19/03/2007

Miam global (1): le vrai poulet tandoori qui rit

Bonjour,

Aujourd'hui démarre, ô lecteurs adorés, une série de la folie, qui nous mènera par l'estomac aux quatre coins du globe. Des recettes comme là-bas, mais réalisées ici. Du low-cost pour la papille, mais sans kérosène dans la marmite.

 

 

 

 

Cap sur l'Inde pour commencer. Avouons-le sans ambages, on n'y a jamais mis un orteil. Cette recette du (vrai) poulet tandoori (bien plus light et authentique que les infâmes pâtes de l'industrie agroalimentaire), flanqué de son dahl fantaisie nous ont été livrés en rêve par un vieux sage Hindou mégabarbu, une nuit qu'on escaladait l'Himalaya sous la couette. Et comme ladite recette comprend du garam massala, et qu'on est du genre jusqu'au-boutiste sur les bords, ben, on va démarrer avec la (vraie) technique pour tambouiller ce prodigieux mélange d'épices.

1 / Le Garam Massala, donc, qui exige:
- 4 bâtonnets de cannelle
- 1 cuillère à café (ou càc) de poivre noir en grains
- 2 càc (ou cuillères à café) de cumin en grains
- 4 càc de graines de coriandre
- 1 càc de clous de girofle
- 2 càc de graines de cardamome décortiquées
- 1 noix de muscade.
Dans une poêle sans matière grasse, faites torréfier quelques minutes chaque épice séparément, sauf la noix de muscade. Réduisez le tout en poudre au mixeur. Et ajoutez, en la râpant avec vigueur, la noix de muscade. Touillez. Et oubliez au fond du placard dans un bocal hermétique.

2 / La pâte tandoori. Pour deux cuisses et deux blancs. Laissez infuser une càc (càc qui abrège, rappelons-le, cuillère à café) de safran dans une càs (càs qui abrège, voyez-vous, cuillère à soupe) d'eau bouillante. Pelez quatre gousses d'ail et l'équivalent d'une càs de gingembre frais. Mixez le tout, ou pilez au pilon, avec le jus d'un petit lime. Ajoutez 1/2 càc de piment (ou plus selon tolérance au feu), une bonne càc de paprika, une càc de sel et une 1, 5 càc de garam massala (voir plus haut). Pilez ou vrouvroumez jusqu'à obtention d'une pâte rouge comme un puceau devant l'amour.

3 / Le poulet. Virez la peau et incisez la bête un peu partout, façon serial killer. Badigeonnez de pâte, en insistant sur les incisions (niark niark). Laissez reposer en paix, deux heures au moins, sous un film au frais.

4 / Le beurre clarifié. Déposez une bonne motte de beurre au fond d'une casserole à feu cool. Laissez fondre et filtrez la crème à la surface. Gardez le jus jaune, ben oui, c'est ça, le beurre clarifié.

5 / La cuisson. Arrosez le poulet avec la moitié du beurre, et enfournez à 180° pendant 15 minutes. Puis retournez les morceaux, arrosez avec le reste du beurre, et laissez rôtir 15 minutes de rab.

6 / Le dahl fantaisie. Qui exige des lentilles orange, ou lentilles corail. Qu'on rince, avant de les immerger dans deux fois leur volume d'eau. Pour deux personnes, comptez un verre de lentilles et, donc, deux verres d'eau. Ben oui. Quand l'eau boue, baissez le feu au minimum, ajoutez une noisette de beurre, de l'ail en poudre, une pincée de garam massala (voir plus haut), sel, poivre et deux càc  de curcuma. Couvrez et laissez mijoter huit minutes.

Servez avec du citron, une cuillère de crème aigre et des naans, si vous avez ça en stock.

A écouter en mangeant: Les tablas joyeux et technoïdes de Badmarsh & Shri sur leur deuxième album. Ou Radio Vatican, c'est bien aussi.

 

A boire en mangeant: On a essayé un gewurst 2003 de l'ami Villars des Parcelles à Anières. Gewurst sec, opulent et singulier, dont le fruité exotique, la densité et l'allonge, ont tenu bon la rampe face à la volaille hindoue. Chapeau! Euh... Turban!

Et à demain, si vous le voulez bien 

PS: A la relecture, l'affaire semble atchment longue et complexe. Mais pas du tout. C'est qu'on s'exprime mal. Une heure de boulot en cuisine, voilà tout.

Commentaires

20 réponses à “Miam global (1): le vrai poulet tandoori qui rit”
zabou1501 dit:
6 février 2007 à 9:39
C’est le plat que je prévois pour ce soir !
Les enfants adorent aussi !
Merci pour l’humour !
Isabelle

alhya dit:
6 février 2007 à 9:42
ah ben voilà, il fallait que t’insiste, non mais c’est pas vrai, tu le fais exprès j’en suis sure! vendredi soir j’ai reçu (alors que je tambouillais tranquillou bilou, sans m’inquiéter de rien, tout à mon plaisir…) juste la totalité de mon étagère à épices sur les pieds. Bon, à ce stade là, trois options: se vautrer dans la poudre, parce que tant qu’à faire, autant être assortie au carrelage déjà joliment constellé de poudre orange, rouge et jaune… pleurer… ou nettoyer. J’ai opté pour la troisième, mais le résultat est là, mon cher Estèbe, je n’ai plus de Garam massala, et dieu sait que mon mélange était exquis. bref, sacrifié sur l’hotel du nettoyage, je te prierai de ne pas enfonce le clou et paix à son âme laquelle se situe actuellement dans le sac de l’aspirateur, et là, je dis, c’est une idée à creuser: quand j’aspire, ça sent l’Inde !

