20/03/2008

Le cas Black Crowes et le risotto aux morilles et asperges sauvages

 

Bien le coucou pascal, mes agneaux

 

 

 

 

L’autre jour, on est allé claquer quelque mitraille chez le disquaire. On en est sorti avec trois disques tendance: le dernier Adam Green (adorable), Vampire Weekend (pas mal) et les Black Lips (bof bof).
Et pour temporiser toute cette branchitude de saison, on a également glissé le dernier Black Crowes dans notre petit panier, qui est probablement l’album le plus réactionnaire de la décennie.
C'est que, voyez-vous, les Black Crowes vivent avec le rétroviseur braqué sur l’année 1972, avec une fixette sur les Rolling Stones en général et Exile On Main Street en particulier. D’où un rock résolument naphtaliné, savamment fossilisée, rétropédalant en diable, qui ferait passer les gens d’AC/DC pour de dangereux DJ’s de drum & bass. Le punk-rock? Le hip-hop? La techno? Z’ont rien vu passer les Black Crowes, kéblos qu’ils sont en 72.
Selon affinités, on trouvera ce travail-là admirablement intempestif ou foutrement ringard. De la musique de vieux cons pour vieux cons. Et on aime assez bien ça. C’est grave, docteur?

 

Et pendant que ce gros blues baveux et millésimé bavait dans nos enceintes, on a noué un tablier de cuisine autour de nos hanches osseuses et hâlées pour vous mitonner ce risotto d’asperges sauvages et morilles. Risotto qui ne sent nullement la napht’ mais bien le printemps.

«Y'a le printemps qui te réveille, t'as le bonjour du printemps», chantait benoîtement Michel Fugain quand il avait encore de cheveux.

 

Bref, pour quatre gulus à table, il vous faut:
- 300 grammes de riz carnaroli
- Deux échalotes
- 30 grammes de morilles sèches (ou pas)
- Une demi-botte d’asperges sauvages
- Deux tranches un peu épaisses de jambon cru maigre
- Un bon litre de bouillon de légumes corsé (venu de la supérette ou fait maison comme décrit quelque part dans ce bog, mais où?)
- 30 grammes de parmesan
- 20 grammes de beurre ¨
- Une louchée de mascarpone.
- Un verre de vin blanc
- Quatre pluches de cerfeuil

 

Vous noterez au passage la précision, inhabituelle en ces lieux, du dosage des ingrédients. C’est que le risotto est une alchimie délicate qui mérite un brin de sérieux. Pouet.

 

 


 

Mettez vos morilles à réhydrater dans un grand verre de vin blanc. Une heure. Puis filtrez plusieurs fois le vin. Réservez.
Faites revenir les morilles dans une noisette de beurre une dizaine de minutes à feu cool. Réservez.
Lavez les asperges. Couper le bas des tiges duraille, soit un tiers environ. Puis détailler en bâtonnets. Les queues, plus coriaces, cuiront plus que les têtes. Na!Détaillez le jambon en fines lanières.
Faites blondir (mais pas brunir) les deux échalotes émincées dans une cuillère à soupe d’huile d’olive au fond d’une grosse casserole. Au bout d’une dizaine de minutes, ajoutez le riz, remuez jusqu’à ce que les grains deviennent aussi translucides qu’un bustier de starlette.
Ajoutez le vin blanc (qui doit sentir la morille à mort) et laissez évaporer totalement.
Baissez le feu. Intégrez les queues d’asperges et mouillez avec une bonne louchée de bouillon.
Puis recommencez l’opération louche à louche, en remuant le moins possible, jusqu’à obtention d’un riz moelleux dehors, mais un tantinet croquant à cœur. L’opération dure normalement un gros quart d’heure.
A mi-cuisson, on n’oubliera pas d’intégrer les têtes d’asperges. Ben oui. Puis les morilles. Ben oui (bis).
Quand le riz vous semble OK, ajoutez le jambon, le beurre froid coupé en morceaux, une cuillère de mascarpone et le parmesan. Avant de mantecarer avec vigueur et vélocité, soit de lier le risotto avec la spatule en bois trouée de rigueur (voir autoportrait de l'artiste au travail ci-dessus).


Rectifiez l’assaisonnement. Parsemez de pluches de cerfeuil et débouchez un Cour-Cheverny des Huards, blanc altier et farouchement hors-mode. Un peu comme les Black Crowes, mais en plus rafraîchissant.

 

 

 

Tchou!

 

 

Commentaires

Les Crowes sont au rock ce que la Cuisine des Mousquetaires est à la cuisine contemporaine.

Écrit par : Cyril XL | 20/03/2008

Risotto'n'roll; ça me va

Écrit par : robert | 20/03/2008

Moi je balance tout le bouillon, je ferme à feux doux pour 15 minutes. Succès à tous les coups.

