18/03/2007

Sous une cascade de gamays genevois

 

Youp,

 

 

L'autre jour, Mr Slurp, mèzigue donc, a coiffé la casquette de la rigueur oenophilique pour participer au Jury du 3e prix de la presse, dans le cadre du faste Palmarès des vins de Genève 2006. Cette année, le Prix de la Presse se concentrait sur le gamay, cépage "modeste et sublime" (Scoopette dixit, qu'en était itou, du jury), représentant encore un petit tiers du vignoble.
Voilà donc 15 gamays genevois 2005, chemisés jusqu'au goulot et dégustés aveuglément par un quintet appliqué. A vrai dire, on s'attendait à des jus de fête, au fruité spirituel et à l'acidité joyeuse. On a eu - millésime oblige - des robes de veuves siciliennes, des bouquets très mûrs, voire durs, et des tannins guerriers, genre primeurs girondins. Il y a eu d'âpres, quoique civils, débats au sein des sages. Et le vin primé a été annoncé dans la grande presse.

Voilà mes quatre petits chouchous à moi. 

Baron Rouge, Domaines des Charmes, Bernard Conne, Peissy. Un gamay balèze, séveux, serré et épicé, un brin intimidant à ce stade. Mais d'ici quelques mois, ce Malabar montrera son coeur tendre.

Domaine la Mermière, Yves Batardon, Soral. A une voix près, ce vin-là a failli rafler le pompon. Exhalant des notes beurrées et poivrées, il offre une bouche pleine autant que gourmande, aux tannins encore fermes. Long frisson final sur l'air de la cerise mûre.

Clos des Pins, Marc Ramu, Dardagny. Un OVNI dans la dégust'. D'aucuns ont cru à un vin sans soufre: nez de fougère et de moka un poil chahuté; chair d'un friand fruité quasi bonbonesque. Extase régressive garantie.

Domaine Jean Batardon, Laconnex. Sous un nez réduit décourageant, celui-là rassemblait les vertus d'un beau gamay de soif: vivacité, fraîcheur de fruit et harmonie désaltérante.

Vlà le travail. Adios!

13:31 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Commentaires

7 réponses à “Sous une cascade de gamays genevois”
Gracianne dit:
23 juin 2006 à 10:15
Elles sont belles ces bouteilles en chemise.
Quand certains parlent de vin, c’est parfois de la poesie pure.

mamina dit:
23 juin 2006 à 12:26
Et, dis-moi, Estèbe, on les trouve où tes vins Genèvois? et en francs Suisses, ils sont abordables?
Nous, on a que des euro (sans s, car c’est invariable!!!!)

scoopette dit:
23 juin 2006 à 12:32
Il écrit bien Estèbe, mais il cause pas mal aussi. Alors comme je me trouvais à côté de lui pendant qu’il se gargarisait de ce cépage modeste et génial (comme l’émission de Mermet sur France Inter qui est menacée, signez la pétition!) je me permets de compléter quelques-uns de ses mirifiques commentaires.
Ainsi, du Clos des Pins, Estèbe a parlé d’une «vinif un peu space». C’est vrai. Du reste, le breuvage avait besoin d’air. Car les premières minutes dans le verre, il dégageait une épouvantable odeur d’oignon, défaut caractéristique des vins manquant d’oxygène. Pouah!
Quant au gamay de Bernard Conne, on l’avait déjà primé d’une mention spéciale il y a deux ans (le pompon avait été décroché par un gamaret bien plus gonflé). Et tout rouge qu’il est, ce Baron reste un noble. La classe. Du reste, «dans un an ou deux, il devrait être transfiguré»
Dixit Estèbe
Ah ça ira ça ira ça ira, les aristocrates on les boira!

Estèbe dit:
23 juin 2006 à 12:35
Revoilà Scoopette. Chic. Mamina, ces pinards-là, on les trouve dans la campagne genevoise. Et je crains qui faille se déplacer, même si je peux te trouver tous les contacts que tu souhaites. Les prix? Rien d’horrible. Disons entre six et huit euros.

Taz dit:
23 juin 2006 à 13:30
beurk, y a qu’le valaisan, j’vous le dis, moi! ou l’australien. Y z’en ont, des pinards rouges, les Tasmaniens? burp

Audrey dit:
23 juin 2006 à 15:48
Entre Soral et Laconnex ils se défendent bien?!?! et c’est juste à une rue de chez moi!

olif dit:
23 juin 2006 à 20:40
De quoi-t’est-ce qu’on accuse-t’on mes clients, Monsieur le Président du Jury de la presse des vins de Genève? Quelle vilenie ont-ils bien pu commettre pour comparaître ainsi devant vous, enrubanés en robe de bure noire, et la corde déjà pratiquement au cou? Est-ce que consommer de temps en temps des substances illicites suffit à en faire des camés?



…on me sussurre que ma vue me joue possiblement des tours. Il paraîtrait que genevois plus bien clair….Que j’aurais pris un G pour un C….!…Ah! Ah!… Cela me surprendrait un brin! …Euh! … On n’a pas idée, non plus, d’habiller une bouteille ainsi! Une chaussette qu’on dirait une robe de condamné! …

Sinon, ça avait quand même l’air bon, ce que vous avez goûté, Estèbe…?

Désolé…

Écrit par : Divers | 03/04/2007

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