Le lapinou coquet qui se parfumait au laurier et au genièvre

Mes respects

 

 

Voilà une petite mijoterie (l'est pas beau, ce néologisme?), vaguement inspirée d'un plat avalé sans déplaisir, mais sans jubilation majuscule non plus, dans une gargote du Péloponnèse, où des pêcheurs hirsutes et goguenards disputaient une partie de Cluedo en chantant de très vieilles chansons du répertoire.
Il s'agit d'un lapin au genièvre, laurier et oignon frais confits. Recette élémentaire cher Watsonopoulos, qui requière une cocotte en fonte et une heure à perdre; recette dont on admirera, ci-dessus, l'image doucement baignée d'un soleil rasant comme un discours politique.

Chassez un lapin. Ou achetez l'équivalent d'un demi-lapin en morceaux, ce qui économise, mine de rien, pas mal d'efforts, de plombs et de sang dans la cuisine.
Hop! les morceaux filent dorer de toutes parts dans une cocotte et une cuillère d'huile d'olive.
Pendant que l'animal chantonne sur le gaz, pelez, égrainer et détailler menu six tomates mûres (donc méridionales) et tranchez en tronçons de 4,27 cm le blanc d'une botte d'oignons frais.
Quand le rongeur a bonne mine, salez, poivrez, arrosez-le de deux verres de vin blanc, coiffez-le avec les tomates, plus quatre feuilles de laurier et dix baies de genièvre. Ajoutez l'oignon. Couvrez et laissez glouglouter calmos 45 minutes, en zieutant de temps à autre si le jus ne s'est pas fait la belle. Simplet, non?
On sert avec une polenta crémeuse et quelques quartiers de citron, dont les convives pourront tonifier leur lapinou s'ils le désirent. C'est hellénisant. C'est moderne. C'est slurp.

Antio, les gens

PS: En grec, le vin rouge se dit kokino, ce qui se vérifie parfois. Et le vin blanc aspro, ce qui pourrait être un faux-ami mais s'avère souvent un vrai tuyau.

Commentaires

  • Genièvre et laurier comme parfums de Printemps, quelle tendance ! Et que nous réservera l'été comme fragrances ? Basilic, certes, mais encore ? Romarin ?

  • Lapin et genièvre, quel beau mariage ! quant à la demoiselle d'honneur, j'aurais juré de la purée, ta polenta a l'air si moelleuse...

  • oui oui oui, du lapin mijoté comme ça, ça m'intéresse! allez, je vais essayer de trouver un lapin. Au pire, j'trouverai bien un rat (en ville, c'est bien la seule chose vivante encore libre qu'on trouve dans nos mégalopoles), on n'y verra que du feu!

  • oh la genièvre, tu prêches une convaincue, là!!

  • Moi aussi, j'aime bien la genièvre, mas pas celle de Fontenay. Elle a un trop grand chapeau qui a tendance à masquer les rables de ses petits lapins!

    Désolé...

  • Je fais l'impasse sur la polenta mais le lapin coquet fait frétiller mes papilles !

  • Donc, en Grèce, en cas de gueule de bois avérée, ne surtout pas demander un "aspro" au risque d'aggraver la situation...

  • Partante pour les tomates méridionales! !!!!!!!
    Anne

  • Ca y est c'est vendu pour dimanche prochain...Les mamies venant et ma "chère et tendre" seule avec elles. Ce lapin me représentera en beau grec ténébreux tendre et doux sous la langue....

  • Que diable, nos lapinous de garenne se parfument tout seul , il ne reste qu' à charger les cartouches avec des grains de genière et un peu de poudre de laurier, le tout avec une cocotte fonte made in RPC, j'aurai du Rabbit Pas Cher. Ah oui c'est nul à c...... mais bon je vais faire ma crotte loin du Grec.

  • Merci pour la carte postale de la Grèce rustique. Le cluedo, vraiment?

  • Damned, je croyais voir un lapin au genièvre... mais ça a l'air bien bon quand même! On s'en fera sous la pluie de mai pour se souvenir du joli mois d'avril!

  • Et pour le Cluedo, je dis Zorba, par derrière, avec une bouteille d'Ouzo ébréchée!

  • Le lapinou coquet est au fond de mon estomac affamé, après une matinée debout enlacé à ma contrebasse. Un véritable délice que je conseille à tous... Unvrai régal...Merci

  • La contrebasse comme préliminaire au lapinou, voilà qui semble nickel

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