26/02/2008

Ce millefeuille de tabous alimentaires dedans nos têtes

 

 

Bonjour, les gastéropodes gracieux

 

 

 

Il y a un bon bouquin sur le miam qui vient de sortir. Pas un bouquin avec des recettes de Cyril Andrieux ou de Julie Oliver dedans. Non. Un bouquin qui cause de manière drolatique mais savante de notre rapport avec les choses qui se mangent. Rapports finalement assez louches et tordus.

Ça s’appelle «Le dictionnaire des tabous alimentaires» (ed. Favre). C’est signé d’un prof nommé Richard Deutch. Et ça se dévore de A comme Abats à V comme Vers. En passant par les chenilles, le sperme, la limace, les additifs, le foie gras, le singe, les intestins, le hérisson ou la grenouille.


D’une notice à l’autre, on découvre que l’humain moderne est devenu quand même vachement difficile à table. C’est que le pauvre bougre empile au fond de son crâne des strates de tabous alimentaires, façon millefeuille. Résumons.

Première couche: les tabous primitifs (manger de la fiente ou sa belle-mère, ça ne se fait pas).
Deuxième couche: les tabous religieux (le porc ici, la vache là).
Troisième couche: les tabous culturels (le chien chez nous, les escargots ailleurs).
Quatrième couche: les tabous écolo-politiques (que du bio de proximité, SVP).
Cinquième couche: les tabous mystico-diététiques (de la viande, quelle horreur!!!, passe-moi mes graines).
Ajoutez à ça la prolifération des allergies (ya du gluten dans ta blanquette?).
Ajoutez à ça la vache folle et la grippe aviaire (euh… des rognons de poulet? Non merci).
Ajoutez à ça les légendes urbaines (j’ai trouvé un doigt dans mon hamburger).

Et nous voilà avec une liste d’interdits alimentaires longue comme un jour sans pain. Biologique et au levain à l’ancienne, le pain.


Au passage, on se rend compte aussi que le miam d’ici devient peut-être un gros berk chez le voisin. Et vice versa.

Voilà, quoi.

Sur ce , bye bye, on a un ragoût de limaces transgéniques sur le feu.

Commentaires

Sixième couche: les tabous conjoncturels (sus aux recettes branchouilles qui te laissent affamé).

Écrit par : Robert | 26/02/2008

Ouais et si on fait un petit gag de rien du tout vous sortez l'artillerie. Z'êtes pas crédible Estèbe (de cheval)

Écrit par : Géo | 26/02/2008

très bonne idée lecture, merci d'attirer notre attention sur ce "bouffer autrement" :)

Écrit par : marion | 26/02/2008

Et les tabous perso? personne ne me fera bouffer du cheval!

Écrit par : Sophie 13 | 27/02/2008

Les recettes de Jamie Lignac font partie de mes propres tabous

Écrit par : Annelaure | 27/02/2008

Le No-Tabou est une affaire de nantis occidentaux qui s'ennuient = si vous êtes suffisamment éduqués et argentés, vous pouvez vous permettre de manger du caviar à la louche sans complexes, ou de la sauterelle grillée lors de votre escapade en Guyane sans pour autant qu'il y ait rupture de vos liens sociaux. Il paraît cependant que le surimi de vers de terre pourrait sauver l'humanité de la famine : la solution est ici dans ton jardin l'ami. Slurp !

Écrit par : Harry COVER | 27/02/2008

Je suppose qu'on s'ennuierait si on ne se compliquait pas la vie de cette maniere.
Allez a plus, je m'en vais acheter des holothuries pour ce soir.

Écrit par : gracianne | 27/02/2008

Je me demande ce qu'il bouffe, Géo, pour être toujours de mauvais poil.
Je me demande aussi qui ressucite Harry Cover: dans les années 60, il y avait un journaliste de ce nom à l'ORTF, qui voulait toujours imposer son point de vue aux gens qu'il interviewait et finissait régulièrement par s'engueuler avec eux.

Écrit par : Rabbit | 27/02/2008

Bien vu, Gracianne. Réhabilitons dare-dare la crotte des mers, bestiole vive et maligne, notoirement exquise. Enfin, probablement.

Écrit par : Estèbe | 27/02/2008

L'un de mes plus gros tabous (à la fois religieux, culturel, écolo-politique, mystico-diététiques et simplement de bon sens): Betty Bossi. Je crois que je préfèrerai bouffer ma belle-mère...

Écrit par : Zorg | 27/02/2008

je sais pas si ce livre y répond, mais je me pose une question existentielle depuis toujours : pourquoi on ne mange rien de bleu ?
Je veux dire du vrai bleu, pas un truc violet comme les patates ou verdâtre-bleuasse comme le fromage pourri, mais un bleu de chez Bleu quoi ? hein ? pourquoi ? parce que ca existe pas ?

A part ça, mon tabou à moi c'est le poulain (trop mignon) et souvent le poisson. C'est un tabou sentimental : depuis que je fais de la plongée, j'ai plusss envie de pleurer au restaurant devant une assiette de filets de perches ou de photographier un homard à l'armoricaine plutôt que de les manger.

Mais sinon je vais bien.

Écrit par : trimix | 28/02/2008

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