Le pâtisson: quatre recettes slurp pour le prix d’une. Sacrée affaire!

 

Amis cucurbitassiettes, bien le bonjour

 

 

 

 

 

 

Jean-Baptiste Ruffieux (1648-1694) pratiquait la botanique maraîchère avec ardeur et créativité. Un jour, à force de croiser les cucurbitacées dans tous les sens, il inventa même un légume. Tout rond, un poil bossu, avec une robe blanche ou jaune.
Ruffieux était fier, mais n’ayant aucune imagination autre que potagère, il ne parvint pas à baptiser sa création. Des jours durant, il se creusa la tête pour lui trouver un nom. En vain.
Un soir rentrant chez lui, frustré et las, il fut accueilli froidement par son épouse Madeleine. «Jean-Baptiste, vous passez bien trop de temps dans votre jardin. Les enfants et moi, nous en pâtissons.» Pâtissons? Mais c’est bien sûr!


Ne croyez pas un mot du paragraphe qui précède. On a tout inventé. Reste qu’on éprouve une certaine sympathie pour ce légume à la saveur délicate et à la plastique replète.
Mais qu’en faire en cuisine? Ben voilà quatre propositions d’un coup. Oui QUATRE. 4. IV.  Le pâtisson farci à l’orientale; la fleur de pâtisson farcie à l’italienne: la poêlée de pâtisson au cumin; et les chips de pâtisson.

 

  • Acte 1er: les ptits farcis chapeautés


 


Tactique: On tranche le petit chapeau pour évider le légume (à la petite cuillère ou à l’aspirateur à pâtisson, ustensile qu’il reste à inventer). On réserve la pulpe en virant les graines. Et on va attendrir le pâtisson à vide, au four à 180 ° un bon quart d’heure. Pendant ce temps et dans une poêle, on fait blondir une échalote et une gousse d’ail hachées l’une et l’autre, puis brunir de la viande tout aussi hachée. On parfume le tout d’une bonne pincée de sel, poivre, kamoun, ras-el-hanout et piment. En fin de cuisson, il s’agira d’ajouter au frichti deux citrons confits émincés, quelques pignons torréfiés au préalable et la pulpe des pâtissons. On farcit et on enfourne quelques minutes de rab. N’oublions pas de coiffer les coquins de leurs petits chapeaux. Ya slurp.

 

  • Acte 2: les fleurs du bien

 

 


Tactique: Il nous faut une petite farce spirituelle à base de ricotta, d’oignon frais émincé menu, d’une louchée de parmesan râpé et d’un rien d’ail en poudre. Sel, poivre. On remplit les fleurs à la poche à douille. On referme d’une simple et délicate torsion. Et on fait frire tout doux à la poêle dans un fond d’huile d’olive. Couillon mais sexy.

 

  • Acte 3: la poêlée qui se poile

 

 


Tactique: On pacse Mr Pâtisson à Mme la Courgette, tous deux détaillés joliment. On sale, poivre, avant de saupoudrer de gingembre en poudre et de graines de cumin. Et on fait cuire à l’étuvée, à couvert avec un peu d’eau, six gouttes de citron et un rien d’huile d’olive, en veillant à garder les deux légumes un brin croquants à l’arrivée. Garniture smart, va sans dire.

 

  • Acte 4: les chips chipies

 


 


Tactique. On pèle le légume, on le tranche en fines lamelles, avec dextérité et un couteau über affûté. Il faut ensuite extraire délicatement le compartiment central abritant les graines, si vous voyez ce qu’on veut dire. Puis expédier tout ça au four à 100 ° pour une heure, après avoir oint les chips d’un rien d’huile d’olive, de sel, poivre, paprika et romarin en poudre (ou pas). A l’apéro, ça fait son petit effet. Boum!

 


Ouf, quatre recettes d’un coup, ça fatigue. Inutile de dire que nous en pâtissons, dru.

A +

Commentaires

  • Chips ! Hips !
    Dans l'acte quatre (et non trois) le vin, cher Estèbe, c'est quoi ? Ce rouge ...
    4 pour le prix d'une, c'est la Foire Aux Recettes ?

  • C'était un chianti poivré, racé et pimpant, dont - non italiophone que je suis - je me suis haté d'oublié le nom. Si Lolo 1er le désire, je pourrait retrouver ça presto.

  • 4 d'un coup. C'est les soldes ou.... la Foire aux recettes

  • Certains délayent les billets sur leurs blogs, d'autres les concentrent. Affaire de goût !
    (Bravo pour la réhabilitation postume de Ruffieux...)

  • je connaissais même pas ce machin... patisson? t'aurais pas inventé le légume avec?

  • bon y a deux fois l'acte trois(il y en a une qui suit!) mais tu me fais tellement marrer que je te pardonne! vivement le spécial pâtisson que je te vole tout ça i!

  • Oups, je corrige dare-dare

  • les chips me disent

  • La plupart du temps je les farcis, question de garder l'effet bizarroïde du cucurbitacée. Quand on les sers à l'envers, c'est une joie pour les Raëliens.

    Merci pour les autres suggestions. C'est gentil de nous offrir des fleurs.

  • Bin j'insiste, parce que l'Italie viendra certainement après l'Autriche et l'Allemagne pour élargir les horizons de St Antoine...

  • C'était un Chianti Classico de Martini di Cigala (95 % sangiovese), avec un nez mûr mais précis, doucement épicé, avec de petites notes florales entêtantes. Un bouche puissante et dense, tendue par une chouette acidité. Longue finale fruitée et ciselée. Le tout pour une dizaine d'euros. Et pof, vlà le lien:
    http://www.marcdegrazia.com/mdg/ita/scheda_vino.jsp?KProduttori=46&KVini=46&lingua=ITA

  • le couteau uber affuté nous on connait......

  • Impressionnnant !

  • Je n'ai jamais cuiisiné de patisson cette recette me donne envie de tester

  • Grand merci sieur Estèbe.

  • Ce pâtisson décalotté me rappelle mes années de "colonies" à macao où je mangeais encore des cervelles de singes avec une cuillère à entremets.
    Espérons qu'en plus de ses attributs perdus, le pape ne se passe pas décalotter de la sorte
    Bien à vous le bouffiandeur de choses simples !

  • Enfin une visite rentable... On ne perd pas son temps... je vois que vous avez travaillé plus pour gagner plus... Vous êtes prêts... On va vous en faire cadeau...Un président commun... autant partager notre croix...
    Et vive Patisson 1er....

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