19/03/2007

Les rösti, slurperie identitaire avec des patates dedans

 

Morgen, les gens

 

 

 

 

 

Au chapitre des mets patrimoniaux, alpins et solides, chers vous tous, voici les rösti. Tûtût, font les trompettes. Poum poum, font les tambours.
Galette de patates moelleuse dedans croustillante dehors, ingurgitée par les paysans suisses depuis la nuit des temps, en tout cas bien avant la première arbalète de Guillaume Tell, c'est un plat simple et roots, qui exige des compétences gastronomiques ectoplasmiques. A tel point que bien des Helvètes chinoisent, compliquant à l'envie la formule originale. On a ainsi vu des rösti au lait de coco, des rösti au chèvre light et des rösti en pipette carbonique. 
Voilà notre version de l'affaire, proche du prototype.

Choisir des patates restant fermes à la cuisson, les cuire à la vapeur sans acharnement (la doctrine préconise l'eau bouillante) et attendre trois plombes qu'elles refroidissent. Très important, le refroidissement. La patate chaude râpée devient purée. Une fois refroidies donc, les peler et les râper avec une râpe à gros trous. Très importants, les gros trous. Les rösti râpés fins finissent purée.

Dans une jatte, assaisonner. La doctrine ne permet que le sel. Voire un peu d'ail. Nous, on poivre et on herbesdeprovence (du verbe transitif herbesdeprovencer). La doctrine, toujours elle, cuit ses rösti au saindoux. Nous, on fait ça à l'huile d'olive. La doctrine les agrémente de lardons. Nous, ça dépend.


Bref, dans une poêle chaude et armé d'une spatule en bois, former avec la pomme de terre râpée une galette d'environ deux centimètres d'épaisseur. Faire dorer à feu moyen une bonne dizaine de minutes, retourner sur un couvercle et griller l'autre face. Servir avec largesse et saucisses. Voire oeufs sur le plat. Un plat terrien qu'on vous disait.

Il existe une variante slurp: les rösti de patates crues. Il s'agit de peler et râper des PdT sans les cuire. Et d'ajouter une quinzaine de minutes de cuisson ensuite. Le résultat s'avère assez différent sous la dent. La doctrine méprise cette alternative, va sans dire.

Entschuldigung, les amis   

Commentaires

19 réponses à “Les rösti, slurperie identitaire avec des patates dedans”
Zorg dit:
1 décembre 2006 à 17:01
Je n’ai rien à dire sur les rüstis.

Signé par le front de libération du beignet de pommes de terre.

kitchenette dit:
1 décembre 2006 à 18:37
Et bien j’ai appris quelque chose: je savais pas qu’il fallait faire cuire les pommes de terre avant de la râper, d’où mes röstis toujours un peu râtés… Merci!

mercotte dit:
1 décembre 2006 à 19:19
Moi la doctrine m’endoctrine….

Sugus dit:
1 décembre 2006 à 19:32
La version “patates crues” est une version allemande et non helvétique!
Déjà qu’à l’huile d’olive et aux herbesdeprovence ils sont largement hérétiques tes rösti!

Marie Flo dit:
1 décembre 2006 à 20:28
Tes röstis sont approchant des miens. Par contre chez moi jamais d’herbesdeprovence!
Un petit oignon peut être?

Estèbe dit:
1 décembre 2006 à 20:29
Je plaide coupable pour le méditerranéisme hérétique de ces rösti-là. Suis mûr pour le bûcher.

Estèbe dit:
1 décembre 2006 à 20:41
Euh… pas d’oignons en général, quoique… bien caramélisés dans la poêle et intimement liés à la patate, ça le fait.

Patrick CdM dit:
1 décembre 2006 à 23:43
Dès qu’il y a des pommes de terre, çà plaît aux bretons et aux irlandais, alors faut voir…

raymonde dit:
2 décembre 2006 à 2:30
En Acadie (Canada) aussi on râpe la patate avant de la cuire.

Miss Diane dit:
2 décembre 2006 à 5:37
J’adore les rösti et pour avoir essayé les deux façons, je préfère la recette avec les pdt déjà cuites. Ma mère faisait un rösti sans le savoir avec les pommes de terre de la veille et on aimait bien ça!

Gudule dit:
2 décembre 2006 à 15:08
ma mémé qui était alsacienne (mais française j’insiste), elle faisait des genre de rosti qu’elle appelait les “vontes”, et c’etait avec des patates crues, et moi j’adorais ça ! je m’y remets dès bientôt.

Jupiter dit:
3 décembre 2006 à 0:13
Où est la frontère avec les multiples formes de “paillassons de pomme de terre” et les rösties

mais j’aime bien aussi les jeunes corps féminins enduit de gras qui dorent au soleil l’été. sans herbes bien sûr, peut être un peu de fumette quelquefois ?????

trêve de rôtissoire qui mal y pense, et restons dans les montagnes , C’est pour quand que le sieur Estèbe nous concocte les fameux tourtons du Champsaur ?

olif dit:
3 décembre 2006 à 21:32
Foin des paillassons, Jupiter! De grâce, ne nous essuyons pas les pieds sur ces délicieuses patates rustiquement râpées! Faisons comme l’Armaillis, dont la galette, gigantesque roësti agrémenté d’oignons, pour plaire à Marie-Flo mais probablement aussi à Anaik, la pétogénomane, est un fleuron de la gastronomie hivernale du côté des Prises, Haut-Doubs. Idéale au décours d’une sortie nordique, lattes aux pieds, tout là-haut sur la petite montagne jurassienne, pour alimenter le moteur en prévision du retour à la voiture!

Gracianne dit:
4 décembre 2006 à 10:22
Et tu ne les espelettes pas?

Estèbe dit:
4 décembre 2006 à 12:45
Espeletter (v. tr,): pimenter à la basque.
Excellent néologisme à ajouter dare-dare au post précécent. Bravo, Gracianne!

LOULOU dit:
4 décembre 2006 à 15:12
Ah ! tintin chez les hèlevetes…..mon livre de chevet pendant de longues années mais les rotis bof j’me rapelle plus, hein? comment ? ça va pas fort ce matin m’dame michu….ah oui la pluie peut etre…oui oui! et bonjour chez vous !

cuisineguylaine dit:
5 décembre 2006 à 15:24
Chez nous tout le monde adore ce plat, servi avec des oeufs frits, c’est un délice !!!

zorra dit:
16 décembre 2006 à 13:05
si on ajoute du speck et des oignons, c’est une Berner Rösti.

pierrotamangé dit:
7 février 2007 à 11:59
ma grand mere rapait les patates crues rapait aussi de l’oignon ajoutait du persil salait et laisser dégorger 2 heures avant de les frire 2/3 minutes par face et servait avec une salade verte: un super repas leger du soir. c’est croustillant gouteux divin

Écrit par : Divers | 03/04/2007

"... les rösti … ingurgitée par les paysans suisses depuis la nuit des temps ... , en tout cas bien avant la première arbalète de Guillaume Tell ..."

Il ne faut pas raconter n’importe quoi, la légende Guillaume Tell date du XIII siècle et la pomme de terre à été ramené par les espagnol seulement au XVI siècle.

Écrit par : Nef | 06/01/2008

Bien envoyé, Nef. C'était comme qui dirait une license poético-historique. Mais on mérite d'être coiffé d'une pomme et de servir de cible à un tireur d'arbalète bourré au kirch.

Écrit par : Estèbe | 06/01/2008

Oui, je suis persuader que Guillaume Tell aurai utilisé une pomme de terre si elle était connu à l’époque de la légende ;)

Écrit par : Nef | 07/01/2008

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