10/03/2008

La nage de poissons à l’anis étoilé qui t’envoie au plafond

 

Coucou, contemporains connectés

 

 

 

 

 

Les lecteurs de Top Slurp ne le savent que trop: les desserts allégés et autres espumas de légumes gonflées à l’hydrogène gazeux ne courent pas ce blog. Ce qui ne signifie nullement que la popote maison soit de celles qui te boudinent aux entournures. Hou la, non.
Notre balance peut en témoigner, elle qui indique les mêmes valeurs qu’en 1978. Enfin, grosso modo.

On a pourtant reniflé çà et là comme un début de réputation honteuse (Top Slurp = Gros Blurp), tout en sentant l’haleine fétide de la désapprobation diététique nous filer le train, en s’insinuant dans les sombres corridors de la blogomiam comme un venin de rascasse (oui, on aurait pu faire un bon score à la municipale de Champignac).

Il fallait réagir. Voilà donc une nage de la mer parfumée à l’anis étoilé et au garam massala, qui s’avère d’une légèreté quasi inhumaine. Tu la boulottes, tu maigris. Magique. Il s’agit d’ailleurs d’arrimer solidement les convives à leurs sièges avant le repas, sous peine de les voir s’écraser au plafond une fois leur assiette achevée.


Pour quatre gulus à table, faut se payer 16 grosses crevettes crues, 24 palourdes et quatre tronçons de lotte d’une centaine de grammes pièce. Plus des carottes, un poireau, un céleri branche et de l’oignon frais.

Après, on rentre chez soi en lévitant sur le bitume

 

 

"Nage en devenir", nature morte pixellisée, Estèbe, 2008.
4e Prix au festival de la photo maritime de Vierzon.

 


Dans un litre et demi d’eau, on balance cinq anis étoilés, le blanc d’un poireau coupé n’importe comment, une carotte coupée n’importe comment, une gousse d’ail, deux grosses pincées de garam massala (en poudre de chez le marchand ou fait maison comme indiqué là), deux grosses pincées de curcuma (pour la couleur vangoghienne), deux oignons frais entiers, dix grains de poivre et un demi-déci de Pastis. Oui, du Pastis.


Décortiquez les crevettes. Et ajoutez les carcasses dans le bouillon.
Extrayez les os de la lotte, en séparant les tronçons en deux bouchées. Et ajoutez les os dans le bouillon.

Laissez glouglouter à feu pépère 40 minutes.
Pendant ce temps, émincez en brunoise une tige de céleri branche et une carotte. Taillez aussi un oignon frais en minirondelles.

Filtrez le bouillon, virez tout ce qui surnage, et remettez sur le gaz. Rectifiez l’assaisonnement. Intégrez le céleri et la carotte. Laissez glouglouter deux trois minutes.

Baissez le feu. Et immergez les crevettes, palourdes et morceaux de lotte. Cinq minutes. Pas plus.
Répartissez démocratiquement dans les assiettes. Coiffez d’oignon émincé et d’une pincée de fleur de sel.

On peut (on doit) servir ça avec du couscous, qui épongera le bouillon avec une ferveur admirable.

 

 

 


Du cholestérol dans Top Slurp? Plutôt mourir (de rire)!

Bises acaloriques


PS: Message personnel. Saint-Papoul, faites que la gauche rafle la mairie de Toulouse. Merde, quoi!

Commentaires

Et meme pas un soupcon de creme allegee dans la sauce, tu es sur?
Bravo pour le prix de Vierzon au fait.

Écrit par : gracianne | 10/03/2008

Je ne suis pas un contemporain connecté, mais un vieux branché et les ténors sont passés du Capitole à la Roche tarpéienne.

Écrit par : Rabbit | 10/03/2008

Pas trop dur à nettoyer les éclats de cervelle des convives collés au plafond?

Écrit par : Robert | 10/03/2008

palourdes c'est bien, c'est léger.

et du pastis...bourrés, mais légers :-)

Écrit par : trimix | 10/03/2008

Cette nage est parfaite et je l'adopte. Je vais piler mon garam
massala à genoux dans la cuisine, comme une grande.
Je suis à un coup d'aile d'Airbus de Tlse et c'est pas encore
gagné mais je l'espère.

Écrit par : gabriella | 10/03/2008

ah, si je m'attendais à trouver une recette de régime ici? mais c'est rien, t'as dit garam massala et pastis, ça compense.

Écrit par : lili violette | 10/03/2008

C'est vrai, ça fait régime. Mais rien ne nous empêche de préluder le repas à coup de rillettes et de rosette de lyon. De le finir avec du vacherin Mont d'or, puis du vacherin glacé. Le tout avec plein de pain et de vin. Mmmmh, ça va mieux, non?

Écrit par : Estèbe | 10/03/2008

Tout, mais pas l'anis horribilis. Qui foudroie la lotte, estourbit la crevette et tétanise la palourde. L'anis tue tout les plats, auxquels il confère des fragrances proches de celles qui s'échappent de la bouche de l'électeur frontiste quand, après l'apéritif vesperal, il s'engouffre dans son 4X4 pour aller "casser" d'aimables noctambules nord-africains en compagnie d'une poignée de beaufs tout aussi anisés.
Certes, il existe un anis de gauche, qui donne à la Fête de l'Humanité des senteurs méridionales tandis que les foules laborieuses remplissent leurs sacs plastiques de colifichets communistes et autres babioles prolétariennes avant d'aller se presser contre la grande scène où Bernard Lavilliers exhibe sa musculature sudoripares, quitte à provoquer de longs et radieux spasmes dans les culottes Tati - en vente par paquet de 20 - des caissières et autre shampouineuses éblouies qui se tatent opportunément pour savoir si elles vont, oui ou non, adhérer au Parti.

Écrit par : Zorg | 10/03/2008

C'est ce qu'on se tue à lui expliquer, Annie et moi.
Il aurait mieux fait d'ajouter une tombée d'huile de sésame, ça ouvre toutes les portes.

Écrit par : Rabbit | 10/03/2008

Zorg, cette brève fresque socio-politique est éblouissante. Vous êtes resté coincé un peu avant le stade anis, mais on vous adore quand même.

Écrit par : Estèbe | 10/03/2008

Zorg, vous avez ouble les chasseurs, dans votre fresque.

Écrit par : gracianne | 10/03/2008

oublie, pardon.

Écrit par : gracianne | 10/03/2008

Saint Papoul, faites qu'Estèbe revienne à des plats plus musclés! Pas lourds (ni palourde), mais mmmmm confortables.

Écrit par : Sophie | 11/03/2008

bon, si on a le droit de manger des rillettes avent, alors ça va (non, parce que j'avais peur)

Écrit par : lili violette | 11/03/2008

Mr. Estèbe, si vous voulez que votre voeux se réalise, vous
devez implorer Saint-Paupoul, nuit et jour, jusqu'à dimanche soir.

Écrit par : gabriella | 11/03/2008

J'ai nagé dans le Pontarlier-Anis, ce soir, au milieu d'une crevette et d'un tronçon de lotte. Tellement léger que j'en ai repris deux fois! Du coup, je rentre même à nouveau dans mes grenouillettes de bébé. Merci Dr Slurp!

Écrit par : olif | 12/03/2008

Tiens, je devrais changer de régime.....Bon, en fait, le commencer. Plutôt, essayer. Et puis m***e! Je mange ce qui me tente et ton assiette remplie toute les conditions. Alors on fait semblant de faire un compromis sur le goût pour la santé. Semblant, juste.

Écrit par : Renardgourmande | 13/03/2008

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