19.03.2007
Un gigot de sept heures aux épices douces pour rire à Noël
Bonzour,
Vous pataugez méchant pour trouver The Plat du réveillon? Comme vous êtes tous des potes, on a décidé de livrer ici une recette susceptible d'enguirlander la plus morne des tables de fête. Vous noterez au passage l'absence de photo probante de ladite recette, absence due à deux raisons. Primo, comme c'est un plat de Noël et comme qu'on est que le 18 décembre, ben, on n'a pas pu photographier la chose. Rassurez-vous, on l'a toutefois tambouillé une bonne demi-douzaine de fois. Deuzio, il faut quand même avouer que le gigot de sept heures à l'ail et aux épices douces est une bête atrocement peu photogénique. Passez sept heures au four et on verra si vous en sortez avec le teint frais. Cela dit, voilà un plat du répertoire méga slurpique, offrant aux naseaux une avalanche de parfums entêtants et aux dents une chair confite proprement érotique.
On commence par investir par un gros gigot de noble extraction (Pyrénées, Limousin ou Sisteron par exemple). Un gigot raccourci par le boucher pour pouvoir entrer dans une cocotte. Dans un pilon, on écrabouille deux cuillères à soupe de gros sel et autant de poivre noir en grains. Il s'agit dès lors d'oindre la bête d'huile d'olive avec la diligence d'un masseur turc sur une touriste scandinave. Puis de recouvrir le gigot du sel et poivre pilés. Avant de l'oublier une heure et demie dans un coin de la cuisine.
Pendant ce temps, épluchez 25 gousses d'ail (ou 26, selon affinités), en les laissant entières. Dans une casserole, faites flamber cinq décis de vin doux (genre petit Sauternes ou Montbazillac). Puis épongez et rincez le gigot avec du papier absorbant, avant de le faire dorer de tous les côtés avec les gousses. Il faut ensuite disposer la bête, partie bombée vers le bas, dans une cocotte, ou un plat allant au four équipé d'un couvercle hermétique, en compagnie du vin, de l'ail, d'une pincée de piment, d'un bâtonnet de cannelle, d'une bonne cuillère de muscade, de quatre clous de girofle, d'une dizaine de grains de poivres aromatiques, de trois feuilles de laurier et du zeste d'une demi-orange.
Si autre chose dans votre placard vous semble idoine (thym, anis étoilé, graines de fenouil), n'hésitez surtout pas. Tous les chemins mènent arômes (hou... elle est lourde, celle-là).
On couvre, on enfourne à 140°. Et on s'occupe d'autre chose: du fond de la bouteille de vin doux, de sa culture générale ou de la voisine. A mi-cuisson, au bout de trois plombes et demi donc, ne pas oubliez de retourner l'animal avec précaution, il ne tient déjà plus sur son os. Vérifiez le look et la présence du jus.
Enfin, quand la pendule du salon indique qu'il y a déjà sept heures que l'animal baigne dans la moiteur, on le dépose avec un soin maniaque dans un très joli plat. Total confit, l'agneau. Il se découpe à la cuillère. Le jus est filtré, vaguement dégraissé et servi à côté, dans une très ancienne saucière à la fois anglaise et en glaise.

Avec ça, quelques borlotis amoureusement mijotés font des étincelles. Glouglou? Un rouge fier et racé passe la rampe, même si un grand liquoreux, profond et dynamique, genre Jurançon du Clos Lapeyre, Vouvray doux du Domaine Huet, ou Vintage blanc du Mas Amiel, peut procurer bien des émotions. Voui, voui.
Arrosoir
08:36 Publié dans Recettes: plaisirs carnés | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
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Commentaires
21 réponses:
irisa dit:
18 décembre 2006 à 10:02 m
Les épices que tu recommandes renouvellent ce beau classique !et ça tombe bien j’ai une très ancienne saucière crème à motifs bleus !
mamina dit:
18 décembre 2006 à 10:51 m
Sept heures dans le four? Je n’ose même pas imaginer ta tête après… pire, y a sûrement pas… ou alors, MA tête, peut-être!
