24/12/2008

Dernière recommandation avant la naissance de Jésus

 

Diling, diling 

Bonne nouba ventripotente et grosses guirlandes lumineuses à vous, très chers

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Conseil: si vous croisez le Père-Noël, roulez-lui donc un gros pétard bien tassé. Il adore.

A l'an prochain, qui sera atchement bien.

Et vive le chapon libre!

18/12/2008

Les embûches de Noël


Bien le bonjour, les réveilloneurs fous

 

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Loin de nous l’envie de jouer les vilains lutins. De cracher sur le merveilleux esprit de Noël. De pré-vitrioler la festouille. De vous enguirlander le moral. Mais on sait tous que les brillantes noubas de fin d’année ne se montrent pas toujours aussi voluptueuses que prévu.
Pas seulement d’un point de vue gastronomique. Il y a ainsi des familles où Noël fait boum. Ou plutôt clash. Où le champagne est aromatisé au venin; où la soupe à la grimace coule à flots entre dinde et bûche, où le sapin n’est de loin pas le seul à avoir les boules. C’est la distribution de cadeaux à OK Coral, avec baston verbal jusqu’au 12e coup de minuit.
On n’est certes pas là pour gloser sur la psychologie familiale, mais bien de bons petits plats et grandes bouteilles. Que faut-il redouter au cours des festins qui s’annoncent ?

Petite liste subjective...
 
La Chinoise maléfique.
La fondue chinoise est devenue, depuis quelques années, un classique du miam festif. Or, c’est une cata, neuf fois sur dix. On ne parle même pas de la bidoche reconstituée et surgelée, issue de bovins lointains aux pedigrees troubles. Non, car certains chinoisent avec du bœuf top classe. On ne parle pas des sauces industrielles, à la douceur suspecte et au gras gerbatoire. Non, car certains chinoisent avec d’authentiques sauces maison. On parle simplement de l’inévitable mélange des flux dans l’assiette, ketchup-bouillon-béarnaise and co, qui finit toujours par ressembler à un raoul de nourrisson. Berk.
 
Le liquoreux plombant
 Il est d’usage de dégainer un foie gras en entrée lors de ces agapes de fin d’année. Si possible arrosé d’un vin liquoreux. Sauternes classé chez les Urf ; Monbazillac à prix cassé chez les autres. C’est un accord classique, comme on dit. Et parfois exquis. Le problème, c’est la surenchère. Le gras de la liqueur + le gras du foie = papilles tapissées, ointes à mort, et donc anesthésiées jusqu’au lendemain matin. Zzzzzzz.

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La volaille saharienne.
Pas à dire, c’est festif ces bonnes grosses volailles, chapons ou dindes, qui rôtissent fin décembre. Festif mais pas facile à cuire. Entre des mains inexpérimentées, la plus somptueuse des bestioles de la basse-cour se mue en bloc de carton. Desséchant, va sans dire. Du coup, on crève de soif. On picole. Et on finit par dire des atrocités. Hips.
 
Le bourgogne éreinté
Trop mignon, Tonton Robert nous a sorti – comme chaque année - une grande bouteille de sa cave. Un Pommard du début des années 80, couleur peau d’orange ourlé d’inquiétants reflets brunâtres, aux arômes de vieux raisins de Corinthe oubliés au fond du placard et de madère de cuisine, à la bouche décharnée comme un zob de momie. «En plus, je l’avais pas payé cher», exulte Tonton Robert. Tchin.

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Les bulles omnipotentes
Noël, c’est champagne. En apéro. Au repas. Au dessert. A minuit. Le champagne, ça peut être mirobolant. Mais pas toujours. Et la bulle médiocre ne tarde pas à vous trouer le tuyau, tout en plongeant votre muqueuse buccale dans un état de fébrilité proprement épuisant. Blurp.
 
Et en vrac...
La bûche industrielle en papier mâché ; le saumon fumé grassouillet qui sent la marée basse ; les huîtres mal ouvertes avec de vrais morceaux de coquilles dedans ; les fromages trop affinés qui t’amoniaquent la glotte ; le sapin qui crame ; le bouchon de champ’dans l’œil ; les cadeaux stupides ; le sermon de Mamie Pouet ; les vannes nulles de Papi Pouet ; et tout ça quoi.

