24/11/2008

Aprème homérique à Châteauvieux

Salud! 

Tiens, l’autre jour, on a fait une petite halte dans une auberge de la campagne genevoise. Une auberge déjà louée ici et .

Ding, ding... Alors que le douzième coup de midi sonne nous voilà installés devant un verre d’aligoté, Dame Noëlle, Sir Gala, Madame Sonson et mèzigue. L’après-midi va être longue mais voluptueuse.
Débarquent les amuse-bouches, l’un derrière l’autre, comme des majorettes.

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Crème de homard au céleri, mousse de foie gras et gelée de queue de bœuf, émulsion de topinambour à la truffe blanche

Votre serviteur raconte une récente mésaventure pimentée autant que pelvienne. Eclat de rire autour de la table. Rien de mieux qu’une anecdote scabreuse pour détendre l’atmosphère.

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Tartare de St Jacques au citron vert, gelée de belon aux herbettes, pain au beurre d’algue

«C’est vraiment bon», annonce brusquement Sir Gala, dont la pupille bleue vient de s’allumer d’un feu lutin. Impossible de le contredire.

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Queues de langoustine, risotto à la truffe blanche

Ça rigole un peu à propos du bout de persil décoratif. Hu, hu, hu. Ce qu'on peut être bête. Fin de la deuxième bouteille de chablis. Oui, déjà.

 

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Sarcelle aux lentilles du Puy, jus au poivre et à l’armagnac. Admirable.

Madame Sonson sort de son sac un petit ours et tourne fissa, avec son téléphone portable, une vidéo le mettant en scène entre argenterie et verre de pinard. Pourquoi pas?

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Selle de chamois, jus aux épines vinette

Dame Noëlle aperçoit la Vierge voletant au-dessus de notre table. Une Vierge gironde et rieuse, seulement vêtue d’un tablier de cuisine. L’apparition nous paraît être un bon présage pour les plats suivants.

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Raviole et consommé de grouse à la truffe blanche

Débat autour de la table: les grouses membres du Parti socialiste ont-elles le droit d’élire le premier secrétaire? Il est déjà quatre heures. L’heure du goûter.

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Chariot de fromages puis figues flambées, liqueur de cassis, glace au poivre de Tasmanie.

C’est l’amène maître d’hôtel qui réalise le premier dessert, live devant nous, rôtissant les figues d’une main, préparant le fond au sucre de canne d’une autre, tout en moulant une boule de glace et discutant avec les convives. On suit le show, tassés dans nos fauteuils, l’œil torve. Dehors, il fait nuit.

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Biscuit à la courge, fudge et glace aux noix de Pécan caramélisées. Mignardises. Chocolats.
Et tout ça.


Cap, à petits pas, vers le fumoir, pour des cognacs vendangés sous Pompidou. Ou même avant.
Tiens, voilà l’addition. Opulente. Mais indiscutable. On règle en rigolant. On reviendra.

C’est fou tout ce qu’on peut faire en une seule après-midi.
Demain, on mangera de l'eau.

Tchou

 

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Commentaires

Magnifico !!! j'y vais le 11 décembre, ça va être grandiose et pis le maître d'hotel c'est un sacré personnage, le meilleur maître "del mundo" à mon avis.
Saludos
Greg

Écrit par : Gregory | 24/11/2008

Belle pêche, je ne savais pas qu'on trouvais tout cela dans Le Lac. Me parle bien, ce tartare de dorade, envie de le tutoyer...

Écrit par : Patrick CdM | 24/11/2008

Moi aussi, je vois parfois le Petit Jesus, mais après la sixième bouteille.

Écrit par : Robert | 24/11/2008

Tout ce qu'il faut, et plus encore. Comme un spectacle.

Écrit par : gracianne | 24/11/2008

Une poire au vin avec le chamois ?
Bien tentant, mais peut-être moins que la sarcelle aux lentilles…mon canard préféré !

Écrit par : Olivia Mohune | 24/11/2008

Quelle élégance dans cette campagne castellopristine ! Quelle harmonie entre les mets, leurs présentations et les crus choisis ! Quelle récompense lénifiante après ce prurit pénien, qui, par parenthèses, ne se serait pas déclaré si Estèbe appretait, comme dans le Lyonnais, les composants de ces mets dans la souillarde, toujours pourvue d'une source d'eau, inconnue elle dans les cabinets, encore (souvent) de jardin.

Écrit par : Séastien de Mépieu | 24/11/2008

La petite phrase finale est pliante à souhait !! Quel repas, même si je vous avoue ignorer ce qu'est la grouse blanche

Écrit par : Anso | 24/11/2008

Pff! Après ce repas léger comme un souffle, vous avez mangé de l'eau aujourd'hui. Vraiment? Triste lundi, il y a des lendemains qui déchantent.

