31/01/2008

Raves party (au four et au thym)

 

Amis raveurs, bonjour

 

 

 

Tu repenses parfois aux grandes raves des années 90, où tu bougeais ton corps jusqu’à l’aube au gré de la pulsation électronique.
Mais voilà. Aujourd’hui, tu ne peux plus danser des heures sous la boule à facettes. Les rhumatismes. Les soucis. Les marmots. La vie, quoi.
Grâce à DJ Estèbe, tu peux pourtant retrouver le goût des nuits techno d’antan, avec ces raves rôties au thym, couillonnes quoiqu'absolument exctasyantes.

 

 

 

 

Pèle et coupe ta rave (ou navet-rave pour éviter toute confusion sémantico-potagère) en grandes rondelles fines. Oins d’huile d’olive. Sel, poivre (cubèbe pourquoi pas) et thym. Hop, au four à 125°, sur une feuille de papier sulfurisé, pour une petite heure. Dès que les raves ont le look ad hoc, mets un disque de chouette boum boum sur la platine, tamise le néon de la cuisine. Et croque en ondulant du popotin.

Last night, Dr Slurp saved my live

Bye

29/01/2008

Des joues de lotte au vin jaune pour le rapprochement des peuples

 

Tchou tchou

 

 

 

 

Le Jura, c’est sympa. Mais loin de la mer. L’autre jour, pris d'une subite compassion pour le petit peuple jurassique qui aimerait tant se dorer la pilule sur le sable fin, on a modestement cuisiné un plat qui rapproche la Franche Comté de l’Océan. Trop fort.

Voilà donc des joues de lottes au vin jaune et noisettes, la recette magique grâce à laquelle on entend le ressac à Arbois et on sent la marée à Lons.

Payez-vous des joues de lottes (120 gr par cavité buccale à nourrir), de la crème, un bouteille de vin jaune et des noisettes (neuf noisettes par cavité buccale à nourrir).
Puis, rentrez chez vous en chantonnant un vieil air de Graeme Allwright, barde un brin oublié qui oeuvra naguère pour le rappochement des peuples et continents.

Faites rôtir les noisettes, virez grosso modo la peau et écrabouillez grossièrement au pilon.
Rincez les joues. Essorez avec passion. Assaisonnez. Faites-les sauter à la poêle six huit minutes. Réservez au chaud.

Déglacez la poêle avec un déci et demi de vin jaune. Laissez réduire. Liez d’une bonne grosse cuillère de crème. Assaisonnez avec résolution. Intégrez joues et noisettes. Touillez doucement une minute. Et slurpez moi ça avec un ris riz blanc et une bouteille de Coca-Cola Zéro bien frappée.

 

 

 

A bientôt

 

PS: Dans le dernier paragraphe, l’auteur a volontairement glissé une énormité. Sauras-tu la trouver?

28/01/2008

Le flou troublant du filet de veau au pesto de citronnelle

 

Bien le bonjour

 

«Objets inanimés avez-vous une âme?», se demandait un jour un gulu qui n’avait rien d’autre de mieux à faire. Ben, la réponse est oui.

Par exemple, notre appareil photo a une âme. Et une âme de con, si vous me passez la licence lexicale. Tenez, l’autre jour, il s’est pris pour David Hamilton, en nous pondant toute une série d’images archifloues. Le vrai flou. Le flou fou de chez flou. Comme ça, une humeur. Il ne s’agissait pas d’immortaliser le derme blanchâtre de gamines en dentelle, mais une chair autrement plus rosée et exaltante, celle d’un filet de veau basse température flanqué d’un pesto à la citronnelle. L’appareil a crépité comme d’ordinaire. On ne s’est pas méfié. Avant de découvrir le désastre. Zieutez moi ça.

 

 

 

 

Que ce maudit engin ne nous empêche pas de faire la popote. Oubliez cette image inefecte. Et imaginez ce plat de rêve.


Emplettes: payez-vous un beau filet de veau bien épais (compter 300 grammes pour deux adultes consentants), de la citronnelle fraîche, une lime, un bouquet de basilic, des cacahuètes de cocktail et un poivron jaune. Le piment et l’huile d’olive, normalement, vous avez ça en stock.

Dans une larme d'huile d'olive, saisissez le filet une minute de tous les côtés, à feu nourri. Sel, poivre. Emmitouflez la bête dans du papier-alu, et au four, à 90°, pour une heure.


