30/11/2007

VdV#8: La négrette, des roots dans la topette

 

 

 

 

 

Salud.

Le dernier vendredi du mois, c'est le vendredi du vin. Ce jour-là, la bloglouglou débouche une bouteille sur un thème imposé. C'est un jeu. C'est moderne. C'est drôle. 

Ce mois-ci, c'est Miss Lisa qui a fait la loi. Il s'agissait de remonter de sa cave "un vin provenant d’un cépage provenant de son chez soi." Comprenez un plant enraciné dans son coin de terre. Par un machin corrompu par la globalisation, quoi.

Bref, Ladies & Gentlemen, let me introduce the négrette. Soit ce raisin noir et fier, qui prospère depuis la nuit des temps, ou même un peu avant, sur les mamelons de Fronton, Tarn-et-Garonne, Sud-Ouest de la Sarkoland, Europe de l'Ouest, hémisphère Nord. Et un peu dans les Fiefs Vandéens aussi.

La négrette ne manque pas de charme. Simple et terrien, le charme. Cépage de fruit noir, peu tannique et peu acide, il donne des vins colorés, souples mais amples, au bouquet atypique, empyreumatique et un poil réglissé. 
La négrette, elle n'est pas plus grande, plus forte ou plus belle, pourtant elle est d'ici, comme cette mélodie. Euh... on s'égare.

Pourtant, souvent diluée dans de la syrah ou du cabernet dans des rouges techno sans âme ni racines, la négrette peine à briller.

 

 

Heureusement, certains la courtisent avec talent. Comme le Château Le Roc par exemple. Ou le Château Plaisance, dont la cuvée Grain de Folie (enfin, nous y voilà) avec son pif d'humus, violette et cassis, sa bouche tendue et pleine à la rusticité domptée, nous fait rêver à une France grouillant de vins de pays simples mais vrais. Des vins qui relèveraient la tête, fiers de leur singularité, de leur terroir et de leur histoire.

Et hop, envoyez la Marseillaise. Ou l'Internationale plutôt, c'est plus dansant.

Bon week-end, mes Bisounours

PS. A Genève, on trouve la chose chez le Passeur de Vin rue de Zurich. Tarif câlin.

PS. Oups.... Le Grain est vinifié sans soufre. C'est grave, docteur?

 

29/11/2007

Le charme trouble du crosne à la japonaise

 

Bien le bonsoir, 

 

 

 

 

Dans la grande famille des légumes oubliés, si l'on causait du crosne. Crosne que l'on prononce d'ailleurs crone, en faisant fi du S. C'est comme ça; ça ne se discute même pas.
Bref. Comme bien d'autres racines, celui-là se traîne un physique un brin embarrassant. Si vous avez aimé le pif de sorcière et la crotte de nez, ne ratez pas le vermisseau mort. Mais on le sait, il ne faut pas se fier aux apparences. Car cette plastique berk cache chez le crosne adulte une saveur pittoresque et une chair croquante.

Pour autant qu'on mène une cuisson parcimonieuse. Immangeable crue, cette petite chose peut virer, oubliée sur un feu furax, à la papette farineuse. Il s'agit donc, après nettoyage circonstancié, de faire doucement sauter vos crosnes dans un peu de beurre et de surveiller le processus avec la diligence de la louve allaitante.


Nous autres, adressant un clin d'œil aux origines nippones du crosne (crosne est le nom de la première commune française à l'avoir adopté); nous autres donc, on s’est amusé à finir la cuisson en le laquant dans une grosse larme de mirin japonais. Avant de le saupoudrer de sel et sansho. La vilaine larve est sortie de là parfumée à l’orientale avec un chouette teint acajou brillant.
Bonjour le relookage. Avec ça, M6 te fait une émission en prime time.

 

 

 

 

Mes hommages

28/11/2007

Nouveau et palpitant: la clef USB spécial pinard

 

Coucou les geeks,

La technologie est un TGV lancé à pleine vitesse vers le bonheur de l'humanité. Pour partager de bons moments liquides avec vos amis, voilà l'USBWINE, première clef USB-robinet pour télécharger du vin.

On en rêvait. Ils l'ont fait. Ah, les monstres.

