07/01/2009

Le Dr. Slurp escalade le Mont-Blanc

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Coucou!


Certains lecteurs de ce blog l’ont probablement capté depuis belle lurette: on n’est pas vraiment branché dessert. D’ailleurs, notre seule et unique recette de douceur publiée à ce jour date grosso modo du couronnement de la reine Victoria. Ou de la naissance de Michel Drucker. Du paléolithique, quoi.


(On en profite pour lancer le grand concours que voilà: retrouve dans le gros boxonou de ce blog THE dessert du Dr Slurp. Et tu recevras ton poids en rillettes d’ananas au cacao. Juré!)

Reprenons donc. C’est que, voyez-vous, la confection de ces choses sucrées exige du doigté, de la précision, de la maniaquerie arithmétique même. Dans chaque pâtissière se cache d’ailleurs une prof de maths qui s’ignore.
Plantez-vous de vingt grammes dans la confection d’un plat salé, nul n’y prendra garde. Plantez-vous de vingt grammes dans la confection d’un dessert et c’est la cata. Le soufflé se fait crêpe et le macaron hostie; la génoise devient périgourdine et la bavaroise wallonne; le diplomate flatule; le Paris-Brest déraille; le flan flanche; le chausson se déchausse. Etc…

Voilà pourquoi on cuisine (plutôt bien, oui, merci), mais qu’on ne pâtisse guère.

Vous noterez, du reste, que pour notre deuxième recette de dessert, on ne s’est guère foulé la binette. Ni érodé le ciboulot. Ni mouillé le marcel.

Voilà une très satisfaisante meringue balkanisée à la double-crème gruérienne et aux vermicelles de châtaigne, dessert baptisé (on ne sait trop pourquoi) Mont-Blanc par nos chers voisins français, pour lequel il vous faut:
- De la double-crème de la Gruyère (substance d’une ferme onctuosité engendrant une addiction impitoyable) ou, à défaut, de la crème épaisse lambda.
- Un tube de purée de châtaigne doté de ce système rudimentaire quoique brillant, que quand tu presses dessus il te crache des vermicelles. C’est magique. Et industriel. Mais magique.
- Des meringues, qui s’agit de négocier auprès d’un artisan intègre (impensable de les faire maison pour les raisons explicitées ci-dessus)
- Pas mal d'expérience et de self control

 

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Dès lors, l’opération consiste à balkaniser sans acharnement la meringue à la fourchette au fond d’un très joli bol fuschia. Puis à la coiffer d’un bataillon de vermisseaux. Puis d’une louchée de crème. Banzaï!

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C’était la première recette de l’année 09. Pas brillante, certes. Mais mieux vaut partir de très bas pour escalader le Mont-Blanc. Que de le dégringoler pour se casser les dents sur le parking du téléphérique.
C'est Confucius qu'a dit ça. Ou un pote à lui.

Big Bisoux, les gnous

Commentaires

Houla, mais pourquoi ? Je suis prof de maths et donne des cours de gâteaux à des enfants sortis du ruisseau, venez donc. Ca va vous changer un peu. Vous êtes fatigué.

Écrit par : rose chiffon | 07/01/2009

ça a une drole de tête !... mais je veux bien essayer ! Merci pour les textes j'ai toujours beaucoup de plaisir à les lire !
amitiés patrick

Écrit par : cuisine85 | 07/01/2009

j'adore......!
j'aimerais habiter à coté de chez vous,faire les desserts,c'est un plaisir...
vous lire aussi...!

Écrit par : caramelfou | 07/01/2009

Voilà une escalade que je n'ai jamais tenté encore mais le Mont Blanc a l'air de s'apprivoiser... délicieusement !

Écrit par : Tiuscha | 07/01/2009

Moi non plus je ne sucre pas mes casseroles... mais truc a l'air à mon niveau (4880 mètres?)

Écrit par : Yves | 07/01/2009

Toujours plus bas, telle est votre devise ? Mais jusqu'où allez-vous tomber, Stèbe ?

Écrit par : Géo | 07/01/2009

Décidemment, je commence mal l'année ...
Quand j'ai lu "meringue balkanisée", je me suis demandé pendant au moins 30 secondes (ça peut-être long mine de rien), ce que le maire de Levallois Perret (ou sa charmante épouse) venait faire dans l'histoire .....
Je crois que je vais aller consulter !
allez, bona any (comme on dit vers chez moi) à tous.

Écrit par : pauline | 07/01/2009

http://jeromeestebe.blog.tdg.ch/archive/2007/03/16/des-fraises-au-pastis-oui-au-pastis.html , non?
Ta photo, c'est du Pollock. Le tube de vermicelles aux marrons, moins, je dirais.

Pour l'origine, j'ai cherché, et pas trouvé. Attention, analogie de ouf, la crème serait la neige, les vermicelles les pierres et la meringue la poudreuse. Merci Camille.

Écrit par : Camille | 07/01/2009

Camille, combien pesez-vous?