Dans le bol du mixer, balancez 40 grammes de caouètes salées (comme dirait L’Énigmatique Loulou), trois feuilles de citronnelle émincées, dix feuilles de basilic, une bonne cuillère d’huile d’olive, le jus de la lime, plus le demi-poivron jaune pelé, épépiné et taillé en morceaux. Pimentez. Salez. Poivrez. Vrouvroumez. Et goûtez. Il faut que ça soit délicat, tonique, riant et parfumé comme un sous-bois exotique après une ondée printanière.


Découper le veau à contre fibre en d’aussi fines lamelles que votre couteau et votre habileté naturelle le permettent. Servez avec le pesto (ben oui). Et un grand blanc septentrional, ciselé, long et envoûtant: le savagnin jurassien Grand Elevage 2002 du barbu et affable Jean Rijckaert. Aucun flou dans ce vin-là.

 

 

 

 

 

 

A plou tard

 

PS: Scandale. Ce grand cochon terroiriste d’Olif s’est payé notre bobinette. Un pastiche,  de Top Slurp, qu’il a pondu. Quel impudent! Qu’on l’oigne de cabernet californien!

25/01/2008

VdV #10: l'étiquette et The Picrate

 

Ben le bonjour, les surfeurs d'eau douce

Sauf erreur calendaire de notre part, nous sommes le dernier vendredi du mois. Et résonne donc le tocsin du Vendredi du Vin. Glou glou glou. Ce coup-ci, c’est l'amène vigneronne Iris qui nous a collé le sujet de dissertation: «Sortez vos bouteilles avec les plus belles étiquettes»



 

 

Bon, let’s go. Il y a dix ans de ça, la vague du packaging pinardier iconoclaste et rigolo n’avait pas encore déferlé. On pataugeait encore dans les Châteaux machin ou Domaine truc, sans l’ombre d’un gag, d’un dessin cocasse ou d’un écart graphique.


Et voilà qu’au magasin, on était tombé sur cet ovni baptisé «The Picrate- vin de table français». MDR. Un chenin blanc d’Anjou, naturel et racé, au nez évoquant les oxydatifs jurassiens, à la bouche fulgurante quoiqu’un rien courte, produit par un individu mystérieux nommé Eric Callcut. The Picrate. Il faut oser. On avait fondu, évidemment, et investi dare-dare dans cette étiquette frondeuse.

A l’époque circulaient d’ailleurs plein d’histoires sur ce Callcut-là.
On racontait qu’il avait appelé son vin The Picrate en guise de pied de nez à l’interprofession qui n’arrêtait pas de l’embêter.
Qu’on l’avait interdit au Salon de vins de Loire et qu’il faisait goûter ses vins sur le parking.
Qu’il avait bossé avec Pierre Overnoy. Mais c’était même pas sûr.
Qu’il était biodynamiste, du genre très pépère et insouciant.
Qu’il avait vendu ses vignes pour suivre sa danseuse de fiancée dans un kibboutz en Israël.
Que le Picrate était donc une affaire close.


Ça, c’est de la légende, ou on ne s’y connaît pas.

Bref, on a récemment débouché The Picrate, cuvée «Les Chiens» 1996 (le millésime n’apparaît que sur le bouchon et le nom de la cuvée sur une collerette volante), qui a passablement changé de profil aromatique avec l’âge.

Le nez, naguère évoquant le savagnin non ouillé, libère aujourd’hui des effluves de moka fraîchement moulu et de foin. La bouche, toujours vive et gourmande, aux notes joyeuses de miel, noisettes et pamplemousse, démarre en fanfare mais tourne un peu court. Un blanc atypique et fanfaron malgré son âge, qui nous a arrosé un quasi de veau à la crème en rigolant.
The Picrate, parfaitement.

 

 

 

 

A plouche

24/01/2008

Le hamburger de la mer (mais pas de ta mère)

 

Mes respects les plus humides

 

 

 

 

On a déjà largement mouillé notre tablier de cuisine pour prouver au monde incrédule que le hamburger, ben, on l’aimait d’amour vrai. Z’avez qu’à guigner et .


Bref, quand la toujours pimpante Anaïck a lancé l’idée d’un Hamburger Day, on a s’est dit Yipiii!
Encore une bonne occase de s’éclater avec le sandwich ricain, tout en tirant la langue aux géants de la malbouffe.
Puis, on s’est dit: mais qu’est qu’on va bien pouvoir pondre de...
1/original
2/exquis
3/drôle
4/ tonifiant pour les adducteurs.