 

Bon on vous laisse à votre cassoulet.

Bizzzz

27/11/2007

Dessine moi un cassoulet

 

Adiù, 

 

 

 

Tu veux jouer à un jeu d'une drôlerie immense? Cuisine-toi un cassoulet et publie ta recette sur ton blog le jeudi 6 décembre.

 C'est l'exquise Gracianne et mèzigue qui avons comploté tout ça. La blogomiam manque cruellement de cassoulet. Des verrines en cascade; des bouchées apéritives à la chaîne; des cakes et mignardises; mais de cassoulet point. On s'est dit, elle et moi, que ce n'était pas juste. D'où ce jeu.

Ton cassoulet, il pourra être roots ou pas, végétalien, aquatique, baroque ou idiot.

Amis de la bloglouglou, vous pouvez jouer itou, en présentant, le six décembre, une bouteille qui vous semblable pacsable avec cet orgueil du répertoire gasco-languedocien.

A vos faitouts!!!!

PS: Pourquoi le six décembre? Parce que c'est la journée mondiale du haricot. Ou ça devrait l'être.

PS2. Tu n'as pas de blog et tu pleures. Poste donc ta recette en commentaire ici ou chez Gracianne.

PS3: Le jour J, préviens-nous que tu as cassoulé (participe passé du verbe cassouler) par un commentaire. On vous mitonnera une synthèse au confit.

 

26/11/2007

La recette fastoche des moules aux épices de l'Orient

 

Bien le bonjourno! Comment ça va bien?

 

 

 

 

"Un kilo par personne, c'est le minimum." Voilà la quantité de moules de bouchot que préconise avec entêtement notre poissonnière, qui est pourtant filiforme comme la liane sauvage. Diable! Ce petit bout de demoiselle doit avoir un appétit de walkyrie. Parce que, voyez-vous, un kilo de moules par personne, c'est juste kolossal. Chez nous, on compte moitié moins. Ce qui nous fait une livre par tête de pipe. C'est moi que tu traites de tête de pipe???? Euh.... non, c'est une expression. Pif, paf, boum. Police, hosto, tribunal...

Cette longue et pénible introduction pour arriver à cette recette toucon de moules de bouchot aux épices orientales et à la coriandre, réalisée tous les mardis 16 par Madame Sonson. Recette hyper light et méga slurp pour laquelle il vous faut: des moules, de l'oignon frais, de l'ail, du garam massala, du vin blanc, du gingembre en poudre et un petit curry soft.

On vous la joue en images. C'est moderne, c'est pédagogique.

 

 

 

Nettoyer les moules sous l'eau, en leur tirant bien la barbichette.

Puis, faire revenir l'oignon frais (ou deux échalotes) avec une gousse d'ail hachée, dans un peu d'huile d'olive au fond d'une grande casserole.

 

 

 

Ajouter ensuite les épices: garam massala, un rien de gingembre en poudre, un zeste de curry doux et du curcuma pour la couleur. Touiller presto avec les oignons, qu'ils colorent.
Puis ajouter le vin blanc, 5 décis ou le litron, selon la quantité de moules. Pchhhhhh!

 

 

 

Une fois le vin frémissant, ajouter un bouquet de coriandre entier. Puis les moules. Couvrir. Au bout de deux minutes, on mélange avec précaution, que les moules du bas se retrouvent en haut . Et vice versa. C'est beau ce brassage pacifique. Appelons cette étape le Moolstock.
On ferme à nouveau, une minute ou deux, dès que ces dames entrouvrent leur coquille, hop, on amène la casserole sur la table.

La garniture? Pourquoi pas des petites patates vapeur?

Le pif? Pourquoi pas un Savennières bien schisteux?

La musique? Pourquoi pas une compil de ce bon Moule-oudji?

Pour l'éclairage et la nappe, débrouillez-vous.

Au revoir, les gens.

23/11/2007

Des St-Jacques avec un jus de mandarine safranée sur la tête

 

Mes respects vibrionants, les surfeurs gourmands

 

 

 

 

Z’avez remarqué? Les mandarines, cette année, elles sont nazes. Pas de goût. Sèches. Pas aimables, quoi. Et dures à décortiquer avec ça. L’autre jour, on dévisageait en pestant ces vilaines affalées dans un saladier: «Mes cocottes, on va quand même s’occuper de vous. Rira bien qui rira le dernier.»

