18/03/2007

L'extase du poulet dans la cocotte

Côôôt!

Il existe deux sortes de poulet. Primo, le poulet triste et pâlot, nourri aux croquettes de poisson mort, coincé dans sa batterie exiguë, qui jamais ne peut sortir au grand air pour aller se payer Elle à table ou twister au Macumba. Deuzio, le poulet joueur et vigoureux, qui gambade librement avec ses congénères dans un grand pré vert, en picorant avec appétit et volupté des grains de maïs plus bio que bio.

C'est évidemment dans la deuxième catégorie que l'on choisira sa volaille pour mitonner un poulet au citron, coriandre et olives vertes, recette slurp naguère transmise par une aimable collègue un soir au coin d'un zinc.

La technique? Top fastoche. Trop sans doute. C'est louche.

On découpe le poulet en huit, en gardant la carcasse. On dore les morceaux en cocotte avec deux gousses d'ail. On ajoute deux citrons verts pelés et coupés en morceaux, une généreuse tombée de curcuma (qui ne sent guère mais colore velu) et une pincée de garam massala. Sel, poivre. On coiffe avec la carcasse, on mouille de neuf gouttes d'eau et demi. Avant de laisser mijoter à couvert. Une bonne demi-heure.

Pendant ce temps, on cisèle de la coriandre fraîche, on dénoyaute et détaille des olives vertes. Le tout file à la cocotte une minute avant de servir. Avant ça, on a raclé puis giclé la carcasse; ben oui, on n'est pas des sauvages.

Avec ça, il faut un blanc qui fait palpiter le naseau et ravit la glotte. Au hasard un blanc jurassien de l'Etoile (AOC majuscule et sous estimée). Pourquoi pas l'admirable savagnin du Domaine de Montbourgeau, 2001, qui derrière d'entêtantes notes d'épices douce et d'abricot sec, déploie une bouche enveloppante et corsée, à la longue finale tintinnabulante. Arrosé de ce breuvage-là, le poulet devrait cocoricoter comme un fou au fond de sa marmite. 

Tchou    

Commentaires

9 réponses à “L’extase du poulet dans la cocotte”
alhya dit:
1 novembre 2006 à 9:24
trop fort, j’ai même pas besoin de prendre mon stylo note recette, celle ci est déjà gravée dans ma carcasse, au fer rouge, si si!

loulou dit:
1 novembre 2006 à 11:04
la coriande ciselée à la main ha c’est sure ça a d’la gueule, bravo mon bon ami, et les olives vous les avez dénoyauté avec vos p’tites mimines ????……

Zorg dit:
1 novembre 2006 à 11:25
En fait, Estèbe, vous inciter vos aimables lecteurs à sacrifier le poulet hédoniste, celui qui aime la vie et gambade allègrement dans les champs étales de l’existence.
Par la même, sournoisement, vous appelez ces mêmes lecteurs à laisser le poulet neurasthénique se morfondre dans sa déplorable condition jusqu’à ce que la vieillesse lui caresse ostensiblement les ergots tandis qu’il s’étiole au soleil blafard d’un néon cacochyme. Vous êtes un monstre, Estèbe: puissiez-vous vous étrangler avec un os de poulet…

Estèbe dit:
1 novembre 2006 à 11:31
Loulou, ben oui, qu’on dénoyaute et cisèle à la mimine! Manquerait plus qu’on demande à la concierge.
Zorg, oui, je suis un monstre. Mais pas tant que ça. Le pôôvre poulet palichon et mou a assez de soucis pour ne pas en plus finir dans ma marmite.

bergeou dit:
1 novembre 2006 à 16:29
ça donne envie cette recette de poulet en plus tous les mois j’ai un bon poulet fermier en direct du producteur !

olif dit:
1 novembre 2006 à 20:28
Rentrer de Ramatuelle et vous lire au sujet de la Star des vins du Jura, cela éclipse sans problème Johnny, mon cher Estèbe! Est-ce que le gendarme de Saint-tropez s’accomode de la même manière? J’en ai justement quelques spécimens dans mon coffre?

olif dit:
1 novembre 2006 à 20:33
Mille excuses, Jérôme, l’empressement m’a fait commettre quelques fautes d’orthographe et de ponctuation sur le message précédent! Je suis bien passé à proximité de Genève ce soir, mais n’ai guère eu le loisir de m’arrêter! La crainte du poulet, sans doute! Ce n’est que partie remise, j’y compte bien!

Amicalement,

Olif

Gracianne dit:
3 novembre 2006 à 14:10
Je vois que j’ai manque quelques plats d’anthologie dans ta cuisine ces jours-ci. Celui-ci est dument note. Jj’aime beaucoup quand les proportions sont aussi precises.

olaf dit:
4 novembre 2006 à 5:16
Bonjour. Le blanc de l’Etoile… et certains vins du Jura. Que voila un blog digne d’intérêt !

Écrit par : Divers | 25/04/2007

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