Avec Madame Sonson, on s’est même réuni en briefing deux heures (avec une pose café-havane au milieu) pour trouver The Idée. Foie gras poêlé et ketchup de pomme? Non. Crépinette de porc et chutney de poivron? Renon.

Puis, bingo. Messieurs dames, voilà le burger de la mer, avec une effilochée de lieu jaune pané à l’estragon en guise de steak, des bigorneaux palourdes pour faire crouic sous la dent, quelques feuilles de cresson pour amener un peu de groove végétal, une rouille pour oindre l’affaire et un bon pain de seigle, genre bens, pas trop mou ni épais, goûteux et typé, pour parachever l’œuvre. Voyez le tableau?

 

 

Zou! Au boulot!


Emplettes. Pour quatre hamburgers, il vous faut des bens de seigle (Suisses, visez la Coop), une grosse patate (genre à gratin), seize bigorneaux palourdes, 400 grammes de filets de lieu sans la peau, trois œufs, quatre biscottes, de l’huile d’olive, du safran, du cresson, une gousse d’ail, de l’estragon en poudre, un CAP de podologue, et voilà.

Préliminaires. Faites bouillir la grosse patate. Pelez, écrabouillez à la fourchette. Réservez. Faites tremper les bigorneaux palourdes dans de l’eau claire. Lavez le cresson.

La rouille. Prélevez une cuillère de pulpe de la patate, montez une mayonnaise avec un jaune d’œuf et de l’huile d’olive. Doucement. Hachez l’ail. Incorporez. Faites infuser une demi-cuillère à café de safran dans huit gouttes de citron. Quand la mayo est bien ferme, incorporez le jus de citron safrané avec d’infinies précautions. Goutte à goutte, comme on dit dans Urgences. Salez, poivrez, rectifiez en citron ou en safran s’il le faut.

Le poisson. Faite bouillir une casserole d’eau avec une cuillère à soupe d’estragon dans une boule à thé, une bonne pincée de sel et deux gousses d’ail entières. Pochez le poisson entier, une minute et demie. Puis utilisez le même bouillon pour faire ouvrir les palourdes. L’affaire d'une minute.
Virez les bestioles de leurs coques. Effilochez le poisson du bout des doigts et liez-le coolos à la patate, en veillant à ne pas trop écraser la chair marine. Assaisonnez puissamment d’estragon, de sel et poivre. Goûtez. Il faut que ça soit bon. Puis formez quatre mignons palets avec vos menottes agiles.

La panure. Enfermez les quatre biscottes dans un sac en plastic. Ecrabouillez-les avec un rouleau à pâtisserie. Et transvasez dans une assiette creuse. Séparez le blanc du jaune des œufs. Et transvasez les jaunes battus dans une seconde assiette creuse.
Ouf, tout est prêt. Maintenant, ça va chauffer.

 

 

 

Au moment du miam, passez avec une immense délicatesse les steaks de poisson dans l’œuf, puis dans la panure. Et hop, à la poêle à feu fou, avec un rien d’huile d’olive. Une minute et demie de chaque côté. Simultanément (oui, il faut être au moins deux en cuisine, à moins de s’appeler Shiva ou Sarkopoulos), les bens vont dorer sous le gril des deux côtés, puis se font joyeusement tartiner de rouille. On glisse les steaks dedans, on coiffe de quatre bigorneaux palourdes et d’une poignée de cresson, on referme.


Et on croque comme un malade des mers. En se sirotant le merveilleux Beaujolais blanc du Domaine Valette, précis, vibrant et tendu comme le matelot découvrant une sirène en nuisette rose alanguie au fond de sa barque.

 

 

 

Sur ce, je vous salue bien bas

 

22/01/2008

Papet vaudois et saucisse au chou, version light et slurp

 

 

Bonjourno, los copinos

 

 

 

Quand le CAC 40 fait de la spéléologie et que les petits porteurs dépriment, est-ce bien raisonnable de se rouler dans le papet vaudois? On a pesé la question longuement dedans notre tête et notre for intérieur. Avant de décider que oui, c’était raisonnable.


Bref, le papet vaudois, originaire du canton de Vaud comme son nom l’indique clairement, est un mix poireau-patate, accompagnant le plus souvent une saucisse aux choux. Voilà un plat sévèrement roots et gravement reconstituant qui, par l’action complexe de la gravitation, te rapproche de la terre après ingestion.


