28/01/2008

Le flou troublant du filet de veau au pesto de citronnelle

 

Bien le bonjour

 

«Objets inanimés avez-vous une âme?», se demandait un jour un gulu qui n’avait rien d’autre de mieux à faire. Ben, la réponse est oui.

Par exemple, notre appareil photo a une âme. Et une âme de con, si vous me passez la licence lexicale. Tenez, l’autre jour, il s’est pris pour David Hamilton, en nous pondant toute une série d’images archifloues. Le vrai flou. Le flou fou de chez flou. Comme ça, une humeur. Il ne s’agissait pas d’immortaliser le derme blanchâtre de gamines en dentelle, mais une chair autrement plus rosée et exaltante, celle d’un filet de veau basse température flanqué d’un pesto à la citronnelle. L’appareil a crépité comme d’ordinaire. On ne s’est pas méfié. Avant de découvrir le désastre. Zieutez moi ça.

 

 

 

 

Que ce maudit engin ne nous empêche pas de faire la popote. Oubliez cette image inefecte. Et imaginez ce plat de rêve.


Emplettes: payez-vous un beau filet de veau bien épais (compter 300 grammes pour deux adultes consentants), de la citronnelle fraîche, une lime, un bouquet de basilic, des cacahuètes de cocktail et un poivron jaune. Le piment et l’huile d’olive, normalement, vous avez ça en stock.

Dans une larme d'huile d'olive, saisissez le filet une minute de tous les côtés, à feu nourri. Sel, poivre. Emmitouflez la bête dans du papier-alu, et au four, à 90°, pour une heure.


Dans le bol du mixer, balancez 40 grammes de caouètes salées (comme dirait L’Énigmatique Loulou), trois feuilles de citronnelle émincées, dix feuilles de basilic, une bonne cuillère d’huile d’olive, le jus de la lime, plus le demi-poivron jaune pelé, épépiné et taillé en morceaux. Pimentez. Salez. Poivrez. Vrouvroumez. Et goûtez. Il faut que ça soit délicat, tonique, riant et parfumé comme un sous-bois exotique après une ondée printanière.


Découper le veau à contre fibre en d’aussi fines lamelles que votre couteau et votre habileté naturelle le permettent. Servez avec le pesto (ben oui). Et un grand blanc septentrional, ciselé, long et envoûtant: le savagnin jurassien Grand Elevage 2002 du barbu et affable Jean Rijckaert. Aucun flou dans ce vin-là.

 

 

 

 

 

 

A plou tard

 

PS: Scandale. Ce grand cochon terroiriste d’Olif s’est payé notre bobinette. Un pastiche,  de Top Slurp, qu’il a pondu. Quel impudent! Qu’on l’oigne de cabernet californien!

Commentaires

Mmmm un bon Lundi efficace : 3 belles découvertes d'un coup : cette recette miam (j'habite au pays du cochon, faut que je me mette à d'autres viandes qd mm..), ce blog à appareil photo aussi fantaisiste que son propriétaire, et un blog pasticheur oenologue qui vient vraiment à point, tiens, ça manque de sélection de vin dans mon blog...
En vous remerkiant, bien, monsieur Estèbe,
So'

Écrit par : So' | 28/01/2008

Pastiche réuchi, autant que che plat flou ! A pluche ! (j'ai récidivé avec le chalumeau, cette arme me plaît bien d'autant qu'elle ne blesse que des mets fins et délicats...)

Écrit par : Tiuscha | 28/01/2008

Tant qu'il n'est pas AFF le Flou, c'est à donf pour moi!

Écrit par : tifenn | 28/01/2008

L'avantage du chardonney (avec le cabernet je n'ai pas fait l'expérience) californien, par rapport aux "jurassic oxydatives unouilled", cest qu'on peut l'oublier tout l'été dans le coffre de la limousine et le reprendre tel quel en septembre.
Je sens qu'on va me retirer ma carte du club...

Écrit par : Rabbit | 28/01/2008

Le pastiche ne manque pas de piquant et votre recette de vrombissement (le saviez-vous, j'ai moi-même un mixeur parlant). Merci pour la netteté ... de vos propos culinaires car voilà bien une recette à tester sans tarder !!!

Écrit par : Anso | 28/01/2008

Sans vouloir être offensante, on dirait que votre appareil photo a des préférences... pas de faux pas avec la dive bouteille.
Je sens d'ici l'exotisme de votre plat !

Écrit par : eglantine | 28/01/2008

Ton appareil a simplement voulu manifester sa lassitude d'avoir à photographier de la bouffe et des étiquettes de vin sans arrêt. Il a besoin de vacances, c'est tout.
Pastiche nickel, on s'y croirait. A toi de pasticher le terroiriste.

Écrit par : Robert | 28/01/2008

La bouteille avait été débouchée la veille, l'appareil ne se prenait pas encore pour artiste. Il filait doux.
Robert OK, on va l'expédier en colo, le fâcheux.

Écrit par : Estèbe | 28/01/2008

-Nous c'est souvent que c'est flou, mais en général on se rend compte que c'est nos gros doigts gras qui ce sont promenés sur l'objectif....
merçi pour le clin d'oeil, qui va peut etre reveiller l'énignmatique qui iberne en ce moment...........a plousse

Écrit par : loulou | 28/01/2008

Plus on est de flous, plus on mange. Bon, je sors

Écrit par : Sophie | 28/01/2008

Alors ce serait l'âme de l'appareil qui expliquerait les photos désatreuses qui hantent mon(mes) blog(s)... Ce ne serait pas l'alcool, ses vapeurs ? mes tremblements ? Ouf !
Tiens j'vais m'servir un savagnin à la santé d'Olif-Estèbe réunis.

Écrit par : Baraou | 28/01/2008

Baraou a raison, ca me rassure aussi, plutot.
Il faut se soucier de l'ame des appareils photos, de leur besoin de photographier aussi de temps en temps des paysages, des visages. Ou bien alors, il n'aime pas la viande rosee (il a tort).

Écrit par : gracianne | 29/01/2008

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