18/03/2007

La splendeur cachée du cerfeuil tubéreux

 

 

Zour,

 

 

 

 

Battez les tambours; sonnez les trompettes. Car le revoilà enfin. Qui ça? Ben, le cerfeuil tubéreux bien sûr. Le tubercule le plus laid du cosmos, que d'aucuns comparent à une taupe malade, à une grosse crotte de bouc, voire à la couille gauche de Quasimodo après chute du haut de Notre-Dame. Tubercule qui cache pourtant, une fois sa repoussante carapace épluchée, la plus exquise et délicate des chairs, offrant à la papille un doux mix entre pomme verte, châtaigne et artichaut. Dame Nature a glissé un trésor dans un écrin infâme.

Comme le crosne ou le topinambour, cette racine sublime appartient à la famille des légumes oubliés. Oubliés ou mésestimés depuis toujours. La littérature gastronomique classique, en tout cas, ignore notre tubéreux. Ou le traite par-dessus la jambe. Bref, voilà peut-être THE révélation du nouveau siècle.

Le hic de l'histoire, car il y a un hic dans cette histoire, c'est que notre tubercule chéri s'avère atchment délicat à produire. Il est donc assez rare (on en trouve sur le marché du Boulevard Helvètique chez Dame Delètraz). Et relativement dispendieux. 27 000 dollars le kilo, ou juste un peu moins.

 

"Et comment qu'on le prépare ce machin?", vous entends-je grommeler d'ici. De mille façons. En velouté légèrement crémé, avec une larme de truffe surnageant, pourquoi pas; en purée délicatement beurrée, avec une tombée de persil, pourquoi pas; simplement rôti au four chez madame Pupilles et Papilles; en gratin, en galette ou en pendentif.

Nous autres Slurp lémaniques en faisont un carpaccio apéritif, en le découpant en fines lamelles arrosées d'huile de noix et d'un filet de citron vert, puis coiffées de fleur de sel, poivre au moulin et cerneaux concassés.


Variante slurpique; les rondelles de tubéreux sautées à la poêle dans une noisette de beurre, sel et poivre de Tasmanie. Ne vous acharnez pas à la cuisson, quelques minutes suffisent, le prodige doit garder son coeur croquant pour faire chavirer l'humanité gourmande.

Arrosoir

Commentaires

18 réponses à “La splendeur cachée du cerfeuil tubéreux”
Papilles et Pupilles dit:
6 novembre 2006 à 10:03
Ce que cela doit être bon. JE n’en ai pas encore revu chez le primeur. C’est vraiment excellent.

Gudule dit:
6 novembre 2006 à 10:10
j’oubliais, vous trouverez mon tubercule, sous le nom de “fête du slip”, je crois que tout y est.
Tcho.

Laurent dit:
6 novembre 2006 à 10:45
Trop marrant, j’en ai justement acheté ce week end…

C’est vraiment un truc génial avec des notes de châtaignes. J’ai déjà fait quelques essais et je dois dire que c’est cru ou croustillant qu’il a à mon sens le plus de potentiel. J’ai très envie d’en faire une version sèchée.

Le poivre de Tasmanie, c’est assez bluffant aussi sur du fromage de chèvre et amusant car il donne une jolie couleur mauve au fromage.

Estèbe dit:
6 novembre 2006 à 11:11
Milles excuses, Gudule!
Oui votre fête du slip (ou poulet à l’ail fumé et aux racines de cerfeuil) mérite une visite circonstanciée:
http://cuisineverte.canalblog.com/archives/2006/10/26/2987709.html

Gracianne dit:
6 novembre 2006 à 11:58
Comme quoi il faut savoir aller au dela de l’apparence exterieure.

MarieT dit:
6 novembre 2006 à 12:55
Les premières lignes m’auraient presque fait fuir mais je dois avouer que tu es un bon bonimenteur et que là j’ai franchement envie de gouter à ce cerfeuil tubéreux !

jupiter dit:
7 novembre 2006 à 11:00
Bon dieu estèbe se lâche ,vraiment.

faire chavirer l’humanité gourmande avec des couilles de quasimodo à 27 000 euros.
ça va pas non

amitiès
jupiter

Estèbe dit:
7 novembre 2006 à 11:25
Cher Jupiter, vous avez parfaitement synthétisé ma pensée,

Gudule dit:
7 novembre 2006 à 13:53
My god ! mon 1er comm a disparu !
On dirait une folle qui parle de ses culottes, je suis vraiment confuse..
Tcho.

Estèbe dit:
7 novembre 2006 à 14:13
Mais non, chère Gudule, mais non. C’est rès rafraîchissant, au contraire. Continuez.

carlozanga dit:
7 novembre 2006 à 17:44
Superbe tes tubercules, par chez nous on les nomme “truffes des sables”

salwa dit:
9 novembre 2006 à 8:08
mais !!!!! dis donc !!! j’ouvre le blog de estebe et je tombe sur des slips, des couilles , des quoi encore.Vous avez pas honte non ?

vais passer une bonne journée moi, a retenir , venir chez Estebe chaque matin tres tôt

Patrick CdM dit:
9 novembre 2006 à 18:06
C’est excellent. Il m’est arrivé d’en faire en tajine de ces “tubéreux de cerfeuil”, comme dit ma maraichère”, à peine épicé d’une pointe de safran et de cannelle pour aller à côté de dorade grillée, un rêve absolu!

olaf dit:
11 novembre 2006 à 9:59
Bonjour en passant. J’aurais bien aimé goûté… mais malheureusement, je n’ai jamais vu ce cerfeuil tubéreux sur les marchés de ma région. Dommage car ta recette donne envie.

catherine dit:
6 décembre 2006 à 21:59
cool l’index, suis arrivée direct sur le carpaccio…et m’en vais l’essayer tout soudain
Ai aussi goûté hier soir un carpaccio de topinambours, avec huile de noix, balsamique et poivre rouge. Top aussi

YANGIOS dit:
19 janvier 2007 à 10:15
Bien qu’arpentant assidument le marché de rive tous les samedi, jamais vu l’engin.

Parcontre, et c’est moins glamour, je le concède, j’ai enfin pu mettre la main dessus au géant de ville-la-grand.

Je vais tenter l’expérience ce soir, avec frangin et belle-soeur comme cobayes.

Estèbe dit:
19 janvier 2007 à 11:39
Bonne chance. A Rive, Marie-Thérèse, la maraichère qui les vend tient l’étal face à la rue Duchosal, (dos à l’entrée de la Halle, deuxième allée.)

yangios dit:
23 janvier 2007 à 19:25
Cool, je vais voir ça ce samedi je pense.

L’essai avec la famille était concluant. Je les ai simplement cuits au four avec un peu de beurre, gros sel et poivre, et c’était divin.

Ce petit goût vanillé… mhhhhhhh!!!!!!

Même mon chéri était ravi, depuis les crosnes, il se méfie des nouveautés.

Au fait, ton site est miam-miam!

Écrit par : Divers | 03/04/2007

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