Écrit par : Sophie | 20/03/2008

Rock'n'roll attitude..
Ce blog me décapait déjà les neurones et les papilles. Voilà qu'il me nettoie aussi les oreilles. Que demande le peuple ?!
Merci Top slurp

Écrit par : Bil Murche | 20/03/2008

eh ben z.... moi qui me flinguait une fois par semaine à cause des approximativissimes proportions des recettes slurp, v'la que j'vais d'voir me payer une calculette qui "offre" 5 chiffres après la virgule. Tant pis, j'essaye après demain (demain c'est vendredi saint et je jeûne, euh non les magas sont clos) et si c'est raté, JE HURLE... Joyeuses Pâques mister Slurp.

Écrit par : pierrat | 20/03/2008

eh ben z.... moi qui me flinguait une fois par semaine à cause des approximativissimes proportions des recettes slurp, v'la que j'vais d'voir me payer une calculette qui "offre" 5 chiffres après la virgule. Tant pis, j'essaye après demain (demain c'est vendredi saint et je jeûne, euh non les magas sont clos) et si c'est raté, JE HURLE... Joyeuses Pâques mister Slurp.

Écrit par : pierrat | 20/03/2008

bustier de starlette! pffff!
c'est flou cher ami...

Écrit par : tifenn | 20/03/2008

Cher Estèbe,
Vous qui en connaisssez un brin sur plein de choses, pourrriez vous nous dire à nous, qui sommes vos agneaux, pourquoi l'habitant de l'Ile de Pâques s'appelle Pascuan alors que l'agneau de Pâques s'appelle lui, Pascal.
Mais ce n'est pas du tout cela que je voulais savoir à vrai dire. C'est votre (gentille) entrée en matière du jour qui a fait naître cette interrogation sans fondement en mon esprit quelque peu troublé par l'esprit de Pâques (Pascuan? Pascal?). Et puisque vous nous parliez l'autre jour des variations sur ce qui est conséquent je vous propose de méditer aujourd'hui sur celles ayant trait au fondement. Allez donc voir ici http://www.cnrtl.fr/synonymie/fondement tout ce qu'on peut y mettre dans le fondement. Mais je m'égare encore; la seule raison pour laquelle je me suis mis au clavier ce soir c'était pour savoir comment que je fais si je veux savoir si il n'y aurait pas des fois une recette de cabri (pascal?) quelque part dans le blog Top Slurp. Qui est achtiment bien d'ailleurs, le meilleur même. Sauf qu'on sait pas comment y (re)trouver le cabri. Un grand merci pour ces slurpique et scrountchantes recettes, quand on les (re)trouve, et pour tous ces billets à l'esprit conséquent, encore que parfois sans fondement.

Écrit par : marcolino | 20/03/2008

forcément j'ai envie de dire, asperges et morilles, avouez que vous voulez que je clique tout de suite sur le lien pour découvrir qui est l'artiste qui vous donnâtes l'envie d'une si belle association? avouez! bon, je suis bonne pâte, je m'exécute

Écrit par : alhya | 21/03/2008

Cher Marcolino, on s'en va poster cet aprème deux trois recettes pascuanes (mais pas Pasqua) avec du vrai cabri dedans.

Écrit par : Estèbe | 21/03/2008

Alhya, connaissant un peu vos tendresses musicales, je vous suggererais de vous intéresser plutôt au sieur Adam Green

Écrit par : Estèbe | 21/03/2008

L'expert en risotto, d'abord, c'est moi. Mais la conduite de celui-ci, que j''ai détaillé à la loupe, me semble totalement orthodoxe et maîtisée. Donc, mention très bien.

Écrit par : Yves | 21/03/2008

ah ! asparagus , juste blanchies 30 secondes, poêlées huile d'olive 20 seconde = saveurs sublimées, et couleur maitrisées

Écrit par : jupi | 25/03/2008

Mes félicitations pour la nouvelle esthétique du blog. C'est plus aéré. Presqu'aussi rafraîchissant qu'une jupe de starlette.
Jamais essayé le risotto encore. Je croyais que j'aurais besoin de riz arborio. Mais voilà que vous me sortez un intrus venu de nulle part. ??? Élucidez, sieur Esthète! Tant qu'à essayer le risotto pour la première fois (d'en faire hein, pas d'en manger), autant essayer le vôtre. Je saurai qui blâmer si c'est dégueu....
Bisous

Écrit par : Renardgourmande | 27/03/2008

Merci de ta participation. Moi qui adore les morilles, j'ai déjà trouvé mon vainqueur :-).

Écrit par : Cherout | 05/08/2008

Les commentaires sont fermés.