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Joyeux Noël et meilleurs vœux, quand même

PS. Ce texte léger quoique pertinent a été initialement publié sur la Fureur de Vivres; l'incontournable et odoriférante revue slurp on line étant, ce mois-ci, consacrée au salmis de lutin, au gigot de renne et à la vie sexuelle du Père Noël.

PS2. Vous cherchez encore des idées de menu pour le Grand Soir? Allez donc guigner cette liste toujours fumante d'actualité.
 

16/12/2008

L’histoire du colvert laqué au citron vert et mandarine, avec ses frites de racines de persil glacées au safran

Salut, mes poules.

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Là, c'est moi. Je fais la sieste.

Je m’appelle Daisy. Je suis un colvert femelle et bressane. Je pèse un kilo sans plumes, ce qui fait de moi la compagne idéale d’un souper en tête à tête un soir de fête. Le jour de la naissance du Petit Machin, par exemple.
Bref, l’autre jour, voilà Estèbe qui me reluque, la rétine toute concupiscente, sur le marché des Glorieuses à Louhans. Notez que j’étais contente. Parce qu’il est bien l’Estèbe. Son blog, j’adore, et je profite de ce piratage pour dire que c’est une honte qu’il ne figure pas au classement d’Ailes Magazine, le canard de la canette moderne.


Bref, Estèbe m’a achetée sans discuter le prix avec mon éleveur. Il m’a saisie avec une délicatesse que je n’imaginais pas de la part d’un mâle humain. Et m’a glissée dans son Eastpack. Puis dans son frigo.
DSC01675.JPGJe le sentais un peu hésitant, Machin Slurp. Il me guignait. Me soupesait. Me chatouillait. Sans vraiment se décider. L’intuition féminine me soufflait qu’il n’avait pas vraiment l’habitude des canettes. Et puis hier soir, il m’a attrapée, l’air résolu.
Il m’a coupée la tête. Un peu rude comme préliminaire, mais c’est comme ça.
Il a plumé le duvet qui me restait sur le croupion et les ailes.
Puis il a entrepris de me vider, avec une maladresse trahissant une inexpérience crasse. L’éleveur lui avait dit que c’était facile. Je l’ai entendu le traiter de drôles de noms. Des noms d’oiseau, ce qui tombe bien. Il en a sorti des trucs de mon bidon. Au terme d’une séance un brin éprouvante, il m’a salée et poivrée le dedans. Il avait l’air fier.
Après, il m’a laquée. J’en étais toute chose. Il a fait réduire le jus de trois mandarines et de trois limes, avec les zestes d’un citron vert, un sucre, une cuillère de gingembre frais râpé et plein de poivre aromatique concassé, jusqu’à obtention d’une texture sirupeuse.
Il m’a ointe, salée, poivrée. Et farcie le tutu d’une mandarine en quartiers. Avant de m’expédier au four, à 220° puis 180°, sur une plaque surmontant la lèchefrite, pour 20 minutes. Il m’a retournée trois quatre fois, arrosée de laquage plusieurs fois, surveillée avec inquiétude. Pauvre Estèbe, toujours anxieux. Détends-toi, mon pote, on est entre palmipèdes.
DSC01676.JPGPendant que je dorais, il a préparé ma garniture. Des frites de racines de persil glacées au safran. Sacré Estèbe, il nous les casse un peu avec ses vieux légumes, mais bon… Il a taillé deux racines en bâtonnets, qu’il a mis à couvert dans une casserole avec un demi-verre d’eau, une noisette de beurre, une pincée de sel, une pincée de sucre, dix filaments de safran. Après, il a laissé réduire à découvert. Il a goûté, il avait l’air jouasse.
Bon, normalement, Estèbe aurait dû lever mes suprêmes et mes pattes, comme les pros. Mais je vous l’ai dit, il est un peu pipo de la canette, le Dr Slurp. Il a pris des ciseaux à volaille et clac, il m’a coupée en deux dans le sens de la longueur. Brutal mais efficace.
J’étais excellente, merci. Toute rosée, parfumée et tendre.