Et puis, une chose en amenant une autre, on a improvisé presto ces noix de St Jacques au sirop de mandarine safrané et basiliqué sur son effilochée d’endives. Plat inspiré de quelques trucs aperçus récemment dans les cuisines d’un restaurant comme il faut. Plat à l’intitulé un brin bling-bling, qui s’est avéré totalement comestible. Il nous arrive depuis de frissonner comme un alpiniste rien qu’en y repensant (n’importe quoi).


Action: Pressez vos mandarines (pour dix noix de St Jacques, six mandarines feront l’affaire), expédiez le jus dans une petite casserole avec quelques filaments de safran. Faites réduire velu velu, puis liez d’une petite noisette de beurre et d’une giclée d’huile d’olive. Poivrez, sucrez un tantinet s’il le faut. Réservez au chaud.

Au tout dernier moment, on ajoutera quelques feuilles de basilic ciselées en chiffonnade (termes techniques lancés au museau de nos chers lecteurs dans le but avoué de leur en mettre plein la vue).

Emincez vos endives en longues lanières filiformes, après en avoir giclé le cœur coriace. Passez à la poêle avec une bonne noisette de beurre. Feu pépère. Une dizaine de minutes ou plus, le temps qu’elles s’attendrissent. Assaisonnez.


Décoquillez vos St-Jacques (un coup de couteau le long du côté plat de la coquille, avant de virer la barbe en tirant sur le petit machin noir tout en maintenant la noix avec le pouce, vous suivez?). Rincez, essorez bien, puis dorez à la poêle à feu furax une minute et demie de chaque côté dans un peu d’huile d’olive. Fleur de sel et poivre.


Après ça, on fait un pouf d’endives, on vautre les noix dessus, on mouille le tout avec la réduction de mandarine au basilic. Et on débouche une altesse du Sieur Berlioz, vin tendu et subtil, qui nous chante la beauté du terroir savoyard. Chouette chanson que celle-là.

Gros week-end mouillé

PS: Ouvrons pour finir notre rubrique "bourses, finance et délits d'initiés" avec un scoop. Un scoop géant. Pepsi vient enfin d'absorber Coca. Depuis le temps, c'est une bonne nouvelle. La preuve en image:

 

 


 

 

22/11/2007

Le haïku cruel des petits poissons auto-farcis

 

 

 

Voilà un plat raffiné et distrayant, qui nous vient d’un coin reculé de l’Orient extrême.
Pour quatre petits poissons autofarcis:
Achetez quatre petits poissons vivants et joyeux.
Affamez-les quelques jours.
Quand ils ont très faim, mettez-les dans une casserole pleine d’eau, sur le feu tout petit.
Jetez leur quelques boulettes de mie de pain, épicées à votre goût.
Dès que les poissons gobent, montez le feu.

 

Mangez en méditant sur la candeur des créatures aquatiques.

A très bientôt

20/11/2007

Le parmentier de canard qui te laisse hilare

 

Coin, coin, les ami(e)s

L’amie Clo, là-bas dans le riant sud-ouest, elle fait des conserves de canard. Des foies gras et des confits. En saison, elle s’en va sur les marchés au gras gersois, à Samatan ou Gimont. Elle choisit presto ses bêtes sur les étals puis fonce avec la vélocité du puma fondant sur la gazelle. Avant de faire vrombir son chaudron en cuivre. L’amie Clo fait ça avec amour et humour. Ses confits sont topissimes.


Ben, justement au bas du frigo, dormait depuis quelques années l’un de ces bocaux bénis, abritant deux belles cuisses confites. L’autre jour, on leur a fait un sort, pour mitonner ce hachis parmentier de canard résolument slurp (voire carrément glam). Un précédent essai s’étant soldé par un résultat archi sec, on a pris soin d’humecter joyeusement la chose.