LOULOU dit:
18 décembre 2006 à 11:33 m
Laisser la voisine seule pendant 7 heures avec un gros turc seulement vetu d’un baton de cannelle….on imagine pas trops sa tête en effet……quoi que…..mais bon vaut mieux faire ça le soir du réveillon plus tot que le midi de noel…ça évite de se lever 5 h du mat pour masser les cuisses du dit gros turc…..quoi j’ai rien compris?????
Estèbe dit:
18 décembre 2006 à 11:41 m
Oui, Loulou, mieux vaut réveilloner avec. On se souvient d’avoir mis le réveil à 5 heures du mat pour préparer un de ces gigots. Il faut l’aimer sa cuisine.
Zorg dit:
18 décembre 2006 à 13:05 m
Voilà un agneau de Dieu qui ne devrait pas contribuer a enlever le péché du monde…
alhya dit:
18 décembre 2006 à 14:05 m
tu vois, le gigot de sept heures, c’est un de mes mythes, le premier qui m’en prépare un, c’est simple, je l’épousaille dans la minute, avis aux amateurs !
mercotte dit:
18 décembre 2006 à 14:44 m
Ah ah ah que de bons souvenirs que ces gigots de 7 heures nous en avons cuit 6 beaux pour un anniversaire, quelle aventure , quelle dégustation, tu me rappelles que ça fait un bout de temps que je n’en ai pas refait et pourtant…..
cath dit:
18 décembre 2006 à 16:42 m
Ouh, m’a l’air d’enfer cet agneau et je l’avoue et le cofnesse, je n’ai encore jamais fait d’agneau des six ou sept heures (je n’en ai jamais mangé non plus, d’ailleurs…).
Mais une question: 140 degrés, c’est pas trop? J’ai toujours cru qu’on tournait plutôt autour des 80/90 degrés?????
Patrick CdM dit:
18 décembre 2006 à 17:03 m
J’enlève l’os, je le coupe en tronçons, je pose le gigot par dessus, et en voiture Simone…
Estèbe dit:
18 décembre 2006 à 17:14 m
Ben non Cath, ce n’est pas une cuisson à basse température. L’agneau doit confire. Notre premier essai en la matière, à 90° justement, s’était soldé par une viande pas glop, juste trop cuite. Faut donc de la chaleur et du temps.
Estèbe dit:
18 décembre 2006 à 17:15 m
Euh… Patrick… Enlever l’os, tronçonner, poser le gigot dessus? Vois pas.
Le confit c'est pas gras dit:
18 décembre 2006 à 18:50 m
Depuis le temps que je rêve de manger un gigot de 7 heures ! Ta recette est alléchante.
Dods dit:
19 décembre 2006 à 0:08 m
Et à Pâques je fais de la dinde… Voilà qui va flatter mes tendances agnostiques. Par contre, j’irai doucement sur l’ail (j’ai un rencart à minuit pile… j’ai le rôle du boeuf). Et du côté du Jurançon, je viens de découvrir un vigneron bio, Gil Schefchen, qui concocte avec amour le Domaine Bellauc. Il est aussi moelleux que l’agneau sus-dit, et doit souffler une haleine douce et parfumée sur ce plat de rois mages. D’ailleurs, au sujet des rois mages, je défie quiconque de me donner, sans réfléchir 7 heures, leurs noms et les cadeaux qu’ils apportaient…
Estèbe dit:
19 décembre 2006 à 8:35 m
Pffft: fastoche. Balthazar, Melchior et Avrell. Qui offrent repectivement une PSP, un écran plat et un cochon d’Inde congelé. Oui, suis incollable sur les choses de la foi.
Régine dit:
19 décembre 2006 à 19:47 m
Et le cochon d’Inde, combien d’heures pour le confire ? Oh, Beurk !
