28/03/2007

L'osso bucco de l'espoir

Coucou

 Un petit souvenir pour commencer. Le 5 mai 2002, comme nombre de Français de Genève, on était allé voter. Le cœur gros, mais bon. M'Zelle Sonson, alors en bas âge, nous accompagnait. Une fois le devoir civique accompli, voilà que la fillette avise un promontoire herbu, devant l'école où était organisé le scrutin. M'Zelle Sonson ne résiste pas et escalade le mamelon. Et mèzique avec, forcément. Or, la pelouse pentue servait de toilettes canines. On n'y avait pas pris garde. De retour sur le trottoir, nos quatre chaussures étaient pleines de crotte. Top dég'. Ben, voyez-vous, on a vu a comme un symbole. Une émanation fécale du choix électoral infect qu'on venait de nous infliger.

Espérons que cette année on quittera les urnes les pompes propres.

En attendant donc, et comme seul le miam haut de gamme peut cautériser les vieilles plaies , voilà un osso bucco plus ou moins milanais, dont la caractéristique est de sauvegarder le goût, sinon l'âme, des petits légumes qui l'escorte. Trop sympa. Pous vous rendre la vie belle, on a mis les ingrédients en gras. D'un simple coup d'œil panoramique, vous choppez la liste des courses. C'est moderne.
Demandez d'abord au boucher, de plus en plus barbu, de vous tailler de belles tranches de jarret de veau. Que vous faites dorer dans une cocote de tous côtés dans quatre larmes d'huile d'olive, avant de déglacer avec un verre de blanc sec. Entre-temps, vous avez épluché, épépiné et émincé trois grosses tomates (latines, en cette saison), que vous ajoutez à la viande. Salez, poivrez et mouillez de bouillon de volaille. Inutile de submerger. Couvrez et laissez mijoter une heure et demie.
Attaquons-nous aux légumes. Détaillez en bâtonnets trois branches de céleri-branche (justement) et deux belles carottes. Emincez deux échalotes et deux tranches de jambon cru. Zestez un citron, réservez le zeste, puis coupez la moitié du fruit en tranches fines. Tout ça en moins de six minutes trente-sept. C'est mon record. 

Faites revenir trois minutes l'échalote dans un peu de beurre, ajoutez d'abord le jambon, puis tous les autres végétaux (céleri, carottes, citron, oui, faut suivre) et laissez tout se beau monde s'attendrir à couvert et feu cool. Sel mollo, poivre mollo itou.

Dix minutes avant le miam, ajoutez les légumes dans la cocotte où rêvasse le jarret. Ne touillez pas. Acte final, éjectez légumes et veau à l'écumoire. Coiffez le tout des zestes et de persil haché. Faites réduire le jus et servez à part, en chantant l'inoxydable Svalutation d'Adriano Celentano.

Que boire? Un grand blanc, bien sûr. Ou un rouge élégant, aux tannins pacifiés sans trop de chevaux sous le capot. Un Clos Jus 2001 de François Lumpp à Givry, par exemple, pinot émouvant tout en longueur et en finesse. Une fois, on était allé déguster chez ce Lumpp-là. On en frissonne encore d'aise.

Tchou

 

Commentaires

Joli nouveau "chez monsieur Estèbe le slurpissime" !

Écrit par : Baraou | 29/03/2007

Mmmh, l'osso bucco reste un de mes plats de prédilection. Perso je mélange zestes de citron ET zestes d'orange, et les jours de folie, une pointe de citron vert. Dans tous les cas, c'est bon.
Et si on allait voter pieds nus ?

Écrit par : Ester | 29/03/2007

Je ne connaissais que les osso bucco où le jarret se vautrait dans la sauce tomate... Une version plus fine, sympa!

Écrit par : Mitsuko | 29/03/2007

Bah ?! T'as changé de crèmerie ? La Suiise... le fromage... la crèmerie... humour !... :)

Écrit par : Tit' | 29/03/2007

Ce que j'aime dans l'osso bucco, c'est l'osso - et la, c'est bientot l'heure du dejeuner, il fait faim!
Esperons que cette fois-ci nous n'aurons pas a faire ce genre de plat pour panser les plaies.

Écrit par : gracianne | 29/03/2007

Même impression que toi ce jour-là. Caca!
Pas d''osso pour moi, j'aime pas bucco.

Écrit par : Robert | 29/03/2007

diantre ! vous zin français en exil ! et moi qui croyait que seul des peuples barbares et montagnard pouvait etre si pervertis.....ah vous me rassurez zalez pouvoir remetre tous vos lingots, et vos actions total dans le coffre de la R16 et rentrer au sarkoland (ouverture fin mai 2007)

Écrit par : loulou | 29/03/2007

Nos seuls lingots sont d'exquises légumineuses cachées au fond du placard, chère Loulou. Nos seules actions sont le débouchage compulsif de bouteilles riantes et la cuisson à feu furax de steaks joufflus.
Quant au Sarkoland, on espère encore un interdit préfectoral de dernière minute.

Écrit par : Estebe | 29/03/2007

comme vous etes pouaitique zaujourd'hui.....et qu'avez vous donc de caché dans la Buffet.............

Écrit par : loulou | 29/03/2007

Quel a pu être l'enfant de cochon qui a vidé les urnes de 2002 sur le mammelon scolaire qu'escaladait innocemment M'zelle Sonson?
Maintenant, concentrons nous sur 2007 et imaginons la France de demain. Qu'elle ne soit pas comme certains qui en ont fait leur slogan la voudraient ! SInon, je passe la frontière! J'en ai pour 5 minutes.
Vivement alors un inespéré et bon osso bucco bien moelleux! Madame Olif a pour habitude de mouliner un anchois mariné à l'huile d'olive et au sel avec le persil hâché. Une bouffée d'air marin qui vous fait frissonner la bouche jusqu'aux os!

Écrit par : olif | 29/03/2007

On sent bien qu'il y a comme ça des termes qui font démarrer l'Olif aussi sûrement qu'un bouchon de clavelin.
Le cas échéant, on peut se débrouiller pour négocier votre asile politique. Pour toute la famille (trop ingénieux: l'anchois)!

Écrit par : Estèbe | 30/03/2007

Bonjour Jérôme, vous pouvez aussi mettre du zeste d’orange mélangé à du zeste de citron, de l’ail coupé fin et du persil plat (italien of course) hâché.. c’est le “style” Gremolata….
si je peux vous conseiller un super resto près de Vérone.. Giancarlo Perbellini (www.perbellini.com), ce qui est marrant c’est que vous arrivez par l’autoroute et vous avez l’impression d’aller dans une grand hangar.. mais lorsque vous rentrez a l’intérieur, c’est de la grande cuisine italienne moderne… avec un chariot de dessert de 2 mètres de hauteurs, il est transporté par 3 personnes et offre une trentaine de préparations…. trop slurp !

Écrit par : Gregory | 02/04/2007

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