31/05/2007

La soussoupe de petits pois et le jeu de l'écossage speed

Coucouloucoucou 

 

Dans certaines familles, l'écossage des petits pois est un moment de communion silencieuse, où tout un chacun besogne en songeant à l'Homme, la Nature, le Tout Puissant et le Président (oui, le nouveau, Fouquet's Gump). Pas chez nous. Because MZelle Sonson et mèzigue transformons l'exercice en un concours de vitesse. Celui qui a le plus de cosses devant lui à la fin de l'épreuve a gagné. Un petit pois par terre fait perdre une vie. On en a quatre. Et vous savez quoi? C'est toujours M'zelle Sonson qui sort victorieuse. Triche-t-elle? Est-ce la jeunesse et la candeur qui donne des ailes à ces doigts? Mystère. En tout cas c'est agaçant.

Voilà donc une soupe de petits pois crémeuse à la sariette, limite couillonne, qui illumine pourtant d'un éclair printanier vos préliminaires culinaires. Pour quatre bols, prévoyez un kilo de cosses. Ecossez à fond la caisse. Dans une casserole, faites fondre quelques lamelles d'oignon frais dans un peu de beurre, ajoutez les petits pois, et couvrez d'un bouillon de légume. Il faut que ça glougoute une dizaine de minutes, jusqu'à ce que le légume soit tendre. Prélevez une louche de petits pois (c'est pour plus tard, pas d'impatience). Puis filtrez et réservez le liquide de cuisson. Mixez les PP (PP signifie petit pois chez les affranchis) en ajoutant peu à peu ladite eau de cuisson jusqu'à obtention d'une texture fluide mais pas aqueuse, dense mais pas patapouf. Retour à la casserole, avec deux cuillères à soupe de crème, du sel, un rien de poivre au moulin, et une bonne tombée de sarriette. Faites dorer des croûtons, ou de minces tranches de pain, dans une poêle, doucement dans du beurre, avec un rien d'ail en poudre.

Répartissez la soussoupe dans quatre bols, ajoutez quelques PP entiers, coiffez de feuilles de moutarde hachées. Ou de menthe fraîche. Et slurpez bien. Car nul ne sait jamais qui te slurpera.

 

Au revoir, les gens

30/05/2007

La bible de la cuisine cochonne

 

 

Rhâââ, les amis

 

On avait déjà loué sur ce blog la plume culino-gaillarde de Blandine Vié, qui est l'auteur de l'indispensable Testicules (ed. de l'Epure, 2006), traité gastronomique sur la bouboule mâle. Ben, la dame a remis le couvert. Nouez vos tabliers sur vos frous-frous: car voilà les Cuisines de l'amour (ed. Agnès Viénot), bouquin de recettes qui s'envisage recto verso, si l'on ose dire, avec une entrée dans un sens pour les lectrices ; et une entrée dans l'autre sens, donc, pour les lecteurs. Vous suivez?

Il s'agit d'un recueil de 335 plats et 54 menus adaptés à toutes les phases du processus amoureux. Du premier contact (ô combien troublant) à la rupture (si souvent déchirante), via le passage à l'acte, la panne sexuelle, le train train ou la folie érotique impromptue. Les plats, dont les intitulés sont d'une coquinerie sans borne (Petite cochonne des bois sautée, Grenouilles à la culbute, Gazon de linguine, etc.), se montrent - à vue de nez - culinairement nickel. Et sont accompagnés de suggestions de vins aux noms tout aussi inspirants, ainsi que de topos joyeusement olé-olé.

Lignac manque de niack? Andrieu trop neuneu? Essayez Blandine la lutine. Et plus jamais vous ne saisirez la queue d'une poêle comme avant.

A bintô

29/05/2007

Quand les cailles font la feta

 

   Mes hommages, chers tous

 

 

La caille est un oiseau aimable, quoique pourvu d’un Q.I. notoirement bas. Du reste, les personnes ainsi interpellées par leur conjoint (Ma grosse caille, tu as encore la migraine?), seraient légitimement en droit de rétorquer d’un violent coup de bec. Ta grosse caille, elle t’emm…


La caille est aussi célèbre pour sa chair tendre et juteuse, à la saveur bien marquée mais délicate. Seul problème, son ossature riquiqui et enquiquinante, qui oblige le consommateur à jouer au mikado avec sa pitance. C’est pourquoi, nous autres, on repart toujours du volailler avec des cailles désossées. On voit d’ici les puristes faire la grimace en pestant (ou l’inverse). Il faudrait qu’ils goûtent nos cailles farcies à la feta, tomates séchées et câpres. Juste pour voir si les os leur manquent.

