Les pétales de cabillaud alanguis sur leur matelas de lentilles

Salut les copines

 

 

On aurait pu appeler ça «Verrines de pétales de cabillaud à l’aneth et lentilles vertes, avec leur crème au citron confit et wasabi». C’est précis. C’est classe. Mais ça manque un peu de mystère.
On aurait pu appeler ça «Noir et blanc terre-mer à l’émulsion exotique». Evocateur, mais un poil flou et urf. Ton émulsion exotique, tu peux te la…
On aurait pu appeler ça «Poisson et lentilles dans un verre à whisky avec une crème qui pique par-dessus.» Sympa, popu, leste, mais un rien dénigrant pour un plat qui a exigé six heures de gamberge intense.
On aurait pu appeler ça «fusée de morue fraîche et petites vertes du cru sous sa coiffe crémeuse». Drôle et cosmique. Mais on capte pas vraiment le rapport entre le cabillaud et Tintin sur la lune.
Bref, débrouillez-vous.
Pour réaliser trois verres de ce machin, il vous faut dans le cabas :
- un filet dodu de cabillaud de 250 gr
- du wasabi
- un rien de gingembre frais
- un bouquet d’aneth (et non pas d’Annette)
- de la crème épaisse et de la crème liquide
- deux citrons confits
- 130 gr de lentilles vertes, pourquoi pas celles de Sauverny
- une carotte, oui une seule, c’est ridicule, mais c’est comme ça
- un CAP de plombier zingueur
- de l’oignon frais, de l’ail, du tonus
- une bonne demi-heure devant vous


Pour les lentilles. Rincez-les à l’eau claire, expédiez une vingtaine de minutes dans une casserole pleine d’eau frémissante, avec deux gousses d’ail entières, deux échalotes entières, la carotte taillée en mini dés et deux clous de girofle. Une fois les lentilles cuites, mais croquantes, virez l’ail, l’oignon et les clous de girofle (si vous y arrivez). Gardez un déci de l’eau de cuisson. Dans la même casserole, faites fondre quelques rondelles d’oignon frais dans un peu de beurre, ajoutez les lentilles, deux cuillères de crème liquide et un peu d’eau de cuisson. Assaisonnez avec véhémence. Gardez au chaud.

 

Pour la crème. Hachez deux citrons confits et l’équivalent d’une cuillère à café de gingembre, mélanger à deux cuillères à soupe de crème épaisse et un poil de wasabi (poil de wasabi? Oui, poil de wasabi), salez, et battez à la petite cuillère avec l’énergie d’un ministre sazkoziste partant au front. Goûtez. Faut que ça picote gentiment.

 

Pour le cabillaud. Dans le panier vapeur, disposez amoureusement le filet sur un lit d’aneth. Faire cuire à la vapeur pépère une dizaine de minutes, jusqu’à ce que les corolles du poisson s’écarquillent. Effilochez doucement, en veillant à ne pas me briser les pétales. Salez à la fleur de sel, poivrez mollo, et citronnez prudemment.

 

Acte final. Remplissez la moitié d’une verrine, ou d’un verre, ou d’un gobelet en plastic, ou d’une chope de bière, ou d’un godet à dent, ou d’une flûte en cristal, euh… remplissez à moitié de lentilles. Puis ajoutez le cabillaud. Puis la crème préalablement travaillée avec deux petites cuillères façon quenelle. Coiffez d’un rien d’aneth ciselé.

Et servez en chantonnant, pourquoi pas, d'une voix mâle et mélodieuse un vieux hit de Julio Essuie-Glaces.
«Et tou non plou tou na pas changé…» 

 

 

 

 

A bientôt. Et vivement bientôt.

Commentaires

  • Je ferais bien main basse sur ces pétlales alanguis (ce mot n'est-il pas au masculin?) , ou tout autre titre à ton idée. Classe ou sans mystère de toute façon, j'adopte.

  • Arghh... oui, un pétale. On fait la faute depuis la meternelle. C'est corrigé.

  • Facile et top classe, top slurp Mr Estèbe !

  • "Pétauds de cabillal à l'anguille sur leur mantille de galetas" aurais-je dis. C'est la petite forme ce matin, non?

  • Mon cher Estèbe, vous avez bien fait de choisir ce titre, car les autres n'auraient pas convenu. Où est la verrine ? Ce sont des verres, les verrines doivent avoir un petit zigouigoui (ne vous fatiguez pas, je sais "comme moi"). Où est l'émulsion sans corps gras (oui, oui, OK, comme moi !). Quant à la fusée, ça évoquait un peu la dragée Fuca. Votre titre est donc idoine, quoique... Quoique ... pétale fût masculin. Remarquez que si vous aviez utilisé de la dorade, le bénéfice du doute eût pu bénéficier à l'à-peu-près contrepétresque.

  • Quand les deux Pats mettent la patte, on s'épate

  • Manger dans des verres, je veux bien. Mais faut-il boire dans des assiettes?

  • Qu'importe le nom du flacon pourvu qu'on ait l'ivresse !
    Garçon, 1 Gin To s'iou plait !

  • Qui a piqué le "Salut les copains" ?

  • Waaaaaaaah ! J'adopte illico ! Les lentilles, j'adore, et le wasabi, c'est un vieux copain. Reste à partir à la cueillette aux pétales, et je pourrais me lancer. Ma gourmandise te remercie d'avance ;)

  • Che ne suis pas t'accord sur l'accord. En Alsace, on tis pien une pétale.

  • Olif, wouarf!!!! Che sui morte te rir! Au Québec on a tendance à tout féminiser, alors je ne m'interpose pas dans cette guéguerre grammaticale. Estèbe, voilà une recette que je me verrais faire. Le wasabi m'inquiète un peu, mais je peux toujours redoser. Pourquoi vous dîtes cabillaud quand il est mou et morue quand elle est sèche? En plus elle change de sexe......

  • Yeap! On n'avait jamais pensé à cet élégant distingo entre morue et cabillaud. Bravo la Renarde. Si le wasabi vous défrise, essayez donc le raifort, ça rend fort.

  • le truc sur ce blog, C que tout le monde déconne, surtout l'auteur, et on en finit par oublier les recettes qui sont trop fortes. celle-la est super ellaborée, et me dit beaucoup. Mais ou trouver tes lentilles de sauverny sur Paris?

  • Merci Sophie de saluer le fond sous la rigolade. On en est ému. Des lentilles vertes du Puy feront tout aussi bien l'affaire.

  • rhaaaaaaaaaaa.... du cabillaud. Faut il préciser que ce pov tit poisson est en voie d'extinction ( et non pas extinction de voix!!!) tout ca grace a l'industrie des sticks de poisson pannés qui a rien trouvé de mieux que de prendre du cabillaud a la base pour faire de la me**e en barre... :-( bref... ôn est pas au WWF... en tout cas, ca a l'air bin bon ( sur un air de sirène).. slurp.. a quand l'invit à Sion ??

  • Ah c'est du grand art, moi j'aime la formule utilisée pour la préparation pleine de vivacité de la crème, mais du coup on reste circonspect à l'idée de la manger!

  • De crème, encore de la crème. Tu veux vraiment nous faire gonfler, Jérôme?

  • Filet du dos du cabillaud ? Filet dodu.
    Tiens t'es tagué ! ici :
    http://caviste.canalblog.com/archives/2007/06/27/5445336.html

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