19/03/2007

Balade slurp: qu'avaler en Valais?

 

Bonjour bonjour,

 

 

 

 

La France a la Côte d'Azur, l'Espagne la Costa Brava. La Suisse, elle, a le Valais, canton naguère sauvage qui s'est autobétonné avec une application et un enthousiasme remarquables. De la ferraille sur les pâturages. Des immeubles dans les villages. Des ronds-points en cascade. Des hôtels disgracieux. Et tout le cortège du progrès touristique. 
Mais pour qui aime les choses qui se mangent et se boivent, le Valais a d'autres ressources. Des fromages d'alpages au caractère bien trempé. Des pinards qui ne ressemblent à nuls autres. Et cette viande séchée d'agneau à la saveur scotchante, que mitonne Mr Cotter, l'intimidant boucher de Lens, au-dessus de Sierre. Son étal cache d'ailleurs d'autres spécialités d'envergure: des saucisses à l'ail étourdissantes et autre viandes séchées avec art. Cotter à Lens, oui.

Et tant qu'on est dans le coin, il faut aller visiter deux vignerons tops. Christian Broccard à Ollon (027 458 18 71), dont la petite arvine et le païen, bien secs tous les deux, éblouissent d'expressivité, de profondeur et de race. Pour ceux qui douteraient encore de l'immensité de ces deux cépages dans ce coin des Alpes, voilà des bouteilles à se slurper d'urgence.
Broccard a un voisin qui s'appelle Bagnoud, Nicolas Bagnoud, qui lui aussi vinifie des merveilles. Un beau pinot au fruit croquant (chose rare dans la région ou le pinot empeste bien souvent le pneu cramé), ou encore cette "Cuvée Or Fin" (pinot blanc-chardonnay-païen), assemblage super aromatique, élégament boisé, riche et flatteur, qui pourrait évoquer le Côté Tariquet s'il n'était pas zébré d'une minéralité lumineuse. Un vrai blanc de terroir, mais pour tous les gosiers. Un blanc qui réconcilie le public et la critique, comme on dit au "Masque et la Plume". On n'a pas goûté le reste de la gamme. Mais la rumeur est élogieuse.

Et puis à Montana, il serait judicieux d'aller faire un tour au Tire-Bouchon (av. de la Gare), bar à vin et cave, où se serrent les meilleurs flacons du canton. Avant de grimper là-haut sur la montagne, pour avaler une grosse croûte au fromage sur l'Alpage de Corbyre (078 913 02 34), au Grand Signal, chalet d'altitude bien rustico où l'on fait du fromage l'été et où l'on restaure les skieurs transis l'hiver, avec une franchise et une largesse confondantes. On y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont mis la clef dans la fondue.

 

Mes hommages, chers tous 

Commentaires

19 réponses à “Balade slurp: qu’avaler en Valais?”
Calamity dit:
23 février 2007 à 8:43
Pays où le Rhône a son cours, noble patrie de mes amours… C’est toi, c’est toi mon bôôô Vaaalais !!!

Estèbe dit:
23 février 2007 à 8:44
“Ce sont les Valaisaaannes que j’aime, que j’aime…”

Claude-Olivier dit:
23 février 2007 à 8:47
A ces Valaisans…mais je les adores, pas de soucis…j’ai fait mon armée à Sion, j’ai bien eu le temps de comprendre que c’est un canton mythique bourré de belles et bonnes choses…merci pour ces quelques idées, je ressorts ma moto et départ

Amitiés
Claude

olif dit:
23 février 2007 à 8:58
Les rafraîchisseurs de bouteilles sont top design, en Valais! J’aimerais bien le même à la maison, surtout en ce moment!

Damien dit:
23 février 2007 à 9:41
bien que civilisé et bétonné, le valais reste néanmoins un des plus beau canton de suisse.. c’est dommage d’être passé si près de chez moi sans passer dire bonjour, la prochaine fois peut être….

Estèbe dit:
23 février 2007 à 9:47
On aime la fibre cantonale vibrante des gens du Valais.
Désolé Damien. La prochaine fois, promis, on s’attable.

Jupiter dit:
23 février 2007 à 9:53
l’agneau séché ?, pratique courante dans les abattoirs, mais d’une autre façon?

ta promenade pinardesque le valais bien, prend soin de toi et fait toi bien bouchonné de retour.

cipolla dit:
23 février 2007 à 11:45
Quelle belle description du Valais! On s’y croirait!
A quand une virée/dégustation dans le Lavaux? (si ce n’est déjà fait, évidemment). Je suis curieuse de découvrir quels sont les vins de la région que tu préfères…

mamina dit:
23 février 2007 à 12:00
Je vous sens tous un peu helvético-chauvins ce matin! Mais, rien que pour la viande des Grisons, je comprends votre enthousiasme.

Estèbe dit:
23 février 2007 à 12:30
La viande, Mamina, pas des Grisons, mais du Valais. Nuance cantonale.

San dit:
23 février 2007 à 13:23
Je retourne dans ma famille en VALAIS dans deux semaines. J’irai voir avec mon pôpa si notre viande séchée maison (qu’on a suspendue dans notre séchoir bricolé dans un mazot il y a quelques semaines maintenant) est prête.
Miam sluuuuuuuuuuuurp ^_____^

Zorg dit:
23 février 2007 à 17:16
Tous ces pinards avant de prendre la route, ma foi, ça me semble un poil risqué. D’autant plus que le fier pandore valaisan aime à contrarier l’automobiliste dans sa course. Surtout quand l’automobiliste en question, non content de grimper les cols, hisse au plus haut son taux d’alcoolémie.
Estèbe, franchement, vous plus sobre encore qu’un méhariste taliban victime de la goutte…

Renardgourmande dit:
23 février 2007 à 18:13
La Suisse, mon pays fétiche. Je me sens aussi chez moi à Genève qu’à Montréal. Mais le Valais, pas encore visité! Merci de m’en donner envie. J’adore te lire et rigoler…. t’as vraiment un don. J’aimerais discuter avec toi des enjeux politiques de manger du brocoli, ça pourrait être intéressant!
Vive Top Slurp!

Cath dit:
23 février 2007 à 22:58
tout cela m’a l’air bien appétissant….mais mince, c’était la semaine dernière moi que j’étais en Valais…où j’ai pillé la fromagerie d’Ovronnaz, mère de celle des Halles de Rive….

Estèbe dit:
25 février 2007 à 17:50
Désolé, lecteurs vénérés, le système a encore déconné grave une journée entière, nous privant de vos bafouilles.

Andrew Cox dit:
25 février 2007 à 19:16

LOULOU dit:
27 février 2007 à 10:07
tient, je ne savais pas que le Valais (qui le vaut bien) etait une ancienne colonie anglaise et que l’on y roule à gauche……..

Estèbe dit:
27 février 2007 à 10:47
C’est que, euh… après la visite aux vignerons, on se sentait tout gai. Alors la gauche, la droite…

Béatrice dit:
7 mars 2007 à 17:36
Un grand moment de plaisir émotionnant d’avoir découvert et ce blog et ce style et ces références culinaro-littéraro-musicales piquantes qui m’enchantent. Sans compter le plaisir (encore émotionnant..) de rencontrer des appréciateurs des vins de Christian B. et de Nicolas B.
MERCI

Écrit par : Divers | 27/03/2007

c'est net, y'a de quoi être fier d'être valaisan....

Écrit par : fred | 11/09/2008

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