Magnifique recette. Possible qu’elle remplace le jambon de cochon (celui avec un groin donc) à l’ananas, traditionnel ici en Guadeloupe. Bon Noël !
soizic dit:
28 janvier 2007 à 11:23 m
je l’ai cuisiné hier, et c’est tout simplement divin .
merci pour cette recette
Bonne journée
Estèbe dit:
28 janvier 2007 à 21:10 m
Content d’avoir des nouvelles quasi live des cuisines. Merci Soizic.
Ecrit par : Divers | 29.03.2007
MELCHIOR-NAU Odette dit:
31 mars 2007 à 18:24 m
Bon, eh bien demain, le réveil sonnera à 6 heures ! Le temps d’avaler l’entrée (coquilles st-jacques entourées d’un filet de jambon de Parme et rôties, puis présentées sur une purée de brocolis très verte émulsionnée avec de l’huile de noisette - puis arrosées d’une vinaigrette au jus d’orange) et il sera temps de goûter le gigot de 7 heures.
A bientôt pour le résultat !
Estèbe dit:
1 avril 2007 à 9:19 m
Miamou
Ecrit par : Divers | 16.04.2007
Bien ta recette.. mais quand tu dis de la mettre dans une cocotte avec un couvercle hermetique et que tu as une cocotte en fonte avec un couvercle normal, tu dois le luter (fermer le couvercle avec de la pâte, farine+eau) donc au bout de 3h30, pour le retourner, tu dois casser le lut et le refaire?
Ecrit par : Canellas | 16.04.2007
Casser le luth! C'est rigolo, ça rappelle une chanson.
Ben oui. A moins d'arroser non stop. Je me souviens d'un gigot de ce genre dans un cocotte normale (non hermétique) qui avait fini à la poubelle, carbonisé. Triste souvenir.
Ecrit par : Estebe | 16.04.2007
Ca doit être superbe et je le mets au menu du we prochain.
Mais, en plus du vin, ne faut-il pas rajouter ds la cocotte de l’eau pour couvrir en totalité ou au 2/3 le gigot ?
Ecrit par : Negus | 17.04.2007
Non, jamais d'eau!!!. inutile de couvrir la bête. C'est une cuisson à l'étouffée.
Ecrit par : Estèbe | 17.04.2007
génial, je me réjouis de tenter la chose, merci!
Ecrit par : pascale | 23.11.2007
Tu sais, je crois que je vais me laisser tenter pour le reveillon, j'en ai marre des volailles et on est 10 a table.
Avec des borlotis, encore des haricots? Tu n'as pas une autre idee?
Ecrit par : gracianne | 17.12.2007
C'est tant tentant ! Je m'y lance. Délice en perspective.
Ecrit par : poisson rouge | 18.12.2007
et dans une mijoteuse est ce que cela marchera aussi ?
Ecrit par : Jimmy | 27.12.2007
Si votre mijoteuse est bien hermétique, pourquoi pas?
Ecrit par : Estebe | 28.12.2007
Oui c'est une "Crok Pot". Je fais l'essai ce WE et je vous dirai le résultat.
Ecrit par : Jimmy | 28.12.2007
Ah chouette, il est retrouve. Merci pour l'index, je vais de ce pas reparer mon lien. Qui a dit que ce n'etait pas photogenique cette bete la?
Ecrit par : gracianne | 15.04.2008
@orange.frpour la première fois je lis une recette d'humour et de poésie, en bonne provençalo- corse elle me semble un peu " compliquée" aussi vais je tenter d'en saisir la" substantifique" et de traiter la bête façon: pendant qu'il bronze ,je bronze ôssi et je lui adjoint des coco au pistou histoire de lui rappeller qu'on est en aôut et et Provence Merci! voulez vous ma recette simpe et fastoche de tomates se 7 heures?
lolo
Ecrit par : laurence | 18.08.2008
@orange.frpour la première fois je lis une recette d'humour et de poésie, en bonne provençalo- corse elle me semble un peu " compliquée" aussi vais je tenter d'en saisir la" substantifique" et de traiter la bête façon: pendant qu'il bronze ,je bronze ôssi et je lui adjoint des coco au pistou histoire de lui rappeller qu'on est en aôut et et Provence Merci! voulez vous ma recette simpe et fastoche de tomates se 7 heures?
lolo
Ecrit par : laurence | 18.08.2008
L'émotion est telle que le mal s'en est allé ...
