04/12/2008

Le curry de la mer mentholé et son cortège foldingue

Coucou

 

DSC01599.JPGDSC01602.JPG

Quand la crise rougeoie, que la récession gronde et que l’hiver pointe son vilain groin givré, ben, on aime bien les tables bien encombrées. Avec plein de machins et de trucs dessus. Des plats, des bols, des sauces, des casseroles fumantes. Ça fait riche, comme disait notre défunte mémé maternelle, qui avait le don de la formule.
Bref, l’autre jour qu’une famille de proches rieurs était attendue pour un lunch dominical, toute la maison (sous la houlette de Madame Sonson, reine de l’indiennerie slurp) s’est mise à préparer, dans une concentration fiévreuse, ce curry de la mer à la menthe, escorté de son cortège hindouiste de mango chutney, dhal, yaourt, purée de piment et riz blanc à l’indienne.
Plein de machins sur la table, vous disais-je. (Oui, Raymond, il va falloir mettre la rallonge)

Pour six gosiers avides de saveurs exotiques, il vous faut (Raymond, tu peux imprimer la page et découper la liste si tu veux, c'est plus commode chez la marchande):

- Un kilo de moules de bouchot
- 500 grammes de joues de lotte (ou de chair de lotte tout court)
- 500 grammes de crevettes crues, congelées et décortiquées (c’est mieux)
- Du gingembre frais
- Plein d’épices indiennes (curry, curcuma, garam massala, maison pourquoi pas)
- Deux mangues
- Des raisins secs
- 250 grammes de lentilles corail
- Un bouquet de menthe
- Un pot de yaourt nature
- 5 décis de lait de coco
- 400 gr de purée de tomate (maison pourquoi pas, ou tomates fraîches en saison)
- Trois oignons rouges
- Une tête d’ail (toi-même)
- Un sitar accordé en ré (facultatif)

DSC01582.JPG

Pour le curry de la mer. Nettoyez les moules avec la diligence d’une mère récurant le crâne de son fils unique pour lequel elle nourrit de folles ambitions.  Rincez les crevettes. Détaillez la lotte en gros cubes s’il le faut. Au fond d’une cocotte, faites blondir dans une cuillère d’huile un oignon rouge haché, deux gousses d’ail hachées et une cuillère à soupe de gingembre râpé. Saupoudrez largement de curry pakistanais (top avec le poisson), garam massala, curcuma et piment en poudre, jusqu’à ce que le tout se mue en aimable pâte, taquinant délicieusement les narines au moindre coup de spatule. Ajoutez la purée de tomates, remuez, puis le lait de coco. Rectifiez. Sel, piment, curry. Il faut que ça embrase le larynx.

Juste avant le miam. Ajoutez d’abord la lotte, cinq minutes, puis les crevettes, quatre minutes, et enfin les moules, jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent. Une tombée de menthe ciselée. Et voilà le boulot.

DSC01598.JPG


Bon avant cela, il y a un peu de taf…

Pour le mango chutney. Pelez et taillez les mangues en petits morceaux. Salez et réservez. Pilez au pilon deux gousses d’ail, une bonne cuillère de gingembre râpé, une cuillère de vinaigre et un petit piment hot. La pâte ainsi obtenue file à la casserole, dans une demi-tasse de vinaigre, avec un peu de sel et une grosse pincée de garam massala. Laissez frémir dix minutes. Ajoutez les mangues et les raisins secs. Laissez confiturer une bonne dizaine de minutes de plus. Rectifiez. Puis faites refroidir.

DSC01586.JPG

Pour le dhal. Même principe. Faites blondir un oignon et une gousse d’ail hachés, plus une cuillère à café de gingembre râpé, dans une noisette de beurre. Ajoutez une ½ cuillère de curcuma. Remuez. Rincez et égouttez les lentilles. Ajoutez dans la poêle, remuez une ou deux minutes. Mouillez avec trois tasses d’eau chaude. Portez à ébullition. Baissez le feu et laissez glouglouter un gros quart d’heure. Ajoutez alors une pincée de sel et de garam massala. Continuez la cuisson pépère jusqu’à ce que les lentilles soient aussi tendres que la pupille de Shivah à la saison des amours.

DSC01594.JPG

Pour la purée de piment. Débrouillez-vous. Ou achetez celle du maraîcher qui est atchement bonne.

