15/01/2008

Les travers de veau laqués au miel et quelques gags éculés

 

Papouilles, les gens 

 

 

 

 

Une plaisanterie classique mais savoureuse consiste à demander au charcutier s’il a des pieds de cochon. «Mais bien sûr», répond le brave homme, inconscient du danger. «Et ça ne vous gêne pas pour marcher», qu’on lui jette au museau, hilare. Rigolo, non?


Variante. «Bonjour Monsieur le boucher, vous avez des travers de porc?». «Evidemment, ma petite dame», rétorque innocemment le commerçant. Et là on lui balance The Gag: «Et t’en es fier? Vieux dégoûtant!»


Pour éviter toute confusion, on a donc demandé à notre boucher, avec qui il s’agit de rester en bons termes, s’il avait des travers de veau. Travers que l’on a dare-dare mitonné façon spare-ribs asiates.


Marinez vos travers deux heures dans trois bonnes grosses cuillères de sauce soja (un rien diluée à l’eau si trop corsée), deux gousses d’ail dégermées et hachées, le jus d’une lime, quelques graines de fenouil, une larme de piment, deux cuillères à café de gingembre frais haché et, surtout, une grosse cuillère à soupe de miel. Point trop racoleur à la snifette, le miel. Goûtez-moi ce jus-là et rectifiez ce que bon vous semble.


On touille gentiment sa marinade à mi course. Et on préchauffe son four à 200°, position chaleur tournante + gril (possesseurs de four ancestraux, séchez vos larmes, vous basculerez vers le gril en fin de cuisson).


Les travers sont installés sur la grille, avec le lèche-frite juste dessous, assez haut dans le four. Et s’en vont cuire dedans et laquer dehors vingt cinq bonnes minutes. On les retourne à la mi-temps, manière d’obtenir un bronzage homogène. On arrose, on surveille, on s'émerveille. 

Et c’est très bon. Vous auriez tort d’ailleurs de traiter cette recette par-dessus la papille, tant elle procure d’extases gustatives.
On en connaît qui se sont mis à danser la tektonik après ingestion, comme ça, sans apprentissage préalable, ce qui signe - en 2008 - l’authentique miracle.

 

Ce n'est qu'un au revoir, les potes

 

Commentaires

Je confirme : les spare ribs, c'est l'extase. Je n'ai jamais testé avec des travers de veau, ce qui va valoir une visite très prochaine à mon boucher.

Écrit par : Le confit c'est pas gras | 15/01/2008

les "vannes éculées" m'ont malgré bien fait rire, par contre les travers de veau, eux m'ont bien plu...
Et pour accentuer mon bronzage, hivernal, je vais derechef, mettre mon merveilleux visage dans le lèche-frite... il faut que je sache vers qui je tends... le pors ou le veau...

Écrit par : Olivier | 15/01/2008

Quel style ! Ca permet même de faire passer des vannes éculées et les travers font envie. Mais ça me pompe, car sa salit mon four qui n'est pas auto-nettoyant. Avez-vous une alternative ? Amitiés de Golovine en Suisse.

Écrit par : Golovine | 15/01/2008

Je me disais bien en lisant ces blagues éculées que j'ai faites au téléphone en mon jeune temps (mais le téléphone était déjà automatique quand même) lorsque mes parents me laissaient lâchement seule oà la maison... je me disais donc bien, que ce ne pouvait pas être les blagues de Dom Esteban... un gentilhomme pirate si raffiné n'oserait pas.
Bien le bonsoir.

Écrit par : mamina | 15/01/2008

je résiste à la tecktonik, toujours, en revanche, tes travers de porc, j'y ai déjà sombré, corps et âmes. Je retiens d'ailleurs ta larmette de piment tout comme l'ajout de fenouil (et la blague, inconnue encore au bataillon, truc de ouf!) bises à toi, l'artiste, je ne t'oublie pas, thèse oblige, mais suis pas loin!

Écrit par : alhya | 16/01/2008

Essaie donc de demander à la bouchère si elle a des yeux de biche.

Écrit par : Robert | 16/01/2008

Ce qui est bien aussi,c'est quand c'est le boucher qui s'adonne au gag éculé:
"Monsieur Estèbe, y'en a un peu plus, j'vous la mets quand même ?"

Écrit par : Ronchon | 16/01/2008

Moi, c'est la lambada que je danse en lisant tes si jolies conneries.

Écrit par : Sophie 13 | 16/01/2008

Qu'est ce qu'il est sexy, Estèbe, quand il parle de travers...

Écrit par : Calamity | 16/01/2008

Comme Golovine, je regrette, mais alors violent, le four auto-nettoyant...les travers de porc me parlaient comme aucune recette ne m'avait parlé auparavant. J'ai réfléchi et pof, astuce, astuce, je vais attendre cet été, et glisserai ces petites merveilles entre deux merguez sur la grille toute trouvée de mon barbecue!
bizzzz à Estèbe, l'homme qui sait parler à tort et aux travers

Écrit par : Sérénade | 16/01/2008

Idéeee!!! Mesdames, quand le four est sale, il suffit d'en acheter un autre.

Écrit par : Estèbe | 16/01/2008

Vive le développement du râble !

Écrit par : fraiseroi | 17/01/2008

Comment on va se regaler encore avec ca, merci M'sieur! J'attends avec impatience la saison des bbq.

Écrit par : gracianne | 17/01/2008

Je cherche encore le lien entre la graine de fenouil et l'asiate. Il doit être drôlement européanisé, votre asiate. Comme votre boucher, qui, en vrai gentilhomme, vous a servi quand même malgré votre farce sans âge.

Écrit par : renardgourmande | 18/01/2008

Je ne m'aventurerai pas à lançer ce genre de blagues à mon boucher, surtout avec mon niveau d'allemand, y a des chances pour que ça tombe à plat. Par contre, je compte bien tester cette recette avec du veau ou du porc d'ailleurs!

Écrit par : Flo Bretzel | 18/01/2008

Un vin de Travers eût été de trop !

Écrit par : Baraou | 18/01/2008

Les commentaires sont fermés.