18/03/2007

Vitello tonnato, mi amore

Buongiorno,

 

Il avait quand même un sacré culot pour inventer un machin comme le vitello tonnato. Pour marier veau et thon, comme ça, l'air de rien, au coin d'une table de famille, avec un bout de rôti cuisiné la veille et une boîte de thon qui pionce au fond du placard. Du toupet oui, et un rien de génie aussi. Et puis, de toute manière, la moitié des plats patrimoniaux italiens ont cette sublime modestie, cette simplicité éblouissante, que c'en devient rageant.

Bref, le vitello tonnato, c'est atchement facile... du moment qu'on a des tranches de rôti de veau assez fines. Pour cela deux solutions. Ou on a une trancheuse dans sa cuisine. Ou un boucher (moustachu) prêt à vous détailler un rôti froid en feuilles de Havane. Nous, on n'a pas de trancheuse. Mais un moustachu.

Après, c'est un jeu de bambini. Hop, une petite mayo avec de l'huile d'olive - sans moutarde, siouplaît -, montée à la force du poignet et relevé d'un filet de citron. Hop (bis), la mayo va dans le vase du mixer, avec une boîte de thon nature, des câpres, du sel, du poivre, voire quelques anchois. Hop (ter), le veau se nappe avec ladite mixture, agrémentée de quelques câpres entières et d'une tombée de piment. Hop au frigo. Et hop dans le bidon. Elémentaire et génial. Décourageant. Transalpin, quoi.

Ariverdeci

gaja.jpgPS1. Et puis tiens, restons au chapitre "petits et grands émois italiens", avec cette bouteille anthologique (Babaresco "Sori Tildin" 1995 de Gaja), offerte à mézigue il y a quelques années, dégustée récemment sur une côte de boeuf et illico sacrée par toute la tablée Meilleur-Vin-de-l'Histoire-de-l'Humanité. Un bouquet d'une complexité et d'une profondeur inouïes. Une bouche toute en longueur et en élégance. Un grain mirobolant. Une finale interminable. Un fruit somptueux de fraîcheur et de pureté. Mamamia! Seul problème. Faut avoir gagné trois fois l'EuroMillions dans l'ordre pour en boire au petit dej'. 

Commentaires

11 réponses à “Vitello tonnato, mi amore”
mamina dit:
24 août 2006 à 8:09
Fallait être gonflé pour le vitello tonnato, mais c’”est “achement” bon.
Pour le Gaja, oui il PARAIT que c’est le meilleur vin du monde mais je ny ‘ai jamais goûté puisque je n’ai pas gagné 3 fois l’EuroMillions dans l’ordre.
Je n’ai pas joué non plus, d’ailleurs, il va peut -être falloir que je m’y mette, et si on ne gagne que 2 fois, on peut peut-être en avoir à l’heure du dîner, ça me suffirait.

Ronchon dit:
24 août 2006 à 8:28
Eh bien Estebe, je vois que tu as des relations qui s’y connaissent en glouglou.. Soigne les bien, j’espère que la prochaîne fois il t’en apporteront une caisse… Et puis après tout, y a pas de raisons de se priver, demande leur de te joindre aussi une caisse de chez Arnaldo Capra… Et pas d’excès! Bonne nuit.

la sieste dit:
24 août 2006 à 9:34
oh non! Ce vitello tonnato est exactement ce que j’ai envie de manger maintenant, en lendemain de soirée trop arrosée: de la mayo, et du très salé: c’est trop dur, je vais faire la sieste.

Gracianne dit:
24 août 2006 à 9:46
Il faut vraiment que tu nous mettes une photo de ton boucher moustachu un de ces 4! Me fait envie cette assiette…ah, j’ai reconnu mon pote l’Espelette la-bas au fond.