Comptez une caille par âme à table.

Dans une jatte, touillez assez de feta (tiens, tout a changé ce matin/ je n’y comprends rien/ c’est la fêêêêta) pour farcir les oiseaux. Feta additionnée d’une giclée d’huile d’olive, d’une poignée de câpres (entières si petites ou hachées si grosses) et de tomates séchées émincées. Parfumez de romarin. Assaisonnez.

Ouvrez vos cailles, le ventre en l’air. Salez, poivrez et ajoutez une pincée d’ail en poudre. Puis tartinez la farce. Et refermez comme s’il s’agissait de la couche d’un nouveau-né (les parents savent de quoi on parle, les autres n’ont qu’à improvier, on est tous passé par là), en utilisant un cure-dent pur verrouiller le tout.

 

Le four a été préchauffé à 200°, il accueille gentiment les oiseaux. Pour vingt minutes. On laisse ensuite reposer un quart d’heure, four éteint et porte entrebâillée.
On sert ça en minaudant, avec quelques légumes de saison apprêtés avec sensibilité (n’importe quoi!) et une bouteille d’une grande syrah du sud qui se prend pour une grande syrah du nord. Un rouge racé et profond, mais tonique, vendu à tarif étonnant, qui fera gazou-gazou avec les petits animaux farcis.

Bien le bonsoir, mes cailles

25/05/2007

Vendredis du vin: la Treille Muscate de la Grande Catherine

 

Coucou,

 

 


Les Vendredi du vin, c’est un rendez-vous rituel et virtuel, où les héros de la bloglouglou publient simultanément leurs notes de dégustation sur un thème imposé. Ce mois-ci, le chef du jeu a décidé qu’on devait plancher sur un vin de femme. Et c’est une bonne idée. Un vieux dicton ne dit-il pas «dames de caves dament le cave»?
Oyez donc l’histoire de Catherine Marin-Pestel, jeune Parisienne docteur en littérature, que rien ne prédestinait au sécateur et au pressoir. Un jour, en vacances dans les Corbières, elle décide de ne plus jamais repartir. S'achète six hectares de vielles vignes en coteaux, sur le terroir de Quéribus. Relève les manches et plonge dans l’aventure d’abord viticole, puis vinicole. Comme ça. Un coup de tête. Le domaine est baptisé la Treille Muscate, comme la maison de Colette, et le vin réalisé sans trucage chimique. Nature de chez nature.
Cinq millésimes plus tard, voilà un rouge de carignan et de grenache, à la snifette de cassis et de mûre mûre (oui, la mûre peut-être mûre); à la chair pétaradante de santé, croquante autant que gourmande, fraîche mais rebondie.

 

 

Et puis voilà un blanc ébouriffant, «La Vagabonde», assemblage de maccabeu et marsanne élevé en demi-muid, qui se présente sur un intrigant air d’acacia, de noisette et de résine. L’attaque, toute cool et fruitée, laisse présager un jus sage. Et puis voilà que le vin prend brusquement un volume impérieux et incandescent, qui file jusqu’à une finale minérale, vibrante et miellée, laissant la papille cul-par-dessus-tête. Quasi comme le ferait un grand whisky. C’est une architecture atypique, qui pourra défriser le dégustateur en pantoufles. Mais qui laisse envisager des accords formidables à table, avec un vieux gruyère par exemple, ou un mignon de veau aux morilles.
Catherine Marin-Pestel, La Treille Muscate dans les Corbières: qu'on se le dise.


Au revoir, les gens

 

PS1: Dégusté pépère en trois soirées, le blanc débouché de la grande Catherine n’a pas bougé d’un poil d'un jour à l’autre. Robuste, la bête.


