29/06/2007

Vendredis du Vin # 4: le voile plageolistique

Youp!

 

 

 

 


Pour ceux qui seraient imprudemment partis à la piscine pendant les épisodes précédents, les Vendredis du Vin, c’est les œnophiles de la blogosphère, ligués dans un sublime effort collectif, qui dégainent, simultanément le dernier vendredi du mois, leur petit récit de dégustation sur un thème fixé par le Maître du Jeu. Et comme ce coup-ci le Maître du jeu est jurassien (et débonnaire), on a eu droit au vin oxydatif comme figure imposée. On s’y attendait, remarquez.

 Mais il y avait un piège. Soit confondre les vins oxydatifs (château chalon, Xérès, etc.), breuvages sublimes longuement élevés sous voile, et le vin oxydé (le vieux chardo australien et naze oublié trois semaines dans ton frigo). Sacrée embrouille. Mais chez les Slurp, on a su éviter le croche-pinard. Et on a débouché le Vin de Voile 1997 des Plageoles père et fils, du Domaine de Trés Cantous, Cahuzac-sur-Vère, Gaillac, deep in the south-west of France. Un vin issu de mauzac roux, (bien) élevé sept longues années qui, sans rivaliser avec les grands jaunes jurassiens, peut amener quelques frissons aux amateurs d'ivresses oxydatives.


Une fois, Plageoles père, avec qui on dégustait tranquillou le millésime 1992 dudit cru, nous avait raconté ceci: «Naguère dans le Gaillacois, la plupart des producteurs faisaient ce type de vin de manière empirique, simplement parce qu’ils avaient remarqué que le mauzac non ouillé ne s’oxydait pas, mais développait un voile.» Voilà donc un témoignage historique en bouteille. Qu’est qu’il raconte?

1er jour. Il sent bon et fort, la pomme verte et la noix fraîche. Mais la bouche, massive et quasi graisseuse, manque un brin de mystère et de nerf. Beaucoup d’alcool. Hips. On rebouche. On verra demain.
2e jour. Tiens, le nez se complique, avec des nuances de williamine, d’écorce de bois sec et on ne sait trop quoi encore. La bouche, toujours aussi puissante, s’est allongée durant la nuit et paraît plus fraîche. Tu y crois à ça?
3e Jour. Le nez reste très causant et plaisant. Après une attaque en douceur, la bouche conserve sa robustesse, mais emmène nos papilles dans une balade haletante, qui s’achève sur une explosion résinée. Défrisant.
4e jour. La bouteille est vide. Faut pas exagérer non plus.

Adiu!

Commentaires

Cher Estèbe, permettez-moi d'utiliser votre blog comme interface entre laurent et mézigue pour lui dire que son idée est bonne et que j'en viendrai presque à m'excuser de l'avoir rembarré suite à sa maladresse épistolaire (il sait de quoi je cause).
Pour le vin de voile en question, je crois que le grand millésime est 1993.
Un autre oxydatif exceptionnel est la cuvée "l'Andalouse" du Cru Barréjats en Barsac-Sauternes.

Écrit par : Patrick | 29/06/2007

Faites comme chez vous, maintenant que vous avez vos habitudes.

Écrit par : Estebe | 29/06/2007

Je suis en train de me dire que andalouse était le mot d'ordre du pétomane au début de chacun de ses spectacles.
Oui Estèbe, d'accord, je sors et je ne reviens pas.

Écrit par : Patrick | 29/06/2007

J'aime la façon dont les Patrick sont accueillis iciga. Le vin de voile de Plageoles, c'est en effet un truc qui me rend tout chose, bravo d'avoir tenu tenu 3 jours avec un si petit flacon... J'ai aussi une tendresse pour son vin d'Autan, ondenc complètement dingue!

Écrit par : Patrick CdM | 29/06/2007

Ah, le vin d'autan! On le boit et après ondenc sur la table

Écrit par : Estebe | 29/06/2007

Je ne m'appelle pas Patrick et je ne suis pas une "oenophile de la blogosphère", mais je n'ai pas pu résister à l'évocation de moun pais et d'un de ses fleurons.
Mon ignorance est telle que j'ai du chercher le verbe ouiller dans le dictionnaire après m'être dit que l' Estèbe avait dû omettre l'initiale dans sa grande pudeur.
Grande pudeur qu'il oublie dès qu'il s'agit de décrire un oït dégustatoire !!!

Écrit par : Dods | 29/06/2007

j'ai en cave du vin de voile de M Robert Plageolles du millésime 1979 qui avait valu ce commentaire définitif de M Plageolles au père du copain chargé d'aller sur place en acheter 6 bouteilles " 6 bouteilles?????????????? ! 6 bouteilles!!!!!!!!!! mais tu en fais le traffic!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!" il va falloir que je pense à la boire!

Écrit par : yves | 29/06/2007

Dods, sacrée oquine, oui, on oullle d'ordinaire en cave, et à ouillage rabbatu. Yves, belle anecdote qui en dit beaucoup sur ce domaine-là, peu habitué aux trafics commerciaux d'envergure.

Écrit par : Estebe | 29/06/2007

désolé, je ne peux donner mon avis étant un impénitent buveur d'eau calcaire, sorry.

Écrit par : jupiter | 30/06/2007

Alors, vous avez fait le mercredi, jeudi, et vendredi du vin ? Quel boulot ! Très intéressant de lire comment le vin a évolué.

Écrit par : Lisa Roskam | 30/06/2007

Il faut croire que c'est tous les jours Vendredi du vin, dans la famille Slurp. Même le mardi, je suis témoin! Quel sacerdoce!

Écrit par : olif | 30/06/2007

4 jours pour siffler la bouteille? Pas possible: c'était un double jeroboam

Écrit par : robert | 02/07/2007

L'Andalouse (Cru Barréjats 1997) est un vin de chez moi que je pensais voir dégusté pour les VdV#4, Patrick il faut s'y mettre ! Mais la voile des Plageoles c'est aussi bien pour surfer sur le net des amateurs de vins. Adichats !

Écrit par : Baraou | 02/07/2007

Quel plaisir de retrouver un vin de chez les Plageolles - cela sera encore mieux, d'en avoir encore en cave... mais tout est bu depuis longtemps. Nous y sommes passés la dernière fois quand nous avions payé notre pepineriste , qui a fournit la partie " sud-ouest" de nos plants de vigne - pour dire que cela date!

Mauzac, Ondenc et Loin de l'oeil, quel beau trio - et quel plaisir d'écouter Robert Plageolle parler de tout cela. J'ai bien écouté, par ce qu'à l'époque, c'était moi qui avait retranscrit ses paroles d'une conférence sur les cépages sur papier - et certains tournures du francais étaient encore "loin de mon oreil"... ah, que des souvenirs - comme quoi le bon vin fait rêver, même par procuration - merci, Estèbe.

Écrit par : Iris | 03/07/2007

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