06/11/2008

Le cochon pudique drapé dans sa croûte d’herbes fraîches

Groink! 

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Ah, ces cochons de cochons, ils manquent d’éducation. Prenez ce filet de porc, par exemple, ben, il vivait nu. Tout nu. Une livre de chair rose tendre, offerte aux regards de tout le frigo. Les yaourts détournaient les yeux. Les poivrons rougissaient. Le lait se gênait. Il fallait l’habiller dare-dare, ce cochonou impudique. Alors, on lui a tricoté un manteau. Un manteau de romarin, sauge et cerfeuil.

Fin le l’intro la plus stupide de l’histoire de la blogomiam.

Voilà donc un filet de porc en croûtes d’herbettes fraîches, dopé d’un trait de balsamique réduit et flanqué de chips de topinambour. Chips dont l’idée nous a été soufflée par la tecktonique Scoopette, croisée au coin d’un caveau jurassien.

Ayant tendance à la dilution verbale ces derniers temps, on va vous faire le topo rapidos.

Chips. Pelez et taillez les topinambours en fines rondelles, à la mandoline ou couteau, sans vous entailler le glinglin comme mèzigue (ça va mieux, merci). Dans une jatte, touillez les chips avec une larme d’huile d’olive, sel, poivre. Disposez sans chevaucher sur une plaque couverte d’une feuille de papier sulfurisé. Et hop, au four préchauffé à 200°, pour une petite dizaine de minutes. Quand le topi a bien bronzé, réservez.

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Croûte. Dans un plat creux, réunissez une cuillère à soupe de parmesan râpé, une cuillère à soupe d’huile d’olive, un jaune d’œuf, plus les herbes (deux brins de romarin, trois feuilles de sauge, huit brins de cerfeuil), préalablement ciselées aux ciseaux dans un verre. Clic, clic. Touillez. Un tour de moulin à poivre.

Cochon. Habillez l’animal, en oignant le filet avec l’appareil susdécrit. Enfournez à 180° pour 45 minutes. Au bout d’une demi-heure, baissez un poil le thermostat, et couvrez la bête d’une feuille de papier-alu. Faudrait pas que crame la croûte. Hou, non.

Balsamique.
Faites réduire un demi-déci au fond d’une casserole, avec un peu de sel et une larme d’huile d’olive, jusqu’à texture sirupeuse. Mais si vous êtes en possession d’une dispendieuse fiole de vrai balsamique (portant la mention magique: Aceto balsamico traditionale di Modena), inutile de jouer la réduction. Va sans dire.

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Final (héroïque).
Sortez le cochon enfin vêtu du four et faites reposer à couvert un quart d’heure. Pendant ce temps, faites réchauffez les chips. Découpez la bête, nappez d'un élégant trait de balsamique, fleurdesalez, cernez de chips et avalez en racontant des histoires cochonnes
Yes we can, comme dirait je ne sais plus qui.

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Tchou

DSC01390.JPGPS: Il n'est pas interdit, voire même vigoureusement recommandé. de siffler avec tout ça une bouteille de la toujours très savoureuse cuvée Les Terrassettes du bio Clos de l'Anhel, Corbières bien en chair, stylé et épicé, ourlé de petits tannins coquins. L'Anhel? Il me rend belle.

 

Commentaires

Ben vous alors, avec vos histoires cochonnes...!

Écrit par : olif | 06/11/2008

45 minutes, c'est pas un peu trop pour un filet?
Oh, je blague, pas taper! D'ailleurs sa robe lui va si bien a celui la que j'en prendrais bien deux tranches, avec rab de chips s'il vous plait.

Écrit par : gracianne | 06/11/2008

C'est depuis le Salone del Gusto, mister Estèbe a la fibre bien porcine... Vous comprenez, avec toutes ces truies italiennes froufroutantes, et tous ces jambons affriolants, ça réveille le loup !
Bravo en tous cas pour cette alléchante recette, les babines ruissellent...

Écrit par : Gary GUETTE | 06/11/2008

Gary, vous m'avez percé à jour. Oui, le cochon et mèzigue, on est amants pour la vie. Cela dit, notre dernière recette porcine date du 13 octobre. Une éternité, quasi.

Écrit par : Estèbe | 06/11/2008

Je vois que le sieur Estèbe nous offre de belles chips de topinambours, pas trop gazogènes j'espère. Pour ma part aujourd'hui, c'était chips de navets au sang car ma mandoline m'a cruellement attaquée l'index. vraiment, je comprends ton amour pour les cochons beaucoup plus faciles à apprivoiser qu'une mandoline rebelle.

Écrit par : mamina | 06/11/2008

Ben, 'faut tenir la mandoline plus haut ! comme ça le glinglin ne risque rien ...surtout s'il est bien caché sous la table !