PS2: On a trouvé les deux bouteilles chez notre caviste écolo, Le Passeur de Vin, rue de Zurich, Genève, Suisse occidentale. Et on est content. Glop. Mais rien n’interdit de passer voir la vigneronne à Padern. Elle répond parfois au 0675879307.

 

24/05/2007

Les tartines de tomates, olives et anchois qui scrountchent sous la dent

 

Tchou!

 

Tiens, l’autre jour on était en vadrouille dans le canton de Vaud, M’Zelle Sonson et mézigue. Arrive midi. Et la fringale concomitante. On avise une riante auberge de village sur le flanc du Jura. Et on s’installe en terrasse, pépères comme des papes.

Et alors? Alors, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas boulotté un plat du jour à ce point berk. Un steak gris et coriace. Des frites molles et huileuses. Des légumes avachis qui sentaient la ferraille. Une sauce sans nom, qui nous est restée six ans sur l’estomac. Le tout arrosé d’un rouge local, maigre et puant. «Et en plus, c’est même pas bio», a conclu M’Zelle Sonson, à qui on ne l’a fait pas.
On aurait pu sangloter sur les cinquante balles jetés dans la poche d’aubergistes peu scrupuleux. Et sur cette occasion ratée d’ingérer quelque chose de voluptueux.
On a haussé les épaules, grand seigneur, avant d’aller préparer des tartines à la tomate, basilic, olives noires et anchois.
Tartines inspirées des mirobolantes bruschettas que l’on mange parfois dans les cantines italiennes, qui ne se fichent pas de la bobine du voyageur affamé, en piétinant les droits du gourmet.


Pelez, épépinez et hachez quatre grosses tomates mûres. Hachez un demi-bouquet de basilic et une poignée d’olives noires.
Ajoutez six filets d’anchois émincés mini, préalablement rincés et essorés. Deux bonnes cuillères d’huile d’olive, sel, poivre et basta.
On fait griller de pain de campagne. On tartine.


Et on croque avec (rayez la mention inutile)
- l’apéro
- une salade verte vinaigrée avec loyauté
- la cousine Lucie qui est bigote
- d’autres antipasti (çui-là, çui-ci, par exemple),
- de belles tranches de jambon cru
- le concierge qui fait de l’escrime
- un carignan d'un naturel désarmant
- une solennité exagérée

Bye

22/05/2007

Gédéon à l’école des fanes (de radis en beurre)

Gédéon et Rosie font un beurre de fanes de radis. Pièce potagère en un acte minuscule

- Mais Gédéon, que faites-vous?
- Ben, vous voyez Rosie, je donne les fanes de radis aux cochons d’Inde.
- Tss, tss… C’est vous le cochon d’Inde, Gédéon. Les fanes sont comestibles par nous autres humains.
- Mais Rosie…
- Allez, remuez-vous Gédéon. Sortez le beurre du frigo. Prélevez une grosse motte et faites-la fondre quelques minutes au four, jusqu’à ce qu’elle soit aussi molle que votre cervelle
- Rosie, ce que vous pouvez être blessante
- Ne discutez pas. Prenez la moitié des fanes et pochez-les deux minutes dans l’eau frémissante salée.
- Comme ça?
- Ben oui, comme ça. C’est pas sorcier quand même. Essorez les fanes. Allez hop, attrapez le mixer, là-haut sur l’étagère.
- Hi, hi. Bas les pattes, Rosie. Vous profitez de la situation…
- Mixez-moi ces fanes avec le beurre, salez à la fleur de sel et ajoutez une bonne pincée de piment d’Espelette. Goûtez!
- Euh… c'est végétal
- Encore heureux; mmmh… c'est tiède, parfait. Mais ça manque de sel. Faut pas être timide Gédéon.
- Et je fais quoi, moi, maintenant avec mon beurre de fanes?
- Vous voulez vraiment que je vous dise quoi en faire? Vous trempez vos radis dedans, pardi!!!
- Bon d’accord. Et je donne les radis aux cochons d’Inde?


Rideau.

