17/10/2008

Et si on s’escalibait en hommage aux Comelade?

Zour,

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Une confidence: on adore les Comelade. Les Comelade mère et fils.

Le fils, c’est Pascal Comelade, qui enregistre depuis trois décennies des disques d’une musique miniature et singulière, bricolée mais savante, poétique et malicieuse. Zieutez donc cette version de Russian Roulette: grand solo de paille et ciseaux.

 

 

La mère, c’est Eliane Thibaut-Comelade, responsable, entre autres, des deux formidables recueils de recettes catalanes traditionnelles (ed. Jacques Lanore), qui pourraient bien constituer les ouvrages définitifs sur le sujet.
C’est dans ces pages exaltantes que, il y a des années de ça, on était tombé sur la recette de l’escalibade, ou escalivade, plat végétal, élémentaire mais mirobolant, dont on vous livre ici notre version. Ne me remerciez pas. Vous m’êtes sympathiques.

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Sur l’étal du potager, raflez tout les vétérans de l’été, vétérans qui vous semblent garder bonne mine et afficher un pedigree correct. Poivron, petit oignon doux, aubergine, tomate joufflue, voire courgette, même si la doctrine catalane ne l’inclut pas dans le tableau. Profitez-en pour choper un bouquet de thym. Rentrez chez vous. Et vite.

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Lavez puis taillez les légumes longitudinalement (quel adverbe splendide!), les tomates en quatre et les oignons itou. Déposez tout ça à plat dans un plat plat (une répétition? où ça?). Brumisez avec vigueur d’huile d’olive. Saupoudrez de thym frais, sel, poivre. Balancez un demi-verre d’eau au fond du plat. Et hop, au four, à 150 °, pour une heure. A mi-course, il n’est pas inutile d’ajouter un peu d’eau. Et de baisser un poil le feu. Faut pas que les vétérans crament.

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Les légumes sortent de là confits et juteux, qu’on les bisouterait amicalement avant de les croquer sauvagement. Avec ça, selon humeur, on avale des côtelettes d’agneau, des anchois de Collioure ou rien du tout.
DSC01292.JPGPlus du vin, plein, rouge, vivant. Un pinard catalan aurait certes sa place sur les genoux de l’escalibade; mais les jus voisins sont bienvenus, comme ce Minervois d’un producteur dont on cause dans les salons, mais que nous n’avions encore jamais humé. Voluptueuse surprise que la cuvée L’Ours Bleu 07 de Jean-Baptiste Sénat (portait cool ici), dont la rusticité tonique et la puissance fruitée nous ont laissé dans un état de rêverie extatique. Zzzzzzz.


Tchoup


PS: Pas de slurperies la semaine prochaine. On s’en va chasser le paradentiste en Transylvanie.

 

Commentaires

J'aime beaucoup le minimalisme de Comelade, c'est très sympa. Si vous aimez Comelade, je vous recommande Lars Hollmer ( Voir: http://en.wikipedia.org/wiki/Lars_Hollmer ), c'est dans la même ligne... Mais au Nord de l'Europe...

Écrit par : Carlos Lopez aka Carlitos de Unamuno | 17/10/2008

Rejouissant, j'adore la musique a la paille.
La recette aussi, d'ailleurs il m'en reste plein des veterans, et comme il ne va pas tarder a geler chez nous, il est temps de cueillir les dernieres tomates. Il faisait 5C ce matin...

Écrit par : gracianne | 17/10/2008

Encore l'été chez vous aujourd'hui ! On s'escalivaderait bien aussi...

Écrit par : Tiuscha | 17/10/2008

on se fait une boles-de-picolat-day un de ces 4 ? hein ?
Il est à la maison le Comélade aussi (forcément, avec du catalan pas loin ...), le lapin au safran en fait partie d'ailleurs.
J'accroche moins sur le fiston ;)

Écrit par : marion | 17/10/2008

L'escalivade, je suis tombée dedans quand j'étais petite. Perso, je l'accompagne avec du pain frotté avec une tomate bien mûre, un filet d'huile d'olive et du BON jambon cru tranché le plus fin possible (pas d'ail, ça tue le goût !).
Les anchois (de Collioure ou d'ailleurs), tout le monde n'aime pas, j'en connaît même que ça dégoûte (??????).
Ma mère m'a offert un autre livre de cuisine intitulé CUISINIERE CATALANE aux éditions STEPHANE BACHES. Les recettes y ont l'air faciles mais délicieuses.
Moi non plus, le fils Comelade, c'est pas trop ma tasse de thé, mais bon, c'est ce qu'on appelle une gloire locale.

