19/03/2007

La piperade hérétique

 

Egunon, les gens

 

 

 

Messieurs de l'ETA Canal Culinaire, si vous lisez ces lignes, s'il vous plaît, zappez presto vers un autre blog. La barre des liens, là à droite, en est truffée. On n'a nulle envie de recevoir un colis qui fait tic-tac en provenance d'Hendaye. Car la piperade, plat patrimonial du Pays Basque, telle qu'on vous la propose ici s'avère méchamment déviationniste. Pour ne pas dire satanique. Comme l'exige peu ou prou la tradition, elle contient certes des poivrons rouges (à défaut de piments doux), des tomates, du laurier, du thym et du piment d'Espelette. Mais aussi... des pignons et des olives noires. Pas d'oeuf, ni de jambon de Bayonne. Aïïïïe, on sent le vent de la chistera qui passe sur notre tête.

Mais c'est pas tout ça. Allez hop! Au boulot, Mario.

Pelez et épépinez un poivron et une petite tomate par personne (par exemple avec l'économe magique). Taillez le premier en minces lanières et la seconde en dés. Pelez et hachez une gousse d'ail, faites la frissonner dans un peu d'huile d'olive. Ajoutez poivrons et tomates, un demi-verre d'eau, une bonne pincée de thym, une tombée de piment d'Espelette, deux feuilles de laurier, un demi-sucre, sel et poivre. Couvrez et laissez compoter environ 22 minutes à feu soft. 
Pendant ce temps détaillez menu une poignée d'olives noires et faites rôtir 27 pignons (sans graisse, tranquilou, à la poêle). Quand la piperade a bu tout son liquide et que le poivron s'abandonne enfin, intégrez olives et pignons. Goûtez, il faut que ça soit bon. Ben oui. Un rien sucré, persistant, parfumé, un poil picotant. Sexy, en somme.

Palette, filet mignon ou rôti, le cochon adore notre piperade. Le cochon a bon goût. Le cochon est un pote.

Et vive la Soule libre et l'Irouleguy bien mûr

Ikus arte, les amis

 

Commentaires

10 réponses à “La piperade hérétique”
mamina dit:
9 janvier 2007 à 19:34
J’ai compté, je n’ai que 26 pignons, est-ce que je peux tenter quand même cette hérétique pipérade helvète?

lenfantdelard dit:
9 janvier 2007 à 19:37
t’aurais pu préciser la provenance du cochon : corse, par exemple ! Comme cela, tu te serais fait encore plus d’amis !!

alhya dit:
9 janvier 2007 à 22:29
pignon et olive? on m’a appelée??? je suis là, oui, oui, et pourtant j’ai jamais mangé de piperade, mais là, je sens une soudaine envie de cuisiner basque version Estèbe!

LOULOU dit:
10 janvier 2007 à 10:09
en effet si il ni avait pas le brana vous futes excommunié sur le champs…..pas d’jambon heu l’autre!

Gracianne dit:
10 janvier 2007 à 16:46
Ben heu Estebe, je ne sais pas trop quoi dire. Mais comme du invoque la Soule libre et l’Irouleguy, je ne peux pas dire grand-chose. Sinon qu’elle me plairait certainement quand meme, mais que ce n’est pas de la piperade. Pas taper!
Sinon, au cas ou ca interesse tes lecteurs d’en essayer une version plus basquaise, j’en ai une la: http://undimanche.blogspot.com/2006/09/encore-des-piments.html
T’inquiete, j’ai pas d’actions chez Iparretarak.

Ethel dit:
10 janvier 2007 à 22:06
Une bonne idées ces économes colorés. Ca m’évitera d’en perdre une demi douzaine par an dans mes épluchures.

Estèbe dit:
11 janvier 2007 à 9:29
Oups, Gracianne, on aurait pu mettre un lien. Surtout qu’on connaît et adore votre piperade. On a même appris votre billet par coeur: “l’ordinaire est plutôt frugal dans les fermes de la campagne basque…. ”
Ethel, outre sa couleur, cet engin vous deshabille les légumes à la vitesse d’un renne lancé au galop dans la nuit de Noël. Miraculeux.

Baraou dit:
11 janvier 2007 à 11:33
Un cochon corse oui, mais pour le vin je garde l’Irouleguy !

Patrick CdM dit:
11 janvier 2007 à 16:18
Grâce à toi et surtout à Mamina qui m’en a mis un de force dans la cuisine, j’ai découvert cet économe rouge, dont je ne peux que reconnaître l’efficacité dur les poivrons, on verra pour les tomates à la saison, quand les prmières marocaines arriveront.
Touche pas à mon kig ha farz !!!

Estèbe dit:
11 janvier 2007 à 16:29
OK Patrick, on note au passage le reproche muet (ou presque) sur notre mépris des saisons. C’est vrai, des tomates en hiver c’est comme le Père Noël en string: il faudrait même pas y penser.

Écrit par : Divers | 29/03/2007

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