24/01/2008

Le hamburger de la mer (mais pas de ta mère)

 

Mes respects les plus humides

 

 

 

 

On a déjà largement mouillé notre tablier de cuisine pour prouver au monde incrédule que le hamburger, ben, on l’aimait d’amour vrai. Z’avez qu’à guigner et .


Bref, quand la toujours pimpante Anaïck a lancé l’idée d’un Hamburger Day, on a s’est dit Yipiii!
Encore une bonne occase de s’éclater avec le sandwich ricain, tout en tirant la langue aux géants de la malbouffe.
Puis, on s’est dit: mais qu’est qu’on va bien pouvoir pondre de...
1/original
2/exquis
3/drôle
4/ tonifiant pour les adducteurs.


Avec Madame Sonson, on s’est même réuni en briefing deux heures (avec une pose café-havane au milieu) pour trouver The Idée. Foie gras poêlé et ketchup de pomme? Non. Crépinette de porc et chutney de poivron? Renon.

Puis, bingo. Messieurs dames, voilà le burger de la mer, avec une effilochée de lieu jaune pané à l’estragon en guise de steak, des bigorneaux palourdes pour faire crouic sous la dent, quelques feuilles de cresson pour amener un peu de groove végétal, une rouille pour oindre l’affaire et un bon pain de seigle, genre bens, pas trop mou ni épais, goûteux et typé, pour parachever l’œuvre. Voyez le tableau?

 

 

Zou! Au boulot!


Emplettes. Pour quatre hamburgers, il vous faut des bens de seigle (Suisses, visez la Coop), une grosse patate (genre à gratin), seize bigorneaux palourdes, 400 grammes de filets de lieu sans la peau, trois œufs, quatre biscottes, de l’huile d’olive, du safran, du cresson, une gousse d’ail, de l’estragon en poudre, un CAP de podologue, et voilà.

Préliminaires. Faites bouillir la grosse patate. Pelez, écrabouillez à la fourchette. Réservez. Faites tremper les bigorneaux palourdes dans de l’eau claire. Lavez le cresson.

La rouille. Prélevez une cuillère de pulpe de la patate, montez une mayonnaise avec un jaune d’œuf et de l’huile d’olive. Doucement. Hachez l’ail. Incorporez. Faites infuser une demi-cuillère à café de safran dans huit gouttes de citron. Quand la mayo est bien ferme, incorporez le jus de citron safrané avec d’infinies précautions. Goutte à goutte, comme on dit dans Urgences. Salez, poivrez, rectifiez en citron ou en safran s’il le faut.

Le poisson. Faite bouillir une casserole d’eau avec une cuillère à soupe d’estragon dans une boule à thé, une bonne pincée de sel et deux gousses d’ail entières. Pochez le poisson entier, une minute et demie. Puis utilisez le même bouillon pour faire ouvrir les palourdes. L’affaire d'une minute.
Virez les bestioles de leurs coques. Effilochez le poisson du bout des doigts et liez-le coolos à la patate, en veillant à ne pas trop écraser la chair marine. Assaisonnez puissamment d’estragon, de sel et poivre. Goûtez. Il faut que ça soit bon. Puis formez quatre mignons palets avec vos menottes agiles.

La panure. Enfermez les quatre biscottes dans un sac en plastic. Ecrabouillez-les avec un rouleau à pâtisserie. Et transvasez dans une assiette creuse. Séparez le blanc du jaune des œufs. Et transvasez les jaunes battus dans une seconde assiette creuse.
Ouf, tout est prêt. Maintenant, ça va chauffer.

 

 

 

Au moment du miam, passez avec une immense délicatesse les steaks de poisson dans l’œuf, puis dans la panure. Et hop, à la poêle à feu fou, avec un rien d’huile d’olive. Une minute et demie de chaque côté. Simultanément (oui, il faut être au moins deux en cuisine, à moins de s’appeler Shiva ou Sarkopoulos), les bens vont dorer sous le gril des deux côtés, puis se font joyeusement tartiner de rouille. On glisse les steaks dedans, on coiffe de quatre bigorneaux palourdes et d’une poignée de cresson, on referme.


Et on croque comme un malade des mers. En se sirotant le merveilleux Beaujolais blanc du Domaine Valette, précis, vibrant et tendu comme le matelot découvrant une sirène en nuisette rose alanguie au fond de sa barque.

 

 

 

Sur ce, je vous salue bien bas

 

Commentaires

Ouh ouh ouh, j'en pluer! tu ne l'as pas trouvée à Prisu celle là! decidement, va falloir faire quelque chose!

Écrit par : tifenn | 24/01/2008

De pirate, tu deviens matelot, c'est normal, manger des burger, ça fait djeun!
Qunat à nos burgers de la mer... je suis sûre que les autorités supérieures nous ont donné des idées. Il n'y a pas de hasard.

Écrit par : mamina | 24/01/2008

debout les gars ! vla que vous mettez la barre bien haute ! on va peut etre vous suivre dans cette voie là, vu que nos dernières expérimentations à base d'andouillette ont du mal à aboutir.....zon quand même une drole de tronche vos bigorneaux.....

Écrit par : loulou | 24/01/2008

Ce sont des bigorneaux suisses, c'est tout. Ils ont été crabouillés avec la patate.

Écrit par : Vanille | 24/01/2008

Et quel est le prix de revient de cette Delikatesse ? Ca doit nous mettre au niveau de la pizza au caviar ou de l'omelette à la truffe blanche, non ?Quand on est contraint de choisir entre manger ou payer ses impôts, le coup du Hamburger est tentant; mais au moment de faire la liste des courses...
A moins de voler le beaujolpif. Là, on devrait pouvoir s'en sortir.

