19/03/2007

Volailles de l'enfer (1): le poulet au vin jaune et aux morilles

Cot cot,

 

 

Parmi les plats légendaires du répertoire, le poulet au vin jaune, à la crème et aux morilles tutoie le slurpisme absolu. Because la saveur sublime de chacun de ses ingrédients, outre participer à un ensemble ébouriffant d'harmonie, paraît décuplée par l'opération du Saint-Esprit. Magique.

On s'en lamperait bien une marmite tous les jours. Sauf que cette recette-là coûte bonbon. La morille douille, le vin jaune itou. Et il serait criminel de mitonner ça avec un poulet abruti en batterie. Il nous faut une bête ferme et bien élevée, en Bresse par exemple. Ou pourquoi pas une Bourguignonne à pattes noires, une rien plus abordable et tout aussi comestible. Quant à la technique, elle nous vient du sourcilleux et monumental Inventaire du patrimoine culinaire français, entreprise universitaire de recensement des produits et recettes tricolores en 24 volumes. On a juste allégé l'affaire, manière de pouvoir sauter dans notre slim quand bon nous semble.

 

Bon, on vous fait le film.
Prête ma poule? Moteur... action!

Mettez un bon paquet de morilles sèches (60 grammes au bas mot) à réhydrater dans de l'eau. Eau qui aura son rôle à jouer plus tard. Coupez le poulet en huit, réservez la carcasse et virez la peau, en tout cas sur les blancs. Réunissez les morceaux dans un sac de plastique avec du sel, du poivre et un peu de farine. Shakez. Puis colorez à peine les morceaux dans une cocotte, sans acharnement, avec une bonne motte de beurre (la doctrine préconise 80 grammes, la moitié suffit amplement). Coiffez avec la carcasse, couvrez et expédiez au four, préchauffé à 210°, pendant 20 minutes.

Pendant ce temps, filtrez l'eau des morilles, qui doit être aussi noire que le coeur du démon. Sortez la bête du four, dégraissez un poil le fond de la cocotte s'il le faut, éjectez la carcasse, remettez sur feu pépère et déglacez avec une demi-bouteille de vin jaune. Noooooon, pas du vin de paille. Du vrai vin jaune, du jurassien, sec, noble et sauvage. Puis ajoutez un verre de l'eau noire des morilles, 4 décis de crème fraîche (la doctrine préconise le litre, la doctrine ne pense pas à notre slim) et les morilles. Mélangez et laissez doucement glouglouter à découvert une demi-heure. Goûtez. Rectifiez l'assaisonnement. Et oubliez à feu microscopique jusqu'à l'heure du miam.

La fière volaille se sert avec du riz ou des pâtes fraîches. Et s'arrose, of course, d'un vin jaune d'Arbois ou de Château-Chalon. Des idées? Farfouillez donc sur le blog d'Olif , l'encyclopédiste jurassique au gosier avisé. Nous, on a fondu pour un étourdissant clavelin du Domaine Berthet-Bondet datant des vendanges de 1989, dont la persistance nous titille encore les bajoues une semaine après absorption. Chouette sensation, va sans dire.

Bises aux morilles

PS: Avant de rendre l'antenne, notons que la blogomiam regorge de recettes de poulet au jaune. Par exemple chez Mister Pat Chazallet, qui connaît son métier.

Commentaires

30 réponses à “Volailles de l’enfer (1): le poulet au vin jaune et aux morilles”
Anne (Papilles et Pupilles) dit:
16 janvier 2007 à 9:59
Je pensais que c’était beaucoup plus compliqué que cela. Sur que cela a l’air slurpissime.

Estèbe dit:
16 janvier 2007 à 10:34
C’est vrai que c’est d’une simplicité biblique. Un mythe culinaire fastoche à réaliser, faut pas se géner.

veronica dit:
16 janvier 2007 à 11:30
volaille vin jaune et morilles le tierce gagnant de l’ancienne fin d’annee du slurp gagnant a tous les coups (couts??????)

mamina dit:
16 janvier 2007 à 11:30
Biblique, est-ce bien le mot? Tu crois qu’ils se régalaient de volaille de Bresse ou de Bourgogne, de morilles et de vin jaune?
Par contre, nous, on en veut bien. La prochaine fois que tu récidives, tu peux me téléphoner, je viens même à cloche-pied.