21/05/2007

L'angoisse de la carafe douteuse et la plaquette pour dentier

Bonjour les coquelets,


Nu ne l'ignore, la génération montante de la viticulture européenne se pique de vin naturel. Et qui dit vin naturel, dit carafage intensif. Car, voyez-vous, ces breuvages sains et libres, au débouchage, ben, ils empestent bien souvent le vieux fennec ballonné. Il faut les oxygéner à mort. Les transvaser dans une carafe. Et shaker la dite carafe comme une maraca, en dansant et en hululant autour de la table. Au bout d'un petit moment (disons entre 15 minutes et trois jours) le remugle s'estompe. Et le fruit, tout chou tout doux, apparaît. Coucou, le fruit.

Le problème, c'est surtout le nettoyage de cette carafe utilisée intensivement. La carafe qui a un cou de girafe. Long et étroit. A moins d'avoir les pognes élastiques de Plastikman, impossible d'aller récurer là-bas au fond. D'où des carafes limite craspeks et donc démoralisantes.

Bon, il existe des petites boules de métal spécialement adaptées à la situation, hors de prix en magasin spécialisé, qui sont censées faire briller le fond. Mouais… Nous, notre truc magique, c'est les tablettes pour nettoyer les dentiers. Oui, oui. Pour avoir une carafe aussi étincelante que le râtelier de Mamie Gertrude, on laisse quatre tablettes agir une nuit. C'est bleu, ça mousse, c'est pop.
Voilà, c'était le conseil domestique du jour.

 A plou tard


PS: Les fidèles de ce blog connaissent bien la figure rassurante et réccurente du moustachu, le boucher de la tribu Slurp. Scoop: le moustachu a ouvert un blog. Oui! Un blog plein de mots d'argot de la boucherie, de photos de vaches nues et de trucs sur la découpe de la viande. Essentiel.

 

17/05/2007

Le rouget rieur et son cortège printanier

Mesdames, Messieurs,

Certains pourront voir dans le rouget utilisé pour cette recette un clin d’œil appuyé au nom du compositeur de la Marseillaise, et par là même une manière d’attirer la bienveillance du nouveau PDG de la France. Point du tout. Car notre Rouget n'était pas de L’Isle, mais Barbet de Roche. Ce qui est chic aussi, remarquez. Il n'avait pas écrit de tube patriotique, mais chantait la grandeur de l'Océan libre et bleu.

 

Bref voilà des filets de rougets et leur beurre citronné, flanqués de fèves et carciofi; recette joyeuse et quasi acalorique (keske 300 grammes de beurre aujourd'hui?), réalisable en trois jours chrono à la sortie du boulot.

 

- Ecossez, dérobez et faites blanchir les fèves deux minutes dans de l'eau salée. Réservez.

 - Préparez les carciofi comme indiqué ici, puis cuisez-les à l'eau frémissante et citronnée moins d'une dizaine de minutes, jusqu'à ce qu'une pointe de couteau transperce le cœur des artichauts sans peine. Niark!

- Pour le beurre: faites fondre quelques rondelles d'oignon nouveau dans une grosse motte. Quand le beurre mousse gentiment, ajoutez le jus d'un citron, un demi-déci de blanc sec. Salez, poivrez et laissez réduire un poil, à feu calmos.

- Les rougets, enfin, méritent une cuisson brève, sous peine de sécher comme un cancre devant son pupitre le jour du bac. Le grand Girardet, radical et génial, préconisait la minute en tout et pour tout. On n'a pas osé jouer la crudité. On les a saisis moins de trois minutes côté peau et trente secondes côté chair, dans un petit mix beurre/huile d'olive. 
 
- Entre-temps, il faut réchauffer carciofi et fèves dans un doigt d'huile d'olive.
Puis arroser avec délicatesse les filets avec le beurre citronné. Et disposer les légumes autour, avec un peu de persil plat, dans une savante déconstruction postmoderne.

Avec ça, il s'agit de déboucher un blanc sudiste de caractère, charnu mais vif. La Gersoise Fleur de Thézan de Floréal Roméro, avec ses affolants parfums de pain d'épice et de pamplemousse, paraît être le pinard de la situation. Parfaitement

Et la tablée, grave mais radieuse, d'entonner: A nos barbets de la patriiiiie/le jour du slurp est arrivé

 

Bizzzz

 

PS: Une cagade à signaler pour finir. Nous, gros crétins à poil ras qu'on est, on a arrosé les filets côté peau. Pour faire joli. Ce qui est totalement estupido. Car le beurre stagne, et ne pénètre pas les chairs. Oubliez donc la photo et humectez le poisson côté chair. Ce n'est peut-être qu'un détail pour vous. Mais pour nous ça veut dire atchment beaucoup.

