11/10/2007

Des tripes et des lettres

 

Bien le bonjour,

 

Il faudra un jour penser à réhabiliter la figure de Max Favalelli, dit Max tout court, qui fut le Maître Capello de l'émission cultissime  Des chiffres et des lettres. Car il semble que l'imaginaire collectif ait béatifié Capello, en oubliant Max. Bon, Max n'avait pas ces fascinantes lunettes en cul de bouteille, ni ce sourire félin, qui firent la gloire du Capelovici. Mais Max était l'homme le plus rapide du monde pour trouver un nom zarbi dans le dictionnaire. Il te fondait dans le Larousse avec une vélocité que nul n'atteindra jamais. Et quand il disait "le compte est bon", c'était tout le savoir humain qui s'abattait sur l'échine du téléspectateur ému. Immense.

 

 

 

 

Ce long préambule parfaitement inutile pour vous parler d'un bouquin tout mince et formidable, au titre en forme de clin d'œil à ladite émission. Des Tripes et des Lettres (ed. de l'Epure), donc, c'est une compilation de huit recettes, ce qui paraît assez peu quand on sait que la récente réédition du Larousse Gastronomique en contient un millier. Mais bon. Huit recettes donc. Mais que des recettes méga canailles. De la tripaille, de l'abat, de la joie. Des couilles d'agneau sautées au piment, du tablier de sapeur, des beignets de cervelle. Ce n'est pas tout. A chaque plat est associé un bref pastiche littéraire. Très réussi. Voilà Duras, Céline, Rabelais et Proust dissertant du groin de cochon ou de la langue de bœuf. Ce sont le journaliste Sébastien Lapaque (les lettres) et le chef Yves Camdeborde (les tripes) qui nous ont mitonnés ça. Et c'est juste le genre de bouquin de cuisine, iconoclaste et rigolo, qu'on adore. 

 

Tchou, les copines

PS:Au fait, je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo Estèbe. Voilà, c'est dit

 

Commentaires

Maintenant, elle est là, seule. Comme toujours, seule. Elle regarde ce gros tas de tripe qu'elle a soigneusement déposé sur la table. C'est terrible, ce tas de tripes, cette masse compacte qui ne lui dit rien. Jamais, ça ne parle jamais, les tripes. Elle le sait bien. Elle l'a toujours su. Il faudrait réorganiser l'univers pour que les tripes aient la parole. Mais ça ne se peut pas, non. Alors, elle est là, debout comme au temps de la guerre, et elle regarde la chair blafarde ponctuée d'aspérité. Ce qu'elle sait, au-delà du silence, c'est que ce spectacle lui rappelle un homme qu'elle a aimé autrefois. Il y a longtemps. Là-bas, au Vietnam. Sur les rives d'un fleuve qui, depuis, n'a pas cessé de couler. Et si elle a aimé cet homme, qui n'était pas son frère mais qui était tous les hommes en ces instants de sa jeunesse perdue, c'est qu'il avait des tripes. Cela, elle le sait. Et, déjà, tandis que décline la lumière derrière la large baie et que Yann Andreas débouche une bouteille de beaujolais - ce vin noble dont les prolétaires seuls ont saisi toute la grandeur d'âme - elle se pourlèche les babines. Et c'est comme une vérité de ce qu'elle est: gourmande, forcément gourmande.

Écrit par : Zorg | 11/10/2007

Marguerite Zorg, trop fort

Écrit par : Estèbe | 11/10/2007

La belle Saoudienne ondulait, le corps oint d'une onguent au parfum entêtant. Son pagne glissa, découvrant une cambrure divine. Elle fixa Malko, les lèvres entrouvertes lançant un appel muet à l'amour. Mais SAS ne la voyait déjà plus. On venait de servir un rognon à la moutarde. Et tous ses sens étaient à présent rivés sur le plat fumant. La Saoudienne s'en aperçu et entama une danse d'une folle impudeur. Peine perdu, l'abat avait gagné la partie.

Écrit par : Gérard de V. | 11/10/2007

Et Patrice Laffont, il devient quoi? L'était bon Laffont

Écrit par : Robert | 11/10/2007

Pas mieux.

Écrit par : Baraou | 11/10/2007

Et toc, merci estèbe, ce sera pour le petit Noêl de l'Homme, qui aime la tripe et les belles lettres.

Écrit par : Sophie | 11/10/2007

Tu me mets l'eau à la bouche avec tes tripes.
Mais je me pose une question: à quand la parution des nouvelles de Marguerite Zorg?

Écrit par : mamina | 11/10/2007

Marguerite Zorg est une plume rare et mystérieuse, qui ne se laisse pas éditer comme ça. Supplions-la. Peut-être sortira-t-elle du bois canaille.

Écrit par : Estèbe | 11/10/2007

Rodrigue, as-tu du coeur?
Non, je n'ai que du rognon.

Écrit par : Belette | 11/10/2007

Je ne sais pas ce qui me met le plus l'eau à la bouche...les tripes ou le tripe de "Gérard de V"...
Ajoutons Jean Nohain et Geneviève Taboui, l'un avait des tripes, l'autre des lettres... Allez...après le grand charles voici revenu le temps du grand Max...
Bon week-end à tous

Écrit par : Olivier | 12/10/2007

Oui, qui c'est qui a signé Gérad de V? Est-ce toi l'Estèbe?

Écrit par : Yves | 12/10/2007

Yves, je confesse. SAS, c'est bibi. Mon pastiche ne vous a donc pas berné. Vous ferriez un redoutable enquêteur littéraire.

Écrit par : Estèbe | 12/10/2007

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