23/03/2007

Un magret à la fève tonka dans la crémaillère

Bonjour, les gens

Voilà, voilà. Le nez dans les cartons, les pâtons dans la peinture, la hure dans les pinceaux et les pinceaux dans les cartons; bref, après un déménagement un brin chaotique, on s'installe tranquilou. Tout ne marche pas encore bien (on attend l'électricien), tout n'est pas encore installé (on attend l'inspiration). Mais allons-y quand même: faisons péter la roteuse. Chin.

Et puis comme il ne faut jamais rester le ventre vide, tambouillons nous presto un magret aux pommes parfumées à la fève Tonka. Tonka???? Ben oui, la graine d'un arbre exotique, déjà louée avec éloquence par Miss P&P (merci à elle pour la photo: c'est du vol), épice rare qui offre à nos naseaux émus des parfums mêlés de miel, cannelle et vanille proprement entêtants. Parfums qui s'entendent avec la pomme rôtie comme larrons en foire. Voir cul et chemise. D'où la recette.

Avant d'aller plus loin, causons du magret, dont la cuisson nourrit d'âpres débats qui, en Gascogne, s'achèvent parfois à coups de boule. On ne rigole pas avec la cuisson du magret. Il n'y en a qu'une. Celle qui suit (notez l'atroce suffisance du patron).

On entaille en losanges et au couteau la partie grasse de la bête. Hop, à la poêle, côté graisse, 14 minutes pour un magret gentiment dodu, disons de 400 grammes, à feu mezzo. On vire deux ou trois fois la graisse fondue en cours de cuisson. La première fois, on en prélève une cuillère à soupe qui servira à rôtir pépère les pommes, préalablement pelées et taillées en tranches minces. La deuxième et troisième fois, la graisse va à la poubelle (c'est écologique) ou dans l'évier (c'est mal, mais commode).

Au bout de 14 minutes donc, on retourne le magret, pour le saisir violemment quatre minutes de plus côté chair. Avant de le laisser reposer un petit moment au chaud dans du papier alu. L'a bien mérité une petite sieste, l'animal.

 

Entre-temps, on a râpé la moitié d'une fève (gaffe, c'est power comme bouquet) sur les pommes rôtissantes. On découpe la magret, on sale à la fleur de sel; on poivre au moulin. Et on engloutit le tout sans souci du lendemain, en tétinant l'indomptable cuvée Don Quichotte du Château Le Roc dans les Côtes du Frontonnais. Amen.

 

Bien à vous, frères et soeurs.

PS: Vous vous piquez d'épices? Montrez donc votre science en faisant ce quiz suisse. On a fait un bon score. Enfin, assez bon. Enfin, plutôt moyen.

PS2: On n'a pas encore importé tous vos adorables commentaires sur les 1000 posts de ce blog; ça sera fait, juré, craché. Splitch!

Commentaires

Peut-être prem's? Alors, CHAMPAGNE!

Écrit par : mamina | 23/03/2007

Ex-aequo avec Vinvin. Bravo!

Écrit par : Estèbe | 23/03/2007

Gaffe tout de même : l'exquise fêve tonka (parfum de vanille épicée) contient une molécule anti-coagulante, dite coumarine. Avec laquelle on fabrique la mort aux rats (qui sont hémophiles).
Je suppose qu'il faut en avaler plus d'une demie fêve, mais bon, si vous ètes du genre à saigner non stop... D'ailleurs comme en France jadis, la FDA interdit la tonka à la consommation.
Bon à part ça, je ne voudrais pas paraître grincheuse, mais dans ces splendides nouveaux murs qui sentent encore la peinture, où qu'est la bibliothèque ; je veux dire l'indispensable Index ?
A part ça encore : Bizzzzzz
Sinon, vanille-séchuan, ça pourrait p'têt le faire ?

Écrit par : Eme | 23/03/2007

ahhhhhhh c'est mieux ton nouveau chez toi. C'est la classe internationale !
Tchin !

Écrit par : Anne (Papilles et Pupilles) | 23/03/2007

J'aimerais le goûter autrement que des yeux... Le magret pas l'Estèbe ! Chiqué, remboursé ! Ca, une pendaison de crémaillère ? Pfff, sans pitié pour les chtites dames mortes de faim...