15/05/2007

Les bouboules paprikées et flambées à la vodka du glacier

 

Bien le bonjour,

 

 

Certains pourront voir dans le paprika utilisé pour cette recette un clin d’œil appuyé aux origines hongroises du nouveau PDG des Français, et par là même une manière d’attirer sa bienveillance. Point du tout. En fait, l’idée de ce plat vient d’une bouteille de Vodka suisse (distilled whith pure glacier water). Une fiole rouge reçue en promo un jour par la poste, qui prenait depuis des mois la poussière sur une étagère. Et soudain, alors qu’on la dévisageait bêtement, un souvenir s’imposa. Plouf!  Naguère à Genève, un resto spécialisé dans le steak tartare proposait à sa clientèle une version flambée à la vodka. Flambage réalisé à votre table, par un fier cosaque, pourvu par la nature d’une grosse paire de moustaches.
Et comme de la jolie viande hachée bio dormait au frigo. Comme un bouquet d’ail des ours et de persil plat tout frais barbotaient dans un verre d’eau, juste au-dessus du dit frigo, on a imaginé, dans un élan créatif colossal, ces boulettes pistachées, herbacées et paprikées, flambées à la vodka.
Dans une jatte, touillez 250 grammes de viande hachée (pour dix boulettes), trois brins de persil plat et deux feuilles d’ail des ours lavées et hachées, une poignée de pistaches, une cuillère à soupe de vodka, une cuillère à soupe d’huile d’olive, une généreuse tombée de paprika, de la fleur de sel, du sel fin et du poivre noir au moulin.
Goûtez. Il faut que brûle un brin le bec.
Puis en imprimant un mouvement giratoire et volontaire à votre main droite, moulez entre deux vos paumes propres, des boulettes de la taille d’une roubignole de jeune chihuahua. Hop, à la poêle, quatre ou cinq minutes, jusqu’à ce que les bouboules aient bonne mine.

Il s’agit alors d’arroser tout ça d’une grosse giclée de vodka (distilled whith pure glacier water). De saisir la poêle dans sa main gauche. Et de passer dans la salle à manger avec un briquet dans la main droite. Hu, hu, hu: regardez les potes! Et fshshshshshsh.
Flamme énooorme. Plafond cramé. Logeur exaspéré. Famille virée.
Oups: on a fait une boulette

Big Bisous

PS: Avec ça, il nous faut un cru ensoleillé, au fruité mûr, entêtant, singulier et decomplexé. Pourquoi pas un assemblage counoise et aubun, produit sur le terroir des Costières de Nîmes? Hein? Voilà deux cépages qui ne courent pas le vignoble. Un tandem de plants d'antan, ratatatinés par la modernité (même si la counoise vivote à Châteauneuf), dont le Domaine de la Combe de la Belle cultive des pieds quadragénaires. Et le vin? Epatant. Avec des notes de canelle, de moka, mûre et beurre. Et une bouche plantureuse mais élancée, enveloppante, suave mais pas rustaude, ourlée de tannins titillants. Un vin étonnant, oui Madame!

14/05/2007

La Buvette: le petit rouge qui t'éblouis sans te ruiner

Guili guili,

 

A Paris, dans le dixième arrondissement, à un jet de salive (ou de pavé) du QG de campagne de N le Nanti, il y a la maison Ronalba, qu’est bourrée de fromages de la mort et de bons pinards. C’est là qu’on a rencontré «La Buvette» la première fois. On en est encore tout chose.
La Buvette, c’est le nom d’un rouge de soif et de jubilation, sain et loyal, au nez de cerise et à la bouche follement friande, qui se siffle par hectolitres autour du barbecue en racontant des blagues lestes.
La Buvette, c’est le vin d’entrée de gamme de la Coopérative d'Embres et Castelmaure (04 68 45 91 83) dans les Corbières, acoquinée avec les indiscutables Tardieu et Laurent, qui a bien d’autres cordes à son arc (dans un genre un poil plus structuré "La Chapelle" et "La Pompadour" se posent là).
La Buvette, c’est enfin le meilleur rapport éclate/investissement de l’hémisphère Nord. Moins de 4 euros en France; 7, 90 fr. à la Cité des Vins. Oui, t’as bien lu. Mets ta vareuse et fonce. Il reste quelques bouteilles.

