09/01/2009

Le cadeau de Tom et la moussaka de butternut au Pastis

Bien le bonjour, les citrouilles connectées

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oncletom.jpgL’autre jour, on traînait nos moonboots au marché à la recherche d’une laitue honnête, quand, soudain, retentit une voix claire et enjouée dans notre dos congelé. «Hey Estèbe!». C’était le copain Tom. Alors, on lui a fait: «Hey Tom!». «Hey Estèbe!», a-t-il répondu, tout gai. «Hey Tom!», a-t-on glapi derechef.


C’est émouvant deux copains qui se rencontrent sur le marché.

On s’est souhaité la bonne année. On a pris des nouvelles de nos tribus respectives. On a dit quelques bêtises. Puis il nous a offert une courge, modèle butternut, dont la forme oblongue fait d’ordinaire ricaner les esprits coquins et la saveur douce hurler de bonheur les papilles exigeantes.
On est rentré à la maison, la butternut blottie dans le cabas, en échafaudant mille plans pour honorer en cuisine ce gentil cadeau potager.
Et comme il faisait très froid, que les vacances et la crème solaire demeurent une perspective lointaine, on s’est mis à gamberger au Sud, à la Grande Bleue et au sable fin en général. Puis à la Grèce en particulier, ses incendies, ses colonnes doriques, ses popes rieurs.

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Voilà donc une moussaka de butternut et veau au Ricard, inspirée d’une recette croisée naguère dans un joli livre consacré à la dite cucurbitacée.
Pour une butternut de taille raisonnable, et pour quatre gosiers à nourrir, il vous 530 grammes d’épaule de veau hachée sous vos yeux par le boucher moustachu. Deux gousses d’ail et deux échalotes hachées. Du Pastis (ou mieux, de l’ouzo). Des pignons. Du concentré de tomate. Du gruyère râpé. Du bouillon de viande. De l’origan en poudre. Du persil plat. Et un certificat de baptême orthodoxe.


A. Faites dorer, dans une louchée d’huile d’olive, ail et échalote, au fond d’un poêlon. Ajoutez la viande. Touillez. Laissez bronzer. Assaisonnez résolument de persil haché, origan, sel, poivre. Ajoutez une grosse lampée de Pastis et une noisette notable de concentré de tomate. Puis les pignons préalablement rôtis sans matière grasse. Goûtez. Il faut que ça swingue la mort de Zeus.
 

B. Pelez et taillez la courge en rondelles assez épaisses (visez les 9, 3 mm). Faites les rôtir à gaz pétaradant dans de l’huile d’olive frémissante, quelques minutes de chaque côté. Sel, poivre, origan. Essorez sur du papier ménage.
 

C. Montez votre moussaka dans un plat à gratin doté d’un couvercle et dûment beurré de vos blanches menottes. En commençant par une couche de courges, puis la viande, etc. Mouillez avec un déci de bouillon de viande (nous autres, vernis, on avait retrouvé un fond de veau maison et top goûtu au fond du congélo), additionné d’une nouvelle autant que généreuse rasade de Pastis.

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D. Enfournez à 170° et à couvert pour trois quarts d’heures. Relisez quelques bonnes pages d’Homère en VO et à voix haute. Puis extrayez la moussaka de sa fournaise. Vérifiez le niveau de jus. Coiffez de gruyère râpé. Et laissez gratiner quelques minutes de rab.


E. Avec ça, il faut boire un très bon vin de couleur rouge, de chair plantureuse et de saveur méridionale. Chatouillez votre caviste entre les deux gros orteils jusqu’à ce qu’il vous trouve ça.

A sous peu

Commentaires

le titre me laissait songeuse, la recette me convainc ! un peu de soleil et d'orthodoxie, ça ne me ferait pas de mal ces jours.

Écrit par : betterave | 09/01/2009

le titre me laissait songeuse, la recette me convainc ! un peu de soleil et d'orthodoxie, ça ne me ferait pas de mal ces jours.

Écrit par : betterave | 09/01/2009

Attaquer la nouvelle année à cheval sur un sex-toy géant, Estèbe, tu y vas fort. Je connais des popes qui vont tiquer. Tu connais leur musique?

Écrit par : Robert | 09/01/2009

La musique pope, oui, un classique, mais toujours savoureux. Merci Robert.

Écrit par : Estèbe | 09/01/2009

Ca doit bien aller aussi avec du pontarlier, vous confirmez je pense, mais j'en ai pas, alors avec de la gentiane, vous dites quoi ?

Écrit par : rose chiffon | 09/01/2009

ô que oui. Si tous les anis du monde se tenaient la main...

Écrit par : Estèbe | 09/01/2009

La gentiane, de l'anis ? Vous me faites douter. Bon j'essaie, au pire les chats fêteront ça dans le jardin.

Écrit par : rose chiffon | 09/01/2009

La butternut d'hiver a pris un coup de soleil on dirait. Un peu de chaleur n'est pas de refus en ce moment.
Tres chouette le site de Tom.

Écrit par : gracianne | 09/01/2009

En forme olympique, notre cher Estèbe.
Je vois que vous avez enfin trouvé une technique imparable pour éviter la brûlure à l'eau de courge.

Écrit par : Camille | 09/01/2009

C bien, ça change des gratins et soupes. Je vais m'occuper sérieusement de mon caviste :))) c'est où exactement entre les deux gros orteils??? Oups... shocking...cochon, estèbe

Écrit par : Sophie | 09/01/2009

Nom de Zeus, réciter du grec ancien , ça c'est un truc top, personne ne connait la véritable prononciation . Merci les langues mortes.
Il parait que l'Ouzo fait mieux passer les sex toys, enfin , il parait..... faudrait désigner un cobaye

Écrit par : jupiter | 09/01/2009

Quelle belle courge, elle aurait largement méritée sa place au concours annuel des curcubitacés aux Hortomnales de St Rémy la Varenne (49)...
http://association.prieure.free.fr/hortomnales.htm
Et pour finir le jeu de mots pourri de rigueur :
Courge Forrest courge !!

Écrit par : docadn | 11/01/2009

La butternut manque à ma culture citrouillesque... non je ne suis pas une courge pour autant. Le ricard en cuisine, ça me va, j'adopte.
Bon dimanche chez les helvètes,

Écrit par : Marie-France | 11/01/2009

Un petit tour chez les grecs !...d'accord mais passe devant ! tyreve d'insinuation je gardela recette !
amitiés patrick

Écrit par : cuisine85 | 11/01/2009

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