La doctrine préconise une cuisson des légumes sous la saucisse, les sucs grassouillets de la seconde imbibant largement les premiers. C’est bon. Mais ça saute aux hanches. On en fait une version light mais slurp, qui pourrait nous coûter quelques années de mise à l’isolement dans une geôle lausannoise. La voici quand même:

 

Pour deux gulus à table, payez-vous une saucisse au chou, quatre petits poreaux (ou poireaux en VF) et quatre patates moyennes. Pour six gulus à table, multipliez par trois. Etc.
Piquez la saucisse de quelques coups de cure-dents vengeurs, et balancez-la dans de l’eau frémissante pour trois quarts d’heure.


Pendant ce temps, pelez et taillez les patates en tout petits cubes. Hop, au wok dans un peu d’huile d’olive. Faites sauter à couvert, un bon quart d’heure, jusqu’à quasi-cuisson des pommes de terre. Ajoutez alors les poireaux, lavés et détaillés en minces anneaux au préalable, plus une noisette de beurre. Salez, poivrez, et laissez fondre à couvert.

 

 

 


Et voilà, l’affaire est dans le sac. La peau de la saucisse au chou ne se mange guère. Du coup, chaque convive racle gentiment la chair intérieure avec son couteau puis la touille au papet, en formant un joli mamelon aux couleurs gaies dans son assiette.
Avec ça, il nous faut un rouge autochtone, épicé et tonique. Pourquoi pas un chouette plant robert du grand Blaise Duboux d’Epesse? Hein ?

 

Et pour finir sur une note grave (note n'ayant strictement aucun rapport avec ce qui précède, quoique....) n’oubliez jamais que «Everytime you masturbate, Gods kills a kitten». C’est la loi divine. Faut pas discuter.

A sous peu

 

21/01/2008

Que font les légumes quand on ne les voit pas?

 

 

Bonjour,

Que font les fruits et légumes quand on ne les voit pas?

Ben, ils draguent et ils déconnent. Comme nous, en fait.

 

 

 


 

 

 

 


 

Quelle bande de glandeurs! Finalement, ils méritent de passer à la casserole.

Tchou!

18/01/2008

Des pageots pas cageots avec de l'orange, de la citronnelle et du gingembre dedans

 

Coucouloucoucou 

 

 

 

 

Une jeune lectrice nous a récemment balancé un sarcasme au plastron. Ah, l’impudente! «Tes recettes, elles sont pas mal, mais tu mets du gingembre partout. T’as rien d’autre dans ta cuisine?» On a ignoré la pique, en lui jetant notre regard glacé numéro cinq. Celui qui dit, en substance, «va voir au McDo si j’y suis.» La fâcheuse a filé, la queue basse.


Ensuite, en y réfléchissant, on s’est dit qu’elle n’avait pas vraiment tort. On met du gingembre partout. Et cette manie a une vraie raison. Le gingembre, c’est bon. Et plein de vitamines avec ça. De la B912C, excellente pour la tonicité du périnée, et de la D66 en pagaille, qui fertilise la voûte plantaire. Le gingembre a bien d’autres vertus encore. Diurétique, antibiotique, antidermatosique, agnostique et dialectique, il stimule l’occiput et tamise, malgré une rumeur tenace, les libidos suractives. «Dîner au gingembre, ronron dans la chambre», assure un adage coréen.

 

 

 

 

Bon, causons un peu du pageot, que certains nomment la daurade rose pour faire plus chic. Pageot, mix sémantique entre Peugeot et cageot, ça fait immédiatement plus populaire. Pourtant, l’animal ne l’est nullement. Solidement tarifé, il cache une chair aristocratique qui nous rappelle, à chaque bouchée, que l'océan abrite des créatures sublimes.

 

Bref, voilà de petits pageots rôtis à l’orange, citronnelle et… gingembre. Ben oui.
Payez-vous un petit pageot (500 grammes) par personne. Demandez à la poissonnière d’écailler et de vider les bêtes.
Préparez une farce en touillant délicatement des quartiers d’oranges, quelques feuilles de citronnelle et… un rien de gingembre frais haché. Farcissez les poissons. Oignez-les d’huile d’olive. Salez. Poivrez. Puis déposez-les dans un plat, dans lequel vous aurez jeté d’un geste gracieux deux décis de vin blanc. Et hop, au four, préchauffé à 220°, pour 18 minutes. Quoi? C’est peu? Mais non. «Le pageot surcuit n’exhale que l’ennui», affirme un proverbe vietnamien.

