01/02/2008

L’(ado) râble qui cachait du brocciu aux tomates séchées

 

Bonghjurnu,  

 

 

 

 

Le brocciu est une mirobolante pâte à la fois fraîche et corse, issue du petit-lait de brebis le plus souvent, vache parfois, chèvre rarement, ânesse jamais. C’est un fromage exquis autant que subtil. Et superlight, avec ça. « Là où le brocciu passe, jamais la bascule ne trépasse », disait Napoléon qui, mine de rien, soignait sa ligne.


L’autre jour qu’on déambulait au marché de Rive, on est tombé raide béat d’extase devant un étal truffé dudit brocciu. Lequel a sauté dans notre panier. Avant de jouer le premier rôle dans ce râble de lapinou bardé, farci de brocciu aux herbes et tomates sèchées. Excusez la longueur de l’intitulé, trop souvent gage de médiocrité rampante. Mais, juré, ce râble-là botte en bouche de tout ceux qui ont croqué dedans.

 

 

 


Touillez deux grosses cuillères à soupe de brocciu avec une giclette d’huile d’olive, sel, poivre et ail en poudre. Ajoutez dix petites tomates sèches émincées, quelques feuilles de cerfeuil hachées et de ciboulette ciselées. Goûtez. Il faut que ça soit bon. Vif, parfumé et méridionnal.


Le râble, que le volailler vous a désossé sans se faire prier, se fait assaisonner de tous côtés. Tartinez lui donc largement le ventre de farce. Roulez. Bardez de fines tranches de jambon cru. Et ficelez le tout, façon momie.

 

 


Dorez l’animal quelques minutes à la poêle dans un peu d’huile d’olive. Puis emmaillotez-le dans du papier aluminium comme un gros bonbon. Et paf, au four, préchauffé à 180°, pour une demi-heure.
Quand la pendule du salon, qui dit oui qui dit non, vous dit c’est l’heure, baby, sortez le râble de sa papillote, virez le cordage, et découper avec d’infinies précautions. Servez ça avec une petite purée carottes-céleri.

Et extrayez par la même occasion le bouchon d’un Catalan rigolard, au pif débordant de framboise épicée et à la chair tendre mais pleine. J’ai nommé la scotchante Cuvée 2006 du Domaine Boudau, vendue à tarif über câlin par le marchand. Impossible de bouder ce Boudau.

 


Pace i salute

 

Commentaires

Cher collègue Estèbe, vous me comblez :-).

Écrit par : Cherout | 01/02/2008

Oh yeah, Babe, ça me botte carrément! dommage, j'n'ai plus de garcette!
Mais j'anticipe la rencontre avec la prochaine bobine et j'essaie, c'est sûr!

Écrit par : tifenn | 01/02/2008

Uhhhh, ça chauffe sur ce blog. Réglement de comptes à Top Slurp Corail. Ton râble corse, c'est de la bombe.

Écrit par : Robert | 01/02/2008

Tu trouves que l'ado, il est râble... moi je les trouve plutôt sympa les ados Ceci dit, coîncidence (fréquente) nous avons mangé du lapin aujourd'hui...

Écrit par : mamina | 01/02/2008

Ne boudons pas un plaisir supplémentaire. Si tu as aimé ce côtes du Roussillon, je ne pourrai que te conseiller de trouver son frère un peu plus sucré en la personne du Rivesaltes Grenat sur grain. Du grand bonheur en bouteille ! http://maigremont.canalblog.com/archives/2006/05/20/1876677.html

Écrit par : Gildas | 01/02/2008

ma doué béniguett, un fromage inconnu au bataillon et un fromage qui prend soin des fesses (enfin de leur périmètre) des filles de surcroit!!
Saint Estèbe vous êtes béni entre tous les saints!

Écrit par : So" | 01/02/2008

J'ai vu le Rivesaltes aussi chez le marchand, Gildas, je vais m'y pencher sérieux.

Écrit par : Estèbe | 02/02/2008

Avec de telles vertus, je crois bien que je vais me mettre au brocciu et accessoirement au rable. En attendant, la pendule du salon me dit qu'elle m'attend !

Écrit par : Eglantine | 03/02/2008

y doit avoir arreter le brocciu depuis le p'tit Napo, parceke il a franchement un gros cul.......oups !

Écrit par : loulou | 04/02/2008

Contente de voir qu'il y a des spécialistes de la Grande Histoire parmi tes lecteurs. La remarque de Loulou estr pertinente: Napo, il devait pas bouffer que du brocciu

Écrit par : Sophie 13 | 04/02/2008

C'est le genre de bonbon que je prefere, emmaillotte avec amour.

Écrit par : gracianne | 04/02/2008

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