 


 

Bye

PS: Et comme vous êtes top chou, rien que pour vous, une version grunge de Tata Yoyo, interprétée par les Nirvanie Cordy. Distrayant.

11/05/2007

Noir et blanc de mozzarelle et d'aubergine à la sicilienne

Mes amitiés, chers gourmets connectés

 

 

L’autre jour, on dînait pépère au Café Métropole, Genève, Suisse, Alpes du Nord, Vieux Continent, quand on s’est exclamé en VO et dans notre for intérieur: «Waou, cooooool entrée, trop stylée!». Entrée dont on a illico piqué le principe, pour la reproduire à la casa avec tout le brio, l’agilité et la modestie dont on est capable. Voilà donc les tronçons de mozzarella à l’huile d’olive infusée au basilic, sur lit d’aubergines confites au balsamique. Aubergines, soit dit en passant, et sans vouloir plomber l’intitulé déjà pompeux de la chose, cuisinées à la sicilienne, façon caponata même, avec des câpres et des pignons rôtis.


1/Pour l’huile aromatisée. Toujours la même histoire. Deux décis d’huile d’olive dans une casserole, avec trois feuilles de basilic et six baies de poivre noir. On porte à ébullition tout doux tout doux cinq minutes. On vire du feu. On laisse refroidir. Toucon.


2/Pour l’aubergine. Il s’agit de tailler des cubes archiréguliers, de 2, 134 cm de côté. Avec la peau, sîouplait. Tout ça va s’attendrir à la poêle, dans une cuillère à soupe d’huile d’olive, avec une parcimonieuse tombée de sucre en poudre, sel et poivre. Au bout d’un petit quart d’heure (ou plus, ou moins), quand l’aubergine a bien confit, que sa chair s’est opacifiée, mais sans virer à la papette, on arrose d’une cuillère de balsamique et on shake bien la poêle, en roulant des yeux de dément, jusqu’à ce que le légume offre une robe noire uniforme.
Entre-temps, il faut faire bronzer une poignée de pignons, à la poêle sans matière grasse, qu’on ajoute aux aubergines, avec dix sept câpres triées sur le volet.

 


3/ Finitions. La mozzarelle (de bufflonne, de la vraie, onctueuse et troublante, pas un morceau de plastoc à prix bisou venue de la supérette du coin) est tranchée en tronçons de 2, 13 cm d’épaisseur. Tronçons que l’on dépose sur les aubergines. Que l’on arrose avec l’huile aromatisée. Que l’on saupoudre avec vigueur de fleur de sel, poivre au moulin, et d’un rien de basilic haché.
Voilà le topo, quoi.

 

Et quand ce plat surgit , la tablée rit.

A bientôt. Et vivement bientôt.

 

PS. Vous avez vu? Pas un mot sur Joe Dalton. C'était dur. Mais on a tenu le coup. Trop fort. 

10/05/2007

Homard m’a tué (avec sa crème aux petits légumes croquants)

Bonjour, les gens

 

 

Promis. Juré. Craché. On ne causera plus politique sur ce blog. Plus un mot sur la Joconde du Poitou, ni sur Nic la Gachette. On revient en cuisine. On renoue le tablier autour de nos hanches fines mais musclées. On sort les marmites et les poêlons, en oubliant ces satanés 47%. Pour quoi faire? Ben, un plat hors de prix, qui nous a gentiment grignotés la moitié de l’héritage de Tante Hortense. Heureusement que Billy the Kid va abolir les droits de successions.
Bref. Comme vous l’avez sans doute remarqué, le luxe tapageur et un rien vulgos est à la mode ces temps-ci, et comme le yacht de notre pote à Malte était occupé, ben, on s’est dit qu’on allait manger du homard. Sacrée affaire. Car, c’est de notoriété culinaire publique, le homard se poche vivant. Estourbi longtemps au préalable, l’animal perd sa jutosité et sa délicatesse. Voilà d’ailleurs la raison qui nous a si longtemps retenus d'investir dans le phénomène. Devoir mettre à mort une bestiole au look préhistorique, qui nous lance des regards furax en agitant ses énormes pinces sarkoziennes, ça donne envie de pâtes à la tomate. Mais bon, pour des homards au court-bouillon et leur crème aux légumes croquants, on a relevé les manches et ravalé nos terreurs enfantines.