En cours de cuisson, surveillez le niveau de liquide quand même, sait-on jamais.


Pendant ce temps, préparez une petite huile aromatisée. En faisant frémir une minute un déci d’huile d’olive et le jus d’une demi-orange, avec une feuille de citronnelle et un peu de… gingembre haché. Filtrez. Réservez au tiède.

Levez les filets du poisson. Oui, ça fait peur. Mais l’opération s’avère relativement fastoche (vous noterez néanmoins que l’on n’a pas posté de photo de la bestiole post-carnage). Arrosez avec l’huile aromatisée, parsemez de farce. Puis servez, par exemple, avec un riz camarguais, un riz rouge (devant lequel certains rient jaune) et un beau blanc sec de Vouvray, à la minéralité émouvante et au fruité subtil. Un Vouvray harmonieux et un peu mûr de Philippe Foreau, par exemple.
«Grand vin de Vouvray t’arrache de cris d’orfraies», garantit un dicton tourangeau.

 

 

Voilà. Gros bisoux de mèzigue.

 

 

15/01/2008

Les travers de veau laqués au miel et quelques gags éculés

 

Papouilles, les gens 

 

 

 

 

Une plaisanterie classique mais savoureuse consiste à demander au charcutier s’il a des pieds de cochon. «Mais bien sûr», répond le brave homme, inconscient du danger. «Et ça ne vous gêne pas pour marcher», qu’on lui jette au museau, hilare. Rigolo, non?


Variante. «Bonjour Monsieur le boucher, vous avez des travers de porc?». «Evidemment, ma petite dame», rétorque innocemment le commerçant. Et là on lui balance The Gag: «Et t’en es fier? Vieux dégoûtant!»


Pour éviter toute confusion, on a donc demandé à notre boucher, avec qui il s’agit de rester en bons termes, s’il avait des travers de veau. Travers que l’on a dare-dare mitonné façon spare-ribs asiates.


Marinez vos travers deux heures dans trois bonnes grosses cuillères de sauce soja (un rien diluée à l’eau si trop corsée), deux gousses d’ail dégermées et hachées, le jus d’une lime, quelques graines de fenouil, une larme de piment, deux cuillères à café de gingembre frais haché et, surtout, une grosse cuillère à soupe de miel. Point trop racoleur à la snifette, le miel. Goûtez-moi ce jus-là et rectifiez ce que bon vous semble.


On touille gentiment sa marinade à mi course. Et on préchauffe son four à 200°, position chaleur tournante + gril (possesseurs de four ancestraux, séchez vos larmes, vous basculerez vers le gril en fin de cuisson).


Les travers sont installés sur la grille, avec le lèche-frite juste dessous, assez haut dans le four. Et s’en vont cuire dedans et laquer dehors vingt cinq bonnes minutes. On les retourne à la mi-temps, manière d’obtenir un bronzage homogène. On arrose, on surveille, on s'émerveille. 

Et c’est très bon. Vous auriez tort d’ailleurs de traiter cette recette par-dessus la papille, tant elle procure d’extases gustatives.
On en connaît qui se sont mis à danser la tektonik après ingestion, comme ça, sans apprentissage préalable, ce qui signe - en 2008 - l’authentique miracle.

 

Ce n'est qu'un au revoir, les potes

 

14/01/2008

Les Tops Ten de saison du Dr Slurp

Salud, les gens

Voilà qui est devenu rituel dans la blogomiam: en janvier, tout un chacun dresse son petit panthéon de recettes publiées au fils des douze mois précédents.
C’est là un exercice à la fois plein d’immodestie et de déchirements. Car ces petits plats-là, ce sont un peu nos chérubins. Comment trancher dans le lardon?


Bon, assez larmoyé. Dégainons notre Top Ten slurp et saisonnier.

 

 


 

Un hamburger gascon, avec un steak de magret et un chutney de cerises: la revanche du terroir sur la malbouffe planétaire. Niark!

Des pétales de cabillaud corsées sur pouf de lentilles crémeuses: une entrée qui se la ouédje dru.

Une baguette de pain avec un filet mignon et quelques zestes de citron cachés dedans: couillon mais voluptueux.

Un petit cabri rôti au cumin et gingembre avec plein de patates douces: un plat cocasse mais subtil, oui ma chère, subtil.

