19/03/2007

Le show arty de l'artichaut et la fausse mayo

Coucouloucoucou

Le printemps pointant le bout de son pif, les étals de maraîchers commencent à se montrer un brin plus inspirants. Tiens l'autre jour, on a fondu pour des asperges sauvages italiennes, qui sont allées au wok cinq minutes avec une larme de soja sans se faire prier, avant de se faire goinfrer religieusement. Un beau moment de communion masticante.

 


 

On a aussi laissé quelque mitraille dans un chouette artichaut provençal. Voilà, soit dit au passage, un bien drôle de légume, qui se laisse effeuiller sans hâte, jusqu'à exhiber son foin, puis son cœur. Cœur ou fond, que d'aucuns nomment aussi le cul, nous tendant une perche métaphorique et égrillarde que l'on se gardera bien de saisir. Une affaire de morale.
Bref, c'est le show de l'artichaut chaud, qui rend le repas rigolo.

Après un bref pow-wow familial, il a été décidé que ce premier artichaut de la saison serait cuisiné à la régulière. On lui a coupé la queue d'un geste sec, on l'a ficelé, puis immergé dans un gros volume d'eau salée, sucrée et citronnée, pendant 40 minutes. Pendant ce temps, Madame Sonson a improvisé une "fausse mayonnaise" atchment ingénieuse, en touillant avec véhémence du Phidadelphia Cheese, de l'huile d'olive, un rien de crème fraîche, un rien d'ail, du curcuma pour la couleur, un minifilet de citron, sel et poivre. Une mayo light et tonique, singulière et spirituelle, à la texture bluffante, qui a accompagné l'effeuillage jusqu'à son terme émouvant.
Pour arroser ça, on a débouché un assemblage blanc de Peissy (Peissy, canton de Genève, Suisse, Europe occidentale) conçu par Sieur Pellegrin avec du pinot blanc et l'auxerrois, dont la fraîcheur et l'expressivité ont su se montrer à la hauteur du spectacle.

Et comme chantait un petit poète pileux: "Ya le printemps qui t'ensoleille/Oh le coquin de PRIN-TEMPS". C'est parfois agaçant ces vieilles rengaines un brin nunuches qui nous trottinent dans la cafetière. 

Arrosoir, les amis

Commentaires

10 réponses à “Le show arty de l’artichaut et la fausse mayo”
Tiuscha dit:
13 mars 2007 à 10:56
Avec ça, tu écoutes Arty Shaw au moins !?! Pas mal la fausse mayo…

Kamy dit:
13 mars 2007 à 11:14
le printemps nous rend allègrement poètes et “jeunesléguminoaddictifs”(c’est pour déclarer ouvert le débat de la journée)
merci aux aimables traducteurs d’hier.

bon équinoxe à tous !

Estèbe dit:
13 mars 2007 à 11:19
La langue kamyenne fait décidemment montre d’une richesse créative stupéfiante. Jeunesléguminoadditictifs, dites-vous. Mouaihhhh. Qui traduit?

bergeou dit:
13 mars 2007 à 12:17
Moi aussi je crois que je suis Jeunesléguminoadditictifs, et j’adore les artichauts !

mamina dit:
13 mars 2007 à 13:35
Comment Kamy peut-il nommer les addict âgées (je n’ai pas dit vieilles) aux coquilles Saint Jacques?
Ta fausse mayo me paraît asse sympa…

Zorg dit:
13 mars 2007 à 15:19
Je proteste: Michel Fugain n’a jamais collaboré avec Artie Shaw.

Kamy dit:
13 mars 2007 à 15:25
pectensophagusseniorus (Pecten Maximus = coquille ST J…)
mais pas en millefeuilles + morilles et autres engins honteux!

Claude-Olivier dit:
13 mars 2007 à 15:34
Sympa ces petites asperges…faudrait que mon wok fasse plus ample connaissance avec !

Amitiés
Claude

mamina dit:
13 mars 2007 à 18:36
Merci beaucoup Kamy. Vous avez raison, ni en millefeuilles, ni mal accopagnées les coquilles.

Estèbe dit:
13 mars 2007 à 19:02
Je vois que sous couvert de savants débats lexicaux, on se rit encore de nos coquilles; c’est mal.
Pectensophagusseniorus, tout de même, quelle verve cette Kamy

Écrit par : Divers | 29/03/2007

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