22/01/2008

Papet vaudois et saucisse au chou, version light et slurp

 

 

Bonjourno, los copinos

 

 

 

Quand le CAC 40 fait de la spéléologie et que les petits porteurs dépriment, est-ce bien raisonnable de se rouler dans le papet vaudois? On a pesé la question longuement dedans notre tête et notre for intérieur. Avant de décider que oui, c’était raisonnable.


Bref, le papet vaudois, originaire du canton de Vaud comme son nom l’indique clairement, est un mix poireau-patate, accompagnant le plus souvent une saucisse aux choux. Voilà un plat sévèrement roots et gravement reconstituant qui, par l’action complexe de la gravitation, te rapproche de la terre après ingestion.


La doctrine préconise une cuisson des légumes sous la saucisse, les sucs grassouillets de la seconde imbibant largement les premiers. C’est bon. Mais ça saute aux hanches. On en fait une version light mais slurp, qui pourrait nous coûter quelques années de mise à l’isolement dans une geôle lausannoise. La voici quand même:

 

Pour deux gulus à table, payez-vous une saucisse au chou, quatre petits poreaux (ou poireaux en VF) et quatre patates moyennes. Pour six gulus à table, multipliez par trois. Etc.
Piquez la saucisse de quelques coups de cure-dents vengeurs, et balancez-la dans de l’eau frémissante pour trois quarts d’heure.


Pendant ce temps, pelez et taillez les patates en tout petits cubes. Hop, au wok dans un peu d’huile d’olive. Faites sauter à couvert, un bon quart d’heure, jusqu’à quasi-cuisson des pommes de terre. Ajoutez alors les poireaux, lavés et détaillés en minces anneaux au préalable, plus une noisette de beurre. Salez, poivrez, et laissez fondre à couvert.

 

 

 


Et voilà, l’affaire est dans le sac. La peau de la saucisse au chou ne se mange guère. Du coup, chaque convive racle gentiment la chair intérieure avec son couteau puis la touille au papet, en formant un joli mamelon aux couleurs gaies dans son assiette.
Avec ça, il nous faut un rouge autochtone, épicé et tonique. Pourquoi pas un chouette plant robert du grand Blaise Duboux d’Epesse? Hein ?

 

Et pour finir sur une note grave (note n'ayant strictement aucun rapport avec ce qui précède, quoique....) n’oubliez jamais que «Everytime you masturbate, Gods kills a kitten». C’est la loi divine. Faut pas discuter.

A sous peu

 

Commentaires

J''ai apprécié le ton humouristique de ta recette qui m'a donné envie de découvrir cette spécialité régionale alors que la charcutaille c'est pas trop mon kiff.

Écrit par : diane | 22/01/2008

Votre poireau glandeur échevelé a fini dans une très belle casserole !! Mes félicitations !! Il eut été dommage que votre for intérieur en décide autrement, tant pis pour la bourse ...

Écrit par : Anso | 22/01/2008

La raison l'ayant emporté sur le cac 4O, il va falloir que j'attende de me diriger vers l'Helvétie pour manger ce vaudois-là...

Écrit par : mamina | 22/01/2008

Toujours mythique comme recette... même lorsqu'on n'est pas du canton de Vaud!

Écrit par : Cherout | 22/01/2008

Elle a même une médaille cette saucisse là ! oh ! my God, Il est cruel ce dieu quand même.

Écrit par : Vanille | 23/01/2008

Marrant, hier je pensais justement à ce fameux papet vaudois avec nostalgie, comme ça fait 12 ans que j'ai quitté la suisse et que la saucisse au chou, hélas, ne se trouve pas par ici! Quelle tristesse!

Écrit par : Dr. CaSo | 23/01/2008

je sens que ceci va m'aider à reconstituer le popotin. Je pense jamais à ces plats là, ils sont pour moi à classer dans les plats d'homme. Mais je m'aperçois de ma bêtise. Avez vous noté, Cher ami, que tous mes commentaires vont dans le même sens: votre cuisine m'interpelle et me pousse sur des contrées nouvelles, de là à partir into the wild...

Écrit par : alhya | 23/01/2008

Pourquoi pas la peau??? Ils ont des moeurs étranges ces Vaudois. Leurs chiens doivent être bien gras.

Écrit par : Robert | 23/01/2008

C'est quoi cette histoire de meurtres animaliers divins? C'est horrible. Promis, j'arrête.