 

A vrai dire, le cauchemar a démarré au magasin. «J’ai la phobie des homards», gémit le jeune employé de la poissonnerie, total paniqué, alors qu’un gros crustacé vindicatif s’attaque à son éprouvette à grand coup de pinces. L’eau éclabousse la clientèle. Le pauvre garçon manque de tomber dans l’aquarium. Mais finit quand même, blanc comme un linge, à caser deux monstres dans un sac. L’addition? Indécente. Le prix d’une île flottante au Fouquet’s.
Rentré à la maison, il a fallu expédier le tandem hargneux dans le bas du frigo, sur un torchon humide. Sueur et effroi. Gigotez mes cocos, on verra bien tout à l’heure. Ouf.

 

1/Pour la crème. Pelez et détaillez en brunoise un poivron rouge et deux brins de céleri branche. Faites fondre doucement dans un peu de beurre. Sel, poivre. Quand les chairs s’abandonnent tout en restant fermes. Virez les légumes. Dans la même poêle, on fera chauffer doucement deux décis de crème, relevé de sel, poivre et d’une pincée de piment doux fumé espagnol (qu’on aime beaucoup pour son goût mais surtout pour sa boîte pop), crème qu’on émulsionnera, avant le service, avec la machine à vroumvroum, avant d’y réintégrer les légumes.

 


2/Pour le court-bouillon. Remplissez au trois-quarts d’eau un récipient assez grand pour contenir les homards. Ou dégainez deux grosses marmites. Ou trois. Salez généreusement, poivrez, ajoutez deux échalotes entières mais pelées, deux carottes en morceaux, plus un bouquet garni fait maison: du thym, un clou de girofle, un brin de céleri branche, du persil, le tout ficelé entre deux feuilles de poireau. On fait glouglouter gentiment, à couvert, son court-bouillon un petit moment. Avant le moment fatidique.


3/La cuisson. Une recette normale vous dirait un truc de ce genre: «plongez les homards vivants dans le court-bouillon pour 9 minutes.» Hi, hi. Pas si simple. Vous et moi, au moment de plonger, réunissons nos deux mains devant le nez. Et plouf, Simone. Le homard, créature sans jugeote et peu aimable, fait le contraire. Il écarte les pinces, façon Jésus sur la Croix. Affolé par ce manque de coopération, on a dû appeler à la rescousse une des convives, vétérinaire dans le civil (toujours utile une véto à table), qui s’est emparé des bestioles remuantes avec maîtrise et sang-froid. Merci Madame. Neuf minutes donc, à petits bouillonnements. Ils se calment assez vite.


4/Le décorticage. Epouvantable. «C’est comme les gambas», avait assuré le poissonnier. Oui mais des gambas mutantes en titane. On s’y est mis à trois, avec un grand couteau, des ciseaux à volaille, un petit marteau, un grand marteau, un casse-noix, des jurons et tout et tout. Du genre les Rapetous sur un coffre-fort. Au final, notre plat de service ressemblait à Stalingrad après la bataille. Voire au PS au soir du deuxième tour.

 

Mais, vous savez quoi? C’était monstrueusement slurp. Fin, juteux et spirituel. Oui, tout ça.
Le jour suivant, on a mangé du surimi.

Adios, les aminches

 

PS: Avec ça, on s'est siffloté un Vouvray effervescent de chez Foreau, vin complexe et tintinnabulant, qui doit donner des boutons à la moitié de la Champagne.

