09/06/2008

L’agneau, la menthe, le balsamique et le sourire de la reine

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Hi guys,

Les Anglais, qui ont le sens de la formule, affirment que «a mintless lamb is as sad as a toothless queen». En VF: un agneau sans menthe est aussi triste qu’une reine sans dent. C’est osé comme image. Quoique parlant. Ce n’est en tout cas pas chez les Slurps qu’on va contredire l’équation, vu le nombre de recettes sur ce blog qui célèbrent ce tandem prodigieux.
D’ailleurs en voilà une de rab. Un carré d’agneau désossé farci à la menthe balsamiquée. Plat vite fait et über comestible, qui offre, d’un point de vue médical, une pléiade de vertus. Cholérétique, diurétique (mais pas trop), rapsodique et agoraphobe, c’est un mets qui stimule la membrane préfessière tout en calmant les douleurs pré-bésiculaires. Du pain bénit, en somme.1897498685.JPG

Demandez à votre boucher de vous désosser un carré d’agneau et vous le rouler façon rôti. Vous devriez repartir avec un petit cylindre de la taille d’une queue d’écureuil géant, soit six centimètres de diamètre.
Revenu dans la quiétude coquette de votre coin kitchenette, décorée avec un goût sûr, équeutez, lavez, séchez et émincez une demi-botte de menthe fraîche.
Et laissez compoter dans une petite casserole avec une cuillère à soupe de balsamique, un peu d’eau, l’équivalent d’une cuillère à café de gingembre frais émincé et une gousse d’ail hachée.
Laissez glouglouter à feu tamisé jusqu’à obtention d’une pâte parfumée et noire comme une culotte de duchesse slave.

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Pendant ce temps, incisez votre agneau dans toute la longueur, en gardant les extrémités intactes. Une longue poche, en somme, qu’il s’agit de saler et de poivrer, avant de garnir de la farce susdécrite. On ficelle en pestant.
Et on expédie au four préchauffé à 220° pour 20 minutes. Laissez ensuite reposer un bon quart d’heure à couvert.
Déglacez le fond du pat. Découpez la bête. Avant de servir à cloche pied et les yeux bandés (un petit challenge amusant), avec quelques patates nouvelles vapeur et un rouge des Corbières à la chair ample, suave et poivrée. Par exemple l’exemplaire assemblage «Crépuscule» mourvèdre-grenache-syrah du Domaine St-Jean de la Gineste.
Un jus fier et frais, qui prouve une fois de plus que le Pays Cathare, entre l'Abbaye de Fontfroide et l'Abbaye de Lagrasse, abrite quelques-uns des meilleurs terroirs à pinard du système solaire. Parfaitement.

A sous peu

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Commentaires

Decidement, les anglais ont du bon. Avec du gingembre et de l'ail en plus, evidemment, ca s'imposait.
Agoraphobe aussi, la menthe?

Écrit par : gracianne | 09/06/2008

C'est dans un pur but d'automédication que je nous cuisinerai ce truc le week-end prochain.
Joli, le proverbe anglais.

Écrit par : Sophie | 09/06/2008

Emu de voire une description à ce point fidèle de mon coin cuisine. Oui, avec goût.

Écrit par : Robert | 09/06/2008

Je crois que la formule exacte est: "Un agneau sans menthe est aussi consternant qu'un prince sans oreille".
Je connais en outre un autre proverbe: "Quand vient le Crépuscule, l'agneau n'est plus dans son assiette".

Écrit par : Zorg | 09/06/2008

Ta kitchenette étant décorée avec legoût sur qui te caractérise, je pense que tu n'as pas oublié de mettre le napperon de dentelle-crépine de l'autre jour sur le micro-ondes?
Pour l'agneau à la menthe, tu sais que je te le laisse... même comme ça!

Écrit par : mamina | 09/06/2008

Si c'est médicalement prescrit, je m'incline! Trois tranches dès demain matin, et que ça saute!

Écrit par : cath | 09/06/2008

J'ai toujours pensé mes Amis Suisses, un peu bizarre, mais en fait ( en fêtes aussi) ils ne sont pas "cas unique" ..... Ce sont eux que nous avons fait circuler sur LA CORNICHE de la Loire qui nous ont dit , avec les longueurs Valaisantes, - c'est plââ.....t chez vous - Mais en pleine région de - VINS - d'Anjou*, dont vous ne connaissez peut être pas les qualités.... dans des "côteaux", ça déprime l'autochtone
*Anjou, SOMMET : Saint georges du Puy de la Garde, 217 mètres...à coté du terrain de foot ball
Je ne vois pas bien "l'intérêt" pour moi (sans allusions ni illusions) de m'abonner à la Tribune de Genève mais votre blog, je vais le survoler régulièrement. Bonsoir

Écrit par : ange vain | 10/06/2008

La duchesse slave a une belle culotte de peau qu'elle met dans ses bottes lorsqu'elle monte. De sa badine elle dirige son cuisinier qui s'éponge avec ses blancs pantalons brodés, car s'il préfère l'amante, elle lui a imposé votre vieille recette victorienne insppirée de l'abbesse de Binningen.

Écrit par : Olga | 10/06/2008

Mamina, on a failli vous dédicacer la recette. Warf.
Olga, oui, hum.... c'est excatement ça: Binningen.
Ange Vain, vous êtes vilcôme. 217 mètres, pffffff

Écrit par : Estebe | 10/06/2008

C'est vrai que cette histoire de dessous d'aritocrate m'interpelle. Estèbe aurait-il des liens troubles avec la Haute? En tout cas, la recette est avenante. Suis pas sûr que mon boucher propose ce genre de morceaux.

Écrit par : Yves | 10/06/2008

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