01/05/2007

Ail des ours mon amour (1): les morilles avec une surprise cachée dedans

Youk youk,

L'ail des ours est un cousin sauvage de l'ail tout court, qui pousse librement dans les sous-bois septentrionaux. L'ail des ours s'avère souvent bien utile. On peut se cacher derrière (si on est tout petit). On peut s'éventer avec (si on est malin). On peut aussi utiliser ses longues feuilles pour cuisiner. C'est d'ailleurs là qu'on voulait en venir. Vous noterez, au passage, l'élégante rhétorique de Mr Slurp, qui glisse de la botanique aux fourneaux sans heurt aucun. C'est que l'ail des ours offre une saveur plus printanière et moins rustaude que l'ail tout court, quoique tout aussi entêtante. Voilà donc un vrai pote de la popote.

 

Et comme c'est aussi de saison, voilà des morilles farcies à la ricotta et à l'ail des ours. Entrée subjugante s'il en est, qui provoque d'ordinaire un tsunami salivaire chez les convives.

Chez le riant marchand ou dans la riante campagne, choisissez des morilles moyennes, de la taille d'un bouchon de champagne. Nettoyez-les soigneusement mais délicatement à l'eau claire. Une fois. Deux fois. Trois fois même.

Puis dans une jatte, mélangez deux bonnes grosses louchées de ricotta, quelques feuilles d'ail des ours lavées et finement ciselées, autant de persil plat haché, sel et poivre. Plus une pincée de piment de cayenne, de gigembre en poudre et une discrète tombée de cardamome moulue, manière d'amener un peu de swing à l'affaire.

Là, il vous faut une poche à douille (ou, moins commode, un sac en plastoc percé). Remplissez chaque morille de ricotte, par la queue, en perçant éventuellement un petit trou sur le chapeau du champignon. Sans qu'on sache vraiment pourquoi, quand l'air circule, on farcit mieux. Méditez cela.

Puis disposez les champignons dans une poêle en compagnie d'une grôôôôsse motte de beurre. Salez mollo. Et laissez cuire doucement à couvert, 20 minutes, en les retournant à mi-cuisson.

On sert avec une salade verte. Déguisé en ours, va sans dire.

 

Veuillez agréer, m'sieurs dames, l'expression de mes slurperies distinguées.

Commentaires

au risque de jouer le rabat joie, mais on ne le rappelle jamais assez... si le coeur vous en dit de partir a la cueillette de l'ail des ours, ne vous gourrez pas avec du muguet, c'est très ressemblant et très toxique...

Écrit par : dams | 01/05/2007

Oui!!! Et il faut aussi éviter de confondre avec la colchique d'automne, super toxique itou.
Moi, je l'achète chez mon maraicher, manière de ne pas mourir dans d'atroces souffrances.

Écrit par : Estèbe | 01/05/2007

Vous êtes un sage et vos maximes sont emplies de bon sens. Ainsi il est des circonstances où je laisse toujours la fenêtre ouverte. Et les voisins jettent des pièces !
A part ça, un petit oxydatif léger là-dessus ? Un Aube des Temps des années Michel Puech ?

Écrit par : Patrick | 01/05/2007

Je ne connais pas cet oxydatif-là. Mais connaissant votre culture bachique, je l'adopte sur le champ. Bing!

Écrit par : Estèbe | 01/05/2007

Le coup de la douille pour farcir je garde, je m'embete tourjours...l'ail d'ours, trop entetantn comme tu dis pour moi, je passe...mais le gros pénible tu diras...et oui ma fois ;-)

A+
Claude

Écrit par : Claude-Olivier | 01/05/2007

Mais ton ail est en fleur ! Trop tard pour le manger...
Ici, je crois bien que c'est fini. Il y en avait des champs entiers juste au pied de mon appartement ! Heureusement que j'ai fait des réserves, congelé et en pestos. Miam !

Écrit par : San | 01/05/2007

Tonton Estèbe fait très bon et très fort alors que c'est la fête du travail et qu'il devrait avoir les doigts de pieds en éventail en admirant le Léman.

Écrit par : mamina | 01/05/2007

Pas de trêve syndicale chez les scribouillards helvètes. Le taf, toujours le taf.

Écrit par : Estèbe | 01/05/2007

Le marchand est riant, la campagne est riante. Et puis quoi encore...
Des fois le blog d'Estèbe, c'est vraiment Oui-Oui au pays des Niais. Oui-Oui défoncé aux morilles.

Écrit par : Robert | 01/05/2007

Robert ne comprend pas la poésie de Mr Slurp , quoique je le soupçonne de parler au 3eme degré....Cete recette est tout bonnement magique, je sors de suite me pencher sur les talus à coté de chez moi qui regorgent encore d'ail des ours et pas de muguet !! Merci ! le coup de la poche, ça par contre je suis une habituée!!!

Écrit par : mercotte | 01/05/2007

Pauvres bêtes! Qui est le plus à plaindre: la morille ou les ours? Je ne lirai pas plus loin, ne voulant même pas savoir de quel mélange vous avez fourré vos morilles à l'aide de votre grosse poche à douille!

Écrit par : olif | 01/05/2007

On reste un peu sur sa faim: pourquoi y a pas une photo d'Estèbe déguisé en ours?

Écrit par : chantal33 | 01/05/2007

Je me demandais toujours à quoi rimait ce "Bärlauch" dont les allemands sont si friands. Merci de me mettre sur la carte! Dommage que ça ne fonctionne pas avec les morilles déshydratées, les seules que nous trouvions à Montréal.

Écrit par : renardgourmande | 02/05/2007

Chantal, la photo existe. Mais elle vaut très cher.
Renarde, pourquoi ne pas essayer de rehydrater et de farcir ensuite?

Écrit par : Estèbe | 02/05/2007

Farcir des morilles, pour moi c'est une première ! Bien bon pour un petit dîner, trop long pour une grande tablée (belle maxime !)

Écrit par : Chroniques du Plaisir | 02/05/2007

Sympa comme tout ces friandises fourrées !

Écrit par : Tiuscha | 19/05/2007

J ai trouve une plante qui lui ressemble dans mon coin à morille est ce que la feuille sens l'ail ,??

Par contre je connais un tout petit champignon chapeau rond 1 cm avec un pied frêle brun qui se mange cru et qui a un excellent goût d ail

Denis du 60

Écrit par : Lussaud | 09/03/2014

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