07/05/2007

Faire la popote en Sarkoland

Coucou,

 

 

 


Amis de la blogomiam française, désolé d'avoir à vous le glisser dans l'oreille, mais il va falloir songer à redimensionner velu le spectre de vos recettes.
Adieu tajines et couscous, tandoori et guacamole. Seuls quelques plats de la communauté européenne seront désormais admis par le Ministère du miam national, tout comme ceux des pays amis (hamburger, cheeseburger, baconburger, etc.).
Chacun de vos billets devra se terminer par une citation du Général (ou de Jean Jaurés le dimanche) et démarrer par un vers de la Marseillaise ou de Johnny.
Chacun de vos billets devra être également rédigé dans le respect de l'autorité, du travail et de la hiérarchie. Les dosages devront donc être exacts, les ingrédients tricolores et transgéniques.
Côté pinards, finies les escapades aussi. Uniques exceptions: les vins californiens, bénis par Schwarzie, et italiens du nord aussi, à la condition qu'ils soient issus des millésimes compris entre 2001 et 2006 (ou années Silvio).

Naguère, on écoutait Radio Londres à la veillée, les volets clos et les lumières éteintes. On ira désormais consulter les blogs culinaires suisses, canadiens et belges, à la lueur de la bougie, la main tremblante et le front ruisselant d'excitation anxieuse.

Bon appétit!

PS: Hi, hi, tout ça c'était pour rire.
Enfin,  peut-être.

04/05/2007

Le lapinou coquet qui se parfumait au laurier et au genièvre

Mes respects

 

 

Voilà une petite mijoterie (l'est pas beau, ce néologisme?), vaguement inspirée d'un plat avalé sans déplaisir, mais sans jubilation majuscule non plus, dans une gargote du Péloponnèse, où des pêcheurs hirsutes et goguenards disputaient une partie de Cluedo en chantant de très vieilles chansons du répertoire.
Il s'agit d'un lapin au genièvre, laurier et oignon frais confits. Recette élémentaire cher Watsonopoulos, qui requière une cocotte en fonte et une heure à perdre; recette dont on admirera, ci-dessus, l'image doucement baignée d'un soleil rasant comme un discours politique.

Chassez un lapin. Ou achetez l'équivalent d'un demi-lapin en morceaux, ce qui économise, mine de rien, pas mal d'efforts, de plombs et de sang dans la cuisine.
Hop! les morceaux filent dorer de toutes parts dans une cocotte et une cuillère d'huile d'olive.
Pendant que l'animal chantonne sur le gaz, pelez, égrainer et détailler menu six tomates mûres (donc méridionales) et tranchez en tronçons de 4,27 cm le blanc d'une botte d'oignons frais.
Quand le rongeur a bonne mine, salez, poivrez, arrosez-le de deux verres de vin blanc, coiffez-le avec les tomates, plus quatre feuilles de laurier et dix baies de genièvre. Ajoutez l'oignon. Couvrez et laissez glouglouter calmos 45 minutes, en zieutant de temps à autre si le jus ne s'est pas fait la belle. Simplet, non?
On sert avec une polenta crémeuse et quelques quartiers de citron, dont les convives pourront tonifier leur lapinou s'ils le désirent. C'est hellénisant. C'est moderne. C'est slurp.

Antio, les gens

PS: En grec, le vin rouge se dit kokino, ce qui se vérifie parfois. Et le vin blanc aspro, ce qui pourrait être un faux-ami mais s'avère souvent un vrai tuyau.

03/05/2007

Nouveau et décapant: la canette de vin de table français

Bonjour, les ami(e)s œnophiles,

 

Sous nos latitudes, on se prend dru le chou avec le goût de bouchon.  Comment s'en débarrasser à tout jamais? Comment retrouver le vrai goût du vin? Et question subsidiaire: comment rendre sexy le divin breuvage auprès de notre jeunesse?
Ben, voilà.
Tesco, qui est une multinationale britannique, a trouvé cette solution. C'est joli. C'est commode. C'est écologique et alléchant. Mmmmm... il doit être giga slurp ce french wine table, surtout servi at room temperature.

 

A quand du Bourgogne à la pression et du champagne en bidon?

 

L'époque est bath et l'avenir rigole

Adios!

 

NB: Sans vouloir insister méchamment, mais en votant pour le méchant nain, et connaissant sa fascination pour le monde anglo-saxon, voilà peut-être le genre d'innovation qui nous pend au goulot.