05/06/2008

Blues de l’Euro sur boulettes de bacalhau

Salut, les footbôlâtres

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87723503.jpgL’Euro foot, comme tous les gros bastons de ce type, suscite une flambée de patriotisme(s); flambée distrayante pour les uns, gerbatoire pour les autres.
Dans notre bonne ville de Genève, où doivent se dérouler trois matchs du tournoi, ont ainsi fleuri stands de produits dérivés plus ou moins crétins, fanions aux fenêtres et autres tee-shirts frappés de la croix suisse. Brrr. On a vu aujourd’hui un gros garçon rougeaud et maussade, le cheveu bref et la lippe molle, avec un polo de ce genre moulant son bidon. Hop Suisse! On l’a un peu plaint. En frissonnant.

C’est que, voyez-vous, le foot, on s’en tape comme de notre première poêle Tefal. Nos sports à nous, c’est la varappe en charcuterie et la brasse coulée en épicerie fine. Les 22 velus qui trottent après un ballon sans mettre les mains, ça manque un brin de parfum à nos papilles.

Et puis cette floraison de drapeaux n’a rien de spécialement réjouissant. Quand on arbore ses couleurs nationales avec tant d’arrogance, ça sent toujours un peu l’invasion de la Pologne.

Bon, pour se mêler un peu de la nouba, on s’est quand même enfermé en cuisine pour y mitonner de grosses boulettes de morue au cumin. Inspiration portugaise donc, nation qui ouvre le bal footballistique samedi. Mais aussi clin d’œil aux grosses boulettes que nous inspire la compétition.


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Pour trois personnes payez-vous 500 grammes de morue. Plus une grosse patate à purée (grosse patate toi-même), un citron, un œuf, une botte d’ail nouveau et du persil plat.
Faites dessaler la morue une trentaine d’heures, en changeant l’eau quand vous passez par là. Au moins quatre fois.
Le jour J, pelez, détaillez en morceaux et expédiez la patate (dont le poids ne doit pas excéder celui de la morue) à la vapeur jusqu’à cuisson radicale. Pendant ce temps, rincez une ultime fois la morue, découpez en gros morceaux et plongez-les dans une casserole, immergés d’un mix lait-eau. Avec deux gousses d’ail entières pour faire plus folk.

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Hop, sur le gaz, à feu tamisé. Quand le liquide ondoie, comptez dix minutes. Egouttez. Laissez refroidir. Puis effilochez du bout de vos mimines manucurées, en giclant peaux et arêtes. Sans oublier de chantonner: ba-ca-lhau, tout ce que tu fais pour moha!
Dans une jatte, écrabouillez la patate à la fourchette, ajoutez la morue déchiquetée, une dose respectable de cumin, une pincée de piment, le jus d’un demi-citron, deux tiges d’ail nouveau émincées, l’œuf, trois tours de moulins à poivre et trois brins 1120366147.JPGde persil haché. Touillez avec l’énergie du supporter en rut.
Puis moulez les croquettes entre vos paumes tremblantes. Expédiez au frigo pour qu’elles raffermissent un brin.
Avant de poêler dans deux cuillères d’huile d’olive superchaude, jusqu’à bronzage inspirant.
Avec ça, il n’est pas interdit d’avaler quelques poivrons padròn (l’Espagne ne participe-t-elle pas à l’Eurocaranage?). Et de se siffler, comme le feraient nos amis Lusitaniens, du vin rouge. Comme ce Touriga National au fruité ravageur autant que mûr, dégotté chez un caviste exotique.
Un breuvage ensoleillé et rigolard, qui botte en bouche.

Allez les slurps!

 

Commentaires

"Quand on arbore ses couleurs nationales avec tant d’arrogance, ça sent toujours un peu l’invasion de la Pologne."

Et à chaque victoire, un concert de klaxons...?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/06/2008

Je suis contente de voir que le foot tu t'en tapes autant que moi... je me demande si pour moi ça ne remonte pas non pas à l'âge Téfal mais à mon premier biberon!
Bisous de la gondelière... on en a vu une d'ailleurs!

Écrit par : mamina | 05/06/2008

Moi, je connais des morues qui aiment le foot (C pas bô de dire ça.... je vais me laver la bouche au savon de Lisbonne)

Écrit par : Sophie | 05/06/2008

Rohhhhh des grosses boulettes comme Mde Capela elle fait à la maison....sauf que y'a pas de cumin...c'est péché...
pour ce qui est de la baballe comme disait Desproges :

......Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j'entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu'ils existent, subissent à longueur d'antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l'honneur minuscule d'être champions de la balle au pied.

......Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s'abaisser à jouer au football.

......Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints ?

......Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s'enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d'usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois ?

......Je vous hais, footballeurs. Vous ne m'avez fait vibrer qu'une fois : le jour où j'ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J'eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu'à la fin du tournoi. Mais Dieu n'a pas voulu. Ça ne m'a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu'on fasse et où qu'on se planque, on ne peut y échapper.

......Quand j'étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l'école ou dans la rue. On me disait : « Ah, la fille ! » ou bien : « Tiens, il est malade », tellement l'idée d'anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.

......Je vous emmerde. Je n'ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

......Pouf, pouf."..... tout pareil !

Écrit par : loulou | 05/06/2008

Pas mal la panoplie de supporter Helvete, tres classe.

Moi je n'ai rien contre l'Euro, si ca mene la blogomiam a faire dans l'euro-grignotage, le meilleur des sports a mon avis.

Écrit par : gracianne | 05/06/2008

C'est qui sur la photo, le gros idiot à chapeau de poule?

Écrit par : Robert | 05/06/2008

Idiot peut-être, gros sûrement pas

Écrit par : Estebe | 05/06/2008

On est d'accord, moi aussi je m'en fous de l'Euro et de ses footeux payés bien trop chers pour ce qu'ils font - ou ne font pas -, mais pas comme de ma première poêle parce qu'entre elle et moi c'est devenu une histoire d'amour.
Je suis totalement fan des petits délire Desprogien donné par Loulou, ça c'est du grand, du beau comme en n'en fait plus !

Écrit par : Marie-France | 05/06/2008

J'ai oublié l'essentiel : la morue, j'adore -:)))

Écrit par : Marie-France | 05/06/2008

Va voir rue des Grottes, vitrine de Bebopalula, y a un super Tshirt sérigraphié "rien à foot". J'aurais voulu le modèle fille, avec les OO placés au bon endroit.

Écrit par : vero | 05/06/2008

Incroyable le nombre de gens qui se foutent de l'Euro, et bien pas moi, notre Narkoléon nous prive d'euro sonnants, quand à lui je voudrais bien qu'il trébuche.
comtentons nous de morue un peu chère à mon goût mais que rien ne remplace pour faire ces boulettes Hélvètes cuminées
Quand au Footballeurs manchots et leurs hymnes guerriers se sont simplement les nouveaux jeu du cirque pour abêtir un peu mieux la population

Écrit par : jupiter | 06/06/2008

Ah, ça fait plaisir de lire toutes ces méchancetés sur le foot. On se sent un peu moins seul avec nos boulettes au cumin.

Écrit par : Estebe | 06/06/2008

Ah, bravo! Ils ont l'air aussi bons que ceux de ma mère, tes pastéis! Et pourtant, bien sûr, elle fait les meilleurs du monde. ;-)

Tu m'as donné une envie subite d'en manger, mais je n'ai pas de morue dessalée sous la main...

Écrit par : Elvira | 06/06/2008

ça fait plaisir de voir quelqu'un sur la Toile qui prépare de vrais plats typiques, avec du blues et de l'humour

Écrit par : Rita | 06/06/2008

C'est très poétiquement dit ce ras-le-bol du foot que je partage à 100%... le hic... c'est que mon petit garçon de 3 ans adore ça depuis qu'il sait mettre un pied devant de l'autre et je pense déjà aux grands moments de bonheur que je vais avoir lorsque je serai morte de froid sur un soi-disant gradin d'un stade perdu au milieu de nulle part (et oui ils ne débutent pas à la Praille à 5ans...)... enfin... on m'avait bien prévenue que les enfants parfaits n'existaient pas (contrairement aux parents bien-sûr....)!
Petite question: qui est votre fournisseur de Pimientos de Padrón à cette époque de l'année ???

Écrit par : Bégonia | 08/06/2008

et bien moi qui suis secouriste je peux vous dire je préfère nettement le foot à l'alpinisme!!!!!!!! surtout en hiver!!

Écrit par : serge | 08/06/2008

Begonia, on trouve le sublime padron le mardi et vendredi sur le marché de la place de la Navigaciòn. Et le mercredi et samedi sur le marché du blvd helvètique. Gaffe aux padron noircis, qui arrachent la goulette.

Écrit par : Estebe | 08/06/2008

Mon frère est fan de ce blog depuis longtemps, je comprends pourquoi ! super les recettes et les textes !

Écrit par : gourmeline | 22/06/2008

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