Sinon, ce cochonou me fait saliver ... mais saliver (bon, je file nettoyer mon clavier)

Écrit par : Le Rital | 06/11/2008

Petit joueur. T'avez juré de boire de la bibine californienne si Bama passait! Allez, exécution!

Écrit par : Sophie | 06/11/2008

Cochon qui s'enlaidit...

Écrit par : Zorg | 06/11/2008

Topinambour mon amour.... Dankre schön cher Estèbe d'avoir mis à portée de la terre entière cette modeste recette du quartier de Plainpalais à Genève. On se croirait presque aux USA tant ce geste est démocratique. Pour que les papilles habituées aux Zweifel (honte à elles!) ne soient toutefois pas trop surprises, précisons que ces chips-là sont plus moelleuses que franchement croustillantes. Pour un résultat qui fait vraiment crac crac, opter pour des patates violettes. Chips de patates violettes: Yes, we can (kicèkadissadéjà?)

Écrit par : scoopette | 06/11/2008

le cochon tout nu c'est triste, alors que là, un rien l'habille.
Top vos chips de topi :)

Écrit par : marion | 06/11/2008

c'est pour cela que mes sangliers reste à poil dans le frigo Zaméricain conservateur
bon, j'attends une recette Obamesque maintenant, en plus du glouglou Californien

Écrit par : jupiter | 07/11/2008

Il n'en demeure pas moins que le Sieur Estèbe a déclaré qu'il n'irait plus chez McDo si McCain était élu.
Ben, il pourra y retourner une 2ème fois depuis 1983 ... maisn inutile de m'inviter : Haut-Bas-Ma ou Mc Kane et ses frites surgelées, je resterai un disciple du slow food et intuile également de me fourguer une bibinne californienne bouréée de copaux de bois. Qui que soit l'élu, rouge ou blanc, je ne carburerai qu'au nautrel.

N'empèche que ce cochonou continue à me faire saliver ... 'faudra que je consulte ... ou que je le mitonne ....

Écrit par : Le Rital | 07/11/2008

Le final est en effet plus héroïque qu'érotique. J'aurais souhaité me rincer les lentilles avec le cochon à poil. Très prude dans le choix des photos, le Sieur Slurp.
Au fait, je me demandais: comment tu fais pour pondre autant de plats et de textes. EPO? Anhel? Chômage? Vous êtes plusieurs?

Écrit par : Robert | 07/11/2008

Ce cochon pudique me plait bien, mais niet pour les chips topinambours !
Vous êtes toujours fidèle aux Corbières, vous avez bien raison.

Écrit par : gabriella | 07/11/2008

Fidèle au point qu'on envisage souvent les Corbières comme un terroir inouï, un Eldorado du vignoble français. Où de grandes choses sont à faire. Et se font déjà.

Écrit par : Estèbe | 07/11/2008

pudique... impudique.... ça me fait surtout penser au porcelet que l'on voit sur le précédent billet consacré au Salone del Gusto. Lorsque j'étais enfant, les cochons de lait trônant dans les vitrines ou sur les étals me paraissaient vaguement indécents, et je ne pouvais m'empêcher de penser à des récits sur l'anéantissement de Pompéi, faisant allusion à des Romains surpris par les laves et rôtis sur leur couche.

Écrit par : Olivia_Mohune | 09/11/2008

Sieur Estèbe, connaissez-vous Hervé Leferrer, ancien maître de chai de Vosnes
Romanée, installé à Ferrals des Corbières, votre Eldorado ? Nous, on aime son
Blanc Domaine du Grand Crès, un mélange de Roussanne-Viognier.

Écrit par : gabriella | 09/11/2008

c'est promis, dés que je trouve un cochon de plus de 22,500 kg je m'approprie la recette ;
les chips au four c génial.... et le vin des Corbières, m'en parlez pas mes pôvres zamis !
avec leur terroir et leur climat, ils sont en train de nous sortir des merveilles de concentration, des prodiges d'équilibre,des miracles de longueur en boche.....

Écrit par : dumè | 16/11/2008

C'est depuis le Salone del Gusto, mister Estèbe a la fibre bien porcine... Vous comprenez, avec toutes ces truies italiennes froufroutantes, et tous ces jambons affriolants, ça réveille le loup !
Bravo en tous cas pour cette alléchante recette, les babines ruissellent...

Écrit par : alex | 27/09/2012

cochon cochon
mandoline ou pas un porc reste un porc
c'est hideux et répugnant un porc se trainant dans sa bauge glissant sur ses soies et glissant vers le jacuzi
brrrr j'en frémis

Écrit par : jupiter | 27/09/2012

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