Estèbe dit:
24 août 2006 à 9:57
Le moustachu doit rester anonyme; il craint le harcèlement sexuel. Le pote basque, en revanche, s’affiche crânement dès qu’il voit un appreil photo. C’est l’exibi d’Espelette.

scoopette dit:
24 août 2006 à 9:57
Caro signore Estèbe
Que vous scrivez bien
Que vous mangez bien
Que vous bevete bene!
Ma permettez-moi per favore de vous dire una piccola cosa : je suis moi-même une adoratrice de la cucina italiana
La cucina italiana, elle est hors catégorie, elle joue dans une autre ligue, celle de la sublime modestie comme vous dites si justement
Et donc poursuivez-vous, au moins la moitié des plats patrimoniaux italiens ont cette simplicité rageante
Ma signore Estèbe, avez-vous déjà mangé de la cucina italiana arrogante, pompeuse, tape-à-l’œil, bref… française ?
Io no
La cucina italiana tutta (pas seulement la moitié) est affreusement simple
Et atrocement bonne
Ce soir je mange une tagliata de bœuf
Encore un coup des Italiens
Ils sont les champions, ils sont les champions, ils sont ils sont………
Baci à vous signore Estèbe, et ne vous arrêtez surtout pas

jupiter dit:
24 août 2006 à 10:32
Vitello, si
simplement bon
mayo gros problème sans oeuf, je n’ai point la technique, le poignet dit non.Quand à votre coupant moustachu je vais me méfier

Estèbe dit:
24 août 2006 à 10:34
Pas sans oeuf, Jupiter, sans moutarde! Une mayo sans oeufs, ça n’existe pas. Une mayo sans moutarde, c’est atchement slurp.

Zorg dit:
24 août 2006 à 11:06
Ah, mais! La petite touche de moutarde ajoute un poil de piquant bien aimable. Seriez-vous allergique à ce condiment, Sieur Estèbe? Mille fois hélas, il me semble que oui (vous n’y pouvez rien, certes, mais de là à l’exclure avec cette belle allégresse).

Zorg, grand mangeur de moutarde devant l’Eternel et parfois même dans son dos.

Estèbe dit:
24 août 2006 à 11:08
Me voilà démasqué, moi et mon allergie, et par un extremiste moutardé en plus. Sus à la graine du démon!

Philou dit:
28 août 2006 à 17:14
Eloge des buffets de gare (chroniques gastronomiques de la France moyenne - suite)
Notre ami Estèbe se laisse aller à un éloge de la “sublime modestie” de la cuisine transalpine, loin du pompeux des recettes gallicanes. Nous ne discuterons pas des égarements universalistes de certains commentateurs franco-locaux. Mais avez-vous seulement goûté l’exquise simplicité de la cuisine des buffets de gare hexagonaux ? Nous n’abordons les buffets de gare qu’avec circonspection, ceci d’autant que les récentes rénovations inondent les salles des pas perdus de “pommes de pain”, “quick” et autres “chez Paul” (depuis 1880 !), sans parler des faux culs : “philéas, o’donovan etc. promesses d’exotisme ou d’authenticité vite démenties pour le voyageur imprudent qui risque ses papilles dans les officines adjudicataires de la SNCF. Il est cependant quelques exceptions, et de taille. Une au hasard : le buffet de la gare d’Austerlitz, véritable monument à ce que nos ancêtres nommaient la cuisine bourgeoise. Dès l’entrée, le décor est planté : une salle ceinturée de (quasi) fresques saturées de grognards et de généraux d’empire, dominés par la figure omniprésente du petit caporal, rappelant leur glorieux passé aux juilletistes et aux aoutiens. Aucune facilité pourtant, dans cette cuisine sans concession : pas de veau Marengo, encore moins de Faisan Sainte Alliance (c’eût été malséant), mais une inventivité sans chichi, propre à rassurer l’usager ferroviaire au moment de franchir les “accueils filtrants” que la compagnie nationale érige désormais sur les quais de nos gares. Des paupiettes de veau humides à coeur, des tranches de gigot roses à souhait, un contrefilet cuit dans les règles de l’art, une gigolette de volaille baignant délicatement dans une sauce réduite et non liée, et même (concession sans doute à la mondialisation) une darne de saumon à l’unilatéral sur riz basmati craquant. Bref, un éventaire d’une honnêteté confondante (et fondante) dont l’auteur de ces lignes se régale sans mélange lors de ses longs transits. Si vous y passez (je conçoit que, pour un Helvète, la gare d’Austerlitz soit une gare rare), demandez de ma part l’assiette du cheminot : paté de chevreuil, jambon de Paris, Brie de Meaux fermement campés sur un lit de verdure, accompagné, c’est inévitable, d’un pot de Côtes du Rhône. De quoi s’engager résolument aux côtés du service public (ici, comme dans la majorité du 13° arrondissement de Paris, fermement dirigé par une famille vietnamienne, qu’elle soit bénie).

Écrit par : Divers | 16/05/2007

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