même temps que qu’arrive ma soupe,
donc poussons un cri de guerre : réhabilitons les fumoirs ! …Entre autres…
Sinon, l’abus de pouvoir ça me dégoûtei, le poil pubien (je l’ai dit youpi) saugrenu dans la soupe, me dégoûte aussi, mais non hélas pour moi, je n’en parle pas à la serveuse,
et je manque vomir à table, et je cours aux toilettes à moitié étouffée et toute rouge pour achever ce que j’ai commencé (du vécu n’est-il pas ?)…et oui je suis c**, enfin c**** !
Et faisons notre devise du “très-bon-produit-même-en-petite-quantité-sinon-rien” !
Allez…je cours lire le reste tellement c’est bien…Lili, 2h40.

Écrit par : Divers | 16/05/2007

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