Pour quatre personnes aux appétits modérés, préparez un petit fond de volaille bien corsé (maison comme indiqué , ou en cube de la supérette), avec une carotte et un poireau émincés avec maniaquerie, un bouquet garni, quelques grains de poivre, une tombée d’herbettes méridionales, une gousse d’ail déchemisée mais entière et du sel. Remplissez une demi-casserole. Pas plus.
Ouvrez ensuite votre bocal, extirpez les confits, virez la graisse (mais sans la jeter: c’est nickel pour les oeufs au plat) d’un consciencieux coup de Sopalin. Puis effilochez la viande du bout des doigts. Salez. Et plouf dans la casserole, le temps que le bouillon réduise à mort. A la fin, il faut que la viande n’est plus guère que les orteils immergés, façon esturgeon dans la mer d’Aral.

 

Une couche de machin, une couche de truc, etc.

 


Pendant ce temps, pelez huit patates à purée, taillez en cubes à la hussarde, passez à la vapeur, puis pressez au presse-purée. Montez au lait et à l’huile d’olive jusqu’à texture voluptueuse. Assaisonnez bien: muscade, sel et poivre. Goûtez. Il faut que ça soit bon.
Montez alors votre parmentier: une couche de purée, une couche de confit tout mouillé, une couche de purée, une couche de confit tout mouillé, une couche de purée. Stooooop. Râpez un peu de gruyère. Faites réchauffer doucement (150°) puis gratiner gentiment au four.
Et miamou! Ce parmentier-là, il est tendre et voluptueux comme une grosse pelle à la fin d’un film hollywoodien.
Surtout arrosé de ce minervois au fruité gouailleur autant qu'entêtant et à la souplesse charnue mais élégante. C'est une dame négociante qui fait ça. Et c'est juste du câlin en bouteille.

 

 


 

 

Bien le bonsoir, mes canards

19/11/2007

Another Brick in the Wall : Le bonbon magique d’où s’échappe de l’or liquide

 

Bonjourno,

 

 

Voilà notre humble salade aux noix et brick de jaune, flashée pour vos beaux yeux.

 

La semaine dernière, on a donc usé nos mimines manucurées dans les cuisines d’un chouette restaurant genevois, quasi comme un marmiton.
Et alors? Ben alors, ça fatigue mais ça instruit.
Entre autres, on nous a gentiment demandé de…
- Dégraisser des gros filets de bœuf
- Lever des filets de daurade
- Désosser des selles de chevreuil
- Tailler des légumes dans tous les sens
- Tourner des artichauts (très dur ça)
- Décoquiller plein de St-Jacques
- Peler des patates (ben oui, ça fait partie du jeu)
- Hacher au couteau du tartare
- Dénerver des foies gras
- Dresser plein de mises en bouche dans l’atmosphère haletante bien qu’exaltante du coup de feu
- Ciseler du basilic sans l’écrabouiller, ce qui semble fastoche, mais s’avère plutôt épineux.

 


Les mises-en-bouche. Une mousse moussue de potiron, avec une raviole de foie gras planquée dedans.Trop fort. Admirez le dressage.

 

 
Une entrée slurp: des cuisses de grenouille en tempura sur réduction d'épinards pétaradante. A droite, notre chef, en plein effort. L'est beau, le chef.

 

Au passage, on s’est rendu une nouvelle fois de plus compte du fossé qui sépare la cuisine de pro de la popote à domicile (le matos, la gestuelle, l’urgence, l’enjeu…), de cette épatante division du travail qui préside aux grands plats et de notre inculture technique, inculture tutoyant le grand vide intergalactique (là ou personne ne t’entend crier). Quiconque se débrouille derrière les founeaux et en conçoit un moignon de vanité devrait aller tourner des artichauts dans les coulisses d’un grand resto. Ça remet les choses en place, l’ego par exemple.

 

 


Le plat qu'on a pillé. St-Jacques sur purée de panais, truffe blanche et brick de jaune d'œuf. C'est pas architecturé, ça?

 


Au passage aussi, on a piqué quelques plans aux quatre coins de la cuisine. Comme ce brick de jaune d’œuf. Lequel atterrissait sur une purée de panais, aux côtés de St Jacques à la truffe blanche. Et qui chez nous a dû se contenter d’une humble couche de verdure vinaigrée aux noix.