Estèbe dit:
16 janvier 2007 à 11:35
Bourges-Genève: 400 kilomètres. Chiche Mamina. Vous aurez probablement l’estomac dans les talons (ou l’inverse) en arrivant.

Eva dit:
16 janvier 2007 à 12:03
Jolie fin pour une poule de luxe !

BRY dit:
16 janvier 2007 à 12:27
J’aime presque mieux la version de la doctrine que la votre!!!!!
Un litre de crème et des morilles qui réduisent en glougloutant…..quoi de plus slurpissime??!!!

hélène dit:
16 janvier 2007 à 12:29
Mon dieu, je veux aller griller en enfer pour une assiette de poulet aux morilles.

Elvira dit:
16 janvier 2007 à 13:31
Mon franc-comtois de mari se damnerai sûrement pour ce plat…!

Gracianne dit:
16 janvier 2007 à 13:45
Dangereusement bon.

alhya dit:
16 janvier 2007 à 13:53
ouais, moi je vote pour, mais attends, avant de me régaler, je pars jouer au loto )), ou mieux, je cherche un mari plein de sous

Zorg dit:
16 janvier 2007 à 15:03
Je proteste.
Et regrette de relancer une polémique ici-même amorcée, il y a quelques semaines de cela. Mais, bon, puisque Monsieur Estèbe me provoque à nouveau, que les choses soient claires: la morille séchée est à la papille ce que le lifting de Sheila est à l’esthétisme.
Non, Monsieur Estèbe, inutile d’insister, je ne mangerai pas de ce champignon-là (je parle de la morille, pas de l’inoubliable interprète des Rois mages en Galilée). Pauvre chose départie de sa puissance olfactive et de sa force culinaire (une nouvelle fois, il n’est pas question de la redoutable vocifératrice des Gondoles à Venise). Et d’ailleurs, je vous ferais remarquer qu’on ne trouve de morille ni en Galilée, ni à Venise. Alors! Hein! Quand même, quoi…

Estèbe dit:
16 janvier 2007 à 15:08
Mais Zorg, laissez donc les longeolles à Denise et gare aux morilles.
Respirez bien fort. Buvez un Coca light. Et hop, au dodo. Demain, le ciel sera bleu et vous aussi.

Jupiter dit:
16 janvier 2007 à 15:23
Rien à dire,
Divin à se faire péter la sous ventrière.
me manques le vin jaune et les pattes noires.
Pour les morilles on verra au printemps car je n’habites pas en Galillée.
Bref ceux qui vont aux Morilles te salut au César, et que le H5N1 veilles sur toi

Estèbe dit:
16 janvier 2007 à 15:25
Il n’y guère que la grippe à bière que je redoute. Cette menace là me met sous pression.

Zorg dit:
16 janvier 2007 à 16:19
Estèbe, vous dites ça pour vous faire mousser…

olif dit:
16 janvier 2007 à 19:07
Si vous me prenez par les sentiments, mon cher Estèbe… Je m’autoflagellerais toute la semaine s’il le fallait, rien que pour pouvoir manger du poulet au vin jaune et aux morilles le dimanche!

En farfouillant sur mon blog, on peut effectivement avoir quelques idées de clavelins à déboucher. On n’y trouvera cependant pas de notes sur un Château Chalon 1955 de L. Cartier. Celui-là, il est encore dans ma cave et il attend sa poule! Elle ne saurait tarder à venir!

Cocopassions dit:
16 janvier 2007 à 22:23
Je tombe à la renverse !!! L’ un de mes plats préférés. tu nous gâtes !!

barbichounette dit:
17 janvier 2007 à 9:21
Cela tombe bien que tu es fait cette recette. Je devais faire cette recette pour des amis mais on m’a dit que le vin est très cher !!! Peux-tu me dire combien tu as payé la bouteille ????
Mille mercis!
Bizzzzzzzzz
Barbichounette

Claude-Olivier dit:
17 janvier 2007 à 14:53
Une recette mythique !!! et tellement bonne, rien à dire, si ce n’est bon choix !!!

Amitiés
Claude

Patrick CdM dit:
17 janvier 2007 à 15:00
Dommage, je me voyais bien déglacer au vin de paille, histoire de vraiment finir dessus après cette recette dispendieuse!

thomas dit:
17 janvier 2007 à 18:01
ça y va fort sur la faute d’orthographe: c’est inhabituel chez nos helvètes préférés: l’influence intellectuelle décisive de johnny?. Déjà!!.

