09/08/2007

Le poulpe enfin pacifié (en salade acidulée)

You Pla Boum

 

 

Il y a quand même de drôles de bestioles tapies dans les abysses. Prenez la pieuvre par exemple. Ces petits yeux sournois, ces infects tentacules, cette chair gluante et violacée, ben, rien que d’y penser, ça file les miquettes. Brrrrrr.

 


D’ailleurs, quand par hasard on rencontrait un gros poulpe avachi sur l’étal du poissonnier, on tournait les talons presto, les fesses serrées comme le poing d’un syndicaliste. Mais à force de s’empiffrer de salades de ladite créature dans les bistrots des vacances, on s’est dit qu’il était temps de se montrer un homme. De le cuisiner, l’animal.
On a empli nos poumons d’air pur. Et on est allé en acheter. La poissonnière, une brunette à l’air lutin, nous a découpé la moitié d'un monstre, soit 435 grammes de tentacules dodus. Et nous a glissé dans l’oreille deux trois trucs pour les cuire. Merci Mademoiselle.

 

Voilà donc une salade de poulpe gentiment acidulée, à préparer pour deux personnes sans penser aux sornettes de Jules Verne. 

Rincez la bête. Balancez-la dans de l’eau frémissante une quarantaine de minutes. Avec du sel. Plus un bouchon de liège, pourquoi pas, d’aucuns affirment que ça l’attendrit. Pendant ce temps, zestez et taillez à vif un citron vert.
Puis faites une vinaigrette tonique huile-d’olive-citron-vinaigre. Après ça, cisaillez moi un peu de persil et d’oignon frais.
Une fois le bain du poulpe achevé, virez la pellicule noire qui le couvre (facile) et la fine membrane sur la partie antérieure des tentacules (un peu moins facile). Coupez-la en petits tronçons. Vinaigrez. Et coiffez de fleur de sel, paprika, persil, quartier de citron, oignon et zestes. Puis servez en chantonnant Octopus's Garden des Beatles, si possible en imitant la voix stupide de Ringo Starr:
I like to be under the sea
In an octopus's garden in the shades
La la la la...

 

 

Il s'agit aussi de dégotter un blanc capable de tenir tête au méchant mollusque. Nous, on a débouché, d’un geste gracieux, un Mercurey blanc les «Croichots» 2001 commis par le long et brun Bruno Lorenzon (une quinzaine d'euros; 0033 385 45 13 51); un vin riche, top classe et méga minéral. La pieuvre en a pris plein les ventouses. Pif! Bien fait.

Bien à vous, les poulpoïdes

Commentaires

On sophistique les accords, on avait le vin avec le mets, et maintenant la musique ad hoc, je retiens la façon et le mercurey..

Écrit par : Tiuscha | 09/08/2007

La pieuvre que c'est bon l'octapus, rien qu'à lire la recette, je suis téléportée dans une taverne un brin de bouzouki les oreilles et entre les deux, des papilles ben aise. merci
Anne

Écrit par : Cuisine à Chambiers | 09/08/2007

il faut lire "aux oreilles" pardon
Anne

Écrit par : Cuisine à Chambiers | 09/08/2007

Aaaaaaaaaaaaaaaah Estèbe, le poulpe pour ma part pas trop mais le Mercurey et les Beatles....je m'incline.

Écrit par : BRY | 09/08/2007

Les fesses serrées comme le poing d'un syndicaliste? Avec un tract de la CGT dedans?

Écrit par : Robert | 09/08/2007

Ce plat à l'air absolument délicieux! C'est sûr que cette bête est un peu rebutante de prime abord...

Écrit par : Rosa | 09/08/2007

Quand tu rencontres un syndicaliste au poing fermé tu serres les fesses !? De quoi as-tu peur ?
Que le poulpe te palpe.

Écrit par : Baraou | 09/08/2007

J'adore le poulpe a la gallega, alors je devrais amer celui-ci !

Écrit par : bergeou | 09/08/2007

mais qui a peur du grand méchant poulpe? c'est pas moi, c'est pas moi. Rien ne me fait peur. Je pourrais même le manger cru si quelqu'un me filait du fric pour le faire. Ce serait marrant. Ah ah, bonne idée, j'appelle mes potes.

Écrit par : lili violette | 09/08/2007

Votre histoire, lili Violette, ça me rappelle un film japonais d'auteur sorti l'an passé. Y'avait une scène comme ça. Un gros sushi de pieuvre, avalé sans mâcher. Pas glop.

Écrit par : Estebe | 09/08/2007

Non seulement on ne vous paierait pas pour manger du poulpe cru, Lili, mais vous devriez payer assez cher pour quelques délicieux sashimi de poulpe, qui sont d'une grande fraîcheur au Japon. Le poulpe, cru ou cuit, possède une saveur délicate et peu de calories, donc idéal pour cêux qui suivent des régimes. Aussi, une fois cuite, le poulpe perd son apect gluant et acquiert une jolie couleur violette et une texture ferme.

Écrit par : inma | 09/08/2007

uhhh, ça c'est envoyé, inma

Écrit par : Estebe | 09/08/2007

Je trouve que le scaphandrier fait bien plus peur que le poulpe. Avez-vous une recette de scaphandrier en salade ?

Écrit par : Monica | 09/08/2007

Oui, le scaphandrier à la nage. Mais il faut le fouetter avant cuisson pour l'assouplir. Sale bête.

Écrit par : Estebe | 09/08/2007

Pas japonais, coréen. Un sacré bon film d'ailleurs, Old Boy.
Mais pour moi, le poulpe, cru, tapé dessus ou cuit, non merci. Vade retro tentaculas ^___^
Mon scaphandrier préféré reste celui-ci : http://www.deviantart.com/deviation/59066658/

Écrit par : San | 10/08/2007

peut -être que c'est dans des films intellectuels (donc, me concerne pas), et si c'est au japon que les gens paient très cher pour ça, ça veut pas dire que mes potes à moi sont au courant. Je dirais même au contraire...

Écrit par : lili violette | 10/08/2007

J'aime beaucoup la photo de Christine Boutin qui illustre l'article.

Écrit par : Zorg | 10/08/2007

c'est vraiment un pur plaisir la salade de poulpe, bref un truc de céphalopodes, de quoi marcher sur la tête

Écrit par : jupiter | 13/08/2007

Que demande le poulpe?

Écrit par : scopette | 16/08/2007

Ce billet, c'est de la vrai poulpe fiction. désolé, ça m'a échappé: mea pulpa

Écrit par : Yves | 22/08/2007

Un truc volé à un restaurateur: en congelant le poulpe et en le plongeant congelé dans l'eau bouillante, on "casse" les fibres et le poulpe en devient tout tendre.

Écrit par : funambuline | 21/06/2008

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