Tactique: Séparer les blancs des jaunes. Virer les blancs. Garder les jaunes. Aïe, vous en avez cassé deux? Vous culpabilisez comme une bête? Vous fondez en larmes? Pas grave. Les pros aussi en brisent plein. Gardez-les, ils seront utiles.

 


Oui, il s'agit de découper la croix confédérale avec de la pâte à brick, et dans un grand frisson patriotique s'il vous plaît. 


Dans une feuille de brick, découper des bandelettes d’environ quatre centimètres de large et quinze de long. Il faut compter une feuille pour cinq œufs.
Disposer deux bandelettes en croix, badigeonner au pinceau avec le jaune cassé (on vous avait bien dit de ne pas déprimer). Assaisonez : sel, poivre, piment doux.
Puis, avec un billion de précautions, déposer le jaune au centre de la croix. Avant de refermer, en commençant par la bandelette du dessous. Si la pâte est trop longue, tailler d’un coup de lame vengeur. Faut pas que ça boudine à la jointure.
On réserve au frais sous du film.
Au moment du miam, préparer une salade à l’huile de noix, abritant quelques cerneaux sauvagement atomisés. Puis dorer la pâte à brick dans une motte de beurre moussante, une minute de chaque côté, en retournant avec une délicatesse infinie. Sel, poivre. Et pouf, en salle.
A la découverte de ce filon jaune liquide s’échappant du bonbon doré, vos convives seront submergés d’un bonheur enfantin. Certains d’entre eux ne se remettront jamais de cet instant magique. Et en causeront encore à leur psychiatre en 2025.

Tchou, mes coquelets (si j'ose)

09/11/2007

Trois nouvelles de mèzigue en passant (mais pas par la Lorraine)

 

Bien le bonsoir,

 

Photo sans rapport avec ce qui suit, mais d'une élégance rare.

 

Estèbe va disparaître une semaine. Il s’en va bosser en cuisine, au sein d’une brigade prestigieuse, pour un stage haletant. Comprenez qu’il va couper des échalotes pour huit jours. Il reviendra las mais heureux, avec plein de trucs à vous raconter le soir au coin du blog.


Estèbe passe à la téloche, cet après midi vers 17 h à la TSR, invité par la pimpante Scoopette. Il réalise live et (presque) sans trucage son carpaccio de racine de persil devant l’œil noir et humide de la caméra.


Estèbe est allé manger le repas de la Bénichon à la Pinte des Mossettes (mirobolant chalet gastro là-haut sur l’alpage). Un marathon culinaire épatant et probablement empâtant (10 plats en six heures, dont quatre plats principaux, détails ), dont il vous a ramené une seule image, illustrant une nouvelle utilisation des os à moelle. Soit les lorgnettes et le téléobjectif.

 


 

Estèbe, par ci; Estèbe par là. Mais il n’aurait pas choppé la citrouille géante sous le bob Ricard, machin?

Non. On est resté très simple. Limite simplet.

Bizzzz.

08/11/2007

Sarko, Dion, Hingis et le cerfeuil tubéreux en frite

 

 

Mes hommages,

 

 

 

 

Les grands chocs de l'actualité sont perçus de manière plus ou moins ardente selon les individus. Ben oui. Le retour en scène de Céline Dion, par exemple, expédie une partie non négligeable de la population dans une euphorie frisant le coma orgasmique. De même, bon nombre de nos contemporains se tamponnent que Sarko et ses potes aient viré 18 000 étrangers comme des malpropres depuis janvier denier. Mais sont en revanche tous chamboulés d'apprendre que Martina Hingis aime à se poudrer le museau avant de monter au filet. Bref, à chacun ses pâmoisons.

Tout ça pour dire que l'autre jour au marché, on s'est subitement roulé par terre, le teint rouge Thorez et la bave au bec. On venait de tomber sur une news défrisante. Une vraie. LE CERFEUIL TUBÉREUX EST DE RETOUR. LE CERFEUIL TUBÉREUX EST DE RETOUR.  LE CERFEUIL TUBÉREUX EST DE RETOUR.  LE CERFEUIL TUBÉREUEUEUEUX...