Pour le yaourt. Versez un yaourt nature dans un bol extrêmement joli. Ploutch.

Pour le riz à l’indienne. Pffffffffff. Improvisez. On commence à s’user les doigts sur le clavier

Pour le glouglou. Du thé. De la bière. De l’eau bénite par Ravi Shankar. Ou un rosé de Loire avec une larme de douceur. Nous, on a bu un blanc très bon, mais définitivement pas taillé pour ce grand trampoline gustatif.

DSC01603.JPG

Bien à vous, les kangourous

 

NB. Non, Raymond, tu n'es pas obligé de cuisiner tout ça. Tu choisis. Tu pioches. Tu slalomes. Oui, Raymond, tu peux très bien te contenter du yaourt.

Commentaires

Ca fait riche, et ca fait joli en plus, colore, piquant, tout ce que j'aime. je veux bien de tout, sauf des raisins secs dans le chutney.
Pour le riz a l'indienne, ca va, on sait faire.

Écrit par : gracianne | 04/12/2008

Je ne vois que Shivah, en effet, pour bouffer tout ça en même temps avec les doigts.

Écrit par : Robert | 04/12/2008

TU METS QUOI DANS TES EPICES POUR TE RENDRE AUSSI delirante! ^_^

Écrit par : diane | 04/12/2008

C'est un plat que je vais faire très vite, tiens pourquoi pas à Noêl !
je ferai le garam massala comme une grande et je brulerai qq batonnets d'encens
pour Shivah.

Écrit par : gabriella | 04/12/2008

Je laisserais les carapaces des crevettes pour ma part, sauf bien entendu s'il s'agit de joues de crevettes. Je suis surpris de ne pas voir mentionné un Côteaux du Jura, avec au moins 50% de savagnin, c'est tip top sur les curries de poisson ou de volaille... Sans doute une pénurie passagère?

Écrit par : Patrick CdM | 04/12/2008

Non, jamais de pénurie de ce côté là. C'est en effet un vin de voile que nous débouchâmes, un chardo joliment oxydatif, mais le lait de coco et le chutney de mangue lui brouillèrent le teint.

Écrit par : Estèbe | 04/12/2008

La couleur, le piquant, tout quoi comme dit Gracianne... mais on évitera de le manger à Bombay ton truc, on restera sagement à Vierzon

Écrit par : mamina | 04/12/2008

ah mais moi je prends tout le cortège, sans problème :) deux fois même !

Écrit par : marion | 04/12/2008

Et bien justement on avait un projet similaire pour ces jours-ci, ça tombe pas trop mal. Mangez, vous êtes jeunes, aurait dit la mienne. Mais pas ce genre de plat, pas chez elle. Comme boisson je ne vois guère que le thé. Je mettrais un gunpowder de Taïwan ou à défaut du Népal, vous connaissez ?

Écrit par : rose chiffon | 05/12/2008

Tiens, on dirait que les proportions sont plus précises que d'habitude, Estèbe rejoint-il le troupeau des marmitons alignés?

Écrit par : Sophie 13 | 05/12/2008

joliment épicé, par contre je crois n'avoir jamais vue dame Shiva l'oeil langoureux et tendre.
Ci-joint un assortiment en titane pour vos expériences chimiques osées

Écrit par : jupiter | 05/12/2008

Jamais goûté ce thé-là, Rose. Ni aucun thé, d'ailleurs. C'est quoi comme vin, le thé? Merci pour le titane, Jup.

Écrit par : Estèbe | 05/12/2008

On ne peut qu'applaudir le génial talent de Mme Sonson et se régaler de concert avec toute cette joyeuse tablée !! Merci aussi, j'ai beaucoup ri !!

Écrit par : Anso | 05/12/2008

C'est bon, je sors.

Écrit par : rose chiffon | 06/12/2008

Conquise par les bombay-saveurs et les bolly-couleurs. Et je note au passage le rosé de Loire (un peu doux c'est ça ? vaguement sucré ?)

Écrit par : Tiuscha | 07/12/2008

Oui, un rosé avec une larme de sucre résiduel, qui fait ami-ami à la fois avec l'aigre douceur du chutney et la chaleur du curry.

Écrit par : Estèbe | 07/12/2008

Les commentaires sont fermés.