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Coin coin, les gens

15/12/2008

Poulardes bien roulées aux Glorieuses

Coucou,

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Une soirée diapo qui caquète, ça vous branche?
C’est que, l’autre jour, on est allé traîner nos moonboots aux Glorieuses de Bresse. Et plus spécialement à Louhans, où se tenait le premier volet de la fiesta à plumes.
Pour ceux qui ignorent tout de cet épisode sublime du folklore culinaire tricolore, quelques explications s’imposent. Chaque année aux Glorieuses, un jury récompense les plus chouettes volailles du cosmos bressan. Des volailles AOC, qui se pavanent dans leur plus bel état, la chair blanche immaculée, le croupion fier et la collerette bien peignée.
Des chapons dodus, des poulardes girondes, mais aussi des pintades, simples poulets, grosses dindes et colverts. Sous la halle de Louhans, toutes ces créatures canichées et alignées comme à la parade offrent un spectacle prodigieux, qui ne manque jamais de brumiser la pupille et d’hyperventiler la papille.

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Avant d’être examinées par les jurés, nos volailles ont été roulées. Soit emmaillotées dans une toile atchement serrée, façon corset SM. L’opération permet, primo, une conservation nickel de la bête, genre sous-vide; deuzio, la pénétration de la graisse dans la chair; tertio, une silhouette oblongue sexy en diable.

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On ne va pas gloser sur l’élevage luxueux et dûment réglementé de ces bestioles qui, pendant quatre mois au moins, ont chacune un peu moins d’un stade de foot pour chasser les limaces et courir le guilledou. Menu de base? Maïs, blé et lait. De vraies princesses, à la chair divine.
Bref, aux Glorieuses, on peut se payer une poularde primée (Grand Prix d'Honneur, Premier, Deuxième et Troisième Prix ou mentions honorables), à un tarif certes largement supérieur au pauvre poulet de supérette, mais humain quand même. Notre pintade médaillée valait trente euros. Elle nourrira une armée.
Aux Glorieuses aussi, on croise plein de stars: une blogueuse exquise, Georges Blanc (qui ressemble un peu à Jimmy Carter, quelque chose  dans le maxillaire, cela soit dit en passant) et Madame Loiseau. Sans oublier le député local, Arnaud Montebourg, grand serreur de paluches, qui est bien plus propre et joli en vrai qu’à la télé. Déjà qu’à la télé, il est super propre et joli, Montebourg. Ben, en vrai, il l’est plus encore. Il aurait presque pu concourir avec les coquelets. On aurait voté pour lui.

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Côt!

PS: Les Glorieuses continuent. Dates, rensignements, machins, ici clic.
PS2: Retrouvez d'autres parfums de cette journée grandiose sur le blog de Camille

 

11/12/2008

Racine de persil et panais? Matez le derrière!

Paix sur vous, pécheurs rieurs

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A l’heure où l’économie déraisonne, où le PS dissone, où le climat ânonne, où la blogomiam déconne et le bling-blig ronronne, ben, beaucoup de gens se posent des questions. C’est bien normal. De vraies questions. Profondes et douloureuses. Par exemple: comment faire la différence entre un panais et une racine de persil? Hein?
Car voilà bien des sosies. Deux racines aux épidermes blanchâtres, mal épilées et veinées de sombre, larges du popotin, pointues du museau. Ajoutez à ça que ces deux-là affichent souvent strictement la même taille (pas sur la photo, on cause en général, quoi) et voisinent chez le maraîcher. Et te voilà, toi pauvre consommateur au Q.I. ni trop haut ni trop bas, en train de patauger grave.
Mais le Dr Slurp, à l’aube de cette merveilleuse fête qu’est Noël, a décidé de jouer le partage et l’amitié en te refilant The Tuyau pour différencier le panais et la racine de persil. Retiens ton souffle, lecteur dans le brouillard. Voilà le truc:
Le premier a le cul creux façon top-modèle; la seconde le cul bombé façon bomba latina.
Le panais, c’est la Moss; la racine de persil, la Lopez.
Oui, je sais, ce n’est pas très délicat de comparer la plastique d’une paire de légumes oubliés à celle de stars qui ne le sont pas encore. Mais l’image vous restera imprimée dedans la boite crânienne au moins jusqu’à la Saint-Sylvestre. La pédagogie a des raisons que l'élégance ignore.