 

 

 

 

Hum. Quelques explications. Moche comme une crotte de nez, le cerfeuil tubéreux cache la plus fine et exquise des chairs. Un mix mirobolant entre châtaigne, pomme verte et artichaut. Il se boulotte cru (c'est même le mieux: clic).
Mais aussi, pourquoi pas, en frite.
Comment ça? Comme ça: pelez et détaillez les racines en frites. Dans une jatte, touillez-les avec une cuillère à soupe d'huile d'olive. Et hop, au four à 180°, sur une feuille de papier sulfurisé. Six-huit minutes, le temps que bronze le tubéreux. Salez, paprikez et avalez, en songeant à Céline Dion qui, physiquement en tout cas, ressemble vaguement à ce prodigieux tubercule.

Bien le bonjour chez vous. Voire ailleurs aussi. 

 

A tchaou

06/11/2007

T’es OK, t’es bath, terrine (de queue de bœuf, au cerfeuil et panais)

 

Bonjourno, 

 

 

 

 


Le gag du titre, c’est la quatrième fois qu’on le fait. Les Anglais appellent ça un running gag. Les autres un vieux gag ripoux qui sent la napht’.
Bref, les jours raccourcissant et le mercure dégringolant, on s’est dit, dedans notre tête et notre for intérieur, qu’on se slurperait bien une grosse terrine parfumée et voluptueuse à la mastication. Voilà donc une terrine de queue de bœuf pistachée, que l’on astucieusement (notez l’humilité) acidulée de cerfeuil et adoucie de panais. Oui, le panais, l’aïeul de la carotte au physique de cône idiot et à la chair coquine.

Bon évidemment qui dit terrine, dit gros taf.

 

On commence l’avant-veille du miam, en passant chez le boucher, qui est moustachu, l’avions-nous déjà signalé ? Lequel va nous céder à prix bisou quatre tranches de queue de bœuf et un morceau de plat-de-côte. Tout ça va dare-dare dans une marmite, recouvert d’eau (il faut que la viande affleure). A la première ébullition, il s’agit d’écumer (de rage) le nuage blanchâtre qui surnage.
Après ça, aromatisons, en plongeant dans l’eau un oignon piqué de quatre clous de girofle, quelques grains de poivre noir, un bouquet garni, trois brins de thym, trois gousses d’ail entières mais pelées. Voire plus si affinités. On couvre. Et on laisse mijoter à petits glouglous deux heures et demie.
Voilà qui laisse le temps de lire la Pravda en braille et de s’épiler le ripaton.
Mais aussi d’éplucher et de tailler en lanières à la mandoline un panais dodu et deux carottes conventionnelles. Au bout de deux heures et demie, plouf, on ajoute les légumes sur la viande. Inutile de les immerger. Ils cuiront à l’étouffée. Une bonne heure de rab. Quand la pointe acérée de votre Laguiole fétiche transperce le panais sans effort, retirez la cocotte du feu. Et laissez là refroidir…

… jusqu’au lendemain. Ô surprise, tout a figé! Normal. C’est l’os qui veut ça. Bon, retirons délicatement les légumes, en les essuyant d’un coup de Sopalin leste. Virez et réservez la gélatine lovée sur les queues (si j’ose), et effilochez la viande au couteau, en virant le gras autant que possible. Salez, poivrez.

Normalement, si vous avez bien capté tout ce qui précède, la marmite ne contient plus guère que de la gelée. Ajoutez un verre de fond de veau (si vous avez ça en stock), quatre feuilles de gélatine (on n’est jamais trop prudent), une bonne pincée de sel, une giclée de cognac, et laissez le bouillon se recomposer puis réduire un brin. Goûtez. Il faut que ça soit bien corsé. Puis écumez les morceaux d’ail, oignon et autres récifs qui barbotent entre deux eaux.


