Le chevreuil, la purée de courge, les poires au vin et autres fredaines mathématiques

Salut, toi, ô lecteur solitaire

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Ça nous a toujours étonnés cette propension qu’ont les cuisiniers à expliciter leurs recettes pour un nombre gigantesque de convives.
Ben oui, feuilletez donc un livre de cuisine. Le tiramisu est conçu pour six personnes, la blanquette pour huit.
Or, c’est couillon.
Parce qu’aujourd’hui, voyez-vous, les tablées nombreuses se font rares. On ne pond plus de gamins en rafale. Pépé et mémé n’habitent plus à la maison. En plus, Ginette s’est barrée avec le facteur. Bref, à l’heure de la famille mononucléaire et monoparentale, selon nos calculs, on mange plus souvent en tête à tête qu’à cinquante-seize. Sans parler du nombre galopant de gens qui soupent seuls, avec la téloche ou l’aquarium comme unique vis-à-vis.
Il s’agit là donc d’une singulière absurdité, contre laquelle il est urgent de partir en croisade. Taïaut!

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Et paf: voilà un filet de chevreuil (et oui la chasse est de retour), superbement quoique classiquement flanqué d’une purée de courge et de poires au vin épicées; le tout pour 2 -  DEUX, dos, two - gulus dotés d’appétits lambda plus (n’importe quoi).
Si vous êtes seul, divisez donc par deux. Si vous êtes catholiques et irlandais, multipliez par huit.
Les emplettes?
Un filet de chevreuil de 400 grammes. Quatre petites poires fermes. Un morceau de courge de 400 grammes. Un peu de pinard et de la crème. Voilà. Les épices, vous avez sûrement tout au fond du placard.

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Pelez et taillez en deux les poires, immergez dans du vin rouge et un peu d’eau. Ajoutez deux feuilles de lauriers, deux clous de girofle, six graines de fenouil, deux tours de moulin à poivre, une pincée de cannelle, une pincée de piment d’Espelette et une pincée de sucre. Laissez glouglouter vingt minutes.
Pelez et taillez la courge en cubes. Faites méga amollir à la vapeur. Ecrabouillez au presse-purée, ou même à la fourchette, liez d’un petit trait de crème, relevez de sel, poivre et muscade râpée.
Salez et poivrez le chevreuil, enfournez à four furieux - 220 ° au bas mot - un quart d’heure. Faites reposer à couvert un autre quart d’heure, en ayant subrepticement glissé un brin de romarin dedans la cocotte. Et en ayant discrètement débarrassé ladite cocotte de la graisse qui en tapisse peut-être le fond.
Déglacez avec une partie du vin épicé (celui des poires, banane; faut suivre). Faites réduire. Rectifiez l’assaisonnement. Servez la sauce à part.
Et videz donc, avec cette composition sauvage, une bouteille de l’étourdissante Sierra du Sud du Domaine Gramenon, dont l’élégante corpulence fruitée, mûre mais pas brûlée, et un tantinet caféinée avec ça, rend gaga quiconque y tétine.

Bien le bonsoir, mon ami

 

Commentaires

  • Que du bonheur.
    Merci.
    Yann

  • Je dirais taïaut, pas tayot. Mais ce n'est qu'une question de goût, et le goût des cuistres vaut bien les autres, n'est-il pas ?
    Je continue à trouver vos recettes sub-bettybossiennes...

  • Géo, on corrige le tayo. Côté recettes, on vous suggère de vous abreuver directement auprès de notre idole Bossi. Tout le monde sera content.

  • Le dit Geo y connait que dalle. Je mange tous les jours chez Estèbe; je suis toujours vivant contrairement à ce chevreuil qui gambadait dans les bois il y a peu de temps encore.

  • Quel Tartarin, cet Estèbe! Cruel pour moi, qui rentre tout juste bredouille de la chasse. Même pas eu besoin de dégainer mon canif: pas vu la queue d'un chevreuil. Tant pis, je mangerai juste une purée de courge! Avec une Sierra du Sud (2007, je pense?) aussi, en chantant à tue-tête: Que syrah Sierra!

  • Ce week-end, dans les monts du Comminges, les cerfs bramaient à qui mieux mieux le soir dans les forêts. Pourquoi chasser pendant cette période, c'est cruel? car il y avait des Tartarins dans le coin.
    J'aurai bien aimé goûter à ce filet de chevreuil et sa purée de courge.

  • Vu mon appétit, c'est par douze qu'il va falloir que je multiplie.

  • Estèbe, le fils caché de betty bossi ? Je m'insurge avec vigueur.

  • En voila une juste cause. Continue a t'insurger comme ca, la cuisine d'automne te va bien.
    J'aimerais, tout simplement, gouter.

  • ça m'agace les recettes où il y a des oeufs en nombre impair parceque je cuisine souvent avec ma calculette, donc je plussoie, y'en a marre des recettes pour 12 !
    Le congel ça aide bien quand même, histoire de prolonger le moment quelques semaines plus tard au boulot :)

  • Ginette a enfin retrouvé le bonheur.

  • il ne contient pas de souffre alors le vin que tu proposes ? ;-)

  • Salut O Claude O!
    Rien d'autre à faire que de guigner la téloche (hi hi)?
    Non, le soufre, je ne peux plus le souffrir.

  • Du gibier avec une bonne sauce, il n'y a que ca de vrai !
    Je me lève et j'applaudis le cuisinier, je n'aurai que ca à dire. ^^

  • Rassurez-nous :
    C'est du chevreuil d'élevage, ou bien ?

  • vraiment je veux goûter ces vins sans soufre. Depuis que j'ai vu ça à la télé (non, j'ai rien d'autre à faire non plus;-)), j'en bave. Si ça sent pas le soufre, ça doit être proche du paradis hein !

    Sinon, belle et passionnée prestation mardi soir cher Estèbe ! Bravo !

  • Laisser reposer 15 mn après cuisson : hors du four ou dans celui-ci encore chaud ?

    Sinon 1000 bravos pour ce blog qui ne se prends pas au sérieux mais qui ne l'est pas moins !

  • Tu me fais plaisir avec la courge et la chasse. T'en mangerais une où, au bistro?

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