19/03/2007

L'Ambre et le bleu, un couple inouï sous le sapin

Bonsoir,

Ben nous y voilà. Va falloir passer en mode estomac. Distribuer des smacks et des voeux. Rien de terrible. Mais l'esprit rebelle renâcle parfois devant la chronologie archiritualisée qui s'annonce. Car ya peu ou pas de place pour la fantaisie dans le calendrier cadenassé des fêtes. Cadeaux, foie gras, chapon, bisous, digestion, recadeaux, etc.

Mais soyons fous. Soyons séditieux. Et un de ces jours, sur les coups de cinq heures de l'aprème, offrons-nous un goûter hédoniconoclaste. Goûter simplement composé d'un roquefort anthologique et d'un liquoreux mirobolant. L'occasion d'échapper pour quelques minutes sublimes au bulldozer de la tradition judéo-cucul. Nyark.

A ma droite, le roquefort d'Yves Combes, l'un des rares producteurs de bleu aveyronnais indépendant (oui, son Vieux Berger ne fait pas partie du consortium Société-Papillon). Roquefort d'un moelleux, d'une subtilité, d'une fleur, d'une longueur en bouche à vous embuer les mirettes d'une joie purement animale. A Genève, c'est notre fromager fétiche qui cache ça dans un coin de son étal.

 

 

A ma gauche, l'Ambre 2001, que le passionnant vigneron valaisan Christophe Abbet vient juste de mettre en bouteille. Un vin doux issu de marsanne et petite arvine flétries sur souche, puis élevées quatre ans en fûts neufs. Voilà un vin magique (déjà loué par l'Olif et le Colibri), qui nous cause joliment tabac blond et miel, coing et bergamote, le tout souligné de délicates notes oxydatives, safranées et pétroleuses. Un bouquet en feu d'artifice, dont on retrouve toute la superbe en bouche. Avec ses accents de confiture d'orange, la liqueur se montre onctueuse et enveloppante, rafraîchie d'une acidité aérienne, qui fait tintinnabuler la finale d'immenses secondes une fois la dernière goutte bue. Vin OVNI. Classe inouïe. Nectar béni. Mais pas oui-oui. 

Inutile de dire que l'Ambre et le bleu s'entendent comme larrons en foire. On se tartine le second sur du pain de campagne un rien grillé, on se sert le premier dans un beau verre de cristal acheté à crédit. Et youplaboum!
Voilà. C'était notre bon plan casse-croûte des fêtes.

A bientôt

PS: Christophe Abbet, 18 rue du Bourg, Martigny. (0041) (0)79 287 97 33

08:39 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | |

Commentaires

12 réponses à “L’Ambre et le bleu, un couple inouï sous le sapin”
LOULOU dit:
20 décembre 2006 à 10:15
Et sur le coup de 10 heures ça marche aussi ? paceke bon j’etais à rungis ce matin à 5 heures……donc j’ai la DALLLE ! déjà que je viens de passer devant les huitres de Patrick …….voulez ma mort par inanition ou quoi ????

salwa dit:
20 décembre 2006 à 11:57
j’aime bien des casses croutes pareil , la classe !

Gracianne dit:
20 décembre 2006 à 12:38
C’est ce que je prefere dans les fetes, ce lachage sur les produits exceptionnels au gouter ou au ptit dej. J’adore faire un ptit dej d’huitres le lendemain du reveillon.
J’ai un conseil a te demander et je n’ai pas trouve ton mail. Je voudrais faire un foie gras au poivre du Sichuan, tu me conseillerais quoi comme vin pour aller avec ca?

olif dit:
20 décembre 2006 à 13:18
Il y a pire façon de fêter Noël!

Oh mon vieux berger fidè-è-è-èle
Viens t’en reposer sur mon coeur, sur mon coeur!
A ma voix qui t’appe-e-e-elle
Viens t’en me donner du bonheur, du bonheur!

Ah! Fous-moi donc….

Euh! Pardon, mon cher Estèbe! Je crois que je me suis laissé emporté!

Pour en revenir à l’Ambre du Christophe, il y a aussi une verticale ici. Si si, tout en bas, cherchez bien!

http://olif.typepad.com/le_blog_dolif/2006/07/christophe_abbe.html

Estèbe dit:
20 décembre 2006 à 13:31
Gracianne, pourquoi ne pas se la jouer régional avec l’Altesse 2003 de votre voisin Noël Dupasquier, qui a le gras (le vin donc), la larme de sucre résiduel et le charme idéal pour rigoler avec votre foie gras.
Olif, vous chantez drôlement bien. J’avais oublié votre cascade de post abbetiens.
Loulou, ben oui, à 10 h 30 aussi. C’est mieux même.

MarieT dit:
20 décembre 2006 à 14:34
Y’a tout ce que j’aime là, dans ces deux petites choses simples !

Mitsuko dit:
20 décembre 2006 à 14:59
J’aime bien le mot “hédoniconoclaste”! En tout cas, point de chapon pour moi… par contre, du roquefort!

raymonde dit:
20 décembre 2006 à 17:26
Ça remplace les biscuits et le lait pour un père Noèl gourmet ???

lenfantdelard dit:
20 décembre 2006 à 20:23
Tartinons, tartinons l’Ambre de l’Abbet,
Et du roquefort, humons le bouquet !

Avec de l’ail confit…..

Mes slurps les plus respectueux.

Patrick CdM dit:
20 décembre 2006 à 22:59
Le Vieux Berger, c’est effectivement le seul réellement comestible, j’en veux pas d’autre. Je le joue avec un Rivesaltes ambré et une fougasse à l’anchois, en faisant semblant que la Méditerranée monte et descende, cette fainéasse

1890 dit:
22 décembre 2006 à 17:18
Ca me fait penser a l’excellent combinaison de Blue Stilton et Porto, populaire chez les habitants de la perfide Albion.

Ma propre recommendation serait un bon fromage bleu bien goutu et une “Christmas Ale” anglaise, plus forte que d’habitude tournant autour des 6% et parfumee aux “epices de Noel”. Young’s Christmas Ale etant un bon exemple…

JeSuisBleu dit:
2 mars 2007 à 15:40
je ne connaissais pas l’ambre. c’est un nom trés vendeur.

Écrit par : Divers | 29/03/2007

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