Écrit par : mamina | 24/11/2008

Les bourses, elles, ne mangent pas d´eau au jour d´hui: +10% au CAC 40; mais que fêtent-t-ils donc?
C´est vrai qu´il y a des fois où on s´en fout de payer

Écrit par : sopadeajo | 24/11/2008

La grouse, c'est un petit coq de bruyère écossais au caractère aimable et à la chair ferme autant que goûteuse.

Écrit par : Estèbe | 24/11/2008

Tiens ! Cela correspond tout à fait à la description d'un de mes amis...

Écrit par : Dodo | 25/11/2008

Tout ça c'est très beau, ce chef a beaucoup de talent.
De la grouse écossaise, je ne connais que son scotch !!

Écrit par : gabriella | 25/11/2008

Méfie-toi, Estèbe, tu fais trop de sport.

Écrit par : Robert | 25/11/2008

Joli spectacle qui me rend bien fadasse ma soupe de ce midi...

Écrit par : Eglantine | 25/11/2008

Déjà un grand MERCI les 5min de bidonnage que tu viens de m'offrir !
Ensuite, les photos donnent vraiment envie de faire le déplacement jusque par chez toi ;)
Pour finir, ce sera une "Queue de langoustine, risotto à la truffe blanche" pour mon dîner steuplé !!!

Bises
Olala

Écrit par : Olala | 25/11/2008

Juste une précision...Par chamois, vous entendez le truc à cornes qui pousse dans les montagnes et qu'on est vachement fier d'apercevoir au loin un jour de balade alpine? Genre : tout le monde trouve ça normal, de manger du chamois ET du homard ET de la queue de bœuf -morceau fameux, encore mieux que la joue, si j'ose-.
Bien joli, ce défilé de boustifaille, même s'il manque un peu de légume, par ci, par là (enfin, il ne faudrait pas trop abuser dans le côté light du repas). ça plaît beaucoup au chat, soit dit en passant. (à moi aussi, si vous le demandez) (et puis, je ne sais pas, ce vouvoiement, je le garde, je l'aime bien)

Écrit par : Camille | 25/11/2008

C'est vrai, Camille, que le côté végétarien de l'affaire reste discret.
Oui, c'est bien ce chamois-là qui s'alanguit dans l'assiette. Pour le capturer, il suffit de siffler Yellow Submarine, il adore.

Écrit par : Estèbe | 26/11/2008

mmmmmhhhh !
on en mangerait !

Écrit par : dumè | 26/11/2008

Vous avez choisi une mort douce il me semble.

Écrit par : jupiter | 29/11/2008

D'abord, un gros Merci pour ce généreux review très bien documenté. Je suis allé finalement au Restaurant de Châteauvieux puisque plusieurs de mes connaissances gastronautes m'ont convaincu que ca battait mon favori personnel: Guy Savoy à Paris. J'y suis donc allé avec des amis gastronautes 2 fois plutot qu'une chez Chateauvieux avec une intervalle de 3 mois entre les 2 fois. Oui, effectivement c'était très bien (ai apprécié l'exactitude des cuissons, l'explosion des saveurs en bouche, le soucis du détail dans le choix des ingrédients et des techniques de cuisson très à point). Vraiment une cuisine très engagée et hyper talentueuse, mais tel que mes amis et moi nous nous sommes dits: C'est subjectif les opinions sur les restaurants, mais ca ne bat pas Guy Savoy. Je serai interessé d'avoir l'avis des gens qui ont diné aux deux restaurants sur la comparaison Guy Savoy Vs Chateauvieux. Ca serait interessant. Merci pour vos écrits et au plaisir!

Écrit par : S Lloyd | 08/02/2010

Ce que ça peut-être puéril comme réflexion!Est-ce que Mozart c'est supérieur aux Beatles,Picasso mieux que Rembrandt?
Au restaurant on y va,en tous cas moi venir trouver ce que je viens chercher:l'émotion et une envie,qu'ils me donnent envient de revenir.Savoy a tout d'un très bon mais rien d'un grand et de plus horriblement cher.Chevrier est grandiose sur la chasse,lui aussi à des tarifs prohibitifs pour un 2 macs quand il redevient consensuel pour sa cuisine.
Tout ceci étant subjectif puisque ce n'est que mon avis,je ne demande pas à ce qu'il soit partagé mais c'est le miens.
Salutations gourmandes

Écrit par : pascal henry | 08/02/2010

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