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 Où est la racine de persil; où est la panais? On relève les copies dans une heure. 


Et comme ces deux tubercules ont des saveurs typées et complémentaires, on peut les marier en une soupe hivernale et slurp, dont on vous livre ici l’alchimie express.

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Pelez, détaillez en petits dés le tandem. Procédez de même avec deux brins de céleri-branches. Au fond d’une casserole, faites revenir une gousse d’ail hachée. Ajoutez les légumes et un bouquet garni (trois branches de thym, une feuille de laurier, deux clous de girofle et huit grains de poivre noir cachés dans deux feuilles de poireau). Sel, poivre, pincée de cumin, piment soft.
Couvrez d’eau. Laissez frémir une demi-heure. Quand les racines s’abandonnent, passez au mixeur, sans forcer: qu’elle ait de vrais bouts dedans, la bonne soussoupe.
Coiffez d’une lichette de crème fraîche, d’une tombée de piment et de pluches de coriandre.
Vous noterez qu’une fois passées au blender, la Lopez et la Moss se ressemblent plus encore.


Tchou !

09/12/2008

Le parmentier en pyjama de bagnard psychédélique

Bien le bonjour d'Alfred

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On a débarqué, ruisselant de fierté, avec notre parmentier bicolore autant que fumant entre les mains.
Quel spectacle prodigieux que cette purée rayée aux tons pop! Quelle création audacieuse et novatrice! Quel délice pour la rétine et l’âme! Sur notre visage, la fatigue occasionnée par un long labeur en cuisine s’était muée en une expression de satisfaction, sans doute un rien suffisante quoiqu’aisément compréhensible vu le chef-d’œuvre accompli.
C’est à ce moment-là que quelqu’un autour de la table a osé émettre une réserve. «En dehors du côté visuel, ton truc à rayures, là, ça sert à quoi?»
Ça sert à quoi? Ça sert à quoi? Demande-t-on à Picasso à quoi sert le machin bleu froissé entre ses gonzesses d’Avignon? Demande-t-on au Caravage à quoi sert cette grosse ombre noire derrière son barbu en armure? Demande-t-on à Mondrian à quoi sert la grille de sudoku au milieu des carrés de couleur? Hein?


Ben, sur notre parmentier, les rayures mauves, elles ne servent à rien. On ne discute pas avec l’art.
Pour un authentique et délectable parmentier aux deux pommes de terre et aux deux viandes, propre à combler cinq appétits majuscules, six même, il vous faut:
- Trois grosses patates farineuses
- Sept pommes de terre vitelotte
- 500 grammes d’épaule de bœuf coupée en gros cubes
- 500 grammes d’échine de porc coupée en gros cubes
- Une carotte, un poireau, du fond de veau, du ras-el-hanout, de la muscade, du lait, du laurier, une vraie sensibilité artistique, trois gousses d’ail, trois échalotes et un verre de cognac. Alouette.

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  Pour le ragoût. Salez, poivrez puis dorez bœuf et cochon dans une cocotte. Réservez. Faites blondir ail et échalote hachés. Ajoutez les viandes et la carotte taillée en petits dés. Mouillez avec un déci de fond de veau, le cognac et de l’eau. Dans une boule à thé, immergez aussi trois feuilles de lauriers, quelques grains de poivre noir et deux clous de girofle. Ajoutez le vert du poireau (qu’on virera en fin de cuisson) et une large tombée de ras-el-hanout. Laissez frémir trois bonnes heures.
Voire plus si rendez-vous chez le dentiste.
Dans un saladier, effilochez la viande, qui ne doit plus guère offrir de résistance après ce long bain brûlant. Mouillez-la avec la moitié du jus, en visant une hygrométrie tropicale. Rectifiez l’assaisonnement sans timidité.

