L’affriolante pita avec du poulet croustillant et mille sauces dedans

 

 

 

 

 

Niark!

 

Dans notre civilisation résolument moderne et farouchement contemporaine, il est assez mal vu de bâfrer avec les doigts. La fourchette, c’est pas fait pour les cochons, qu’on nous rabâche depuis la crèche. D’où le trouble transgressif qui s’empare du dîneur obliger de tripatouiller la nourriture avec ses mimines. Une honte voluptueuse, qui crée presto une complicité coquine autour de la table. Car, voyez-vous, manger avec les doigts, particulièrement au sein du couple en devenir, s’apparente au plus sûr trampoline vers d’autres plaisirs de sens. Une antichambre vers la chambre. Un aller simple sous la couette. Une prélimimiam, si j’ose.


Voilà donc des pitas de poulet croustillant, flanquées de tzatziki, compote d’oignons aux raisins, sauce sésame et crudités variées, qui exige donc quelques exquises manipulations collectives avant mastication.

 

 


 

Emplettes? Pas grand-chose. Il vous faut du fromage frais, un yaourt, des blancs de poulet bio, du sumac (la divine épice arabe), du kamoun, deux oignons rouges (ou quatre échalotes), des raisins secs, de la cannelle, du sésame, du piment, un concombre, de l’aneth, de l’ail, des tomates cerise, de l’oignon frais, un citron, du quatre-épices, des pitas (pain sanwitch oriental), du miel et de la laitue iceberg. Rien que ça. Et une petite heure de boulot tranquilou en cuisine.


Confit d’oignon aux miel et raisins. Une recette typique de Casablanca, empruntée à l’ami et danseur de slow Bruno, qui pourrait être la douce colonne vertébrale de cette affaire. Emincez les oignons, pochez-les un bon moment dans deux verres d’eau. Quand le liquide s’est fait la malle et que l’oignon est bien confit, ajoutez une louchée de miel, une tombée de cannelle, une pincée de kamoun et une autre de sel. Plus une poignée de raisins de Corinthe. Laissez compoter en ajoutant un peu d’eau s’il le faut.

Sauce au sésame. Touillez deux grosses cuillères de fromage frais avec une lichette d’huile de sésame et d’huile d’olive. Ajoutez plein de graines de sésame, piment, sel et poivre.
Une variante? Dame Anaïk a une formule différente autant que palpitante.

Tzatziki. Râpez un demi-concombre, essorez bien. Puis touillez avec un yaourt, deux gousses d’ail émincées, aneth, sel et poivre. Amen.

 

 

 


Crudités. Emincez une laitue iceberg. Taillez les tomates cerise en quatre, arrosez de quatre épices, huile d’olive et rondelles d’oignons frais. (Re) amen.


Poulet. Découpez vos blancs en bandelettes minces. Faites sauter à fond les manettes dans un peu d’huile d’olive. Saupoudrez de sumac (vous noterez au passage que de sumac à smack, il n’y a qu’une lettre, un U, autant dire rien du tout). Sel, poivre. Quand le poulet est roux comme le Diable, arrosez du jus de citron et shakez la poêle, toujours à feu dingue, jusqu’à évaporation.

 

 

 


Les pitas. L’affaire de trois minutes. Guignez le mode d’emploi sur le paquet. Zut quoi!
Le principe, on l’aura compris, consiste à tout poser sur la table, chacun se composant son sandwich au feeling en piochant dans les plats. Miam léger mais goûtu. Souffle oriental sur la salle à manger. Ambiance gentiment érogène. Bonheur sans nuage.

 

A tout soudain, les batraciens

 

PS. Damned: on n’a pas causé pinard. Il n’est pas interdit ici d’azymuter un rouge méditerranéen bien mûr, replet et épicé. Avec du mourvèdre dedans, par exemple. Harcelez le caviste, il finira par cracher la bouteille idoine.

Commentaires

  • La pita vient en mangeant...

    (bon, ok, je sors)

  • Si c'est pas une pita de voir des gags aussi éventés!

  • Affriolante, époustoufflante et surtout très tentante ;-)

  • pita de ça mère ! nous la dernière fois qu'on bouloté avec les doigts et qu'on à bu tout plein de gros rouge Libanais.....on à finit par vouloir rouler mde Capela entre deux couettes.......

  • j'imagine que vous faites salle comble avec pareils allèchements. vous taillez les cerises en 4 mais laissez la part belle à l'aventure, j'aime!

  • Ah, la pita qui ne se fout pas de la charité!

  • Il faut se laisser tenter par le moelleux de la pita.

  • Manger avec les doigts, c'est touchant........... Et pour chauffer encore un peu l'ambiance, faut téter la bien nommée cuvée «L'Un dans l'Autre» de Christophe Abbet. Du gamay dans la syrah ou ... le contraire peut-être?

  • Houlà! C'est l'Empire des Sens, sur le Blog à Estèbe. On sent que la Saint-Valentin approche! Va falloir songer à mettre un carré blanc à l'entrée!

  • Diantre... où mets-je mes doigts ??? Surtout si un con fit d'oignons me tend son cru dit T et si ma poule est sur le tas pi... C'est lourd et ça manque un peu de recherche Heureusement Zorg est là...

  • Vous lavez bien cherché tous ces commentaires un peu... un peu... je ne sais pas quoi. Pita, ne recommencez pas ou moi aussi je vais vous faire manger mes coquilles avec les doigts.

  • Et quand on la verra en photo la pita Estèbe?

  • Mamina a ben raison. Qui sème le vent libidinal récolte la tempête libidineuse. Olivier... euh.. délicat. Edmond, rien à faire.

  • Le confit d'oignons et de raisins, c'est dingue avec le couscous.
    Merci pour la version palpitatante, la vérité ça fait plaisir.

  • Ouah c'est chaud bouillant par ici !

  • Trop bon de manger avec les doigts et surtout de petites choses pareilles.

  • Cher Estèbe, as-tu déjà testé le restaurant KUTCHI, à Bellevue?

  • C'est l'Afghan? Oui, j'y fus il y a des années de ça. C'était plutôt bon et dépaysant.

  • Oh le coquin! Pris la main dans le plat! Presque aussi amusant que de faire des routes dans de la purée......

  • C'est quoi du kamoun? gougueule et ouikipedia me proposent des nageuses, des médecins et des écrivains, toutes sortes de choses que je ne sais pas cuisiner et dont il n'est pas facile de prélever une pincée sans s'en prendre une. J'attends fébrilement la fin des vacances pour avoir la réponse au grand mystère du kamoun!

  • Le kamoun, c'est le cumin en poudre.

  • Ce "s" à mille me gêne... :-)

  • Je peux comprendre. Et couic!

  • le kamoun c'est pas seulement de la poudre, c'est en fait un mélange d'épices d'Afrique du Nord qui n'a rien à voir avec le cumin (romain) de chez nous. Moi j'en mets partout, ça va avec tout.

    Et manger avec les doigts...rhalalaaaa...*soupir*... oui, suivant la compagnie, ça peut être aussi chaud qu'Ibiza en plein mois d'août.

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