Écrit par : Sophie | 23/01/2008

Papet vaudois ou stoemp bruxellois, meme combat ?
Salut topslurp-estebe-jerome !
c'est toujours avec beaucoup de plaisir que je parcours ce blog culinaire tout en restant discret. Cette fois ci pourtant , un je ne sais quoi de parfum de cuisine regionale m'invite a t'écrire. Nous avons a Bruxelles, un plat a peu pres similaire que nous appelons le stoemp (prononcer stoump). Il s'agit ni plus ni moins d'une saucise de campagne accompagnée d'une purée a qq chose (purée aux poireaux, purée aux carottes, purée aux brocolis, les déclinaisons sont nombreuses....). La saucisse est cuite a la poele et en prime on y rajoute un oeuf cuit sur le plat. Il s'agit d'un plat traditionnel bruxellois. J'ai été assez étonné de la similitude de ces plats du terroir.
Allez zou Galinette, un papet !!!!
a tout soudain

Écrit par : Patrick | 23/01/2008

La dissection d'une saucisse similaire , m'a laissé très perplexe sur sa composition peu slurpesque, la peau est un beau rempart pour les regards indiscrets, donc je préfère manger la peau et affamer les pauvres toutou Vaudois

Écrit par : jupiter | 23/01/2008

Oui Patrick, les plats roots de pays (relativement) éloignés présentent souvent d'étranges similitudes. La choucroute et le couscous par exemple. Hum... pas si génial, l'exemple.

Écrit par : Estebe | 23/01/2008

Dans la version du papet que je possède, il faut non seulement faire glouglouter la saucisse sur le légumes pour augmenter le PH du plat, mais encore joindre abondance de couenne pour bien graisser les artères des convives afin d'éviter le gel.

Écrit par : Rabbit | 23/01/2008

Ah, la couenne superlative, c'est vraiment du vice. Félicitations Rabbit. Quand est qu'on soupe chez vous?

Écrit par : Estebe | 23/01/2008

Je ne sais pas si vous allez apprécier les recettes de Mamie Rabbit, car elle sont basées sur un concept Weight Booster.

Écrit par : Rabbit | 23/01/2008

chez moi y'a pas non plus de saucisse au chou, mais j'en prendrai une du même genre, parce que ça me fait trop envie. Bizarre ce goût pour les plats gras et pas tendance. Pour un peu je dirais que le cassoulet c'est délicieux! (je te donne un conseil si tu veux rester un blogueur influent, propose nous plutôt un petit dessert à base de clémentine caramélisée au balsamique par exemple!)

Écrit par : lili violette | 23/01/2008

l'est sur que si l'on fout la capote de la saucisse par dessus bord, on risque de ce retrouver avec plein de petit chat à noyer.....quoique après 45 min dans l'eau qui frémie.....j'ai rien compris! zut mince Lili à raison revenez à la clémentine......

Écrit par : loulou | 23/01/2008

Bon d'accord, demain: verrine de panacotta à la fève tonka. Pas de boyaux, pas de chatons foudroyés. (on en baille d'avance)

Écrit par : Estebe | 23/01/2008

Je préfère la recette que l'Antoinette m'avait donnée : pas de patates dans le papet, mais de la crème et du vin blanc. Et saucisses chacun a son gout...

Écrit par : Le Birolan | 24/01/2008

Oui, mais mon excellent boucher de campagne à moi, le jeune Péguiron de Fey, fait sa saucisse aux choux de manière à ce qu'il ne faille absolument pas la piquer (sous peine de la voir se comporter en éponge absorbant le fadasse jus de cuisson) et surtout que son bain en eau frémissante soit réduit à 13 minutes chrono! Isn't it beautiful?

Écrit par : Manu des champs | 24/01/2008

Bon ben je crois que je suis devenue trop vaudoise pour cette version, l'addiction au jus de gras de saucisse dans les légumes n'est pas si facile à faire oublier, mais merci, bel effort!

Écrit par : funambuline | 24/01/2008

Je gouterais bien la version wight booster moi.

Écrit par : gracianne | 24/01/2008

remarque de vaudoise: jamais je n'ai vu de saucisse au choux avec une médaille comme ca! c'est un modèle pour touristes? je la veux! je me vois bien recycler ce genre d'objets en bague, en boutons de veste tendance saucisse...