 
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Pour les purées. Cuisez les patates dans le panier vapeur, les grosses dessous, les petites dessus. Quand les vitelottes sont cuites, pelez, écrabouillez au mixer (la vitelotte a la chair ferme), puis montez la purée d’abord avec quelques noisettes de beurre puis une série de petites rasades de lait. Salez bien, poivrez mollo, muscadez (une pincée d’ail en poudre est même envisageable).
Même topo avec les patates jaunes, mais au presse-purée.

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  The artistic touch. Dans un plat à gratin, alternez couche de viande, purée jaune, viande, purée violette, viande, purée jaune, etc… jusqu’à épuisement des ressources. Sur la surface, créez enfin votre motif dichromatique et imaginatif (rayures, pois, zigzags, visage de la Vierge, croix occitane, buste d’Obama…). Saupoudrez de gruyère râpé. Gratinez vingt minutes au four. Et attendez les journalistes de Beaux-arts Magazine.

DSC01541.JPGAvec ça, il n’est pas interdit de vider une bouteille d’un producteur catalan et naturel à la pointe, Cyril Fhal, dont Le Clos du Rouge-gorge 2004 s’avère simplement mirobolant de tension fruitée, de pureté minérale et de maturité harmonieuse. Oui, tout ça. Une vraie découverte.
Mais qui t'es, Fhal?

A tout soudain 

08/12/2008

Ethique et papilles: le cabillaud en salade d’huile de noix et trois poivres


Mes hommages, les bigorneaux connectés

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Ben, il a fallu s’y résoudre. Et ça fait mal aux corps caverneux, croyez-moi. Le cabillaud sauvage s’épuisant sous les assauts répétés d’une surpêche aveugle, quasi mûr même pour la nécropole des bestioles rayées de la surface du globe comme le dodo et le mammouth; on a décidé de se contenter de cabillaud d’élevage à l’avenir. Elevage bio, si possible.


C’est moins bon, bien sûr. Atchement moins bon. Vous aimiez le chorizo? Voilà du chamalow. Chez la poissonnière, l’autre jour, on en avait le larynx tremblotant. «Nooooon, paaaas du sauuuuvage. Deeeeuh l’éleeevaaaage.» La brave commerçante, qui est moins une vraie crédule qu’une fausse septique, n’en croyait pas ses oreilles. «De l’élevage, Don Esteban, mais vous êtes tombé sur la papille?» Non chère Madame, notre conscience a simplement gagné son bras de fer avec l’estomac.


Après, on est rentré à la maison, maugréant et pestant, la tête plein d’arêtes et de filets à fines mailles. Rassurez, lecteurs en larmes. Notre salade de pétales de cabillaud tièdes à l’huile de noix, lime et trois poivres (t’as vu l’intitulé, Raymond, comment qu’il pète?) était très consommable, tonique et exaltante même.

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Pour trois gosiers environ, passez un filet de cabillaud de 238 grammes dans le panier vapeur dix minutes grand max, jusqu’à ce que les chairs s’écarquillent, tout en restant nacrées à cœur.
Cuisez aussi, à la vapeur ou à l’eau, quelques petites patates à chair ferme, genre amandine. Pelez les patates, détaillez en fines rondelles. Gardez au tiède.
Dégottez au fond de l’armoire trois poivres aromatiques (cubèbe, jamaïquain et baies roses, par exemple), qu’il s’agit de piler au pilon et au poignet. Avec une large pincée de ce mix poivré, préparez une bonne vinaigrette à l’huile de noix et au citron vert, citron préalablement zesté.

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Lavez et essorez quelques jolies feuilles de saladine.
DSC01612.JPGEffilochez du bout de vos doigts roses le cabillaud encore tiède en pétales. Assaisonnez et citronnez. Puis touillez d’un mouvement giratoire et délicat le poisson avec la vinaigrette, la verdure et les patates. Décorez de quelques cerneaux, zestes de lime et du poivre restant.
Servez dare-dare (ou clito-clito comme disent les vraies féministes)
Extrayez enfin le bouchon d’un blanc mirobolant des Corbières, la troublante, naturelle et vibrante Bégou de Maxime Magnon (portrait ici), 90% grenache gris, 100% bonheur, cuvée qui vient de grimper sur notre podium des plus grands jus languedociens du cosmos.