Écrit par : Tiuscha | 23/03/2007

Si je comprends bien, nous sommes maintenant sur le site de la Tribune, et donc tout ce qui parle français en Helvétie nous lis. Je ne sais pas si je vais encore oser écrire bite et couille dans les commentaires. Un minimum de tenue va être requis. Dehors les saltimbanques ! Tu me rassures, estèbouninou (depuis que tu m'as appelé Patou, je considère qu'une certaine intimité virile est de mise entre nous.)

Écrit par : Patrick | 23/03/2007

Je n'avais pas lu l'article, trop pressé de dire des conneries. Article qui trahit ton habitat : tu vis en ville ; parce que la graisse de canard dans l'évier à la campagne, tu dois très vite envoyer ta femme avec une pioche dans le jardin pour déboucher les tuyauteries.

Écrit par : Patrick | 23/03/2007

Waouh, quelle belle peinture vindiou ! et quelle belle recette inaugurale, un peu de mort au rat ;-), j'en reprendrai bien tiens !

Écrit par : Ester | 23/03/2007

bravo pour ce nouveau look, on dirait une page de journal ce qui ne m'étonne qu'à moitié, par contre ce qui m'étonne bp plus c'est le temps de cuisson du magret côté gras 14mn , de la folie pure, tu aimes la viande carbonisée ! pour ma part 7 + 3 de l'autre côté c'est bien , mais bon.....à chacun sa façon de voir !!! pourvu qu'on boive bon et c'est le cas!!!

Écrit par : mercotte | 24/03/2007

Marcotte, pas carbonisé du tout. En fait, l'épaisseur de la couche graisseuse (même entaillée) protège le coeur, les 14 minutes permettent d'obtenir une graisse totalement croustillante (pour les gourmands), sans pour autant surcuire la chair, qui reste rouge vif à coeur.
Patrick, svp, point d'autocensure.
Eme, on va tacher de rebricoler l'index avant de mourir comme un rat.

Écrit par : Estèbe | 24/03/2007

Mercotte et Estèbe, je suis plutôt aussi autour de 12/14 minutes, mais moins d'une minute de l'autre côté. Et quand on coupe, le sang coule du magret (et du doigt pour les maladroits).

Écrit par : Patrick | 24/03/2007

Alors si je comprends bien, pour la crémaillère, on se gobe une petite Tonkiki, une petite tonkaka, une petite Tonkinoise? Peu importe le temps de cuisson du magret, finelement, pourvu que ça saigne! Avec la mort au rats, en fait, ça ne devrait guère poser de problème!

Sinon, à part ça, ç'est coquet, chez vous! Très propre, très clean, très suisse! On peut même s'abonner au journal papier, on n'arrête pas le progrès, chez Top Slurp!

Écrit par : olif | 24/03/2007

Propre, Olif, ça ne le restera guère. Bientôt les premières taches de gras et de pinard.

Écrit par : Estèbe | 24/03/2007

Me revoilà, j'allais rater la crémaillère, c'eut été dommage ! Quel prestigieux logis. Ca valait bien un tel festin !

Écrit par : Eglantine | 25/03/2007

oula! on s'absente une tite semaine au coté de britney pour soigner ses derniers exxesss et patatra on rentre et on ne reconnait plus personne....c'est tres chic votre nouveau chez vous.....comme patrick on à un peu peur de dire encore tout plein de conneries....tient en plus maintenant va falloir soigner son écriture....c'est dur

Écrit par : loulou | 25/03/2007

et au fait le gros truc qui resemble à une mangue...c'est ça vot magret.....

Écrit par : loulou | 25/03/2007

On a le journal avec les recettes maintenant :)
Bon emmenagement

Écrit par : Edith | 25/03/2007

Bonjour chez vous ! Joli, joli.

Écrit par : Thierry | 25/03/2007

Oû peut-on trouver une fève de tonka? en suisse romande.

Écrit par : Pictet | 20/04/2007

A la boutique "saveurs du monde" à Bottens. Et probablement chez Lysamir, rue des Corps francs, à Genève.
Sans oublier la boutique on line http://www.epicier.ch/

Écrit par : Estèbe | 20/04/2007

Pour le poivre du moulin, j'ai abandonné mon poivre de cuisine pour un poivre de qualité; le poivre de Kampot. Une saveur, des parfums, que du bonheur pour les papilles.

Pour en savoir plus
http://www.kambody.com/poivredekampot.htm

Écrit par : poivre de Kampot | 28/02/2010

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