Estèbe dit:
17 janvier 2007 à 19:55
Barbichounette, ça dépend. Inutile d’avoir un grand jaune pour la cuisine, pour une vingtaine d’euros, on peut trouver un vin assez typé pour faire l’affaire. Mais comme il faut se slurper l’autre moitié de la bouteille (voire une de mieux encore), mieux vaut investir direct 25 ou 30 euros chez (au hasard) Tissot, Ganevat, Lornet, la Reine Jeanne ou vingt autres bons encore.
Thomas, des fôôôtes??? Mille Dieux! Mais où? Oups, oui, le verbe tutoyer à la 3e pers. de l’infinitif. C’est corrigé.
Saint-Taxe, priez pour nous. Et pendez vite ma grammaire.

thomas dit:
18 janvier 2007 à 17:42
bon il vous sera beaucoup pardonné mais bajoue! quand même!!!!

Estèbe dit:
18 janvier 2007 à 18:42
Arghhhh. Cette basse joue fera notre honte jusqu’au Jugement Dernier.

thomas dit:
18 janvier 2007 à 21:43
Allez en paix mon enfant!

Estèbe dit:
19 janvier 2007 à 8:57
Cher Thomas, je vous nomme correcteur en chef de ce blog. Votre mission, si vous l’acceptez, sera de traquer la fôte. Sans relâche. Avec vigilance, voire cruauté. Salaire? Notre reconnaissance.

Camille dit:
22 janvier 2007 à 10:50
Découverte gràce à Mamina, ta recette est un vrai petit bijoux !!!
Je vais vite me mettre en quête d’une belle volaille qui passera à la casserole dès ce week-end Merci, à très bientôt.

Emilie25 dit:
4 février 2007 à 21:31
vu l’heure je croyais que je n’avais plus faim !! Mais à lire cette recette j’ai les crocs !! C’est terriblement slurp !!
j’ai une autre façon de faire le poulet au vin jaune mais la prochaine fois, je tente cette façon ! Bref vivement le week-end prochain !

blumandarine dit:
19 mars 2007 à 10:51
réalisé ce dimanche et dégusté avec quelques amis, au coin du feu : un délicieux moment.
la recette est sûre et facile à réaliser.
le vin jaune est appréciabale pour la confection et l’accompagnement de ce plat, mais je n’en suis pas une fan : vraiment trop typé.

Écrit par : Divers | 29/03/2007

???
J'ai été élevée dans la croyance qu'il ne fallait surtout pas laisser cuire le vin jaune dans cette recette slurpisante à souhait, car cela lui ferait perdre son arôme si tellement bon.
Et là, je vous découvre le laissant mijoter, je suis étonnement et déconcertation.
La prochaine fois que je débusque une bouteille de de divin nectar, je suis votre recette et je vous fais part de mes impressions...

Écrit par : ZeKat | 21/04/2008

Ok ! Ok !!! On est en 2009 !!!
Mais purée que cette recette est divine !
Il mijote, il frémit, il glougloute tout doucement dans son bain
Vin Jaune de Grande Garde 1993 et Morilles ramassées de mes blanches mains.
Le fumet m'enivre et le goût et purement paradisiaque.
Dans 20 minutes la jouissance sera explosive !!!!

Amen

Écrit par : Antoinette | 22/09/2009

Je confirme !!!
Cette recette simplissime est divine !

;-)))

(koi ?
Comment ?
J'suis dans les archives !)

Écrit par : "Toinette" | 25/09/2009

Une mienne copine, qui se lèche volontiers les babines mais est plutôt paresseuse en cuisine, me demande justement de lui mitonner un chapon au vin jaune et aux morilles. Moi, je veux bien : on augmentera un peu les doses de vin jaune, de crème et de morilles pour proportionner au format de la bestiole, mais quid du temps de cuisson pour le chapon ?? Et puis trouvez-moi des garnitures un peu plus pep-slurpeuses que le riz ou les pâtes. Et pourquoi pas un ou deux petits légumes qui se marierait bien avec ? Mais attention, pep et slurp aussi, les légumes !

Écrit par : Lilycerise | 18/12/2010

2012 toujours grandiose

Écrit par : RenEe | 03/03/2012

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