Écrit par : vero | 24/01/2008

Pas pour touriste, pour Genevois. Ils exportent les meilleures saucisses, les médaillées, vers le canton voisin. Quelle injustice! Les autochtones doivent se contenter de la 2e catégorie.

Écrit par : Estebe | 25/01/2008

Voilà j'ai mal à la tête , j'ai sursauté si fort en lisant le piquage au cure dents de la saucisse aux choux que je me suis tapé la tête au plafond de mon café ce matin .
Jamais au grand jamais ne faire un trou de quelque nature que se soit dans une saucisse ou un saucisson avant de le cuire !!!!
Enfin !

Écrit par : Eric | 25/01/2008

Moi j'y plante des baguettes japonaises, parce qu'elle sont plus pointues que les chinoises.

Écrit par : Rabbit | 25/01/2008

Aïaïaïaïaïaïaïaï! Caraaamba! Comme le disent Eric et Manu ainsi qu'une longue tradition: "Oncques cure-chagnote ne perce ta saucisse ! Cette cruelle tradition remonte à un temps (que les moins de 20 ans tadidada dadidada..) ou il était parfois difficile de réguler correctement la température de l'eau de cuisson, la saucisse ébouillantée sans précaution démontrait alors une tendance à l'explosion.
Mais avec les cuisinières modernes (vitro ou induction), il est si facile d'obtenir une eau frémissante qu'il ne faudrait en aucun cas se priver de rendre à la saucisse les derniers honneurs aquatiques avec tout le cérémonial idoine.
Or donc, choisir une saucisse bien dodue mais n'ayant surtout pas la peau du ventre trop tendue (explosion assurée), la déposer délicatement dans le bain frémissant, compter un certain temps (le temps de laisser refroidir un canon de fusil...) la sortir de l'eau; en pressant un petit morceau de pain contre sa peau, la mettre en perce (les gourmands peuvent manger le pain qui ne sert qu'à éviter la dispersion incontrôlée du jus sous pression), la découper, la déguster.

La médaille sert à indiquer que la saucisse aux choux qui en est pourvue répond au cahier des charges de l'IGP
http://www.charcuterie-vaudoise.ch/fr/cdc_schx.php

PS: Ma recette de papet vaudois vient de la page "gastronomie" de la défunte revue Schweiz und Tourismus, tirée du livre Traditionnelle schweizerische Küche, publié par Chaipuki Verlag sur une recette originale d'un certain F Girardet.... Sans commentaire !

Écrit par : Gourmand | 21/02/2008

Ben, vous alors

Écrit par : Estèbe | 21/02/2008

Bah... Je me suis adapté tant bien que mal au style du titulaire...

Écrit par : Gourmand | 21/02/2008

Ma question existentielle était:" Faut-il ou ne faut il point transpercer le saucisson avant la cuisson??" si je le transperce, va t il perdre tout ses sucs dans l' H2O? et si je ne le tranperce pas , va t il exploser tel un hiroshima helvétique et me faire repeindre ma cuisine? et bien mainteant je SAIS! merci a toi Estèbe!

Écrit par : soizic | 22/03/2008

Saucisse aux choux
Pour les gens pressés comme beaucoup, piquer 5-6 petits coups de couteau le dessous de la saucisse aux choux et poser la dans une assiette à soupe, vous flanquer le tout au micro onde 6 à 8 minutes et elle est cuite, vous verrez tout le gras de la saucisse est dans l'assiette. N'oubliez pas de couvrir l'assiette sinon votre four sera graissé à vie! Recette d'un "bernois" en pays de Vaud! On peut aussi adapter cette manière de faire au saucisson.
Bon appétit. Je sais que je ne vais pas plaire à tout le monde , mais tant pis.

Écrit par : Papy | 24/11/2008

Coup de théâtre !!! Superscoopette !!!

La saucisse au chou n’est pas une invention vaudoise. Elle est française !!!
Au risque de me faire étriper et d’être transformé en boutefas, j’ose rapporter ici ce qu’affirme Olivier Bühlmann, Urbigène et néanmoins boucher-charcutier, que c’est Charlemagne qui a inventé ce bout de boyau truffé de chou et de cochonnaille.
lors d’une campagne militaire à Orbe, bourgade rupestre d’une région de la Suisse francophone.
Eh oui braves gens, cette légende est tombée sur les genoux et dans les choux.

Yann Aplucomeux

Écrit par : Yann Aplucomeux | 15/02/2011

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