27/04/2007

Quelques bonnes baffes bachiques: pif sur le goulot!

Hips, les gens

Aujourd'hui, nous voudrions vous entretenir de quelques breuvages dégustés récemment, avec un plaisir mâtiné d'admiration. En d'autres mots, attendez-vous à une grosse douche de jus infernaux.

On commence avec une brève horizontale 2005 de Vincent Dauvissat, vigneron chablisien, aux vins top épatants de race et de pureté. On a mis notre petit pif successivement dans le Chablis Village, le 1er cru La Forest et le Grand Cru Les Preuses. Si les deux cuvées prestigieuses s'avèrent un peu sur la retirette pour l'heure, quoique chargées de promesses jusqu'au ras du goulot, la plus simple des trois se slurpe dans l'allégresse. Avec un bouquet mentholé et minéral surfant sur les fruits blancs et le tilleul. Une bouche à la fois pleine et tendue, précise et gracieuse, qui s'achève sur un long frisson citronné. Tout ça pour le prix d'une place et demi de cinoche chez le marchand

Quelques jours plus tard, encore chancelant, on est allé déguster le millésime 2006 chez Laurent Villard des Parcelles, Anières, Genève, Suisse, dont on avait abondamment causé ici. On va pas vous refaire tout le topo, pour signaler au moins trois grandes réussites du millésime: le toujours très sexy assemblage blanc Convergence, meilleur rapport qualité/prix du Vieux Continent; l'Altesse, qui se profile comme la plus belle réussite maison (pas dispo avant juillet) et le Pinot Noir, juste nickel cette année: simple et pur, fin et spirituel, parfumé et rond, un peu comme l'auteur de ces lignes.

Après ça, on s'est retrouvé à une dégustation thématique autant que tarifée de vins des îles italiennes. Oui, autour de l'Italie, il y a des îles (dans la mer). Et sur certains d'entre elles, on fait du vin. Souvent depuis le big bang. Avec des techniques archaïques ou super technologiques. A des prix modeste ou oufs. Et à partir de mystérieux cépages autochtones parfois. Bref, il y a de tout sur ces îles. Des jus à la typicité décoiffante comme des pinards de concours parkero-compatibles.
Y'avait 18 bouteilles. Retenons un grand blanc, un rouge croquant, un oxydatif en culotte de velours, un oxydatif plus sec qu'un coup de trique, et deux liquoreux de la mort.

Le grand blanc, il vient d'Elbe. C'est le Bianco Superiore Pietramarina 1996 de Benanti, avec son bouquet complexe évoquant une Roussanne du nord et sa fraîcheur carabinée autant que saline. Le cépage? Le caricante. Jamais entendu parlé. Baffe n°1.

Le joli rouge, c'est le Cannonau Lakana (05) de Sardaigne, du grenache donc, tout en rondeur, gourmandise et parfums de fraise, le tout ourlé de plein de tannins coquins. Bing! Baffe n°2.

L'oxydatif tout doux, c'est la Malvasia di Bosa de Mr. Battista Columbu (le vieux sage dans le film Mondovino, ben, c'est lui), qui derrière un nez power évoquant les meilleurs Xéres, cache une bouche digeste et atypique, aux parfums de pomme verte et d'amandes. Paf! Baffe n°3.

L'oxydatif tout sec, c'est le Vernaccia di Oristano Riserva (1986, quand même) de Contini, élevé en fûts de châtaigniers. Un vin sarde et fier, long et riche, singulier et intransigeant, qui laisse imaginer des mariages torrides à table. Pouf! Baffe n°4.

Les liquoreux qui défrisent,  les voilà. Le très bien construit Passito de Ferrantes, né sur la minuscule île de Pantelleria, aux notes de dattes et oranges confites proprement étourdissantes. Et puis le sicilien Vecchio Samperi de De Bartoli, élevé 20 ans selon le système Solera, au nez de raisin de Corinthe et de noix, à la bouche majestueuse quoique délicate. Schbling! Baffes n°5 et 6.
Fin du voyage sur les îles: retour à la maison.

Ciao

 

NB. Ami(e)s français(es), au moment de voter dimanche, rappelez-vous que le Sieur Sarko ne boit que de l'eau. Jamais une goutte de vin. Et qu'un proverbe birman et probablement fondé assure que "président qui ne boit guère/ mène son peuple à la galère". Voyez ce qui vous reste à faire.

 

08:58 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | |

Commentaires

c'est marrant, en Italie aussi ils insistent sur le fait que Sarko ne boit que de l'eau, c'est un gros point négatif! Le slogan italien dit d'ailleurs "qui ne boit que de l'eau vous mène en bateau" (avec comme variante "qui ne boit que de l'eau joue du pipeau").

Écrit par : JvH | 30/04/2007

Parkero-compatible, warf warf. Je vois ça d'ici: le gros rouge bien propre sur lui, glyceriné et vanillé, qui louche sur le 92. Warf

Écrit par : Robert | 30/04/2007

et un tour non négligable du millésime 2006 valaisan, ca te dit? 3 dégustations avec 10 encaveurs par séance... dates et adresse contre enveloppe timbrée... ;-)

Écrit par : dams | 01/05/2007

Moi je vote Estèbe ! Et quand Sarko boira du Dauvissat on verra...

Écrit par : Baraou | 01/05/2007

Je vote Estèbe aussi, surtout s'il trouve un moyen de faire nager ses découvertes jusqu'à ma gorge sèche, si sèche! En attendant, je pleure....
Connaîtrais-tu, mon bon Estèbe, un bon vigneron dans les environs de Genève, pas trop loin de l'autoroute, où nous pourrions nous arrêter un moment dans notre voyage France-Allemagne? Je vous en serais bien gré.... Aux environs de Genoliers serait encore mieux!

Écrit par : renardgourmande | 02/05/2007

Je vais y réfléchir, pauvre Renarde en transit

Écrit par : Estèbe | 02/05/2007

Bravo pour le proverbe Birman...Il me plait beaucoup.

Écrit par : Olivier | 02/05/2007

Comment peut-on faire confiance a un homme qui ne boit que de l'eau?

Écrit par : gracianne | 02/05/2007

Ben, Gracianne, on peut pas.

Écrit par : Estebe | 02/05/2007

Les commentaires sont fermés.