Pendant que le jus frémit, nettoyez votre cerfeuil, préparez vos pistaches. Puis montez votre terrine (préalablement filmée), en démarrant avec le panais et la carotte, puis une couche de viande, quelques brins de cerfeuil, pistaches, sel, poivre, une couche de légumes, une couche de viande, cerfeuil, sel, poivre, pistaches, etc, etc. A la fin, on presse gentiment l’édifice. Et on coule le bouillon jusqu’à ras la terrine. On couvre. On laisse refroidir. Et au frigo…

 

 

 

 

 

… jusqu’au lendemain. Ô surprise, ça tient tout seul. On démoule. On tranche avec la délicatesse et la précision de l’orfèvre assermenté. On sort les cornichons du frigo. Et on débouche un rouge tout en longueur et en épices, puissant mais pas racoleur, carrossé à l’ancienne, racé et taillé pour le grand miam : un Mas d’Alezon 2002 de Dame Catherine Roque, celle du Domaine de Clovallon.

Avec ça, la vie rit. Et Larry vit.
Qui c’est Larry? Sais pas. C’était pour la chute.

Arrosoir

05/11/2007

Martine, celle qui rit quand on la taquine

 

Bonjour, anciens enfants candides

 

Vous êtes probablement déjà tombés sur ce site gras et bête, qui souille nos plus purs souvenirs d'enfance. Mais que fait Alliot-Marie?

 

 

Ces jeunes ne respectent rien.

Dieu merci.

 

Fraternelles papouilles

01/11/2007

Les tendres poireaux lardonnés sous le sandre

 

Tzoum tzoum,

 

 

 

 

Tiens, en surfant comme un pingouin idiot sur le net, on vous a trouvé des dessous de tasses et de verres à la fois élégants et atchement relaxants. Ben oui, écrabouiller quelqu'un, ne serait-ce qu'en effigie, avec sa chope de bière, ça fait un bien fou aux nerfs. Il suffit de remplacer, in petto, la petite créature de latex par son chef de service, le voisin joueur de trombone ou le candidat d'extrême-droite local, pour se sentir merveilleusement reposé. Et craaac, prend ça, vieux merdousil de ta race!

 

Une fois parvenu à la zénitude totale, donc, on peut passer en cuisine pour mitonner en quelques petites minutes ce filet de sandre à l'unilatérale sur sa compotée de poireaux aux lardons et ses trois olives. Comme intitulé, ça le fait grave. Surtout les trois olives.

 

 

Compte les olives: une, deux et trois

 

Pour les pôreaux. Tu détailles tes poireaux en petites rondelles. Tu nettoies à grande eau. Tu fais dorer quelques petits lardons au fond de la casserole, tu rajoutes les poireaux, une noisette de beurre, une demi-tasse d'eau. Et tu couvres à feu cool. Quand les poireaux sont tendres comme le cœur d'une biche albinos (n'importe quoi!), tu sales, tu poivres mollo et tu lies d'un trait de crème.

Interlude. Le tutoiement ne nous étant pas naturel. Et pour tout dire un rien TF1-compatible, revenons à la normale. Au vous, donc.

Pour le sandre à l'unilatérale (technique soufflée dedans notre oreille par la tellurique Scoopette, merci Scoopette). Farinez légèrement les filets de sandre côté peau. Faites chauffer deux cuillères à soupe d'huile d'olive à pleins gaz. Et quand l'huile menace de vous sauter au museau, balancez les filets pour deux minutes de folie. Faut que ça croûte velu. Baissez ensuite le feu (ou changez de plaque) et achevez la cuisson pépère, jusqu'à ce que le haut du filet se nacre totalement. Nous, on a dû couvrir 20 secondes pour parachever la cuisson. Fleur de sel. Poivre au moulin. Piment des Squelettes.
Que voilà une cuisson tip top: le poisson, pas cotonneux pour un sou, s'abandonne en corolles entre vos crocs jubilants.

 

 

Allez, recompte les olives: une, deux, trois

 

 

La présentation? On a longtemps hésité entre la fleur de lys, la rosace et le décagone byzantin. Ben, on a fait simple. Soit le petit dôme de poireaux (genre massif vosgien) avec le filet avachi dessus (tel le randonneur éreinté) et les trois olives bêtement lâchées tout autour.

 

Et puis, on a englouti notre oeuvre en sirotant le rosé languedocien du Mas Bruguière, vineux, dense et fringant. Le genre de bouteille qui se retrouve au rez-de-chaussée avant que le tire-bouchon ait eu le temps de dire pop.

A bientôt (pour une terrine de queue de bœuf de la mort, que je te raconte pas, pince-moi j'Halloween)