Amitiés chez vous

PS. On a parfois mitonné cette salade avec des filets de féra fumés, voire de truite fumée. Avec quelques citrons confits, ça le fait velu itou.

 

04/12/2008

Le curry de la mer mentholé et son cortège foldingue

Coucou

 

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Quand la crise rougeoie, que la récession gronde et que l’hiver pointe son vilain groin givré, ben, on aime bien les tables bien encombrées. Avec plein de machins et de trucs dessus. Des plats, des bols, des sauces, des casseroles fumantes. Ça fait riche, comme disait notre défunte mémé maternelle, qui avait le don de la formule.
Bref, l’autre jour qu’une famille de proches rieurs était attendue pour un lunch dominical, toute la maison (sous la houlette de Madame Sonson, reine de l’indiennerie slurp) s’est mise à préparer, dans une concentration fiévreuse, ce curry de la mer à la menthe, escorté de son cortège hindouiste de mango chutney, dhal, yaourt, purée de piment et riz blanc à l’indienne.
Plein de machins sur la table, vous disais-je. (Oui, Raymond, il va falloir mettre la rallonge)

Pour six gosiers avides de saveurs exotiques, il vous faut (Raymond, tu peux imprimer la page et découper la liste si tu veux, c'est plus commode chez la marchande):

- Un kilo de moules de bouchot
- 500 grammes de joues de lotte (ou de chair de lotte tout court)
- 500 grammes de crevettes crues, congelées et décortiquées (c’est mieux)
- Du gingembre frais
- Plein d’épices indiennes (curry, curcuma, garam massala, maison pourquoi pas)
- Deux mangues
- Des raisins secs
- 250 grammes de lentilles corail
- Un bouquet de menthe
- Un pot de yaourt nature
- 5 décis de lait de coco
- 400 gr de purée de tomate (maison pourquoi pas, ou tomates fraîches en saison)
- Trois oignons rouges
- Une tête d’ail (toi-même)
- Un sitar accordé en ré (facultatif)

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Pour le curry de la mer. Nettoyez les moules avec la diligence d’une mère récurant le crâne de son fils unique pour lequel elle nourrit de folles ambitions.  Rincez les crevettes. Détaillez la lotte en gros cubes s’il le faut. Au fond d’une cocotte, faites blondir dans une cuillère d’huile un oignon rouge haché, deux gousses d’ail hachées et une cuillère à soupe de gingembre râpé. Saupoudrez largement de curry pakistanais (top avec le poisson), garam massala, curcuma et piment en poudre, jusqu’à ce que le tout se mue en aimable pâte, taquinant délicieusement les narines au moindre coup de spatule. Ajoutez la purée de tomates, remuez, puis le lait de coco. Rectifiez. Sel, piment, curry. Il faut que ça embrase le larynx.

Juste avant le miam. Ajoutez d’abord la lotte, cinq minutes, puis les crevettes, quatre minutes, et enfin les moules, jusqu’à ce qu’elles s’ouvrent. Une tombée de menthe ciselée. Et voilà le boulot.

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Bon avant cela, il y a un peu de taf…

Pour le mango chutney. Pelez et taillez les mangues en petits morceaux. Salez et réservez. Pilez au pilon deux gousses d’ail, une bonne cuillère de gingembre râpé, une cuillère de vinaigre et un petit piment hot. La pâte ainsi obtenue file à la casserole, dans une demi-tasse de vinaigre, avec un peu de sel et une grosse pincée de garam massala. Laissez frémir dix minutes. Ajoutez les mangues et les raisins secs. Laissez confiturer une bonne dizaine de minutes de plus. Rectifiez. Puis faites refroidir.