Estèbe dit:
6 février 2007 à 9:44
L’aspiro qui épice l’air: trop chic. Déposez vite le brevet, chère Alhya. Désolé pour l’étagère.

Anne (Papilles et Pupilles) dit:
6 février 2007 à 10:15
Qu’il me fait envie ce poulet. J’en ai du garam massala. Je vais essayer. Et je retiens l’idée, si je n’aime pas certaines épices de m’en servir pour parfumer l’aspi. So chic !

Claude-Olivier dit:
6 février 2007 à 10:17
Superbe, je note de suite car j’adore ca…mais j’ai juste une question: J’ai mangé bcp de poulet tandoori dans les little india de plusieurs ville d’asie et le poulet est vraiment très rouge, tu sais à quoi c’est du ???? Merci d’avance

Amitiés
Claude

Estèbe dit:
6 février 2007 à 10:36
Ben oui, Claude-Olivier, regarde les étiquettes des pâtes du commerce, qui viennent souvent de là-bas, elles sont bourrées de colorants et autres additifs rougoyants.

2zazimuts dit:
6 février 2007 à 10:53
Quelle bonne idée. Je vais de ce pas ajouter quelques épices au sac de l’aspire-ma-soeur. Que diriez-vous, suivant l’humeur, d’un chouia de girofle, muscade, cannelle, coriandre ou une ambiance plutôt thaï avec de la citronnelle, du piment, du gingembre…ça doit être motivant…
Je vois que votre notoriété a dépassé la Suisse romande pour s’en aller chatouiller le “monde”. Vous aurez noté l’omission du point fr. Volontaire l’omission: faisons fi de cette modestie helvetico-gnangnante et voyons grand, ce sont bien des papilles et des babils COSMIQUES qui vous tendent les bras (je ne sais pas comment ils s’y prennent, mais c’est une autre histoire…). Le monde a donc bon goût, c’est une bonne nouvelle…A +

leonine19 dit:
6 février 2007 à 11:41
j’adore cette version de poulet.

mamina dit:
6 février 2007 à 11:41
Pour l’aspire-ma-soeur, au clou de girofle, j’ai fait et c’est un peu entêtant, et on se croit toute la journée chez le dentiste… le garam massala me conviendrait mieux je pense. Mais, en fait, plus que dans l’aspire-truc, sur le poulet je crois quand même l’idée meilleure.

blogapart dit:
6 février 2007 à 11:43
Ahhhh la cuisine indienne…. je l’adore!!! la manger, of course, mais surtout la cuisiner.

Je suis spécialement fan des desserts ,mhmmhmmh les gulab jamoon, le yaourt indien, le halva de carottes…

ça me donne “monstre” envie tout ça, je crois que je vais faire une spéciale desserts indiens.

p.s. on trouve sans problème du colorant pour tandoori dans les épiceries indiennes.

Eglantine dit:
6 février 2007 à 12:31
Mais en voilà une recette fichtrement appétissante avec des explications précises. Y’a qu’un truc que je pige pas bien c’est la cuillère qui abrège…. Le sage Hindou avait-il visité l’Alsace pour vous conseiller un Gewurztraminer ?

Estèbe dit:
6 février 2007 à 12:37
Bien vu, Eglantine. Oui, le vieux sage hindou avait fait son service militaire à Hochfelden, à la caserne Meteor, ce qui l’avait mis sous pression.

Mayacook dit:
6 février 2007 à 13:42
trop bon le poulet tandoori! Je n’avais jamais fait le rapprochement entre sa couleur et le puceau devant l’amour

Mitsuko dit:
6 février 2007 à 13:45
Pas envie de tandoori mais une féroce envie de dahl et de cheese naans. Je retiens dons une demi-recette, merci!

lory dit:
6 février 2007 à 14:19
mm,j’adore les épices, et ce poulet,mmmm

Gracianne dit:
6 février 2007 à 14:43
T’es un puriste toi dis-donc, tu fais ton propre garam massala. Bon, je vais utiliser celui qui me reste pour le chicken tandoori facon Estebe, a moins que je ne le donne subrepticement a sniffer a l’aspirateur.

LOULOU dit:
6 février 2007 à 18:17
Mon bon ami sans tandoor il nia pas de bon tandoori……mais bravo pour la demonstration……..vous n’avez pas qqls briques qui trainent…………..

Estèbe dit:
6 février 2007 à 19:31
Très juste, Loulou, le tandoori, avant d’être une pâte, est un mode de cuisson, dans le four du même nom.
Non, pas de brique, ni dans la poche ni à la banque.

Jacques dit:
20 février 2007 à 9:27
Je fais souvent du Tandoori, et je mélange moi-même les épices dans du yaourt et c’est dans cela que je fais mariner mon poulet (ou mes cailles, ou mes gambas…). Je cuis cela au barbecue…
Coté boisson, un Arbois ou Côte du Jura, c’est super: le Savagnin et le tandoori… quel mariage !

Estèbe dit:
20 février 2007 à 9:29
Yes Jacques, La marinade au yaourt est une autre technique tout aussi slurp. OK aussi pour le vin du Jura. Le Gewurst, c’était pour changer un peu.

Écrit par : Divers | 27/03/2007

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