Une terrine de haricots aux noix et deux épices: voluptueux, slave et rassasiant.

Une brandade de morue pascale à la régulière: un Himalaya du répertoire.

Un noir et blanc de mozzarelle sur aubergine à la sicilienne: la Méditerranée qui toque au carreau.

Un filet de merlu à la cardamome sur lit de céleri étuvé: rôle royal pour un poisson modeste.

Un quasi de veau aux légumes préprintaniers: une cocotte odoriférante et sexy.

Un curry basquais de coques, crevettes et merguez: un mariage œcuménique autant que canaille.

 

 

Des coques, des merguez et des crevettes. Boudu! 

 

Euh.... ça fait dix?

Ben, maintenant, qu'on est lancé, impossible de s'arréter, vroum vroum:

 

  • Le Top Five des pinards

 

 

 

La cuvée «En avant doute» du tout jeune domaine ardéchois Les Clapas, 100% grenache, 100% naturel, 100% bonheur.


Les corbières bluffants et naturels du tout jeune itou Maxime Magnon.


Le gamay corsé et épicé Otosan 2005, produit par Mademoiselle Noëlla Morantin au Domaine des Bois Lucas.


L’aligoté racé et ciselé d'Alice et Olivier de Moor dans l'Yonne


La Syrah du Mas des Aveylans dans le Gard, une petite bombe épicée, tout en intensité et en précision

Et un prix spécial au Jurassien Michel Gahier (merci Olif) pour l’ensemble de son œuvre.

Bon, tant qu’on y est...

 

  • Le top five cinoche:

 


Les Promesses de l’Ombre de Cronemberg (tu l’as vu ce baston au sauna?)
 

Zodiac de Fincher (le serial killer que l’on ne chope jamais)
 

Boulevard de la mort de Tarantino (kitsch baroque et motorisé: total ouf)
 

Persepolis de Marjane Strapati (le cartoon qui te fait pleurer des larmes)
 

Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner (quoi… il ne date pas de 20007?)

 

  • Et le top five zizique:

 

Avec cinq chansons, parce que de grands albums, on n’en a pas croisé des masses ces temps-ci.

 

Voilà l'Anglaise M.I.A. avec un joli pantalon oxygéné

 


 M.I.A.: Paper Planes (flow lutin, refrain scotchant)

Queens Of The Stone Age: Into The Hollow (ça plane pour eux)

Caribou: Melody Day (psychéludique)

Gossip: Standing In The Way Of Control (une grosse dame qui a la niak)

Rakes: We Danced Together (la poperie britonne de saison)

Voilà, ça sera tout pour le moment. On se revoit le 11 janvier 2008.

Bizzzz

11/01/2008

Les croûtes moléculaires au cantal et au cumin

 

Amis de la Faculté, bien le bonjour

 

 

 


Bon, assez rigolé. Aujourd’hui, on va un peu phosphorer sur ce blog, en prenant un cours de cuisine moléculaire. Car, voyez-vous, la popote engendre de complexes réactions chimiques que l’amateur doit étudier sous peine d'errer jusqu’à sa mort dans les ténèbres de l’ignorance.


Préparez vos seringues sphérificatrices et pipettes gélifiantes. Astiquez vos siphons nucléaires et centrifugeuses à azote pulsé.


Et autopsions cette recette de croûtes de cantal (ou salers, ou laguiole) au piment et cumin, sur lit de salade verte aux noix. Attention, ça va gélifier les méninges.


Taillez des tranches dans un pain de bon aloi. Coiffez de tranches de cantal, d’un trait de piment doux et de quelques graines de cumin. Enfournez sous le grill jusqu’à gratinage artistique. Et servez avec une salade verte à l’huile de noix parsemée de cerneaux.


NOOOOOON. Ne bâfrez pas, bande de cancres!!!

Mais observez les modifications physiques occasionnées par le processus culinaire.


1 Le fromage, qui était dur, est tout mou.
2 Le pain, qui était mi-blanc, a roussi
3 Le cuisinier, qui s’est sifflé la moitié d’une bouteille de cornalin, est tout gris.


C’est magique, c’est moderne, c’est moléculaire.

