St Pierre, priez pour nous (avec votre confit d'échalotes et votre beurre de tomate)

Salud!

On aurait pu démarrer avec une formule genre «St Pierre, le poisson qui vous ouvre les portes du paradis gastronomique». Et s’enfiler dans une cascade de métaphores papistes plus ou moins foireuses. Ben non. Notre divinité bienveillante à nous, c’est Fredy Girardet; et notre bréviaire ses recueils de recettes. Recueils où l’on a grappillé et dégraissé ces filets de St Pierre sur confit d’échalotes et leur beurre de tomates picotant. Un plat proprement slurpique, easy à tambouiller et, mine de rien, gentiment singulier à la papille.

 

1/Pour le confit: Hachez trois échalotes par gulu à nourrir. Couvrez-les d’un bon vin rouge, avec une petite giclée de vinaigre. Laissez mijoter une demi-heure, le temps que les échalotes absorbent le pinard. Remouillez d’eau, salez, poivrez, ajoutez une cuillère à soupe de miel et onze raisins de Corinthe émincés. Laissez glouglouter tranquilou une demi-heure de plus, jusqu’à ce que les échalotes se montrent d’une tendresse folle. Rectifiez d’un trait de vinaigre s’il le faut. Il faut que la compotée titille grave le gosier.

2/Pour le beurre de tomates. Prenez une bonne grosse cœur de bœuf (ou deux selon le nombre de gulus à nourrir), ou autre variété drue, coupez en morceaux (en laissant peau et pépins), mixez, filtrez à la passoire pour virer l’eau. Réservez. Avant de servir, il s’agira de réchauffer le coulis en y intégrant, d’un coup de fouet mâle autant que giratoire, une motte de beurre. On sale, on poivre et on pimente velu.

3/Pour parachever cette fresque culino-marine. Assaisonnez puis saisissez les filets de St Pierre trois minutes à la poêle, dans un peu d’huile d’olive. Installez-les dans des assiettes chaudes, sur un mamelon de confit d’échalotes, et à côté d’une généreuse virgule de beurre de tomate.

 

 


Sur TF1, on conclurait tout ça d’un «elle est pas belle la vie?». Mais on n’est pas sur TF1. Alors, on se la coince. Voyez-vous, parfois le silence vaut mieux que le bla-bla couillon. Amen.

A plou tard

Commentaires

  • Pépère le saint pierre...et une bonne topette de jaja pour arroser tout ca? une jolie petite arvine barrique de chez Darioli, martigny valais, centre du monde.

  • Heureusement que Téeffun n'a pas le monopole de la vie belle! Mais je suis d'accord, en engloutissant Saint-Pierre, coinçons-nous la et prions! Et chantons intérieurement:
    "Viens, viens, c'est une prière,
    Viens, viens, manger du Saint-Pierre"

    Mais pourquoi donc ai-je cette ritournelle dans la tête ?

  • Pauv' Olif: Ya des airs comme ça, des emmerdeurs qui s'incrustent.
    Dams (fraîchement lié sur ce blog, bienvenu!), oui, l'arvine de Darioli, probablement la meilleure du cosmos, ferait des étincelles.

  • yep... je n'avais point vu mon entrée dans la blogomiam... merci beaucoup ( en un mot)... Une canette de bière pour fête l'entrée dans les liens slurp ???

  • Un silence d'église, ou serais-tu un poil anticlérical ? J'aime bien le beurre de tomate qui picote, qui picote...

  • Hou, ya Tiuscha qui nous a démasqué.

  • Tu bouffes du curé... moi, je préfère manger (le) Saint Pierre!

  • Le coup de poignet mâle et giratoire m'évoque une activité assourdissante.

  • Question : avec 4 gulus, comment je leur répartiis les onze raisins????
    Saint-émilion peut il s'inviter à la table de Saint-Pierrre???Deuxième question...Trop de questions, je vais dormir

  • Puisqu'il faut éviter le bla-bla couillon, je me contenterai d'admirer en silence.

  • Si Téeffun avait des Graciannes en guise de présentatrices, on ne décollerait jamais de devant la lucarne.

  • Héhéhé ! Excellent ! Le titre suffit et dit tout !

  • Je découvre ton blog et là, pour une découverte!! je reviendrai! Mais d'abord, le confit d'échalotes, le beurre de tomates... je cours chez le poissonnier!

  • tout ce que j'aime !
    bravo...

  • Saint Gulier cette recette. Un peu d'acidité va bien à ce poisson, très bien vu!

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