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Pour le dhal. Même principe. Faites blondir un oignon et une gousse d’ail hachés, plus une cuillère à café de gingembre râpé, dans une noisette de beurre. Ajoutez une ½ cuillère de curcuma. Remuez. Rincez et égouttez les lentilles. Ajoutez dans la poêle, remuez une ou deux minutes. Mouillez avec trois tasses d’eau chaude. Portez à ébullition. Baissez le feu et laissez glouglouter un gros quart d’heure. Ajoutez alors une pincée de sel et de garam massala. Continuez la cuisson pépère jusqu’à ce que les lentilles soient aussi tendres que la pupille de Shivah à la saison des amours.

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Pour la purée de piment. Débrouillez-vous. Ou achetez celle du maraîcher qui est atchement bonne.

Pour le yaourt. Versez un yaourt nature dans un bol extrêmement joli. Ploutch.

Pour le riz à l’indienne. Pffffffffff. Improvisez. On commence à s’user les doigts sur le clavier

Pour le glouglou. Du thé. De la bière. De l’eau bénite par Ravi Shankar. Ou un rosé de Loire avec une larme de douceur. Nous, on a bu un blanc très bon, mais définitivement pas taillé pour ce grand trampoline gustatif.

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Bien à vous, les kangourous

 

NB. Non, Raymond, tu n'es pas obligé de cuisiner tout ça. Tu choisis. Tu pioches. Tu slalomes. Oui, Raymond, tu peux très bien te contenter du yaourt.

01/12/2008

Le pressé de pain d’épice au chèvre pimenté:-O


Bonjour,

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Les quelques lecteurs fidèles de ce blog auront noté qu’on n’est guère un accro des smileys (^_^)
Une litote : D
Il s’agit pourtant là de petits machins extrêmement commodes pour préciser ou nuancer la pensée :'(
Un smiley habile peut ainsi désamorcer un commentaire apparemment désagréable, posté sur un blog de cuisine.
Exemple: Berk, ta recette, elle schlingue la mort ;-). Le clin d’œil change tout. Le commentateur faisait de l’ironie. Il adore, en fait.
Notez que le contraire est possible. Waou, ta recette, elle est vraiment sexy ;-). Le smiley contredit ce qui précède. Il faut donc ici traduire: ta recette, elle craint du boudin un max.
Tout cela a l’air élémentaire. Mais le propos peut se complexifier en cas de double smiley, le second venant démentir le premier. Ta recette, elle pue l’enfer ;-);-) signifie que la recette pue effectivement l’enfer. En revanche ta recette pue l’enfer ;-);-);-) signifie que la recette ne pue pas l’enfer du tout.
Vous suivez? :-o
Le lexique smilesque permet aussi de glisser des cochonneries énormes dans le propos sans en avoir l’air, ce qui est très pratique. Tiens j’ai vu Ginette (__y__). Le (__y__), qui désigne de grosses fesses, signifie ici que ladite Ginette a pris quelques kilos sur le derrière.
Tiens, j’ai passé la soirée avec Denis 8 ===D indique que ledit Denis possède un zizi de taille notable et que la soirée était probablement funky ;-)

Rien à voir bien sûr :) , mais voilà un pressé de pain d’épice au chèvre sévèrement pimenté:@, amuse gueule branchouille pour apéro entre gens de bien, librement adapté d’une chouette recette de Miss Confit.

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Touillez donc avec ferveur un demi-chèvre frais, un demi-chèvre plus sec et corsé, une cuillère de crème fraîche, avec plein de piment DSC01579.JPGd’Espelette, de poivre, de cumin et de fleur de sel. Quand ça arrache bien le bec, tartinez une mince tranche de pain d’épice, couvrez d’une deuxième tranche de pain d’épice, retartinez, et couvrez d’une troisième tranche de pain d’épice (oui, cette phrase est laide, mais la clarté a des raisons que le grand style ignore : x).
Pressez bien l’échafaudage dans un film plastique et oubliez au frigo 24 heures.
Le lendemain, tranchez en petites bouchées explosives (_)_TNT___)------*

Puis attendez tranquilou l’arrivée du Père Noël *< §:-) §§§

Tchou, les vampires :-€