Bien le bonsoir

10/01/2008

La soussoupe culturelle de crevettes et porc à la citronnelle

 

Mes hommages, amis de la culture 

 

 

 

Avant-hier, Nico le Bref donnait une conférence de presse qui nous a fait chaud au cœur. Il est si bon d’entendre des mots tels «civilisation», «morale», «amour» et, surtout, «culture» dans la bouche présidentielle. Oui, «culture». Finalement, ce quinquennat pourrait être celui de l’intelligence et de l’éthique. Voire carrément le règne des Arts et des Lettres. Avec Johnny, Bigard, Steevy et Doc Gynéco comme prophètes, ça va péter le plafond.

Pince-moi, j’hallucine la Vierge.

Après ça, sans trop savoir pourquoi, on a eu besoin d’une soussoupe gentiment exotique. Voilà donc notre potage de crevettes et porc à la citronnelle, qui permet, en trois coups de cuillères, de se dépayser papilles et cortex.

Pour rassasier quatre gulus à table, il vous faut;

- 100 grammes de nouilles asiates fines aux œufs
- Et tant que vous êtes à l’épicerie thaï, équipez-vous de feuilles de citronnelle et sauce soja
- Un bon gros litre de bouillon de volaille. Ou de légumes. Ou, mieux, un mix odoriférant des deux.
- 20 grosses crevettes, si possible crues, sauvages et décortiquées. Enfin, payez-vous ce que vous pouvez.
- 300 grammes de côtelettes de porc.
- Une grosse gousse d’ail, deux échalotes dodues, une botte d’oignon frais
- Un bouquet de coriandre et du gingembre frais
- Un morceau de sucre brun
- Une pincée de piment
- Un citron vert et de l’huile de tournesol
- Et les œuvres complètes de Steevy, récemment parues dans la Pléiade

 


 

Hachez ail, échalote et l’équivalent d’une cuillère à soupe de gingembre frais.
Virez l’os et le gras du cochon, émincez.
Pressez le citron
Emincez la coriandre et le vert de l’oignon frais en rondelles.
Taillez quatre feuilles de citronnelles en lanières minces.
Préparez le bouillon. Bien corsé, le bouillon.
Décortiquez s'il le faut et rincez les crevettes.
Préparez les nouilles comme indiqué sur le paquet (en général quatre minutes dans de l’eau bouillante hors feu en démêlant à la fourchette), égouttez et réservez.
Dégainez le wok. Faites brunir ail et échalotes dans une cuillère à soupe d’huile de tournesol. Ajoutez le bouillon. Puis le jus de citron, le piment, une cuillère à soupe de soja, le gingembre, le sucre et le porc émincé.
Laissez frémir un quart d’heure. Goûtez, rectifiez avec le soja, s’il le faut.
Plongez alors nouilles et crevettes. Plouf! Quatre-cinq minutes, le temps que les crustacés rosissent comme un collégien devant l’origine du monde.
Achevez le grand œuvre en décorant les assiettes de coriandre hachée et rondelles d’oignon frais.
Et servez en déclamant ces quelques vers de Doc Gynéco:
«C'est beau, c'est beau la vie
C'est beau, c'est beau la vie
C'est beau, c'est beau la vie
C'est beau, c'est beau»
Le règne des lettres, qu’on vous disait.

 

 

Tchou, les aminches

08/01/2008

Le saucisson au Sauternes et le mobile volant

 

Bien le coucou, les gens

 

 

 

 

Une histoire triste pour commencer. L’autre jour, on avait photographié, avec notre téléphone portable et rien pour vos beaux yeux, trois saucissons vaudois alanguis sur l’étal de notre charcutier favori. Hier soir, on laisse ledit portable dans le tiroir du bureau (ce qui est bête). Et on file ronronner à la casa.


Ce matin, le téléphone avait disparu. Piqué. Braqué. Evanoui.

Pas de saucissons pour vous. Plus de mobile pour mèzigue. Reste la téléphonie immobile, qui a pris un coup de vieux depuis quelques années.


Bref, voilà une recette replète et joyeuse de saucissons mijotés au Sauternes, empruntée à Monsieur Marc, qui nous avait épatés un dimanche de cocktail dînatoire en nous mettant ça sous le nez. Recette pour laquelle il vous faut des saucissons à cuire (vaudois, boutefas, Morteau, Lyonnais, de Montbéliard, etc.), deux brins de thym et une bouteille d’un Sauternes bien modeste. Le nôtre nous a ainsi coûté le prix d’une demi-place de cinéma à la supérette du coin. Preuve que cette appellation pratique, au niveau tarifaire, un grand écart digne d’une gymnase chinoise en latex. Entre le Château Plonplon et le Château Yquem, il y a comme de la disparité dans l’air girondin.