Écrit par : Estèbe | 07/01/2009

hihihi grand fou

Écrit par : Camille | 07/01/2009

Ben voilà, je sais pourquoi mes macarons sont d'affreux macaplas, je n'ai jamais été douée en maths !!! On aime votre audace, vous si adepte de la cuisine du marché, utiliser des produits industriels... L'année du neuf promet, à n'en point douter !!

Écrit par : Anso | 07/01/2009

Au mot de double-crème, je frémis, à celui de meringue, j'exulte et quand j'entends vermicelles, je râle la Migros est fermée à cette heure là, où trouver un tube de vermicelles???
C'est un dessert de saison plutôt light, non?

Écrit par : marion | 07/01/2009

Je vous assure mon cher Stèbe que nul prof de maths ne se cache en moi, ni en dehors d'ailleurs. Et pourtant je pâtisse et mes soufflés ne retombent que lorsque je veux les prendre en photo!
Quant aux macarons, dites à Anso qu'il n'y a pas besoin d'être bonne en maths, j'en suis la preuve vivante.
Au fait, maintenant que vous conjuguez l'art du dessert... vous ne feriez pas une crêpe ou une gaufre... salée, même pour un petit concours sympa chez 750g... vous pourriez gagner un tablier marqué et si c'était bon... ou mes livres, mais je crois que vous les avez déjà!
Je n'ai jamais vu ce tube de vermicelle de crème de marron et je viens enfin de comprendre ce que les restaurateurs suisses appelle la crème de Gruyère dans leurs pâtisseries,je ne comprenais pas pourquoi ils mettaient de la Vache qui rit...

Écrit par : mamina | 07/01/2009

Non mais c'est du punk cette présentation, mais vous vous croyez à Artamis Estèbe ?
C'est sur que les vermicelles et la petite machine qui va avec, moi à ma chère amie d'enfance désormais parisienne, je les lui amène quand je vais l'avoir... chers amis français, vous aurez de la peine à réaliser ce mont-blanc de supermarché.
N'empêche, une chose est sûre, c'est trop bon.
Une autre suggestion local-food pour étoffer votre carnet de recettes :
des meringues, de la crème double, du vin cuit (raisinée), et... du basilic frais.
Vous coupez votre crème double avec un peu de vin cuit (au feeling, rien besoin de mesurer), en couvrez vos meringues, dessinez aussi artistiquement que vous pouvez quelques filets de vin cuit sur l'ensemble, et parsemez de basilic haché. J'ai goûté cela chez un vigneron vaudois bien connu des bobos de la région, c'est délicieux.
Bonne année au punk-pâtissier.

Écrit par : betterave | 07/01/2009

euh l'avoir, la voir je voulais dire ; fatiguée moi.

Écrit par : betterave | 07/01/2009

Confucius, voire, j'aurais plutôt dit Lao Tseu…

Écrit par : Olivia Mohune | 08/01/2009

J'ai trouvé qu'un tube qui fait des vermicelles mi-mayonnaise mi-ketchup, ça marche aussi? Ca fait plus coloré, plus... Machu Pichu et moins Mont Blanc...

Écrit par : Dr. CaSo | 08/01/2009

Mamina et Rose, OK, je retire les maths. Parlons donc de gastro-physique de précision.
Betterave, votre vin cuit nous a tapé dans le gosier. Ce pourrait bien être The dessert numéro 3 sur ce blog.
Olivia, maintenant que vous le dites, oui, c'était bien ce bon vieux Lao. Ou Julien Lepeers peut-être?

Écrit par : Estèbe | 08/01/2009

D'accord avec ma collègue, il faut être un peu gourmand(e) quand même sinon ça marche moins bien. Bien sûr que c'est physique. Même que ça fait des fois un peu grossir (votre recette, rien qu'à la lire). Mais pas toujours.

Écrit par : rose chiffon | 08/01/2009

Je pencherais plutot pour Lao Zi, vu le cote un peu anarchique de la presentation.

Écrit par : gracianne | 08/01/2009

Les flatulences du diplomate, tout un programme !

Écrit par : Vanille | 09/01/2009

je ne sais pas si tu vois le mont-blanc de ta fenêtre mais ton approche sucrée de la fin d'un plat se rapproche plus de la Souffrière. On sent de la peine et du désespoir dans ce dessert... j'en ai presque les larmes aux yeux en tant qu'haut-savoyarde.

Bonne année

Écrit par : marie | 09/01/2009

Maître Estèbe fuyait le sucré, restait dans le salé et ne prenait plus de
risque sur le Mont Blanc.

Écrit par : gabriella | 10/01/2009

Vrai, j'ai cru défaillir lors d'une visite chez mon oncje
horreur au dessert, des meringues à la crême de Gruyère, je redoutais le pire

Mea culpa, sombres idiots Français de nous sommes, Gruyère = fromage dans notre petite caboche. On oobli que les vaches de Gruyère font du lait et donc de la crême
ouf
Donc pour la patisserie il faut être douer en Math, ce qui voudrait dire que les cuistots comptent sur leurs doigts et ne pèsent rien, quelques grammes de truffes se remarquent dans un porte monnaie
25 grammes de piment en plus se rappelle à notre bon souvenir aussi

vive la cuisine de Neanderthal

Écrit par : jupiter | 11/01/2009

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