25.05.2007
Vendredis du vin: la Treille Muscate de la Grande Catherine
Coucou,

Les Vendredi du vin, c’est un rendez-vous rituel et virtuel, où les héros de la bloglouglou publient simultanément leurs notes de dégustation sur un thème imposé. Ce mois-ci, le chef du jeu a décidé qu’on devait plancher sur un vin de femme. Et c’est une bonne idée. Un vieux dicton ne dit-il pas «dames de caves dament le cave»?
Oyez donc l’histoire de Catherine Marin-Pestel, jeune Parisienne docteur en littérature, que rien ne prédestinait au sécateur et au pressoir. Un jour, en vacances dans les Corbières, elle décide de ne plus jamais repartir. S'achète six hectares de vielles vignes en coteaux, sur le terroir de Quéribus. Relève les manches et plonge dans l’aventure d’abord viticole, puis vinicole. Comme ça. Un coup de tête. Le domaine est baptisé la Treille Muscate, comme la maison de Colette, et le vin réalisé sans trucage chimique. Nature de chez nature.
Cinq millésimes plus tard, voilà un rouge de carignan et de grenache, à la snifette de cassis et de mûre mûre (oui, la mûre peut-être mûre); à la chair pétaradante de santé, croquante autant que gourmande, fraîche mais rebondie.

Et puis voilà un blanc ébouriffant, «La Vagabonde», assemblage de maccabeu et marsanne élevé en demi-muid, qui se présente sur un intrigant air d’acacia, de noisette et de résine. L’attaque, toute cool et fruitée, laisse présager un jus sage. Et puis voilà que le vin prend brusquement un volume impérieux et incandescent, qui file jusqu’à une finale minérale, vibrante et miellée, laissant la papille cul-par-dessus-tête. Quasi comme le ferait un grand whisky. C’est une architecture atypique, qui pourra défriser le dégustateur en pantoufles. Mais qui laisse envisager des accords formidables à table, avec un vieux gruyère par exemple, ou un mignon de veau aux morilles.
Catherine Marin-Pestel, La Treille Muscate dans les Corbières: qu'on se le dise.
Au revoir, les gens
PS1: Dégusté pépère en trois soirées, le blanc débouché de la grande Catherine n’a pas bougé d’un poil d'un jour à l’autre. Robuste, la bête.
PS2: On a trouvé les deux bouteilles chez notre caviste écolo, Le Passeur de Vin, rue de Zurich, Genève, Suisse occidentale. Et on est content. Glop. Mais rien n’interdit de passer voir la vigneronne à Padern. Elle répond parfois au 0675879307.
09:15 Publié dans Des vins | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
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Commentaires
Carrabeu ? char à boeufs, 6 fois 7 ou maccabeu ?
Ecrit par : Eric Reppert | 25.05.2007
Elle répond parfois dis-tu au n° donné, ben pas avant longtemps! Le sus dit n° Orange m'a bien poliment informé qu'il n'était pas attribué.
Anne
Ecrit par : Cuisine à Chambiers | 25.05.2007
Oups, Eric. Je corrige à la vitesse de l'écalir.
Oups, Anne, je corrige à la vitesse de l'écalir
Ecrit par : Estèbe | 25.05.2007
T'as la Vagabonde qui t'a embué la cafetière, on dirait. Inspirante ta description, mais les vins naturels par les chaleurs qu'on vit... t'es sûr de la propreté de ta snifette?
Ecrit par : Robert | 25.05.2007
La vagabonde me plairait beaucoup, c'est un vin qui a l'aire très aromatique, mais il faudra que je contacte la dame pour savoir où le trouver...
Ecrit par : Tiuscha | 25.05.2007
C'est quoi un dégustateur en pantoufle? j'imagine Balladur avec son verre de bordeaux. on va suivre ta Catherine à la trace
Ecrit par : Sophie13 | 25.05.2007
Voilà une belle découverte, et une très jolie histoire à raconter.
Excellente inspiration, et vive la bloglouglou ! ;-)
Emmanuel
Ecrit par : Emmanuel | 26.05.2007
Si cette dame me dame, autant qu'elle me damne pour que je devienne son cave caviste...Pour reprendre une expression de Bernard Blier :"gazou-Gazou"
Ecrit par : Olivier | 26.05.2007
Bien vu la damnation, Olivier. Robert, les jours d'orage et de grande chaleur, oui, les vins naturels peuvent refouler dru et présenter des finales bien dures. Ces jours-là, il faut boire de la gnole.
Ecrit par : Estèbe | 26.05.2007
J'admire le courage de cette femme et j'espère un jour d'avoir l'occasion de goûter son vin.
Ecrit par : marsha | 26.05.2007
Très joli histoire Estèbe, merci de l'avoir partagé avec nous. Il fait toujours plaisir de découvrir les vigneron(ne)s passionné(e)s.
Ecrit par : Lisa Roskam | 28.05.2007
Bravo Jéjé pour ce choix et ce commentaire. A la place de "snifette" je propose "nez net", le nez net de mûre mûre, pour un murmure de nénette... A bon lecteur vigneron, salut !
Ecrit par : Baraou | 29.05.2007
Moi qui n'aime pas le rosé, ben celui-là, j'ai adoré. Je me réjouis de déguster les autres vins de la dame. Merci pour la découverte !
Ecrit par : San | 11.06.2007
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