 

 

 


Moteur! La veille, cuisez les saucissons (compter un saucisson pour trois gulus d’appétit standard) dans de l’eau frémissante. Entre 25 minutes et trois quarts d’heure selon le calibre de l’engin et l’avis du charcutier.
Le lendemain, virez la peau, en faisant glisser la gaine le long de ce jarret rosé (ce qui procure d’ordinaire une émotion trouble). Tranchez en rondelles. Et hop, dans la cocotte. Mouillez à ras avec le Sauternes. Coiffez de thym. Et laisser glougloutez à découvert jusqu’à le liquide ait réduit de moitié. Le jus de la cochonnaille ne fait alors plus qu’un avec le vin. Ce qui dégraisse, mine de rien, un max la bête, sans la sécher.
Et si le cœur (et la balance) vous en dit, dégraissez aussi la sauce avant service.
Puis engloutissez-moi ça avec un gratin de cardons et délectation, en prenant soin d’éteindre votre portable. S’il est encore là.

A la revoyure

 

07/01/2008

La tomme de vache crémeuse avec des morceaux de truffe cachés dedans.

Mein respects, cop's


La Tante Hortense t’a offert une truffe noire à la Saint-Sylvestre?
T’a piqué une truffe noire à l’épicerie fine dans un moment d’égarement délinquant?
Une pluie de truffes noires est tombée sur ta maison l’autre nuit, de sorte que t’en a trouvé une dans la cheminée?
Ton gros cochon truffier, appelons-le Marcel-le-Cochon, a trouvé une pépite sous la haie de thuya du jardin?


Bref, t’as une truffe dont tu ne sais quoi faire?
Essaie donc ça:

Vise une tomme de vache crémeuse mais pas trop corsée. Expédie-la au congélo un quart d’heure qu’elle se raffermisse (un peu comme le croupion de la future première dame de France).

 

 


Tranche-la en deux, dans le sens de la longueur, d’un coup de lame habile.
Truffe de truffe (mmmm…. aurais-je commis une répétition fâcheuse?). En lamelles, les truffes.
Referme le fromage. Emmaillote dans du papier-alu. Oublie au frigo deux jours. Et sort le trois heures avant le miam.
Puis prend le fromage dans ton bec. Et n’écoute pas cette crapule de Maître Renard qui, par l’odeur alléché, va essayer de t’embobiner pour récupérer la tome truffée (clin d’œil littéraire).

A demain si vous le voulez bien

04/01/2008

Des rillettes de maquereaux pour s’engouffrer dans 2008 en rigolant

 

Comment ça va bien, les coquins de l'an 08?

 

 

 

 

Ben, voilà. C’est fait. Exunt guirlandes lumineuses, dindes joufflues et embrassades rituelles. Fouquet’s Gump nous a fait ses vœux; Papa Noël est retouné dans son igloo; et le sapin perd ses lamentablement ses plumes sur le trottoir glacé.

Bref, la vraie vie recommence. Passons donc à table, sans faire de chichi, comme de braves homo sapiens goulus que nous sommes. Sans oublier de prendre l’apéro avant, bien sûr, en débouchant une Altesse rebondie mais racée, aux parfums de miel et de fleurs blanches, produite par le Sieur Jean-Noël Blard à un jet de moût de Chambéry. Beau blanc montagnard, cédé à prix câlin par le marchand.

 

 


Avec ça, il s’agit évidemment de grignoter. Car «qui se noircit le museau sans manger roule sous la table comme un goret» (vieux proverbe vierzonnais). Il s’agit de grignoter, disais-je, des rillettes de maquereaux au citron vert par exemple, concoctées selon la recette simplette autant qu’express que voilà:

 

 

 


Avisez une boîte de maquereaux marinés au vin blanc. Honnête, la boîte.
Ouvrez-la (ben oui). Virez le jus et les aromates éventuels. Puis écrabouillez à la fourchette les malheureux filets de poisson en compagnie de 80 grammes de ricotta. Sel, poivre au moulin, piment doux, coriandre en poudre et neuf gouttes de citron. Ajoutez quelques zestes de citron vert. Puis faites moi griller de jolies mouillettes, que les convives se tartineront frénétiquement, en se mettant des rillettes jusqu’à la Rolex.


2008 peut serrer les fesses. On est d’attaque. Crouic.

A tout soudain, les gens