Écrit par : pauline | 17/10/2008

Pas que locale, la gloire à Comelade fils. Loin de là. Il a des fans partout dans le monde.
Le saviez-vous, il existe même un groupe japonais nommé The Pascals... en hommage à lui.
http://www.youtube.com/watch?v=HANz4RWSRqc
On retient ces précieuse combines pour marier l'escalibade, et le bouquin de Mame Baches avec. Merci Pauline.

Écrit par : Estèbe | 17/10/2008

je découvre comment se faire couper le sifflet, bigre cette approche de la smallmusic et périlleuse; Mes vétérans sont morts aux champs donneurs, ben oui la nature donne avec largesse, sous les pales du gyrobroyeurs, et oui cher Estbèbe je suis un cul terreux.
Quand à Tiuscha je l'attends un de ces 4 pour ses boles de picoulat, spécialité que j'adore

Écrit par : jupiter | 17/10/2008

"l’escalibade, ou escalivade, plat végétal, élémentaire mais mirobolant, dont on vous livre ici notre version. Ne me remerciez pas. Vous m’êtes sympathiques."

Vous passez du ton mayeustatique (on vous livre), au ton personnaliste sans transition; we know what you mean, sabemos lo que quieres decir.
En Catalan, comme en Castillan, on ne prononce pas le v (on le prononce comme le b); ce qui donne lieu à ces graphies doubles (on ne sait jamais lequel des deux c´est).Je crois qu´originallement c´est escalivada (en Catalogne Sud); i´ll look in a Catalan dictionnary.

Écrit par : sopadeajo | 17/10/2008

Puisqu´on est dans la musique: une ode presque Dalinienne:
http://es.youtube.com/watch?v=VNV-z1qnp1M

Écrit par : sopadeajo | 17/10/2008

Bien vu Sopa, la rupture stylistique. Inélégante, en effet.
Quand on se nomme Estèbe (comme bibi), veuillez bien croire que l'on ignore rien de ces histoires de V et de B virevoltant au-dessus de Pyrénées.
Très joli morceau, avec plein de chantilly: il nous manquait justement un dessert.

Écrit par : Estebe | 17/10/2008

J´oubliais Antonio Machado qui mourut à Collioure sans le temps de la voir;

Al andar se hace camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar
Caminante no hay camino

Écrit par : sopadeajo | 17/10/2008

Puis c'est plus facile à dire que latitudinalement !! Il faut que je vous envoie un fichier qui, bien que peu fourni en paille, pourait bien vous faire bondir d'extase !! Allez tiens, j'ose, rendez-vous sur votre boite aux lettres, vous serez épaté... et puis bonnes vacances !!

Écrit par : Anso | 17/10/2008

Quand, je parlais de "gloire locale", ce n'était en rien péjoratif ...
Rien à voir avec Annie Pujol (qui se souvient d'Annie Pujol ?...) ou charlotte Julian !

Écrit par : Pauline | 18/10/2008

Bon...j'ai visionné la vidéo et j'ai bien rigolé....mais, me demande quand même si on ne pourrait pas faire un poil plus musical, même avec des pailles et ukulélé?
Bon dimanche!

Écrit par : arkencielle | 19/10/2008

De loin, ça ressemble un peu à un tian, mais je me sens totalement ignorante, du coup (et un peu idiote, pour ne pas employer de plus gros mots,d'avoir osé poser la question). Si quelqu'un veut m'éclairer dans l'assistance...
Et qu'est devenue la bouteille de Mâcon de la première photo? Sirotée pendant la cuisson? Ou employée à quelque usage ésotérique gardé secret?

Écrit par : Camille | 19/10/2008

Alors, Camille (j'ai cherché à te joindre personnellement, sans succès), l'escalivade, ça se mange plutôt froid, et la texture est moins ferme que le tian.
Si tu veux, pour faire simple, ce sont des légumes "grillés" au four, comme on prépare les poivrons rouges.
J'espère avoir répondu à ta question (qui en passant m'a permis de faire connaissance avec ton blog).

Écrit par : pauline | 20/10/2008

Bien le bonjour à Msieur Dracula!

Écrit par : Flo Bretzel | 20/10/2008

Savez vous qu'on parle de vous ici?
http://www.lignepapilles.com/archive/2008/10/21/mon-blog-recompense.html

Écrit par : Lavande | 22/10/2008

Nulle adresse mail pour remercier ma bienfaitrice Pauline de ces précieux renseignements... Merci beaucoup!

Écrit par : Camille | 24/10/2008

Je ne connaissais pas les Comelade... Excellent !

Écrit par : eglantine | 24/10/2008

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