Chez nous le grand Soir ce fut hier matin.
Le grand Turc a dit : tu verras ça fait un peu mal la première fois, mais après c'est super.
Il avait tort, c'est exquis dès la première fois.
Ecrit par : cynar51 | 02.03.2009
Voilà, je n'ai pas pu attendre cet hiver pour y gouter : ce sera notre festin dès ce soir.......
Ecrit par : Cocopassions | 01.06.2009
Mais ! si on lut(ine) la lèche-frite (ouille .ça devient scabreux..),,,comment retourner la bête à mi-cuisson...? mmmhhh ? J'ai donc une grande léche-frite à couvercle, ça ne sera donc pas assez "hermétique" ?..Sinon, une grande cocotte Staub avec son couvercle, ça irait..mais il faudrait alors enlever l'os vu que la cocotte est ronde...? Bref, ce n'est pas qu'une histoire d'os, mais une histoire de casserole....et quel cadeau que de se lever à 6 pour becqueter à 13 ! à moins de le mettre à cuire après la messe de minuit...pour le pti-brunch...de Noel...
Ecrit par : oniriq | 04.12.2009
Réalisé pour la deuxième fois pour dix personnes hier soir, du Pacherenc comme vin doux, des épices en pagaille - d'ailleurs je serai bien infoutue de refaire la même chose, j'ai tout fait "à pouf" comme diraient nos amis belges - ce fût une splendeur !
Ecrit par : Lorène | 01.01.2010
A quand un recueil de toutes ces bonnes recettes ! Cà m'éviterai de chercher sur internet.......
J'attends en salivant d'avance !
Et encore félicitations pour ce délire d'imagination....
Ecrit par : hysope | 06.03.2010
Très bonne recette, rien besoin d'ajouter ou de modifier. Merci de nous l'avoir partagé.
Ecrit par : Giochi per ragazze | 08.10.2010
coucou
cette façon de présenter la recette me donne envie de la faire pour noël;
svp donnez moi des idées de légumes d'accompagnement
Christine
Ecrit par : christine | 19.12.2010
état des lieux à mi-cuisson:
on a attaqué le lutage à la sauvage avé la cuiller en bois, ça tient bien, saleté !
y en a partout dans la cuisine, on ouvre, ça sent furieusement bon. la marmaille considère le contenu de la casserole avec circonspection. On méprise, on relute, on enfourne, rira bien qui rira le dernier. L'accompagnement: purée de céléri et polenta truffée, ça promet. La suite plus tard !
à plusse
Ecrit par : potzrebie | 24.12.2010
Giga-slurpique !
avec un pauillac (haut bages libéral 2003), la polenta truffée, les arômes de la sauce...
même fait une photo, mais je ne sais pas comment la poster, si le maître de céans la juge digne, j'abandonne les droits, à voir
Ecrit par : potzrebie | 25.12.2010
quel humour quel talent de narrateur drole et sympa (rassurez vous je n'en suis pas!)
je vais lutter ma cocotte chinoise et l'enfourner a 140° pendant 7 heures????
j'ai tout compris non???
puis je vais deguster le gigot de ma cocotte à la cuillere??? SUR???
je m'en léche les....doigts à l'avance
je vais essayer ce gigot de 7H le week end prochain
allez mettez nous en plein des comme celles la
MERCI A VOUS
Ecrit par : riirlafleur | 26.09.2011
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