Écrit par : Rabbit | 24/01/2008

Ouf (pour la mère).
Ce hamburger est magnifique, mais tout de même assez élitiste, rapport au CAP de podologie.
Merci pour ta participation.

Écrit par : Le confit c'est pas gras | 24/01/2008

Mais non Rabbit!!! On en a eu pour 26 balles de créatures marines. Le reste coûte que dalle ou presque. Au prix du bon boeuf, voilà au contraire un burger résolument prolétarien, démocratique et républicain.
Loulou: mes bigorneaux, z'ont quoi mes bigorneaux???
Anaïk, hélas le diplôme de podologue est indispensable pour prendre son pied à table.

Écrit par : Estèbe | 24/01/2008

Tout fout le camp! Un burger de poisson??? A quand une brandade de sanglier? Ou une bouillabaisse de dindon?

Écrit par : Robert | 24/01/2008

Bigre ! Un jour dédié tout entier au burger !!!!!
Joie et paster noster, hosana etc!!

Nous autres les djeuns, on rêve de s'enfourner tonne de burger limite écolo et tendance bon. Tant que le hamburger de la mer ne l'est pas, nos papilles ne risquent pas le démâtage.
En revanche je me sens obliger d'abonder dans le sens du commentaire dénigrant le bigorneau présenté. Qu'est qu'c'est cette tronche ?

Écrit par : HW | 24/01/2008

Oh, une bouillabaisse ! Voilà qui me donne encore envie de vivre jusqu'à l'été. J'en ai fait deux l'an dernier et les créatures marines ont aussi coûté autour de 26-30 CHF: c'est de la rapine, mais elle étaient divines. Avec un Château-Minuty, ça décalamine.

Écrit par : Rabbit | 24/01/2008

J'ai point de CAP de podologue mais une licence de biologie, et ce que j'ai retenu de la bio animale (c'est à dire ce qui se mange), les bigorneaux sont des gastéropodes à coquille spiralée... La photo nous montrerait plutôt un mollusque bivalve (et même équivalve) mais le nom est peut-être moins marrant ? :-p

Écrit par : Marmotte | 24/01/2008

DES PALOURDES!!!:
Gaaasp. Oui, messieurs dames, notre clavier a fouché. C'étaitent des palourdes dont on a truffé le burger.
DES PALOURDES PAS DES BIGORNEAUX!!!!
Les bigorneaux, c'est des escargots. On ne connait qu'eux. Comment a-t-on pu? A la triple buse à QI de coque qu'on fait.
Bon, ya des matins comme ça où on ferait mieux de jouer à la marelle que d'écrire des recettes de cuisine.
DES PALOURDES!!!!
Mea culpa.
DES PALOURDES!!!!

Écrit par : Estebe | 24/01/2008

Ce qu'il y a de bien avec vous, Estèbe, c'est que vos coquilles de clavier, elles sont palourdes.
Sur ce, je m'esquive sur la pointe des pieds. Rapport au podologue, évidemment.

Écrit par : olif | 24/01/2008

Ca c'est de la slow-food de premiere classe, malgre les coquilles :)

Écrit par : gracianne | 24/01/2008

M. Estèbe,
Un petit truc pour ne plus les confondre: en chinois palourde se dit 蚌
et bigorneau pourrait se traduire par 海蜗牛 (mais c'est le genre de bestiole qui leur soulève le coeur et qu'il vaut mieux ne pas évoquer en public).

Écrit par : Rabbit | 24/01/2008

ah ? sont bizarres quand même vos palourdes.....lusitanien par alliance je dirais dirait plutot des ameijoas.......non ? mais bon vous etes si loin de la mer.......on peu pas vous en vouloir, par contre si un jour on essais de vous refourguer des barettes d'ormeaux sous le manteau....faite signe avant.......

Écrit par : loulou | 24/01/2008

dirais dirait, jamais.....oups vais m'allonger un peu moi.....la côte de thongue m'a un ti peu diminué........................

Écrit par : loulou | 24/01/2008

Ben c'était peut-être bien des oursins en fait, ou des oursons encoquillés

Écrit par : Estebe | 24/01/2008

Enfin un hamburger qui sent la mer (baltique !)...Pas comme le yankee, composé de restes de jambon (ham) et de petits pains (buns)rassis...J'ai tous les ingrédients sur place, chez les yankees donc, (grand choix de palourdes, de bigorneaux et de leurs cousins, et beaujolais blancs...) sauf le pain de seigle et la Coop. Mais chez Ikea il y a du bon knackerbrod qui remplace...

Écrit par : Le Birolan | 24/01/2008

Clovis roi des Francs t'aurait tranché la tête pour l'avoir pris pour un vulgaire Bigorneau
j'aime bien remuer le couteau dans la plaie

Écrit par : jupiter | 25/01/2008

Dis sur ce thon, on s'en délecterait volontiers !

Écrit par : Tit' | 25/01/2008

C'est quand même autre chose que le Mc Fisch

Écrit par : Flo Bretzel | 25/01/2008

our etre plus lourde encore, une question d'outillage: c'est indispensable le petit fouet pour monter la mayo oeuf-huile only a la main?

Parce que je suis fatiguee de naissance et ca ne monte jamais avec la fouchette mes mayo.

Écrit par : texmex | 23/02/2008

Le petit fouet, ça fait certes un brin bondage, mais c'est franchement plus speed que la fourchette pour dompter la mayo.

Écrit par : Estèbe | 23/02/2008

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